Mercredi, Avril 23, 2008

La tartuferie de Charest et Labeaume


De deux choses l’une : soit Jean Charest et Régis Labeaume font preuve d’un opportunisme crasse en prenant fait et cause en faveur du maintien d’un service de nouvelles à TQS, soit ils se comportent comme de vrais pleutres dans le dossier des 252 travailleurs en lock-out au Journal de Québec. À moins que ce ne soit les deux.

Comment comprendre autre chose ? Hier, alors que le Média Matin Québec soulignait tristement sa première année d’existence par un numéro spécial, plusieurs acteurs politiques et syndicaux communiquaient leur position. Toujours avec prudence, évitant d’attaquer Quebecor aussi directement que les syndiqués, mais l’invitant quand même à reprendre les négociations ou à ce soumettre à l’arbitrage, comme le réclame le syndicat.

Régis Labeaume, l’hyper-maire de Québec, celui qui ne manque jamais une occasion de passer dans le journal, brillait pourtant par son absence cette fois-ci. Une page blanche soulignait son refus de commenter. Pas de service au numéro composé. J'imagine que si le building du Journal de Québec avait brûlé, il se serait empressé de réclamer sa reconstruction.

Du côté libéral, Charest continuait de ne pas vouloir commenter. Il refusera de le faire aussi, en journée, quand l’opposition lui demandera d’intervenir directement auprès de Quebecor, pour l’enjoindre de retourner à la table. Le ministre du travail, David « le sifflet » Whissel, continuait de justifier son refus d’intervenir auprès de Quebecor, arguant qu’il s’agissait d’un conflit privé et légal, alors qu’il l’avait fait dans le dossier du cimetière Côte-des-Neiges. Une sortie demandant à Quebecor de se soumettre à un arbitrage neutre ? C’est déjà trop pour le ministre Ponce Pilate. L’attachée de presse de Philippe Couillard, ministre régional, se bornait à affirmer que son patron souhaitait « demeurer neutre » dans un conflit pourtant déclenché par l’employeur.

Mais aujourd’hui, ça a reviré « boute pour boute », comme on dit chez nous : Labeaume, Charest, chacun se précipitait pour prendre la défense de l’information locale et des travailleurs de TQS. Pourtant, il ne s’agit pas ici d’un conflit de travail. La décision n’est pas encore effective. Le CRTC aura à se prononcer. N’ayant pas peur du ridicule, notre Premier ministre supplie même le cabinet fédéral de s’ingérer dans le processus de révision de licence comme - les X ne manqueront pas de le relever - il n’avait pas osé le faire pour CHOI.

Mais qu’y a-t-il de différent dans le dossier de TQS et dans celui du JdeQ ? 270 travailleurs concernés dans un cas, 252 dans l’autre. L’enjeu en question ? La production d’une information diversifiée et produite sur le plan local. Dans les deux affaires, on est face à des décisions économiques douteuses, qui nie les missions de base d’un média d’information. Qu’est-ce qui est différent alors ?

La différence, c’est le poids de l’employeur qui est en face. Jouer dans les plates-bandes de Quebecor ? Les appeler à la tempérance et au règlement du conflit par voix d’arbitrage, c’est indisposer Pier-Karl Péladeau, Luc Lavoie et Brian Mulroney, membre du c.a., tous des amis de l'ancien conservateur Jean Charest. C’est renoncer aux papiers mielleux de complaisance de J.-Jacques Samson et risquer d’avoir mauvaise presse aussi à TVA, LCN, le Journal de Montréal, le Lundi, les Idées de ma maison et tutti quanti. Et ça, Labeaume et Charest n’ont pas le nerf pour ça.

Sermonner Remstar de l’autre côté ? Pas de problème ! Deux flops qui, jusqu’à maintenant se limitaient à peu prêt à distribuer des DVD, produire des films à petit budget et à gérer l’hôtel de papa. Autant dire des scouts comparés à l’Empire ! Qu’est-ce qu’on a à perdre à se les mettre à dos ? Ont-ils déjà contribué à nos caisses électorales ? On fonce !

