Jeudi, Mars 27, 2008

Être candidat à la vice-présidence : le meilleur moyen de ne pas devenir président


Le très amusant, Dan Quayle

Intéressante, cette théorie rapportée par Richard Hétu sur son excellent blogue couvrant la politique américaine. Ainsi, plusieurs démocrates influents trouveraient très intéressante l’idée d’un ticket présentant Al Gore à la présidence et Barack Obama à la vice-présidence. L’idée sourirait à plusieurs personnes, qui y voient une façon consensuelle de sortir de la crise qui a court présentement, bien que peu de gens semblent penser que le scénario est réalisable.

Quoi qu’il en soit, si j’étais le conseiller de Barack Obama, je l’inciterais à rejeter d’emblée toute opportunité de devenir vice-président, que ce soit sur un ticket mené par Gore ou même par Clinton. À cette dernière, je donnerais le même conseil, si tant est qu’elle ne veut pas fermer la porte à être candidate à nouveau en 2012, s’il fallait qu’Obama soit battu par McCain en novembre.

En effet, je pense que malgré le prestige associé à ce poste, le fait de devenir vice-président nuit bien plus qu’il n’aide une personne qui désire un jour occuper elle-même le bureau ovale.

De trois choses l’une, si vous devenez candidat à la vice-présidence : au pire vous porterez les stigmates d’une défaite dont vous n’êtes pas le responsable (Edwards avec Kerry); au minimum, vous devrez, votre tour venu, faire campagne sur le thème très peu vendeur de la continuité, ce qui n’est pas le cas de votre adversaire (Gore succédant à Clinton, Nixon face à Kennedy en 1960); au mieux, vous devrez devenir le premier président depuis Roosevelt a permettre à votre parti de conserver la Maison Blanche pendant quatre mandats consécutifs, si seulement vous voulez éviter de rentrer dans l’histoire comme un « one-term president » (Bush père qui devient président après huit ans de Reaganisme).

Vous pouvez toujours, comme Lyndon B. Johnson, faire en sorte espérer que votre président décède en cours de mandat pour lui succéder, mais il faudra toujours que vous soyez vous-même capable de vous faire élire deux fois. Avec les progrès de la médecine, les chefs d’État qui meurent en fonction vont se faire de plus en plus rare.

D’autres ratés vice-présidents célèbres ? Truman, qui a réussi là où tous les autres ont échoués. Spiro Agnew, coulé par Nixon dans l’histoire du Watergate. Gérald Ford, devenu président dans la foulée, par le jeu constitutionnel, sans avoir la carrure nécessaire. Walter Mondale, sous Carter, qui sera battu par Reagan en 1984. Le très ridicule Dan Quayle, sous Georges Bush, se passe de commentaires. Et Dick Cheney qui n’est pas intéressé.

Dans la catégorie des candidats à la vice-présidence se situant sur un ticket perdant, c’est encore pire. Citons Bob Dole, battu avec Ford en 1976, et battu à la présidence par Clinton en 1996, qui devint plus tard porte-parole de Viagra. Joe Lieberman, expulsé du parti Démocrate quelques années après sa défaite avec Gore. Et que dire de Geraldine Ferraro, candidate en 1984 avec Mondale et récemment liquidée de la campagne de Clinton.

En somme, il ne fait pas de doute qu’être candidat à la vice-présidence n’a pas souri à la plupart des gens qui ont tenté l’expérience, du point de vue électoral, cela s’entend. Depuis Roosevelt, un seul a réussi deux réélections et c’est son successeur, Harry Truman. Nixon a quant à lui été élu à deux reprises lui aussi, mais il lui aura fallu passer par une traversée du désert de huit ans entre sa vice-présidence et sa présidence et personne ne désire connaître sa fin disgracieuse.

C’est donc pourquoi je pense qu’Obama, s’il ne remporte pas la course démocrate (ce qui m’étonnerait, à ce stade-ci) devrait s’abstenir de se trouver sur le ticket présidentiel. Il n’aura que 47 ans cet automne, il aura encore sa chance. Quant à Clinton, elle n’aura quand même que 64 ans en 2012 et elle pourrait bien être tentée de faire une campagne à la « je voulais bien dit » si McCain remportait la Maison Blanche.

Demeure quand même une chose : quel que soit le candidat à la présidence du côté démocrate, la présence comme colistier d’une personnalité comme Obama et Clinton l’aiderait certainement. Se sacrifier pour le parti, donc ? C’est peut-être par ce geste que l’on mesurerait vraiment la valeur de ces deux politiciens dominants de leur époque.

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Mardi, Octobre 02, 2007

S’inspirer de René Lévesque

Radio-Canada a eut l’excellente idée cet automne de rediffusée la somptueuse série radiophonique « Point de mire sur René Lévesque ».

J’écoutais le premier épisode, qui se veut une espèce de bilan de sa personnalité. Tous les intervenants s’entendent toujours sur une chose quand il est question de René Lévesque et il s’agit de son côté éminemment démocrate. En cette période de remise en question, parfois douloureuse, pour le mouvement souverainiste, il me semble que c’est la seule chose que nous devrions retenir, pour la suite des choses.

