Lundi, Août 27, 2007

Mairie de Québec : les aspirants

J’étais en vacance la semaine dernière et j’ai été littéralement soufflé d’apprendre le décès inattendu d’Andrée P. Boucher, mieux connue sous le prénom de « Mairesse ».

Je n’ai jamais compté parmi ses fans. Je n’aimais pas la façon dont elle dirigeait la ville. Je dois admettre par contre qu’elle appartenait à une catégorie de politiciens trop rares pour qui la langue de bois n’existe pas et qui assument toutes leurs idées et leurs contradictions. En ce sens, je pense que Mme Boucher était une personnalité attachante et qu’elle aura contribué, à sa façon, à renouveler le discours politique. Mes pensées vont à sa famille.

Ceci dit, le contexte (notamment l’imminence des Fêtes du 400ème) fait en sorte que le deuil sera de courte durée et que la campagne à la mairie commencera probablement dès que le glas aura sonné.

Pour comprendre les rapports de force, les scénarios envisageables et les choses à prévoir, je vous propose aujourd’hui un rapide survol des candidats potentiels à la direction de la ville. Je le fais au bénéfice des gens de l’extérieur de Québec, mais aussi pour mes concitoyens qui n’accordent peut-être pas toujours aux affaires de la Cité l’attention nécessaire. L’indice « Valeur de la candidature » est basé sur une note sur dix pour chacun des critères, divisée par trois.

 

 

Candidat au plébiscite : Jean-Paul L’Allier

Occupation : Retraité, professeur invité à l’Université Laval

Expérience : Carrière protocolaire et diplomatique, ministre, urbaniste, maire de Québec de 1989 à 2005.

Probabilité : Très peu de chances qu’il soit candidat. Sa santé serait chancelante et il a d’ores et déjà exclu d’être de la course. Par contre, il suffirait d’un CROP à 400 répondants établissant que 60% des citoyens souhaitent son retour pour diriger la ville en vue du 400ème pour que la donne change. Les principaux aspirants, trop contents d’éviter d’aller au front dès cet automne, pourraient donner leur appui à cet «elder stateman » et se préparer pour 2009, avec maintenant l’assurance que Mme Boucher ne sera pas de la course.

Compétence : Un homme d’État à la mairie ; c’est ce qui a dirigé Québec pendant 16 ans. Rompu au protocole, ne manquant pas d’ambition pour sa ville, il a manqué à beaucoup de monde dans le processus de préparation des fêtes du 400ème. Il a par contre acquis la réputation d’être dépensier et de ne se soucier que trop peu des préoccupations du fameux « vrai monde ».

Potentiel électoral : D’aucuns ont pensé que la principale raison de son retrait en 2005 aurait été ses maigres chances de réélection. Entaché dans l’affaire Scorpion, homme à abattre des alliés de la mouvance CHOI, il a fatigué les citoyens de Québec par ses projets et son volontarisme. L’imminence des fêtes peut-elle convaincre les contribuables de faire un dernier tour de montagne russe ?

Valeur de la candidature : 7/10

L’hyperactif : Marcel Aubut

Occupation : Avocat et hommes d’affaire

Expérience : Ancien président des Nordiques et promoteurs d’événements

Probabilité : D’élections en élections, son nom revient. Bien que certains lui en prêtent l’ambition, il n’a jamais posé de gestes en ce sens. Le défi pourrait intéresser cet homme flamboyant mais qui s’est fait plus discret récemment.

Compétence : Difficile à dire. On raconte que cet avocat doit davantage sa réussite à son sens des relations publiques, son dynamisme et ses contacts qu’à ses talents de juriste. Plusieurs ont critiqués sa gestion des Nordiques. Son côté rustre, couplé à un certain défaut de langage, nuisent à sa crédibilité.

Potentiel électoral : La vente des Nordiques a durablement terni son image. Certains ont aussi voulu l’associer à l’affaire Scorpion. Par contre, dans une ville qui aime les hommes d’affaires et la réussite individuelle, sa bonhommie et sa simplicité pourraient plaire. Oserait-il promettre de ramener les Fleurdelisés ?

Valeur de la candidature : 4/10

L’opportuniste : Marc Bellemare

Occupation : Avocat en droit administratif

Expérience : Champion de l’abolition du « no-fault », ancien ministre de la justice, candidat défait en 2005

Probabilité : Son parti « Vision Québec » vient de le confirmer à sa direction jusqu’en 2009. Kid kodak, il souhaite du plus profond de ses tripes vivre l’effervescence électorale à nouveau. La dernière campagne lui a coûté cher, à lui et à son parti, puisqu’il n’avait pas atteint la limite de 15% pour obtenir un remboursement électoral. Peut-il seulement être de la course ?