Entendons nous bien : la fermeture du service de nouvelles de TQS est une tragédie, particulièrement pour des régions comme le Saguenay et l’Estrie où il joue un rôle central et de qualité. Il faut tout faire pour que Remstar revienne sur sa décision.

Mais ça n’empêche pas un chose : la nécessité de dénoncer l’immense opportunisme de Régis Labeaume et de Jean Charest, qui ne fait ressortir que leur lâcheté à défendre d’autres travailleurs qui eux sont dans la rue depuis un an.
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Mardi, Avril 08, 2008

Marois : régime minceur

Est-ce que vous saviez que Madame Marois avait tellement une gestion rigoureuse qu’elle pouvait même aider les gens à diminuer leurs problèmes de têtes enflées ?

Oui, oui ! En voici la preuve :

Regardez ce blogue d’adéquiste il y a prêt de un an : ici.

Maintenant, ajoutez un peu de la recette Marois et regardez comment se comportent nos adéquistes : ici.

Pas convaincus ?

Voyez maintenant le blogue de notre ami adéquiste alors même que son parti vient d’appuyer un budget qui augmente la dette du Québec : ici.

Hmmm… Ils ont le caquet bas nos amis adéquistes par les temps qui courent.

Faut dire qu’ils apprivoisent en même temps la nouveauté d’avoir des militants dans leur parti…

Avec un peu d’aide juridique, ils apprennent même à contrôler leurs instances.

Pas mal quand même… ils ont deux députés connus du grand public et ils se sont dit que ce serait certainement une bonne idée d’en couler un. Des gens conséquents, les militants de l’ADQ.

Mais bon, comme dirait Gilles Taillon : «Ils ont organisé des campagnes libérales, ils viennent de la mouvance libérale. Ca se peut très bien qu'il y ait un agenda caché». Comme 75% des militants adéquistes donc ? Note aux gens qui pourraient avoir envie de se joindre à l’ADQ : votre passé politique pourrait être retenu contre vous !

Mais bon, il ne faut pas l’oublier, "l’ADQ fait de la politique autrement", "elle n’est pas comme les vieux partis", "elle croit à l’autonomie des gens", "elle respecte sa parole, elle", "l’ADQ respecte les gens", "n’a pas peur de tenir ses idées", "ne fait pas de la politique pour faire plaisir à tout le monde", "a le courage de ses idées"…

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Lundi, Mars 24, 2008

Une belle bande de dégénérés…

Et voilà !

PÂ!-trick, le « Héros d’un peuple, » ici à QUÉ!-bec, a encore fait la démonstration du fait qu’Il est un vrai GÂ-GNANt !

Pas de doute… PÂ!-trick, c’est un VRÂ !

Lui, Il se laisse pas piler sur les pieds par le monde de MONT!-rial ! Pis le monde de Chicoutimi aussi. Heille, eux autres, c’est vraiment un gros village qui pensent qui peuvent compétitionner la gross ville… En-t-k !

Non mais, vous en avez pas assez vous autres, de ce spectacle désolant, semaine après semaine, de voir Patrick Roy perde un peu plus de sa dignité et de voir les gens de Québec en redemander ?

Voilà maintenant qu’il embarque sa marmaille dans sa stupidité. À la demande générale, voilà une nouvelle foi la démonstration de tout le talent de « l’Enfant Roy » :

 

alt : http://www.youtube.com/v/amKozbaTU_o&color1=0x2b405b&color2=0x6b8ab6&hl=en

« Lundi matin, le Roy, son flop et le commissaire, sont venus chez moi, ils regardaient par terre… »

En tous cas, je vous en avais déjà parlé, vous connaissez mon opinion à propos de ses sinistres individus.