Plusieurs s’entendent pour dire qu’il y a toujours eu deux courants qui ont composés le mouvement souverainiste. L’un pour qui l’indépendance est une fin en soi, une lutte de libération qui s’achèvera le jour de la victoire. Pour l’autre, l’indépendance est un moyen, celui de réaliser un projet social-démocrate qui permettra aux Québécois de vivre selon des valeurs qui leur sont propres. On parlera donc d’un courant national et d’un courant social, comme Jonathan Valois les avait bien expliqué sur son blogue, malheureusement fermé aujourd’hui. Celui-ci proposait la montée en force d’un nouveau courant, un courant démocrate. Celui-ci aurait pour but de faire la synthèse entre les deux projets et de répondre, en cette époque d’individualisme radical, à la volonté des citoyens d’avoir plus de pouvoir sur leur vie et leurs institutions, grâce à la souveraineté. Même si j’aime bien Jonathan et que je crois que sa réflexion est fort utile et pertinente, je crois par contre qu’il n’a rien inventé.

D’aucuns ont cherché à faire croire qu’il y avait eu deux temps, un avant 1995 et un après, l’un où les Québécois auraient été animés d’un sentiment revanchard à l’égard du maître anglais (autant sur le plan économique que politique), alors que maintenant, investis d’une nouvelle identité nationale « civique », nous serions capables de mobiliser notre peuple autour d’un projet progressiste, altermondialiste, pacifiste, écologiste et féministe. La crise des accommodements raisonnables a démontré les limites de ces croyances. D’autres diront que nos échecs récents seraient du davantage à notre mollesse toute néolibérale alors que d’autres (à qui les mathématiques donnent raison) les attribuent plutôt à la désaffection des conservateurs.

Et si la réponse était plus simple ? Et si ce n’est pas dans des réflexions politiques futuristes qu’il fallait regarder, mais bien dans le passé de notre mouvement ?

Le combat de René Lévesque n’en était pas un de revanche ! Il n’a jamais reposé non plus sur la volonté de réaliser un quelconque projet social à la mord-moi-le-nœud ! Le combat de René Lévesque c’était tout ça à la fois, mais plus encore. N’en déplaise à mon ami Jonathan, le courant des démocrates, c’est René Lévesque qui l’a formé.

Relisez Option-Québec. Il n’y est pas question de revanche contre les anglais. Il y est question d’un peuple francophone, le Québec, qui a besoin, pour se réaliser, de se doter des INSTITUTIONS POLITIQUES normales, d’un peuple normal. Pour Lévesque, l’indépendance n’est pas une fin ou encore un moyen, c’est une refondation.

C’est pour ça que Lévesque, un homme de gauche, n’a pas hésité à s’allier avec des créditistes pour fonder le Parti Québécois. Intelligent, il avait compris que les gens au Québec qui étaient satisfaits de la situation actuelle (qui s’est empirée depuis au passage) étaient largement minoritaires. Il savait aussi que ceux qui voulaient plus de liberté pour le Québec faisaient face à des ennemis puissants et que le pire des scénarios étaient de leur opposer des forces nationalistes qui se diviseraient entre elles (d’où le compromis de la souveraineté « associative ») ou, pire encore, des souverainistes qui se diviseraient entre progressistes et conservateurs.

Non mais, vous imaginez ? S’il y a 30% de sociaux-démocrates au Québec, 45% de souverainistes et 70% de nationalistes, pourquoi pensez vous que notre statut politique ait tant reculé ? C’est peut-être que ceux qui fomentent la division en notre sein, malgré leurs intentions pleines de puretés, ont été, par leurs résultats, des alliers objectifs de nos adversaires.

Voilà ce qu’il faut retenir de René Lévesque. La souveraineté permettra au Québec d’avoir enfin un débat politique normal. Parfois, il y aura des gouvernements de gauche, parfois il y aura des gouvernements de droite. C’est ce que les nationalistes doivent se rentrer dans la tête : l’indépendance a besoin de l’appui des sociaux-démocrates pour se réaliser. Et c’est ce que les sociaux-démocrates doivent comprendre : que sans l’indépendance et sans alliance avec les nationalistes, ils ne l’auront jamais leur projet social. Si pour eux la souveraineté est un enjeu secondaire, il y a toujours le NPD au fédéral.

Et c’est justement le travail des démocrates. Garder les souverainistes centrés sur l’objectif : bâtir un Québec qui pourra décider pour lui-même. Mais cela n’a de sens aux yeux des Québécois que s’ils deviennent plus libres eux aussi.

Mais, alors qu’aucun référendum n’est à l’horizon, que le PQ doit d’abord se faire réélire et que les progressistes en ont marre de voir leur agenda remis à plus tard, comment, me direz-vous, reformer à nouveau la coalition démocratique ?

Et bien peut-être faudrait-il arrêter d’attendre le référendum pour agir. Peut-être devrions nous, enfin, nous mettre à gouverner comme des gens qui pensent que le Québec devrait être souverain. C’est là toute l’essence de la gouvernance souverainiste.

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Dimanche, Septembre 30, 2007

Législatives en Ukraine : la force des images

J’aime bien suivre la politique ukrainienne. Pour de bien mauvaises raisons. En effet, j’aime suivre les tribulations des personnages tellement typés et symboliques qui jouent dans ce feuilleton politique passionnant que vit l’ancienne république soviétique.

Peu de gens sont d’accord avec moi, mais je crois que la politique est essentiellement affaire d’émotions et non d’idéologies, ce qui est peut-être malheureux. Le leader doit entrer en synergie avec son peuple. Il ne s’agit pas d’une affaire de faiseurs d’images et de « spin doctors » : plus souvent qu’autrement, ce sont les événements qui font les hommes (et les femmes!) et changer l’image d’un politicien est une chose excessivement difficile, comme l’expérimente douloureusement Stéphane Dion ces jours-ci.