Compétence : Difficile à juger, puisqu’il a démissionné prématurément du seul poste exécutif qu’il a occupé. Son jugement et sa réserve y ont par contre été plus d’une fois questionnés.

Potentiel électoral : Victime du plus grand pétard mouillé de l’histoire politique de la ville (après avoir été identifié comme favori, il a fini près de la barre des 10%), humilié, peu de gens lui prêtent encore vie. Il faut par contre être prudent : c’est le candidat qui avait le plus souffert de l’entrée en scène d’Andrée Boucher, puisqu’ils chassaient tous deux sur les mêmes terres populo-trash. S’il peut faire oublier 2005, son potentiel de croissance est réel. À surveiller.

Valeur de la candidature : 7/10

Le prometteur : Pierre-Michel Bouchard

Occupation : PDG du Centre des congrès de Québec

Expérience : Avocat, DG des jeux policiers-pompiers de 2005, candidat de l’Action-Civique à la mairie en 2005

Probabilité : Au soir de la défaite, il n’avait pas fermé la porte à un retour. Depuis, il s’était fait plus réticent. Devant la nouvelle donne, il prend le temps d’y réfléchir.

Compétence : Peu d’expérience politique. Il a par contre fait un succès des jeux de 2005, ce qui est un exploit dans une ville marquée par l’échec de ses événements. Homme affable, il avait surpris par sa maîtrise des dossiers pendant la dernière campagne. Réputé intègre, c’est cette grande qualité recherchée par les électeurs qui lui a paradoxalement nuit : soucieux de diriger de façon responsable l’activité dont il avait la charge, il s’était alors refusé à utiliser cet événement pour lancer sa candidature et attendu que tous les livres aient été fermés pour débuter sa campagne.

Potentiel électoral : Désespérément méconnu la dernière fois, sa campagne n’a jamais décollé. L’inexpérience, qui la dernière fois l’avait fait entré dans la course trop tard, a peut-être disparue. Avec l’absence de la mairesse et l’expérience de 2005, il part certainement de moins loin cette fois-ci.

Valeur de la candidature : 8/10

Une brise de fraîcheur : Ann Bourget

Occupation : Conseillère de Montcalm, Chef du RMQ et Chef de l’opposition au conseil municipal

Expérience : Urbaniste, fondatrice de « Vivre en Ville », candidate défaite à la direction du RMQ en 2005, vétérante de « l’Ère L’Allier ».

Probabilité : En tant que vis-à-vis d’Andrée Boucher, c’est la candidate naturelle. Mme Bourget a certainement l’intention d’en être. On chuchote par contre que certains au RMQ seraient mal à l’aise avec elle, sa jeunesse et son côté « Montcalm ». On lui reproche aussi de manquer de combativité. Certains de ses collègues la surnomment en cachette "mini-fée" à cause son petit côté Laure Warridel.

Compétence : Certains voyaient sa jeunesse comme un défaut. Les plus sceptiques ont pourtant été abasourdis par sa maîtrise des dossiers et son habilité. Si elle a été limité à des rôles mineurs dans la direction de la Ville, c’est elle qui la connaît le mieux. On lui a reproché son manque de collaboration avec Mme Boucher. Par contre, le simple fait d’avoir maintenu uni un caucus de 24 élus, majoritaires mais tenus à l’écart des postes de responsabilités, relève de l’exploit et révèle un leadership indéniable.

Potentiel électoral : C’est ici que ça se complique. La fée verte de Montcalm peut-elle convaincre à St-Émile et à Val-Bélair ? Très urbaine, elle a fait des dossiers de développement durable et de qualité de vie sa principale marotte. Identifiée au cercle de gauche et considérée comme proche du PQ, du Bloc et des syndicats, ses futurs ennemis sont faciles à deviner. Elle représente par contre un authentique renouvellement de la politique municipale et joui d’un charisme à toute épreuve. De tous les candidats, c’est aussi celle qui bénéficie d’une des meilleures notoriétés.

Valeur de la candidature : 9/10

Le outsider : Régis Labaume

Occupation : Homme d’affaire, PDG de la fondation de l’Entrepreneurship

Expérience : Candidat défait à la direction du RMQ en 2005.

