Mercredi, Avril 09, 2008

Ça ne bouge pas beaucoup

Je ne sais pas si c'est moi, mais il me semble que, par les temps qui courrent, l'actualité est lansinante et insipide comme un éditorial du Soleil.

Qu'est-ce qui anime le Québec présentement ?

Un budget adopté à toutes vapeurs ?

Un ballon rapidement dégonflé sur une réouverture de la Constitution ?

La reconstruction du manège militaire ?

Risquons une hypothèse : la dynamique de gouvernement minoritaire fait en sorte qu'aucun grand projet, aucune réforme majeure, n'est en marche. Nos gouvernements, présentement, ne gouvernent pas, ils gèrent.

L'ennui, c'est que l'on ne fait pas la Révolution tranquille ou on n'adopte pas la loi 101 avec des gouvernements minoritaires. Et les défis du Québec, eux, sont grands.

Mais bon, il semble que l'on n'est pas prêt de sortir de cette stupeur : les Québécois aiment les gouvernements minoritaires. Au point, même, où l'on confond l'affection de l'électorat pour ce type de conjoncture avec la popularité personnelle de Charest.

Dans le dernier sondage, le Premier Ministre arrivait nez-à-nez avec Pauline Marois comme personne la plus apte à gouverner. Son parti plafonne 10 points sous la barre de la base traditionnelle du parti libéral. Mais bon, "Charest est en train de regagner le coeur des Québécois" y paraît. Ben oui ! C'est Boiclair qui l'a dit à Christianne Charette la semaine passée.

La vérité, c'est ce que dit le sondage de façon très manifeste : les Québécois n'aiment pas Charest et les libéraux ont reculé par rapport à la base historique qu'ils détiennent depuis deux générations. Mais oui, les citoyens sont satisfaits du gouvernement. Un gouvernement protégé contre lui-même, parce que minoritaire. On dit souvent que les gouvernements remontent quand on entend pas parler d'eux, pendant l'été ou le temps des fêtes par exemple. Ça ressemble à peu prêt au climat ambiant... Je serais curieux de voir les chiffres d'Influence Communication là-dessus.

Mais ça ne change rien. Ça ne change rien au fait que rien ne se passe au Québec présentement et qu'il va falloir que ça débloque. Ça ne change rien non plus à ce qui faisait et fait toujours du Parti Libéral une famille politique aussi détestable, quand on regarde sa gestion du dossier linguistique et les problèmes de copinage dans l'entourage du Premier Ministre.

Pour vous en convaincre, je vous réfère à cet article que j'avais publié, au début de mon blogue, suite à la démission de Thomas Mulcair. Vous le verrez : il n'y a pas grand chose qui ressemble plus à Charest I que Charest II.
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Jeudi, Mars 27, 2008

Être candidat à la vice-présidence : le meilleur moyen de ne pas devenir président


Le très amusant, Dan Quayle

Intéressante, cette théorie rapportée par Richard Hétu sur son excellent blogue couvrant la politique américaine. Ainsi, plusieurs démocrates influents trouveraient très intéressante l’idée d’un ticket présentant Al Gore à la présidence et Barack Obama à la vice-présidence. L’idée sourirait à plusieurs personnes, qui y voient une façon consensuelle de sortir de la crise qui a court présentement, bien que peu de gens semblent penser que le scénario est réalisable.

Quoi qu’il en soit, si j’étais le conseiller de Barack Obama, je l’inciterais à rejeter d’emblée toute opportunité de devenir vice-président, que ce soit sur un ticket mené par Gore ou même par Clinton. À cette dernière, je donnerais le même conseil, si tant est qu’elle ne veut pas fermer la porte à être candidate à nouveau en 2012, s’il fallait qu’Obama soit battu par McCain en novembre.

En effet, je pense que malgré le prestige associé à ce poste, le fait de devenir vice-président nuit bien plus qu’il n’aide une personne qui désire un jour occuper elle-même le bureau ovale.