Pour revenir à l’Ukraine donc, sa politique est vraiment intéressante à suivre car elle a suivit parfaitement le schéma de construction d’un héros mythique, théorie que je vous avais déjà présenté sur ce blogue. Avant de vous expliquer précisément où je veux en venir, je vous fais une bien modeste présentation de l’histoire contemporaine de l’Ukraine avec un petit coup de main de la part de mon ami Wikipédia.

Royaume millénaire, l’Ukraine a connu à travers son histoire différents degrés d’intégrations à l’ensemble russe, de l’époque où les « Princes de Kiev » régnaient sur « toutes les Russies » jusqu’à l’époque impériale. Autour de 1920, elle est envahie par l’Armée rouge et jointe à l’URSS. Elle devient alors un centre industriel important en même temps que l’on cherche à assimiler définitivement les ukrainiens aux russes. C’est toute l’histoire ukrainienne en fait : doit-on se tourner vers l’Europe ou vers la Russie ? Il n’est pas étonnant donc que la vie politique de ce pays soit cadencée par l’opposition entre pro-occidentaux et pro-russes depuis l’indépendance définitive de l’Ukraine en 1991.

Ce qui nous ramène à l’élection présidentielle de 2004. Le bloc pro-russe (dirigé par le Parti des Régions, en bleu) est au pouvoir. Le président sortant se nomme Léonid Koutchma et est un proche de Vladimir Poutine. Son premier ministre, Viktor Ianoukovitch, est candidat pour lui succéder. Face à lui, se trouve le libéral et pro-occidental Viktor Iouchtchenko (Parti Notre Ukraine, en orange). Celui-ci se démarque par un discours basé sur le contact direct avec les gens où il promet de lutter contre la corruption et de libérer l’Ukraine du contrôle du Kremlin. Charismatique, il est très populaire et se dirige vers la victoire.

C’est là où l’histoire devient fascinante. Quelques semaines avant l’élection, Iouchtchenko est empoisonné à la dopamine, dans la plus pure tradition russe. Il survit à cette attaque mais s’en retrouve irrémédiablement diminué et enlaidie par les crevasses que le poison a laissée sur son visage, ce qui est fort fâcheux quand on mise sur son charisme pour se faire élire, vous en conviendrez.

La campagne présidentielle finit par se rendre au second tour. Les sondages à la sortie des urnes (habituellement très fiables) donnent Iouchtchenko gagnant par 11%. Les oranges sont en liesse. Mais voilà : les résultats officiels annoncent la victoire du bleu Ianoukovitch en même temps que les observateurs étrangers dénoncent de multiples irrégularités dans l’organisation du scrutin et du dépouillement. C’est alors que commence la Révolution Orange.

Chaque soir, des milliers d’Ukrainiens en colère se réunissent à Kiev, la capitale, pour réclamer la tenue d’un nouveau tour de vote. Les images sont superbes : il fait nuit, Iouchtchenko, un foulard orange autour du cou, harangue la foule, de la buée sort de sa bouche parce qu’il fait froid (on est en décembre en Ukraine…), à la Place de l’Indépendance en plus. Non mais, vous trouvez pas ça beau vous ? Il est rejoint sur scène par son adversaire du premier tour, la conservatrice Ioulia Tymochenko, superbe petite femme à qui ses cheveux nattés donne l’air d’une fée ukrainienne. La coalition orange est en marche, l’Occident s’émeut et quelques temps plus tard, après moult péripéties devant la cour suprême et sous les pressions internationales, la tenue d’un nouveau tour est organisée, sous forte présence d’observateurs internationaux. Il est remporté par Viktor Iouchtchenko qui devient président.

C’est drôle quand même l’influence qu’a eu cette élection sur notre propre politique. Suffit de regarder un congrès politique et de voir la quantité de bolos qui se promene avec un foulard de couleur dans le cou pour marquer leur appartenance à un camp. Je me rappelle avec amusement un groupe de jeunes du PQ qui s’étaient mis à arborer un carré orange pour marquer leur volonté de prendre leur place dans le parti. « Attention, leur disais-je, c’est quand même à une révolution de droite que vous vous associez…»

Parce que c’est bien de ça qu’il s’agit : un mouvement populaire de droite. Un mouvement pour le respect de la démocratie, certes, mais une récupération populiste qui sert des idées de droite. Ce qui me fait dire à la gauche : vous voyez, il arrive que la droite soit dans son bon droit et que ce soit elle arrive le mieux à incarner les aspirations du peuple. Ce qui me fait dire à la droite aussi : attention, il arrive que quand on promet le changement à tous crins et la liberté pour tous, le réveil soit brutal et le prix à payer élevé.

En effet, trois ans plus tard, la coalition orange a éclaté. Neuf mois après son élection le président Iouchtchenko limogeait sa Première ministre Tymochenko à cause de mésententes irréconciliable dans la conduite du gouvernement, comme quoi l’équation entre libéralisme économique et conservatisme politique ne fonctionne pas à tous coups. Plus tard, « Notre Ukraine » se faisait ramasser aux législatives par les bleus de Ianoukovitch, avec qui il sera obligé de composer comme nouveau chef du gouvernement. C’est que le président n’a pas réussi à enrayer la corruption, les membres de son parti ont été accusés d’en bénéficier, l’abondance pour tous n’est pas survenue, la condition des gens ne s’est pas améliorée et les Ukrainiens sont en colère, encore. Et aujourd’hui, ils votent et le président en est réduit à espérer une victoire de Tymochenko pour sortir du cul de sac où se trouve sa présidence. Moralité pour les gens de droite donc : quand vous promettez « la révolution du bon sens », organisez vous donc pour réaliser vos engagements, sinon vous risquez de trouver le temps excessivement long.