Probabilité : Malgré son échec de 2005, il a continué de se fendre régulièrement de lettres ouvertes sur différents enjeux municipaux dans les médias locaux. Il a par contre peu cultivé ses réseaux au RMQ ce qui laisse croire qu’une éventuelle candidature de sa part serait indépendante. A-t-il la capacité de se monter une organisation personnelle ? Bien qu’il n’ait jamais fermé la porte, il n’a jamais discuté ouvertement d’une nouvelle candidature.

Compétence : Lors de la dernière campagne, le Soleil avait effectué un portrait-robot du candidat souhaité par les gens de Québec au moyen d’un sondage. Régis Labaume y correspondait parfaitement : homme d’affaire, pas « politicien », incarnant à la fois renouveau et expérience professionnelle. On lui a par contre reproché son manque de profondeur et de connaissance des dossiers municipaux et son incapacité à sortir de « la cassette ».

Potentiel électoral : Ça dépend. Peut-il se construire une organisation ? Peut-il revenir au RMQ ? Bénéficie-t-il vraiment de la notoriété qu’on lui prête ? Beaucoup de point d’interrogation donc. Avec Labaume, on avance en terrain indéfini.

Valeur de la candidature : 6/10

Daddy knows best : Claude Larose

Occupation : Haut-fonctionnaire

Expérience : Conseiller municipal de 1989 à 2005, vice-président du conseil exécutif de Jean-Paul L’Allier, dont il a été le bras droit et le dauphin désigné.

Probabilité : Peu y auraient pensé. Mais Larose, dans ses premiers commentaires suite au décès de la mairesse donne clairement l’impression d’un gars qui se cherche une façon de faire atterrir sa candidature, affirmant que plusieurs personnes lui avaient déjà donné leur appui. « Ça prend quelqu’un qui a de l’expérience » a-t-il dit, dans une allusion évidente à Bourget. Larose peut-il vraiment retourner au RMQ, où son départ a été marqué par une atmosphère de purges et de mesquineries ? Ses derniers alliés ont depuis été écartés. Écoutez ce qu’il en dit lui-même : « Puisque c’est une partielle, le parti ne sera pas un critère déterminant », dans un appel à une course « très ouverte » avec plusieurs candidats indépendants. Vous doutez encore de sa volonté d’être candidat ?

Compétence : Grand vizir de L’Allier, il possède certainement une connaissance intime de l’administration municipale. De tous les candidats, c’est lui le plus « compétent » au sens technique, ne lui manque qu’un peu d’envergure et de charisme.

Potentiel électoral : Lors de la dernière campagne, c’était clair : Larose, en dehors de l’ancienne Ville de Québec, ne passe pas. Son honorable deuxième place, seulement 11 points derrière le tsunami Boucher n’y change rien. Alors que les candidats du RMQ raflaient la majorité au conseil, Larose n’a jamais réussi, avec ou sans Boucher, à susciter une adhésion réelle à sa personne. C’est le genre de candidat à qui il faut faire prendre une photo en chemise sans cravate pour lui donner un air détendu. Très identifié à l’Ère L’Allier, sans les bons côtés.

Valeur de la candidature : 7/10

Le raté : Hugo Lépine

Occupation : Avocat, DG sortant de la Chambre de commerce régionale des entrepreneurs de Québec.

Expérience : Ancien DG de l’Auberivière, il a été candidat du particule « Option Capitale » lors des dernières élections.

Probabilité : Il a délaissé son jeune parti (et la politique) à cause de ses fonctions à la Chambre de commerce. Il aurait recommencé à s’y intéresser. S’il a pris de la maturité, peut-être essaiera-t-il de se positionner auprès d’un candidat.

Compétence : On en sait bien peu. Une expérience diversifiée, autant dans le monde des affaires que dans le communautaire. Renvoie l’image d’un jeune homme dynamique, rempli de potentiel.

Potentiel électoral : Sa candidature potentielle avait été initialement bien reçue, même la mairesse en disait du bien. Mais ses multiples tergiversations, ses claquements de portes, son incapacité à se construire un rapport de force pour se ménager une place dans une équipe et finalement la mise en place de son pathétique petit parti ont fini de changer un bel espoir en looser. Devrait peut-être se faire oublier pour une décennie ou deux.

Valeur de la candidature : 2/10

L’antéboucher : Agnès Maltais

Occupation : Députée de Taschereau, Parti Québécois

Expérience : Animatrice culturelle, gestionnaire de la santé, députée depuis 1998, ministre de la culture puis déléguée à la santé.