Quoi qu’il en soit, quelle que soit la décision de la ligue, je souhaite juste que nos Saguenéens sacrent une volée aux Remparts cette semaine. C’est la meilleure façon de démontrer que quand un coach décide que les matchs de son équipe sont son show à lui, ce sont les joueurs et leurs partisans qui sont perdants.

Mais bon... tant que ça permet à PÂ!-trick de prouver qu'il est un GÂ-gnant !

Au fait ? Il existe pour qui ce club ?

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Mercredi, Décembre 19, 2007

Sans commentaire

« Qui sont les Québécois pour être reconnus comme une nation ? »

- Justin Trudeau, candidat libéral dans Papineau
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Mercredi, Décembre 12, 2007

Pathétique Quebecor...



Décidément, ça va de mal en pis pour Quebecor et son Journal de Québec de substitution. Voilà maintenant qu'ils ont à se dépêtrer avec une poursuite pénale pour outrage au tribunal. Le jeune journaliste, Hubert Lapointe, aurait en effet dévoilé l'identité d'une victime d'agression sexuelle dans un article publié dans le Journal et sur le site internet Canoë, alors que celle-ci était pourtant frappée d'une ordonnance de non-publication.

Depuis le début du conflit, Quebecor utilise en effet une douzaine de jeunes journalistes flamboyants, à l'emploi de Canoë, pour couvrir l'actualité de Québec. Leurs articles sont ensuite publiés dans le Journal sous la signature de "Canoë". Des journalistes peu expérimentés donc, presque pas encâdré, un pupitre désorganisé, surchargé, qui n'a pas le temps de faire les corrections et les vérifications nécessaires et voilà la catastrophe. Nous ne parlerons pas non plus de toutes les erreurs, fautes de syntaxe ou d'orthographe ou des inexactitudes factuelles qui maculent le Journal de Québec depuis le début du conflit avec ses travailleurs, mais disons que quand on les a vu, on ne trouve rien de surprenant dans cette nouvelle.

Sérieusement, la dernière fois que j'ai vu une bourde aussi minable dans le monde médiatique, c'était lorsque Denis Gravel avait fait la même chose à CHOI, au sujet d'une des mineures du réseau de prostitution juvénile, pour qui la station de radio avait pourtant pris fait et cause. Mais bon, passons...

On peut se douter que le Soleil et, évidemment, le Média Matin Québec (le journal des lockoutés), ont fait leurs choux gras de la nouvelle dans leur édition d'hier. C'est de bonne guerre. Le Journal de Québec était quant à lui muet sur l'affaire. En lieu et place, dans une ridicule tentative de démontrer qu'il n'est pas le seul quotidien qui fait dur à Québec, on retrouvait en Une, bien en vue sur la photo d'un Conrad Black escorté hors de Cour après sa condamnation, le titre suivant : "Ancien propriétaire du Soleil". Je suis convaincu qu'un paquet de gens dégoûtés se sont empressés d'annuler leur abonnement du quotidien de Gesca, choqués de voir leur journal préféré entaché d'un tel scandale... Assez pathétique quand même.

J'ai déjà pris la défense de Quebecor ici. Je préférais leurs journaux à Gesca, bien que je reconnaissais qu'ils étaient de moindre qualité, ne serait-ce que parce qu'on y tentait pas, jusqu'à récemment, de nous y rentrer dans la tête un discours idéologique fédéralisant et sans argument. Je prenais mes nouvelles locales dans le Journal et ça m'allait. J'étais évidemment agacé par les derniers développements de Star Academie qu'on nous y imposait et par son line-up de chroniqueurs patentés à la Nathalie Elgrably.

Mais maintenant, je suis insulté. On voit bien à quel point Quebecor s'en sacre complètement de ce qui s'écrit dans leurs journaux. "Let's go, la pompe à marde" comme dirait Elvis Gratton. Les articles ont beau être truffés d'erreurs, voire même d'illégalités, on s'en fout : en autant que le journal continue de paraître et qu'on peut mettre de la pub dedans. That's it ! Quebecor Media, en somme, ne vend pas des journaux, il vend du papier avec de l'encre dessus, rien de plus. Il me semble que j'ai quand même plus de respect pour le gars qui possède des journaux pour influencer une société que pour celui qui le fait pour rendre nos cerveaux disponibles à la pub... Mais bon, c'est une question de goût.