C’est donc une histoire riche en enseignement que celle de l’Ukraine contemporaine. Mais surtout, quelles superbes images : Viktor Iouchtchenko en héros christique marqué dans sa chair, son alter ego (ils ont le même prénom en plus) Ianoukovitch en sinistre valet du Kremlin, la figure obscure de Leonid Koutchma, Vladimir Poutine qui se profile en arrière tel un empereur fantomatique et la lumineuse Ioulia Tymochenko avec ses nattes à la princesse Leïa. Très intéressants sur le plan cosmétique donc et riche en enseignement sur le plan politique. Nos politiciens devraient s’en inspirer.

« M. Dion ? Qu’est-ce que vous faites ? Non, lâchez cette bouteille ! Non ! Ne buvez pas ça ! C’est du poison !!! »

Mise à jour, 18h00 : Selon les sondages "sorties des urnes", le Parti des régions du Premier ministre Ianoukovitch arrive en tête avec 35% des voix, avec 30% pour le Bloc Tymochenko. "Notre Ukraine", le parti présidentiel, recueille quant à lui à peine 15% des suffrages. Il s'agit toutefois d'une victoire pour le président Iouchtchenko : Tymochenko a annoncé son intention de diriger un gouvernement issue de la coalition orange (qui cumule plus de 45% du vote), plus forte au parlement que la coalition bleue, composée du Parti des Régions et des communistes (40%).

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Jeudi, Septembre 20, 2007

Le drame de Dion

 

Bon ça y est. Stéphane Dion n’est pas populaire auprès des Québécois parce qu’il n’est pas allé à Tout le monde en parle.

Franchement !

Que je sache, Stephan Harper ne participe pas, lui non plus, à des émissions de variétés. André Boisclair en a fait un paquet (c’est à peu prêt le seul endroit où il paraissait bien) mais c’est pas comme si ça lui avait particulièrement réussi. Conclusion, y en pour qui ça fite, d’autres pour qui ça fite pas. Je veux bien croire que la politique a parfois l'air d'un spectacle, mais  il y a quand même des limites.

Le drame de Stéphane Dion, ce n’est pas que les gens ne le connaissent pas assez, comme il se plaît à le croire. Le problème c’est que ce gars-là n’a d’aucune façon la moindre allure d’un chef.

Dans mon esprit, le leadership politique émane de deux choses : l’identification ou l’autorité. On peut se reconnaître dans un chef, comme des milliers de Québécois dans le cas de Mario Dumont. On peut aussi reconnaître la compétence, la détermination ou la sagesse d’un leader, ce sur quoi essaie de tabler Pauline Marois. Certains, comme René Lévesque, ont réalisé l’exploit de cumuler les deux qualités, ce qui explique qu’il est toujours vu par les Québécois comme l’un des plus grands Premier Ministre de l’histoire.

Le problème de Dion, c’est qu’il n’arrive à susciter aucun des deux : personne ne se reconnaît dans lui et personne ne le trouve particulièrement transcendant. Brillant ? Certainement ! Compétent ? Probablement ! Mais de là à lui reconnaître de l'autorité... Il l’a très bien dit lui-même : les gens le respectent. Mais ils n’adhèrent pas. Ça a été le drame de Joe Clark, dans une moindre mesure celui de Bernard Landry. Mais ça peut être contré !

Comment Stephan Harper, lui qui est aussi sympathique qu’une feuille de papier sablé, fait pour gagner en popularité ? Il a l’air déterminé, il ne cherche pas à faire plaisir à tout le monde et il réalise ses engagements. Ça lui confère de l’autorité. Et ça marche.

Dion peut-il faire la même chose ? Ça m’étonnerait. Je pense que, contrairement à Harper, les gens ont l’impression de bien le connaître, de le suivre depuis longtemps, à tort ou à raison. Ça fait quand même dix ans qu'il est dans le paysage politique et ce n'est pas comme si il avait toujours été associé aux politiques les plus sympathiques. Et ce n’est pas de lui faire prendre des photos en bras de chemise ou de le faire promener sur un tracteur qui va changer ça.

Le ciment est pris finalement.

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Jeudi, Septembre 13, 2007

On les aime

Une autre opération que j’ai menée avec le sondage Léger Marketing, c’est que j’ai voulu faire une répartition des indécis en me posant la question suivante : « Certains sont moins connus, mais les gens qui les connaissent, ils les aiment ou pas ??? » Si une personnalité politique est connu par 35% de la population mais qu’elle recueille 25% d’opinion favorable par exemple, c’est quand même fort… C’est une étoile à surveiller…

Évidemment, comme vous le savez, faire plaisir à tout le monde, c’est difficile. Il est prévisible que plus la notoriété de cette personne ira en augmentant, c’est qu’elle aura prise des décisions, elle aura participé à des enjeux. Avec la notoriété, vient la controverse donc. Il y a donc moins de mérite à avoir un taux d’opinion favorable à 75% quand on est juger par un tiers de la population que par les trois quarts.