Probabilité : Son nom avait circulé la dernière fois. Elle y aurait réfléchi mais aurait préféré continuer en politique provinciale, où les chances de réélection du PQ était alors considérée comme bonne. Cette fois, le contexte est différent : le PQ est peut-être le troisième parti pour longtemps. Elle réfléchie déjà à céder la place en vue de la prochaine campagne. Dotée d’un réseau impressionnant, amoureuse de la politique, Agnès Maltais pourrait avoir l’audace de faire le saut, mais elle sait mieux que quiconque qu’il agirait d’un pari risqué.

Compétence : Il s’agit d’une autodidacte. Une femme d’une énergie prodigieuse. Excellente députée, proche de son monde, femme de culture : elle serait certainement une bonne mairesse pour Québec. Son influence au sein du PQ (et les résultats qu'il y a obtenu !) laisse par contre paraître qu’elle comprend très mal la réalité de la région de la Capitale en-dehors de sa circonscription. Sa sensibilité politique lui fait aussi souvent défaut, mais c’est une tigresse qui sait se battre jusqu’à la dernière énergie.

Potentiel électoral : Faible. C’est très simple : à l’ouest de Du Vallon et au nord de la rivière St-Charles, elle ne passe pas. Son obsession pour le développement culturel et le communautaire ne rejoint tout simplement pas la classe moyenne. En outre, peut-elle convaincre Ann Bourget et Claude Larose (tous issus du même réseau qu’elle) de lui céder la place ? La tigresse de Taschereau aura pour ce faire besoin de s’appuyer sur un rapport de force très convaincant…

Valeur de la candidature : 6/10

 

D’autres candidatures sont envisageables : Jacques Teasdale, Jacques Jobin, Alain Loubier, Paul Shoiry, Ralph Mercier, Jean Leclerc, Michel Pigeon, Christiane Gagnon, Françoise Mercure, Francine Bouchard, Hélène Scherrer. Aucune d’entre elle ne m’apparaît assez sérieuses et/ou assez probables pour faire un développement là-dessus.

Les amateurs d’intrigues politiques devraient donc avoir de quoi se mettre sous la dent pour les prochaines semaines…

Les paris sont ouverts !

 

Mise à jour, mardi 13h45 : On m’annonce qu’un autre nom circule beaucoup sur les ondes des radios de Québec. (Maudit Radio-Canada ! C’est bon, mais t’es jamais au courant de ce qui se passe pour vrai…) Un nom donc, prestigieux, qui pourrait se révéler plutôt dévastateur pour ses opposants. Un candidat qui reprendrait les thèmes populistes de la Mairesse Boucher, en poussant par contre le trash à des niveaux catastrophiques pour la réputation et le développement de la Ville de Québec. J’ai nommé :

Le Roi : André Arthur

Occupation : Député fédéral de Portneuf, chauffeur d’autobus et animateur de radio

Expérience : Ancien attaché politique libéral, vedette absolue de la radio de Québec pendant plusieurs décennies.

Probabilité : Je n’en sais rien. Il a plusieurs fois été candidat à différents postes : député de Louis-Hébert, maire de Ste-Foy (contre la mairesse) et finalement dans Portneuf. Il a eu des ennuis de santé récemment. Le principe de Peter étant ce qu’il est, je ne suis pas sûr qu’il souhaite s’exposer à détenir réellement un poste avec des responsabilités exécutives.

Compétence : En matière de gestion, aucune. Il a bien démontré savoir jouer les gérants d’estrade mieux qui quiconque, mais cela ne démontre rien d’autre qu’un incroyable talent de communicateur.

Potentiel électoral : Fort. C’est pas compliqué, si il est candidat, il va probablement gagner. Mais faut pas s’en faire : ce qu’il y a de bien avec la démocratie, c’est que ça nous assure que le peuple ne soit jamais mieux gouverner que ce qu’il ne mérite.

Valeur de la candidature : 6/10

 

 

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Jeudi, Juin 28, 2007

Une Pauline qui dérange

L’arrivée de Pauline Marois ne fait pas que des heureux, il fallait s’en douter.

À commencer par les adéquistes. Non contents de passer leur temps à la qualifier mesquinement de « Châtelaine de l’Île Bizzard », ils s’en prennent maintenant au caractère prétendument antidémocratique de son élection puisqu’elle n’a pas fait face à une élection.

Il est vrai que son bulletin de candidature a été signé par seulement 7000 personnes, soit à peu prêt l’équivalent du nombre total de membres de l’ADQ, mais c’est pas une raison pour se choquer. C’est quand même assez loufoque aussi de voir des gens qui font l’éloge de la richesse et du droit à la réussite individuelle se faire critique de la fortune d’une personne qui s’est enrichie dans l’immobilier. Mais bon, il y aura d’autres incohérences de leur part, ne vous inquiétez pas.