Un petit mot, en finissant, sur Hubert Lapointe, le journaliste accusé d'outrage au tribunal. Ce gars-là, c'est une victime dans tout ça. Il a 26 ans, probablement tout frais émoulu d'un département de communications. C'est un domaine difficile, où ce n'est pas évident de faire sa place. La job qu'il s'est trouvé, c'est d'être journaliste mobile Canoë, comme une douzaine d'autres jeunes (ils ont un groupe sur Facebook). Probablement pas super bien payée, avec des conditions douteuses et surtout, précaire. Mais bon, faut bien commencer à quelque part, hein ? Toujours est-il qu'un jour, le conflit au Journal de Québec survient. Alors son boss lui dit : Tu vas aller couvrir ça, pis ça, pis après tu iras couvrir ça. Probablement que l'ouvrage lui sort par les oreilles aussi, comme elle sort par les oreilles de son boss, qui doit répartir ses journalistes pour trois ou quatre médias différents. Et il a fait une erreur. Une erreur que chaque journaliste a probablement déjà faite, sauf que la plupart du temps, il y a un chef de pupitre à son affaire qui dit avant que ça parte pour les presses : "Mets pas ça dans ton papier, innocent !"

Mais Hubert Lapointe n'a pas eu cette chance. Et aujourd'hui, il est dans la merde. Il n'ira probablement pas en taule, il risque d'avoir une amende. Mais son nom est entaché et sa carrière compromise. Conclusion : avant d'accepter n'importe quelle job en sortant de l'université, pensez y à deux fois. C'est possible que ça ne vaille pas la peine de piler sur vos principes. En d'autres mots : être scab, ça ne finit jamais par payer.
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Mercredi, Octobre 31, 2007

Qui fait honte au Québec ?

Voici une dépêche de l'Agence France-Presse parue sur le site Romandie news, un site de nouvelles franco-helvétique :

"Le Premier ministre québécois accuse l'opposition d'attiser l'intolérance"

Selon les recherches que j'ai faite, c'est la seule dépêche publiée par l'AFP à propos du débat identitaire au Québec depuis plus d'un mois.

Et après ça, Jean Charest accuse ses adversaires de nuire à l'image du Québec à l'étranger. Pour le message de cohésion nationale, on repassera donc.

Bravo...

Posted by V at 21:19:30 | Permanent Link | Comments (1) |

L’effroyable imposteur

Je n’attaque que très rarement la personne d’un premier ministre ou sa légitimité. Je suis très Américain là-dessus. Cet individu est celui qui a su rallier la confiance du plus grand nombre de Québécois. L’insulter, c’est nous insulter collectivement. Hail for the chief !

On peut être en désaccord avec sa politique. On peut dire que l’on n’aime pas sa façon de diriger. On peut dire qu’il cherche à imprimer au Québec une droite qui ne lui ressemble pas. Mais il a été élu. Et c’est pourquoi je ne me permets que très rarement d’attaquer l’intégrité du premier ministre, élu légitimement. Je ne le fais pas à l’étranger. C’est une question d’éthique nationale à mes yeux.

Ça m’a toujours fait rire, les pancartes, « On n’a pas voter pour ça ! ». C’est parce qu’il promettait de réduire les revenus tout en augmentant les dépenses… Tu pensais qu’il ferait comment, gros idiot ? À mon avis, la démocratie est un excellent système, puisqu’il assure que le peuple ne sera jamais mieux gouverné que ce qu’il ne mérite.

Mais il y a des limites. Il y a des limites à ce qu’un premier ministre a le droit de faire avec son titre. Et quand il le fait, outrepasser son mandat, se servir de sa posture de chef d’État à des fins partisanes, il doit être dénoncé pour ce qu’il est. Quelqu’un qui, par son attitude, pour combler le minuscule de sa propre silhouette, rapetisse l’institution exécutive dans son ensemble.