Je vous propose donc, aujourd’hui, les personnalités politiques ayant un taux d’opinion favorable supérieur au à 66.7 %. C’est donc dire que pour une personne qui a une opinion défavorable de l’individu, il y en a deux qui ont une opinion favorable.

Moyenne : 59.58

Médiane : 64

Taux d’opinion favorable de 50 personnalités politiques en tenant compte de leur notoriété (extrait)

Personnalité

Bonne

Mauvaise

Notoriété

1.

Christine St-Pierre

77

23

43

2.

Maka Koto

77

23

44

3.

Yves Séguin

76

24

49

4.

Thomas Mulcair

76

24

62

5.

Jack Layton

74

26

69

6.

Pierre Curzi

73

27

74

7.

François Gendron

72

38

43

8.

Maxime Bernier

71

29

41

9.

Marguerite Blais

71

29

55

10.

Nathalie Normandeau

70

30

37

11.

Mario Dumont

69

31

98

12.

Gérald Tremblay

69

31

77

13.

Bernard Drainville

69

31

54

14.

Marie Grégoire

69

31

29

15.

Louise Harel

68

32

76

16.

François Legault

68

32

73

17.

Pierre Paquette

68

32

25

Wow ! La star Christine St-Pierre. Gagnerait-elle vraiment à être connue davantage ? L’avenir nous le dira mais on voit aussi que Maka Koto recueille beaucoup plus d’affection que Pierre Paquette (lequel trouverait peut-être des motifs de consolation à sa faible notoriété grâce à ce calcul). Cette méthode est aussi très avantageuse pour les néo-démocrates Layton et Mulcair.

Ce qui est amusant aussi, c’est de voir comment les figures libérales les plus populaires (outre St-Pierre) sont Séguin, Blais et Normandeau. Si le fait que Séguin se soit fait tasser par Charest contribue certainement à sa cote d’amour, ce dernier aurait avantage à faire de la place aux nouvelles venues de son équipe plutôt que de surcharger Courchesne, Jérôme-Forget et Couillard de responsabilités.

Encore que ça risque de les brûler elles avec…

Et au passage, Mario Dumont devrait profiter de son prochain passage dans Charlevoix pour arrêter à Ste-Anne-de-Beaupré et alumer un lampion pour que Marie Grégoire lâche le Club des Ex au plus maudit.

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Vendredi, Septembre 07, 2007

Un cas patent de conflit d'intérêt

Je ne suis pas fan des théories du complot. Le réflexe de toujours prendre pour acquis que l’On nous cache des choses et que l’On nous manipule m’apparaît aussi stupide que celui de gober systématiquement tout ce que l’On nous dit.

Ceci étant dit, il y a des fois où c’est tellement évident que des gens cherchent à nous mettre des trucs dans la tête que ça en est insultant.

Je veux parler de cet effeuillage lascif du contenu de la biographie de Brian Mulroney que TVA nous offre depuis une semaine. J’imagine que pour le diffuseur, c’est une bonne occasion de renforcer sa crédibilité en matière d’informations en dévoilant en exclusivité le testament d’une des grandes figures politiques de l’histoire récente. Le problème, c’est que le traitement provoque exactement l’effet inverse.

Brian Mulroney est président du conseil de Quebecor World. Son ancien homme de main, Luc Lavoie, est maintenant à la solde de Pier-Karl Péladeau. Est-ce que quelqu’un a vraiment essayé de me faire croire que Paul Arcand, qui a réalisé l’interview avec Mulroney, et Paul Larocque, qui présente sous forme de reportages les bande-annonces de l’émission spéciale qui sera présenté dimanche, ont vraiment pu travailler sans avoir ces éléments en tête ?

Parce que ce n’est pas d’information dont il est question ici. L’information, c’est quand un journaliste trouve quelque chose, parfois par hasard, parfois après une enquête, et qu’il le rapporte. Si TVA cherchait à informer le public, elle aurait présenté un reportage le soir même où l’entrevue a été réalisée : « Mulroney dit tout » ou « La version de Mulroney ». Le lendemain, elle en aurait réalisé un autre où elle cherchait la contrepartie des gens accusés par l’ancien PM. Mais non.

Depuis quelques jours, on nous distille petit à petit, dans des reportages avantageux pour l’ami Mulroney, le contenu de l’émission à venir. Qu’est-ce donc sinon une façon de mousser les cotes d’écoutes de l’émission de dimanche ?

Vous me direz : « Ben voyons Claude… Tu t’attends à quoi de la part des kings de la convergence ? Quebecor, ils marchent de même, ça a toujours été. » Ben justement, non. Cette fois-ci, ils dépassent les bornes. C’est de l’histoire du Québec et du Canada dont il est question ici. Au lieu d’en faire un traitement honnête, c’est-à-dire souligner la publication des mémoires du patriarche tel que l’événement le mérite et ensuite questionner le propos, le fouiller, l’investiguer, on a droit à un sens unique pendant une semaine. Certainement que TVA ne manquera pas de faire durer le plaisir la semaine prochaine en courant après Justin Trudeau et Lucien Bouchard pour avoir leur réplique. Bon coup, ils auront fait deux semaines de millage là-dessus. Pis tant qu’à faire, le Journal aura fait des papiers aussi.

Sérieusement, Arcand et Larocque n’agrandissent pas leur crédibilité en participant à cette mascarade. Quant à Mulroney, il aurait gagner à se pointer chez un diffuseur qu’on n’aurait pu soupçonner de chercher à le ménager.