De trois choses l’une, si vous devenez candidat à la vice-présidence : au pire vous porterez les stigmates d’une défaite dont vous n’êtes pas le responsable (Edwards avec Kerry); au minimum, vous devrez, votre tour venu, faire campagne sur le thème très peu vendeur de la continuité, ce qui n’est pas le cas de votre adversaire (Gore succédant à Clinton, Nixon face à Kennedy en 1960); au mieux, vous devrez devenir le premier président depuis Roosevelt a permettre à votre parti de conserver la Maison Blanche pendant quatre mandats consécutifs, si seulement vous voulez éviter de rentrer dans l’histoire comme un « one-term president » (Bush père qui devient président après huit ans de Reaganisme).

Vous pouvez toujours, comme Lyndon B. Johnson, faire en sorte espérer que votre président décède en cours de mandat pour lui succéder, mais il faudra toujours que vous soyez vous-même capable de vous faire élire deux fois. Avec les progrès de la médecine, les chefs d’État qui meurent en fonction vont se faire de plus en plus rare.

D’autres ratés vice-présidents célèbres ? Truman, qui a réussi là où tous les autres ont échoués. Spiro Agnew, coulé par Nixon dans l’histoire du Watergate. Gérald Ford, devenu président dans la foulée, par le jeu constitutionnel, sans avoir la carrure nécessaire. Walter Mondale, sous Carter, qui sera battu par Reagan en 1984. Le très ridicule Dan Quayle, sous Georges Bush, se passe de commentaires. Et Dick Cheney qui n’est pas intéressé.

Dans la catégorie des candidats à la vice-présidence se situant sur un ticket perdant, c’est encore pire. Citons Bob Dole, battu avec Ford en 1976, et battu à la présidence par Clinton en 1996, qui devint plus tard porte-parole de Viagra. Joe Lieberman, expulsé du parti Démocrate quelques années après sa défaite avec Gore. Et que dire de Geraldine Ferraro, candidate en 1984 avec Mondale et récemment liquidée de la campagne de Clinton.

En somme, il ne fait pas de doute qu’être candidat à la vice-présidence n’a pas souri à la plupart des gens qui ont tenté l’expérience, du point de vue électoral, cela s’entend. Depuis Roosevelt, un seul a réussi deux réélections et c’est son successeur, Harry Truman. Nixon a quant à lui été élu à deux reprises lui aussi, mais il lui aura fallu passer par une traversée du désert de huit ans entre sa vice-présidence et sa présidence et personne ne désire connaître sa fin disgracieuse.

C’est donc pourquoi je pense qu’Obama, s’il ne remporte pas la course démocrate (ce qui m’étonnerait, à ce stade-ci) devrait s’abstenir de se trouver sur le ticket présidentiel. Il n’aura que 47 ans cet automne, il aura encore sa chance. Quant à Clinton, elle n’aura quand même que 64 ans en 2012 et elle pourrait bien être tentée de faire une campagne à la « je voulais bien dit » si McCain remportait la Maison Blanche.

Demeure quand même une chose : quel que soit le candidat à la présidence du côté démocrate, la présence comme colistier d’une personnalité comme Obama et Clinton l’aiderait certainement. Se sacrifier pour le parti, donc ? C’est peut-être par ce geste que l’on mesurerait vraiment la valeur de ces deux politiciens dominants de leur époque.

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Mercredi, Décembre 12, 2007

Pathétique Quebecor...



Décidément, ça va de mal en pis pour Quebecor et son Journal de Québec de substitution. Voilà maintenant qu'ils ont à se dépêtrer avec une poursuite pénale pour outrage au tribunal. Le jeune journaliste, Hubert Lapointe, aurait en effet dévoilé l'identité d'une victime d'agression sexuelle dans un article publié dans le Journal et sur le site internet Canoë, alors que celle-ci était pourtant frappée d'une ordonnance de non-publication.

Depuis le début du conflit, Quebecor utilise en effet une douzaine de jeunes journalistes flamboyants, à l'emploi de Canoë, pour couvrir l'actualité de Québec. Leurs articles sont ensuite publiés dans le Journal sous la signature de "Canoë". Des journalistes peu expérimentés donc, presque pas encâdré, un pupitre désorganisé, surchargé, qui n'a pas le temps de faire les corrections et les vérifications nécessaires et voilà la catastrophe. Nous ne parlerons pas non plus de toutes les erreurs, fautes de syntaxe ou d'orthographe ou des inexactitudes factuelles qui maculent le Journal de Québec depuis le début du conflit avec ses travailleurs, mais disons que quand on les a vu, on ne trouve rien de surprenant dans cette nouvelle.