Évidemment, mes critères sont subjectifs. Tout le débat politique l’est d’ailleurs. Et c’est pourquoi, aujourd’hui, je ne me gênerai pas pour le dire, je vous dis que, à mon avis, Jean Charest est un imposteur. La lettre qu’il a publiée hier le disqualifie à jamais de la liste des hommes d’État qui auront dirigé le Québec.

Non mais, faut le faire quand même, évoquer la réputation du Québec à l’étranger pour culpabiliser le peuple québécois de s’interroger, légitimement, sur ce qu’il est. « Comme vous êtes gênant » a dit hier le premier ministre québécois à la population qui a eu l’indulgence de lui donner un second mandat. Son score pathétique dans le Québec francophone trouve bien une explication quelque part, n’est-ce pas ?

Non mais, faut le faire, qualifier le projet de loi de Pauline Marois de « malheureux », alors que lui-même a pensé se nourrir de la controverse, il y a quelques semaines, avec son idée, qui ne règle rien, avant même que la Commission qu’il a mis au monde pour se sortir du trouble ait terminé ses audiences. Au passage, vous préférez quoi vous, pour amender la Charte des droits et libertés de la personnes ?

Indépendamment des autres dispositions de la présente charte, les droits et libertés qui y sont mentionnés sont garantis également aux personnes des deux sexes.

Ou encore :

Dans l'interprétation et l'application de la présente Charte, il doit être tenu compte du patrimoine historique et des valeurs fondamentales de la nation québécoise, notamment de l'importance d'assurer la prédominance de la langue française, de protéger et de promouvoir la culture québécoise, de garantir l'égalité entre les femmes et les hommes et de préserver la laïcité des institutions publiques.

Qu’est-ce qui, à votre avis, est le plus responsable ? Qu’est-ce qui, à votre avis, est le moins partisan ? En tous cas, je vous glisse en passant que l’homme qui vous fait la leçon refuse même de discuter du deuxième libellé…

Non mais, faut le faire quand même, se montrer indulgent et dire, tout d’un coup du « code de vie » de Hérouxville, que « Au-delà de la maladresse, ce geste révélait néanmoins un malaise réel. » Ben oui ! Et c’est avec ton petit amendement minable que tu vas venir tout régler ça… Bravo, monsieur le premier ministre en sursis.

Non mais, faut le faire aussi, quand même, appeler Mario Dumont « un pompier pyromane », alors que l’homme a lui-même créé, dans la grand peur électorale, la Commission qui cause aujourd’hui la honte des bien-pensants. Il a mis la chose au feu et aujourd’hui ne reconnaît pas le plat qui en ressort ? Pompier pyromane ? Mario Dumont ? Gros idiot, va !

Non mais, faut le faire en crime, critiquer le même Dumont qui a souhaité discuter du nombre d’immigrants que le Québec reçoit chaque année. Faut le faire en tab*****, après avoir couper constamment dans les budgets voués à l’intégration des immigrants depuis bientôt cinq ans. Faut vraiment pas être gêné, sans blague.

Pis il faut le faire, se donner en exemple, dans sa récupération vaine et niaiseuse de la non-question du droit de voter voilée; dans sa prétention, objectivement inexacte, que grâce à lui, le Québec parle de sa propre voix à l’UNESCO; dans son arrogant mensonge de dire que son gouvernement est en train de faire du Québec une puissance mondiale des énergies renouvelables, alors que ce même gouvernement est en train de bulldozer sa propre législation pour vendre du gaz naturel que nous ne produisons même pas. Honte sur vous, citoyen Charest !

Et, plus que jamais, il faut le faire, évoquer René Lévesque la semaine même de la commémoration de son décès, pour dénoncer des politiques nationalistes. Je me permets de paraphraser ce premier minus : Est-ce que René Lévesque, qui fut un grand démocrate, aurait apprécié que l’on évoque la mémoire d’un adversaire politique pour se faire du capital ? Certainement pas, Monsieur le donneur de leçon.