Bien des gens qui auront voulu la jouer tellement prudemment qu’ils en auront fini par avoir l’air fou pour vrai. Encore qu’il ne semble pas qu’il y ait beaucoup de gens dans le public qui s’en soient rendus compte…
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Dimanche, Août 19, 2007

Sam a mal

Soucieux de démontrer que, lui aussi, il peut parler aux médias sans se mettre les pieds dans les plats, le ministre Sam Hamad s’est fendu cette semaine d’une lettre dans les médias pour ajouter son 2¢ sur les déclarations récentes de Mario Dumont. En entrevue au Soleil, le ministre a expliqué que le Québec est prêt à recevoir plus d’immigrants, tout en reconnaissant qu’il était important de veiller à l’intégration de ceux qui se trouvent déjà chez nous.

« Moi, je pense que la priorité est de s’occuper des immigrants qui sont au Québec en premier, puis après ça aussi aller combler en même temps par des gens de l’extérieur », a indiqué M. Hamad.

Hein ? Minute… Je relie la phrase.

« Moi, je pense que la priorité est de s’occuper des immigrants qui sont au Québec en premier, puis après ça aussi aller combler en même temps par des gens de l’extérieur », a indiqué M. Hamad.

C’est tu moi où cette phrase n’a aucun sens ?

Ok… si je comprends bien, le ministre dit qu’il faut tout d’abord s’occuper des immigrants qui sont déjà là et ensuite en accueillir d’autres mais, en fait, on peut très faire les deux choses parallèlement…

Un peu chien Claude, vous allez me dire… C’est pas fin de rire de l'expression de quelqu’un dont la langue maternelle n’est pas le français. (Encore que je ne suis pas sûr, quelqu’un a l’info ?) Mais mon propos n’est pas de dire que Sam Hamad ne sait pas parler : je pense plutôt qu’il ne sait pas de quoi il parle.

« Le Canada étant « le plus beau pays du monde », le ministre estime que le Québec a le luxe de « choisir les meilleurs » pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre. » Bon, ça y est, depuis la retraite de Jean Chrétien, je pensais qu’on en avait fini avec ce raisonnement de brosse à l’effet que, partout dans le monde, les gens envient le Canada qui est, comme chacun le sait, meilleur et supérieur quant à sa qualité de vie que TOUS les pays du monde. Mais bon… le ministre pense ça, c’est correct. Ils passent aussi sur le fait que le Québec, sur le marché canadien de l’immigration, peine à susciter autant d’intérêt que l’Ontario, le BC et l’Alberta, mais en tous cas.

Continuons : « Si on prend tous les chômeurs et les personnes à l’aide sociale aptes à travailler ils ne répondront pas aux perspectives du marché du travail. » Quoi ? Bon, ok… il devait vouloir dire « remplirons pas les besoins ». On aurait presque envie d’aller mettre cette entrevue sur le blogue « Entendu à Québec»... Passons aussi sur l’absence du plus minime fondement scientifique sur l’effet bénéfique de l’immigration sur l’économie et la démographie, comme l’a si bien démontré Benoît Dubreuil dans un texte au Devoir cette semaine.

Mais là où Hamad témoigne de sa stupidité la plus crasse, c’est dans les deux phrases suivantes : « Ce n’est pas vrai que ça crée des ghettos, rétorque le ministre Hamad. Les ghettos, c’est quand les gens ne travaillent pas et restent chez eux. C’est ça la définition d’un ghetto. » Ben oui Sam, quand Mario a utilisé le terme ghetto, il pensait vraiment à des places comme le quartier South Central à Los Angeles ou le 93 à Paris. Un peu plus et il associait Dumont à la rafle de Varsovie !

Et maintenant, prenez le temps de vous arrêtez sur cette phrase tellement politicienne, tellement « libérale » : « D’après le ministre, Mario Dumont joue avec le feu dans ses commentaires sur l’immigration. « C’est ça qui est dangereux dans ses interventions, dit le ministre Hamad. Il vient de diviser les Québécois. Il peut y en avoir un qui est contre l’immigration et il va l’alimenter pour diviser les Québécois au lieu de rassembler et regarder vers l’avenir. »

Quel sophisme de merde ! Non ! Il NE FAUT PAS parler des questions problématiques. Il NE FAUT PAS aborder les questions controversées. Si il n’y a pas de violence, si il n’y a pas de gens qui meurent de faim dans la rue (où les couloirs d’hôpitaux!), il NE FAUT PAS dire que quelque chose va mal. Ça divise ! Il faut « RASSEMBLER » les gens ! C’est ça, « regarder vers l’avenir », ne pas soulever les problèmes qui sont dérangeants. Exactement la même chose que les libéraux disent du projet souverainiste depuis une génération finalement.

Quand je lis des choses pareilles, je me dis que si on cherche un responsable pour les idioties proférées sur les lignes ouvertes ou à Hérouxville au sujet « des étranges », il faudrait peut-être plus regarder en direction des politiciens comme Sam Hamad que de Mario Dumont.
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Mardi, Août 14, 2007

Le besoin d'une politique souverainiste de l'immigration

 

J’ai trouvé que les attaques de Jean Charest à l’égard de Mario Dumont pour son commentaire au sujet de l’immigration étaient non seulement irresponsables, elles étaient tout simplement dégueulasses. C’est justement parce que les politiciens ont eu peur de se faire traiter de rascistes qu’il a fallu attendre de réelles manifestation de xénophobie comme on a vu à Hérouxville pour avoir une discussion sensée sur les accomodements raisonnables.