Sérieusement, la dernière fois que j'ai vu une bourde aussi minable dans le monde médiatique, c'était lorsque Denis Gravel avait fait la même chose à CHOI, au sujet d'une des mineures du réseau de prostitution juvénile, pour qui la station de radio avait pourtant pris fait et cause. Mais bon, passons...

On peut se douter que le Soleil et, évidemment, le Média Matin Québec (le journal des lockoutés), ont fait leurs choux gras de la nouvelle dans leur édition d'hier. C'est de bonne guerre. Le Journal de Québec était quant à lui muet sur l'affaire. En lieu et place, dans une ridicule tentative de démontrer qu'il n'est pas le seul quotidien qui fait dur à Québec, on retrouvait en Une, bien en vue sur la photo d'un Conrad Black escorté hors de Cour après sa condamnation, le titre suivant : "Ancien propriétaire du Soleil". Je suis convaincu qu'un paquet de gens dégoûtés se sont empressés d'annuler leur abonnement du quotidien de Gesca, choqués de voir leur journal préféré entaché d'un tel scandale... Assez pathétique quand même.

J'ai déjà pris la défense de Quebecor ici. Je préférais leurs journaux à Gesca, bien que je reconnaissais qu'ils étaient de moindre qualité, ne serait-ce que parce qu'on y tentait pas, jusqu'à récemment, de nous y rentrer dans la tête un discours idéologique fédéralisant et sans argument. Je prenais mes nouvelles locales dans le Journal et ça m'allait. J'étais évidemment agacé par les derniers développements de Star Academie qu'on nous y imposait et par son line-up de chroniqueurs patentés à la Nathalie Elgrably.

Mais maintenant, je suis insulté. On voit bien à quel point Quebecor s'en sacre complètement de ce qui s'écrit dans leurs journaux. "Let's go, la pompe à marde" comme dirait Elvis Gratton. Les articles ont beau être truffés d'erreurs, voire même d'illégalités, on s'en fout : en autant que le journal continue de paraître et qu'on peut mettre de la pub dedans. That's it ! Quebecor Media, en somme, ne vend pas des journaux, il vend du papier avec de l'encre dessus, rien de plus. Il me semble que j'ai quand même plus de respect pour le gars qui possède des journaux pour influencer une société que pour celui qui le fait pour rendre nos cerveaux disponibles à la pub... Mais bon, c'est une question de goût.

Un petit mot, en finissant, sur Hubert Lapointe, le journaliste accusé d'outrage au tribunal. Ce gars-là, c'est une victime dans tout ça. Il a 26 ans, probablement tout frais émoulu d'un département de communications. C'est un domaine difficile, où ce n'est pas évident de faire sa place. La job qu'il s'est trouvé, c'est d'être journaliste mobile Canoë, comme une douzaine d'autres jeunes (ils ont un groupe sur Facebook). Probablement pas super bien payée, avec des conditions douteuses et surtout, précaire. Mais bon, faut bien commencer à quelque part, hein ? Toujours est-il qu'un jour, le conflit au Journal de Québec survient. Alors son boss lui dit : Tu vas aller couvrir ça, pis ça, pis après tu iras couvrir ça. Probablement que l'ouvrage lui sort par les oreilles aussi, comme elle sort par les oreilles de son boss, qui doit répartir ses journalistes pour trois ou quatre médias différents. Et il a fait une erreur. Une erreur que chaque journaliste a probablement déjà faite, sauf que la plupart du temps, il y a un chef de pupitre à son affaire qui dit avant que ça parte pour les presses : "Mets pas ça dans ton papier, innocent !"