J’ai lu ça aujourd’hui mais je ne me souviens plus où. Je ne peux donc pas donner la paternité de l’ingénieuse formule que je m’apprête à rédiger à son géniteur légitime. Mais on peut résumer le crime de Jean Charest a la phrase suivante : dans cette lettre, il a agit comme un chef de parti en utilisant ses attributs de chef d’État. Et c’est inacceptable.

Charest est-il le premier de son rang à utiliser sa fonction à des fins partisanes ? Certainement pas ! Mais il n’en finit plus de la traîner inexorablement dans les caniveaux où il aime lui-même se vautrer. Et le comble dans tout ça, c’est qu’il le fait en se permettant de donner de leçon de grandeur politique à ses adversaires.

Non mais, quel plouc !

C’est pour toutes ces raisons que Jean Charest restera dans l’histoire du Québec comme ce qu’il est : un être méprisant et méprisable.

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Mercredi, Octobre 24, 2007

Méprisant et méprisable

Jean Charest s’est insurgé, hier en chambre, contre l’utilisation de l’expression « ressortissant étranger » dans le projet de loi n° 195, portant sur l’identité québécoise. Le Premier ministre a critiqué l’utilisation de ces termes qui, à ses yeux « trahissent l'état d'esprit du deuxième parti de l'opposition officielle ». Non content, il en a remis : « ce n'est pas des Québécois qui viennent s'intégrer chez nous dont ils veulent parler, ils parlent des étrangers. »

Hon… Le Parti Québécois aurait-il commis ce que nos cousins français appellent un « délit de sale gueule » ? Le projet de loi contiendrait il des termes xénophobes, qui contribueraient à discréditer, à eux seuls, ses finalités ?

Il n’en est rien. En fait, la politique d’immigration de notre État est définie par la Loi sur l’Immigration au Québec, L.R.Q., chapitre I-0.2. Le premier article de cette loi stipule ce qui suit :

2. Dans la présente loi, on entend par «ressortissant étranger» une personne qui n'est ni citoyen canadien, ni résident permanent au sens de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (Lois du Canada, 2001, chapitre 27) et des règlements adoptés sous son autorité et qui s'établit temporairement au Québec à un titre autre que celui de représentant d'un gouvernement étranger ou de fonctionnaire international.

Elle continue comme suit :

3.  La sélection des ressortissants étrangers souhaitant s'établir au Québec à titre permanent ou temporaire se fait dans le cadre de la politique gouvernementale relative aux immigrants et aux ressortissants étrangers.

Cette loi ne s’arrête pas là. Elle institue, en vue de son application particulière, le règlement suivant :

Règlement sur la sélection des ressortissants étrangers, c. I-0.2, r.5

On utilise donc le terme « ressortissant étranger » lorsque l’on veut parler d’un immigrant qui n’a pas encore été reçu, à l’étape de la sélection en somme. En fait, lorsque l’on étudie le texte du projet de loi n° 195, on se rend compte que ce terme est utilisé lorsqu’il s’agit d’amender la loi actuelle sur l’immigration ou lorsque l’on parle d’intégration des nouveaux arrivants.

Quoi qu’il en soit, il est surtout évident que le terme n’est ni raciste, ni intolérant en lui-même, puisque le gouvernement lui-même l’utilise pour qualifier des individus. Hier, le chef de ce gouvernement a attaqué des acteurs politiques parce qu’ils utilisaient un terme émis par une législation de l’État qu’il dirige.

Ceci attire notre attention sur un comportement récurrent chez de Jean Charest. Cet homme se révèle être, en privé, un des politiciens les plus sympathiques qu’il m’ait été donné de rencontrer. Affable, drôle, attentif, charmant même, tout le contraire du ton cassant d’un Boisclair ou de l’austérité d’un Bouchard. C’est un péquiste qui vous le dit. Mais ce même Jean Charest peut se révéler tellement mesquin, tellement méprisant envers l’adversaire dans le contexte d’une joute partisane qu’il en perd toute l’estime que l’on pourrait avoir pour lui.