 

C’est plutôt absurde d’ailleurs. Il faut l’admettre, si, aujourd’hui, tout le monde a envie de parler de l’identité québécoise, c’est parce que Mario Dumont n’a pas eu peur d’aller jouer sur ce terrain l’automne dernier. Voir Jean Charest refaire exactement la même gaffe aujourd’hui témoigne du peu d’envergure de l’homme.

 

L’affaire a ceci d'invraissemblable en plus que Mario Dumont, au fond, n’a fait que dire que le Québec accueille assez d’immigrants comme c’est là. Ce sera bien la première fois qu’un chef de l’opposition officielle ce sera fait chier dessus parce qu’il a dit que la politique menée par le gouvernement était correcte comme elle est présentement.

 

Il y a une chose qui est vraie dans ce qu’à dit Dumont, c’est que, avec les ressources que nous consacrons présentement à la francisation et avec le peu d’information que nous donnons présentement aux immigrants avant leur arrivée au Québec, il serait irresponsable d’en accueillir d’avantage. Ce serait mauvais pour nous et mauvais pour les individus qui se retrouveraient dans une société qui n’a pas les moyens de les aider à s’intégrer.

 

Ça nous amène à l’angélisme délétère de Jean Charest, des jeunes libéraux et tous les tenants du multiculturalisme vertueux. Comment un parti qui a abolie les COFI et coupé les ressources en francisation peut-il nous regarder dans les yeux et nous dire qu’il n’y a pas de problème avec l’intégration des immigrants au Québec ? Qu’en est-il de l’absence totale de leadership du Premier ministre et de sa ministre Yolande James pour forcer les corporations professionnelles a accueillir les travailleurs étrangers dans leur rang ? « Allez, ouvrez les portes, ça nous en prend plus des ingénieurs qui chauffent des taxis au Québec! » semblent-ils dire en cœur. Tout va pour le mieux au pays du multiculturalisme canadien…

 

La palme de l’angélisme à ce sujet, revient sans contredit par contre à Marie McAndrew, titulaire de la chaire en relations ethniques de l'Université de Montréal, citée dans la Presse ce matin. Selon elle, freiner l'immigration, «c'est une position non seulement absurde, mais aussi suicidaire pour la société québécoise». «On a un besoin absolument essentiel de l'immigration. Les régions ont besoin de l'immigration», dit-elle. Ha… ok… comme si des milliers d’immigrants s’installaient en dehors de Montréal chaque année. Au passage, on attend toujours une seule étude sérieuse qui viendrait nous démontrer l’apport économique positif de l’immigration au Québec… D'ailleurs, l'intégration des immigrants au Québec «se passe très bien», croit-elle. «Si on fait exception des 10% les plus religieux, on ne peut pas dire qu'on a une crise de l'intégration au Québec.» Donc, que la pratique du français diminue de recensement en recensement ici-bas, n’est PAS un problème à son avis.

 

De l’autre côté, il y a Dumont qui, y va, une fois encore, d’une position courageuse sur un sujet tabou. L’ennui, comme d’habitude, c’est qu’on ne va pas au-delà du positionnement, de l’impression. « Des immigrants au Québec ? Il y a en a assez ! » Euh, ok ? Pourquoi donc ? « Ben, parce que là, vous le voyez bien… » C’est pas une politique, c’est pas une situation à laquelle il faut appuyer des mesures précises. Quand on voit le maire de St-Roch-de-Mékinac dire « qu’ils en ont laissé rentrer ben que trop », on se rend vite compte que le monsieur s’est penché sur la situation, les statistiques, les affrontements ethniques qui se multiplient, les femmes lapidées un peu partout, etc... On le voit aussi sur les blogues adéquistes, où on cite le programme adéquiste qui, vous serez surpris, est pour ça, lui, l’ouverture sur le monde et qui pense que, ça n’en prendrait plus des ressources en francisation là, coupées par les vieux partis (bon, encore de la faute du PQ…)! Comme le point de presse de Sébastien Proulx hier : on reste au niveau du principe, du vœux pieux, de la généralité. Mario et sa bande ne sont pas xénophobes : ils ne savent juste pas de quoi ils parlent.

 

Comme c’est raffraichissant, me disais-je ce matin. Pauline Marois n’est pas une nouvelle politicienne. Mais quand elle parle avec tant de clarté, tant de modération et avec autant d’audace, on se dit que c’est bien là, de la nouvelle politique. La gouvernance souverainiste qu’elle nous propose, c’est-à-dire diriger le Québec comme une nation qui peut être souveraine et, dans le cas qui nous intéresse, contrôler son immigration, ça change du « après le référendum », du « faudrait ben faire quelque chose » et du « tout est bien comme c’est là ».
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Mercredi, Août 01, 2007

Ni noir, ni blanc

Ici, un papier très intéressant de mon ami Frédéric Lavoie, somité montante de la situation des pays de l'est. Il y décrit pourquoi la corruption, érigée en système dans les pays de l'ancienne URSS, est non seulement incontrôlable, mais aussi nécessaire.

Un point de vue très intéressant en somme qui nous démontre que nos yeux de nord-américains ne suffisent pas toujours pour nous permettre de comprendre les réalités d'ailleurs.