Leur chef aussi ne donne pas sa place ou plutôt, semble un peu ébranlé de l’avoir perdu dans les sondages. En effet, l’approche bureaucratique de Mme Marois serait responsable des problèmes dans le secteur de la santé et de l’éducation et semblerait-il que « tout le monde travaille à temps plein pour réparer ses erreurs ». Donc mon Mario, si les sauterelles viennent manger tes récoltes cet été, tu sauras à qui t’en prendre.

On ne dit pas assez souvent que l’année 2002 a été, pour le Québec, celle de la meilleure performance économique de son histoire. Il faut rappeller aussi que cette période financière suivait de quelques semaines les attentats du 11 septembre et que toutes les juridictions nord-américaines, sauf le Québec, ont alors connu un ralentissement de leur croissance ou une récession. On oublie aussi que cette année suivait la présentation d’un budget d’urgence pour faire face aux turbulences, lequel avait été préparé et présenté pas la ministre des finances de l’époque, Mme Pauline Marois.

Tu veux qu’on continu Mario ? Service de garde, amendement constitutionnel, t’en veux encore ? Il est normal, légitime et sain que l’on critique le bilan de Pauline Marois, mais quand on a jamais rien gouverné, il faut faire attention à ce qu’on dit. Assez comique aussi de voir notre Dumont prétendre qu’on ne peut être pour la souveraineté et ne pas vouloir tenir un référendum en même temps. Pour un gars qui a fait son pain et son beurre à ne jamais vouloir dire s’il était souverainiste et fédéraliste, faut être gonflé…

Mais on peut comprendre Mario. Ça va être comique lors de la prochaine campagne électorale, si les Libéraux changent de chef comme certains s’y attendent : Dumont dans le rôle du chef le plus ancien. À son quatrième débat des chefs, les gens vont peut-être commencer à se dire que son temps est fait… À en voir, sa réaction à la « Pierre Petigrew traite Boisclair de loosers », il aurait tout intérêt à prendre son gaz égal.

Il y a La Presse aussi qui ne semble pas être trop contente de l’arrivée de Pauline. Vous avez vu la une de ce matin ? Rien sur Pauline, mais 40% de la page occupée par une grosse face avec des lunettes de plongée. « Que font les Québécois de leurs jours de congé ? » Y a pas à dire, c’était l’enjeux du jour… TOUS les journaux, même la Gazette, traitent la nouvelle en une, mais pas la Presse. C ’est que ça commence à manquer de subtilité votre affaire là…

Et finalement, il y a les ministres libéraux. « Elle aura besoin de chance la pauvre, le PQ va lui faire la peau elle aussi… » « Le PQ reste le PQ, Mme Marois n’y peut rien ». Merci de votre sympathie gang… Ça me fait rire, cette insistance presque infantile avec laquelle les détracteurs du PQ annoncent tout de suite la chute de Pauline Marois. « Non, bon, vous allez la flusher elle aussi, ok là !!! ».

Est-il besoin de rappeller que Jean Charest est le seul chef du PLQ depuis la Révolution Tranquille à avoir survécu à une défaite électorale ? Est-ce que quelqu’un peut rappeller que René Lévesque a été chef du PQ pendant 17 ans, Jacques Parizeau 7 ans, Lucien Bouchard 5 ans, Landry 4 ans et avec une défaite électorale en plus, ce qui est fort respectable à la tête d’un parti. Que deux courts règnes en fait : Johnson et Boisclair. En ce qui concerne ces deux là, a-t-on vraiment besoin de faire la liste de toutes leurs erreurs ? Je sais bien que l’espace est illimité sur mon blogue, mais je ne voudrais quand même pas abuser de la générosité de mon hébergement…

Je pense que c’est justement ce qui dérange avec Pauline Marois. Elle prend la tête d’un parti qui va mal depuis dix ans et elle le fait en prenant acte de cette situation, ce que les chefs qui se sont succédés n’ont pas fait. Elle pose un diagnostic précis sur ces difficultés et elle met les choses au clair dès le départ, ce que les autres n’avaient pas fait non plus. Et le parti qu’elle prend a subi un électrochoc qui le rend plus flexible, plus docile, plus lucide. Marois arrive dans la conjoncture parfaite pour réussir là où les autres on échoué.

Pauline Marois réussira-t-elle ? Nul ne le sait en somme, mais plusieurs prétendent savoir que non. Leurs réactions hystériques indiquent par contre qu’on craint qu’elle soit sur la bonne voie…

Posted by V at 12:51:13 | Permanent Link | Comments (5) |