Quand il s’agit de faire mal paraître un adversaire, Jean Charest se montrera prêt à mentir et à tricher sans vergogne. Il pourra faire preuve de la mauvaise foi la plus crasse et de la malhonnêteté intellectuelle la plus condamnable, notamment dans sa lutte quotidienne pour survivre à une période de question, voire même à instituer un tabou autour d’une expression généralement admise par son propre gouvernement.

Et n’allez pas mettre ces paroles malheureuses sur le compte du feu de l’action ou de la dynamique endiablée d’une période de questions. Jean Charest n’a pas repéré ces deux mots dans le texte alors qu’il était bien assis sur sa banquette, en écoutant Pauline Marois amener ses questions. Ce genre de coup se planifie. Ils sont prémédités.

Remarquez, tous les politiciens se livrent parfois à une réthorique douteuse quand il s’agit d’attaquer la partie adverse. Mais il y a des limites quand même à dire délibérément des choses que l’on sait fausses ou inexactes. « Attaquer sans relâche les idées de ses adversaires, quelques soient les mérites de leurs propositions. » Ainsi, Robert Bourassa expliquait, en privé, son succès politique. L’élève Charest semble avoir bien appris la leçon.

C’est ce genre de comportements qui fait en sorte que la politique faillit de plus en plus souvent à générer des solutions satisfaisantes pour la population. Et c’est aussi ce genre de tactiques qui fait de Jean Charest un être parfois si méprisable.

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Vendredi, Octobre 19, 2007

Les libéraux ne font plus rire

Ça c'est vraiment pathétique... Le Parti Libéral du Canada a déposé un projet de loi visant à créer une commission des valeurs mobilières pan-canadienne. Ce projet est dénoncé par le très fédéraliste gouvernement du Québec et par la plupart des gouvernement des autres provinces... sauf l'Ontario.

On le voit plus que jamais, le problème du PLC se trouve là : ce parti préfèrera toujours perdre 10 votes au Québec qu'un seul dans la plus grosse province canadienne. Stéphane Dion et Denis Coderre auront beau faire : tant que ce parti prendra aussi systématiquement le parti-pris de la centralisation, il demeurera toujours aussi invendable au Québec. Je veux bien croire que l'enjeux est plutôt ésotérique et ne changera pas grand chose dans la vie du citoyen lambda, il y a toujours bien des limites à aller dans le sens contraire de nos intérêts objectifs.

Pourriez-vous, s.v.p., arrêtez d'être aussi pas bon ? Parce que c'est plus drôle la...

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Mercredi, Octobre 10, 2007

Une séduisante incurie

Sous ses revers intéressants de solution simple qui règle des problèmes complexes, l’idée énoncée par le gouvernement de Jean Charest d’amender la Charte Québécoise des droits et libertés pour y inclure une primauté de l’égalité entre les sexes sur la liberté de religion, est en fait excessivement dangereuse.

Un peu de constitutionalité pour commencer. La Charte canadienne comprend, en son article 28, une stipulation à l’effet de laquelle nul droit ne peut porter atteinte à la garantie de traitement égal des deux sexes. Les libéraux voudraient importer le principe dans la Charte québécoise.

En elle-même, une telle clause ne représente pas un problème et elle peut être souhaitable. Dans le contexte, elle risque de réussir à faire ce qu’il faut justement éviter : traiter l’enjeux des accommodements raisonnables comme une simple question juridique.

En effet, l’enjeu n’est pas celui de la hiérarchisation des droits dans notre société. C’est une pente dangereuse. L’atteinte aux droits fondamentaux, quels qu’ils soient, d’une femme, fusse-t-elle musulmane ou catholique, serait-elle plus grave que celle envers ceux d’un homme sikh ou athée ? Un tel article introduit d’abord et avant tout un préjugé de discrimination sexiste dans n’importe quelle question. Ne vous demandez pas pourquoi c’est le Conseil du statut de la femme qui a été la première à faire la suggestion d’une telle mesure.