Mais Hubert Lapointe n'a pas eu cette chance. Et aujourd'hui, il est dans la merde. Il n'ira probablement pas en taule, il risque d'avoir une amende. Mais son nom est entaché et sa carrière compromise. Conclusion : avant d'accepter n'importe quelle job en sortant de l'université, pensez y à deux fois. C'est possible que ça ne vaille pas la peine de piler sur vos principes. En d'autres mots : être scab, ça ne finit jamais par payer.
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Lundi, Décembre 10, 2007

Tremblez devant le Lisénator !



Excusez moi mais, est-ce que quelqu'un pourrait demander à Jean-François Lisée d'arrêter d'être aussi solide ?

C'est parce que moi, ça commence à me donner des complexes de le regarder aller...

Sans blague, je suis vraiment un fan fini de Jean-François Lisée. C'est ma référence. Ça remonte à ma lecture de son livre sur Robert Bourassa et l'échec de Meech, Le Tricheur. À mon avis, il faut avoir lu ce livre pour prétendre commenter la politique québécoise contemporaine... Je vous propose aussi cet article qui est, à mon avis, un des meilleurs portraits du Québec des dernières années.

Depuis, il ne cesse de m'étonner. À chacune des ses interventions, à chacun de ses écrits, je m'étonne devant la rigueur et la cohérence de sa pensée, même si je ne suis pas d'accord à tous les coups. Pour un gars qui n'a pas fait son parcours universitaire en sciences sociales, il présente une habileté hallucinante à discuter sociologie, économie, histoire, comme si il était un expert de chacunes de ces disciplines. En privé, demandez lui son opinion sur la crise en Belgique, l'élection de Kirchner en Argentine ou la chute des Travaillistes dans les sondages en Grande-Bretagne et il vous étonnera en vous proposant deux ou trois lectures du tac au tac. Je me demande si il dort...

Cette fois, c'est avec son intervention devant la Commission Bouchard-Taylor qu'il récidive. C'est ici. Et c'est là qu'on voit la méthode Lisée dans un débat : tenter de monter la barre par rapport aux intervenants précédents en présentant quelque chose qui est à ce point exhaustif et complet que les présentations précédentes en auront l'air obsolètes. Il sort un livre avant de comparaître, lequel contient l'intégral de son propos, commande un sondage pour ajouter à son intervention, coule ça dans les médias avant et s'adresse directement aux commissaires en leur passant une commande en forme de coup de semonce.

Quelle chance pour le Québec, quand même, de pouvoir compter sur un intellectuel de ce niveau.
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Mercredi, Octobre 31, 2007

Qui fait honte au Québec ?

Voici une dépêche de l'Agence France-Presse parue sur le site Romandie news, un site de nouvelles franco-helvétique :

"Le Premier ministre québécois accuse l'opposition d'attiser l'intolérance"

Selon les recherches que j'ai faite, c'est la seule dépêche publiée par l'AFP à propos du débat identitaire au Québec depuis plus d'un mois.

Et après ça, Jean Charest accuse ses adversaires de nuire à l'image du Québec à l'étranger. Pour le message de cohésion nationale, on repassera donc.

Bravo...

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Jeudi, Octobre 25, 2007

Vous l’aurez lu pour la première fois ici : Bellemare pas candidat, Bourget prochaine mairesse de Québec

L’espace est devenu trop mince. Régis Labeaume occupe le terrain de « l’homme d’affaire dynamique qui va retourner chaque pierre ». La guerre est déclarée avec le « peuple populo-trash » qui écoute CHOI et/ou qui aime André Arthur. Marc Bellemare ne PEUT PLUS être candidat à la mairie de Québec.

Selon mes informations, c’est encore pire que cela : Vision Québec refuserait même de s’engager dans la bataille avec Marc Bellemare comme candidat. Lui resterait l’Action civique, avec son bon vieux fond libéral et qui prétend toujours qu’elle présentera un candidat connu. Mais qui, maintenant, que Mercier, Bouchard, Lépine, Picard, Côté et Schoiry sont écartés ? Marc Bellemare, le péquiste, devenu libéral puis converti à l’ADQ ? Si ça se réalisait, la chose serait frappée d’un tel ridicule que cela suffirait à exclure tant l’ACQ que Bellemare de la liste des joueurs qui comptent dans cette couse.