Posted by V at 15:33:19 | Permanent Link | Comments (0) |

Jeudi, Juin 28, 2007

Une Pauline qui dérange

L’arrivée de Pauline Marois ne fait pas que des heureux, il fallait s’en douter.

À commencer par les adéquistes. Non contents de passer leur temps à la qualifier mesquinement de « Châtelaine de l’Île Bizzard », ils s’en prennent maintenant au caractère prétendument antidémocratique de son élection puisqu’elle n’a pas fait face à une élection.

Il est vrai que son bulletin de candidature a été signé par seulement 7000 personnes, soit à peu prêt l’équivalent du nombre total de membres de l’ADQ, mais c’est pas une raison pour se choquer. C’est quand même assez loufoque aussi de voir des gens qui font l’éloge de la richesse et du droit à la réussite individuelle se faire critique de la fortune d’une personne qui s’est enrichie dans l’immobilier. Mais bon, il y aura d’autres incohérences de leur part, ne vous inquiétez pas.

Leur chef aussi ne donne pas sa place ou plutôt, semble un peu ébranlé de l’avoir perdu dans les sondages. En effet, l’approche bureaucratique de Mme Marois serait responsable des problèmes dans le secteur de la santé et de l’éducation et semblerait-il que « tout le monde travaille à temps plein pour réparer ses erreurs ». Donc mon Mario, si les sauterelles viennent manger tes récoltes cet été, tu sauras à qui t’en prendre.

On ne dit pas assez souvent que l’année 2002 a été, pour le Québec, celle de la meilleure performance économique de son histoire. Il faut rappeller aussi que cette période financière suivait de quelques semaines les attentats du 11 septembre et que toutes les juridictions nord-américaines, sauf le Québec, ont alors connu un ralentissement de leur croissance ou une récession. On oublie aussi que cette année suivait la présentation d’un budget d’urgence pour faire face aux turbulences, lequel avait été préparé et présenté pas la ministre des finances de l’époque, Mme Pauline Marois.

Tu veux qu’on continu Mario ? Service de garde, amendement constitutionnel, t’en veux encore ? Il est normal, légitime et sain que l’on critique le bilan de Pauline Marois, mais quand on a jamais rien gouverné, il faut faire attention à ce qu’on dit. Assez comique aussi de voir notre Dumont prétendre qu’on ne peut être pour la souveraineté et ne pas vouloir tenir un référendum en même temps. Pour un gars qui a fait son pain et son beurre à ne jamais vouloir dire s’il était souverainiste et fédéraliste, faut être gonflé…

Mais on peut comprendre Mario. Ça va être comique lors de la prochaine campagne électorale, si les Libéraux changent de chef comme certains s’y attendent : Dumont dans le rôle du chef le plus ancien. À son quatrième débat des chefs, les gens vont peut-être commencer à se dire que son temps est fait… À en voir, sa réaction à la « Pierre Petigrew traite Boisclair de loosers », il aurait tout intérêt à prendre son gaz égal.

Il y a La Presse aussi qui ne semble pas être trop contente de l’arrivée de Pauline. Vous avez vu la une de ce matin ? Rien sur Pauline, mais 40% de la page occupée par une grosse face avec des lunettes de plongée. « Que font les Québécois de leurs jours de congé ? » Y a pas à dire, c’était l’enjeux du jour… TOUS les journaux, même la Gazette, traitent la nouvelle en une, mais pas la Presse. C ’est que ça commence à manquer de subtilité votre affaire là…

Et finalement, il y a les ministres libéraux. « Elle aura besoin de chance la pauvre, le PQ va lui faire la peau elle aussi… » « Le PQ reste le PQ, Mme Marois n’y peut rien ». Merci de votre sympathie gang… Ça me fait rire, cette insistance presque infantile avec laquelle les détracteurs du PQ annoncent tout de suite la chute de Pauline Marois. « Non, bon, vous allez la flusher elle aussi, ok là !!! ».

Est-il besoin de rappeller que Jean Charest est le seul chef du PLQ depuis la Révolution Tranquille à avoir survécu à une défaite électorale ? Est-ce que quelqu’un peut rappeller que René Lévesque a été chef du PQ pendant 17 ans, Jacques Parizeau 7 ans, Lucien Bouchard 5 ans, Landry 4 ans et avec une défaite électorale en plus, ce qui est fort respectable à la tête d’un parti. Que deux courts règnes en fait : Johnson et Boisclair. En ce qui concerne ces deux là, a-t-on vraiment besoin de faire la liste de toutes leurs erreurs ? Je sais bien que l’espace est illimité sur mon blogue, mais je ne voudrais quand même pas abuser de la générosité de mon hébergement…

Je pense que c’est justement ce qui dérange avec Pauline Marois. Elle prend la tête d’un parti qui va mal depuis dix ans et elle le fait en prenant acte de cette situation, ce que les chefs qui se sont succédés n’ont pas fait. Elle pose un diagnostic précis sur ces difficultés et elle met les choses au clair dès le départ, ce que les autres n’avaient pas fait non plus. Et le parti qu’elle prend a subi un électrochoc qui le rend plus flexible, plus docile, plus lucide. Marois arrive dans la conjoncture parfaite pour réussir là où les autres on échoué.

Pauline Marois réussira-t-elle ? Nul ne le sait en somme, mais plusieurs prétendent savoir que non. Leurs réactions hystériques indiquent par contre qu’on craint qu’elle soit sur la bonne voie…

Posted by V at 12:51:13 | Permanent Link | Comments (5) |