En outre, cela introduit l’idée que notre société peut souffrir un amoindrissement du droit à la liberté religieuse. Ce n’est pas le droit de croire en quelque chose qui est remis en question dans l’affaire des accommodements raisonnables. C’est plutôt l’obligation de l’État et de tous les acteurs administratifs d’adapter leurs pratiques aux croyances de chacun.

Ce qui nous emmène à la question principale. L’enjeu de ce débat, ce n’est pas de savoir s’il est plus important de respecter les femmes que les croyances des gens, mais bien de savoir si notre société doit accepter que la « loi divine » de certains ne deviennent règles de droit.

Il existe en droit un principe fondamental, celui de la hiérarchisation des sources. Les règlements doivent s’interpréter en vertu des lois qui les créent, les lois doivent s’interpréter en vertu des lois constitutionnelles. Doit-on accepter qu’une loi qui interdirait le port d’une arme blanche à l’école soit réinterprétée selon les préceptes de la religion sikhe ou encore que les politiques d’un hôpital soient réinterprétées à la lumière du Coran ? Non ! Notre société, que dis-je, notre civilisation, repose sur le principe de la primauté du droit, lequel est attaqué à sa face même par plusieurs accommodements demandés, lesquels ne concernent pas toujours la place des femmes dans la société.

Accepter la notion même « d’obligation » d’accommodement, c’est reconnaître que la loi n’est pas la seule à gouverner les rapports sociaux. On parle ici de matière religieuse, cela s’entend. Il n’est pas question ici de retirer l’obligation des administrations d’offrir des rampes d’accès aux personnes handicapées, lesquelles ne peuvent réellement pas participer à la vie civique sans être accommodées. Il ne faut pas oublier que la foi, c’est une question de choix (et de liberté, comme les femmes qui portent le hidjab aiment à le rappeler). Les choix individuels d’une personne ne lient pas le reste de la société.

Amender la Charte ne viendrait pas régler l’ensemble de la question des accommodements donc. Mais, pire encore, cela servirait d’un consensus et d’une solution trop simple aux yeux des élites multiculturalistes qui verraient ainsi une façon très simple de mettre le couvercle de la marmite.

Soyons lucides : la Commission ne déposera pas son rapport avant le printemps prochain, si ça ne va pas à l’automne. Nous aurons peut-être des élections avant la fin de l’hiver. Cette idée soudaine de Jean Charest, ce n’est rien d’autre en fait qu’une tentative de se présenter en élection avec la capacité de dire « J’ai réglé la question des accommodements ». Pourquoi tout ce bataclan de commission alors ? Pourquoi tout ce verbiage si, au fond, il n’était pas nécessaire d’attendre le rapport pour trancher ? Parce que sa création, c’était la solution pour les élections de 2007, cet amendement sera donc celui des élections de 2008. L’incurie de l’année dernière démontrée par l’incurie de cette année finalement. Ne soyons pas dupes !

Mais surtout, ce que cette modification aurait de plus proprement criminel (oui, j’endosse complètement ce mot), c’est qu’elle viendrait court-circuiter la discussion trop longtemps occultée sur notre modèle d’intégration. Un débat qui aura eu besoin de manifestation de la xénophobie la plus crasse pour enfin pouvoir être tenu. Ce qui se passe au Québec est important et ne saurait se conclure par une mesurette sortie du chapeau d’un Premier Ministre en sursis, trop content, se faisant, d’éviter la discussion sur l’aspect fondamental du débat en cours.

Celui du rejet massif, par les Québécois, du multiculturalisme comme modèle de diversité et du fait que celui-ci nous est imposé par un régime fédéral que nous ne pourrons jamais changer à notre satisfaction.

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