Ann Bourget se dirige donc tout droit vers la victoire. En effet, où l’électorat de la mairesse ira-t-il ? Aucun candidat n’a l’envergure de l’incarner. Il s’effritera proportionnellement entre Labaume, Larose, Dolbec et Légaré. Ce qui laisse la candidate du RMQ avec la plus grosse part du gâteau électoral.

À partir d’aujourd’hui donc, Bourget doit s’assumer. C’est ELLE, la candidate du développement. C’est ELLE, la candidate des chantiers. C’est ELLE, la candidate du tramway. C’est ELLE, la candidate du 400e. C’est ELLE, la candidate de développement durable qui coûte cher à court terme mais rapporte à long terme. C’est ELLE, la candidate de la démocratie participative, de ces consultations et de ces instances qui frustrent parfois les développeurs mais qui fait en sorte que les citoyens demeurent maîtres chez eux. C'est ELLE la candidate pour qui la dépense n'est jamais exagérée quand elle sert la puissance de la municipalité.

Plus besoin de cultiver l’électorat de la simplicité involontaire. Il y a assez de candidats pour se le diviser. Larose paiera le prix d’avoir tenter de le séduire, alors qu’il ne possédait aucune des qualités requises pour ce faire. Ann Bourget a même l’appui de la très libérale Margaret Delisle. Non mais, faut le faire !

La job de Bourget, à compter d’aujourd’hui, c’est de fédérer les électeurs ambitieux, les jeunes, qui sont paradoxalement les moins nombreux à voter. Elle doit les mobiliser, les galvaniser. Ainsi, elle sèmera Labeaume sur le terrain du développement, qu’elle peut visser au plancher encore plus fort en proposant, elle aussi, de nouveaux modes de gestion, à plus fortes raisons que, elle, elle le connaît, le fonctionnement de la Ville.

Dans un scrutin à majorité absolue, je prévoirais un deuxième tour Labeaume - Bourget que Labaume emporterait, en fédérant les frustrations. Dans notre mode de scrutin actuel, je prévois toutefois Bourget à 40%, Labeaume à 30%, Larose à 15% (ce nabot qui aura voulu se nourrir des restes de la mairesse sans rien avoir de ses qualités) et la balance pour les improbables.

Vous saurez me le dire !

Posted by V at 03:54:15 | Permanent Link | Comments (4) |

Jeudi, Octobre 18, 2007

Mercier ne sera pas de la course : avantage Bourget, ouverture pour Bellemare



Le suspence avait assez duré. Ralph Mercier a confirmé aujourd'hui sa décision de ne pas participer à la course à la mairie de Québec, après une longue réflexion. Ce faisant, il aura nuit aux autres candidats potentiels membres du Comité exécutif, tels que Richard Côté et François Picard. Devant leur faible notoriété, ces deux derniers n'ont eu d'autres choix que d'annoncer à leur tout leur absence, faute de temps pour organiser et réaliser une campagne acceptable.

La favorite devient donc incontestablement Ann Bourget. Une médaille qui a deux revers : elle devient ainsi la femme à abattre. Son statut pourrait être éphémère. En effet, où ira l'électorat qui aime le discours populo-trash qui faisait le succès d'Andrée Boucher ? Cette clientèle, composée en grand nombre d'électeurs âgés qui ne manquent jamais de se prévaloir de leur droit de vote, devient plus que jamais alléchante pour les Claude Larose et les Pierre Dolbec en manque de lustre. On peut prévoir que le nivellement par le bas, entamé depuis le début de cette drôle de campagne où les anciens opposants de la mairesse se réclamment tous de son héritage, s'accentuera dans les prochains jours, maintenant que le champion potentiel des adeptes du "beau, bon, pas cher" s'est retiré.

Le candidat potentiel qui doit être le plus heureux aujourd'hui m'apparaît toutefois être Marc Bellemare. Tout le monde se moque de moi depuis que j'ai déclaré, sur ce blogue, qu'il avait un très fort potentiel de croissance ! Pourtant, qui était le favori de la course à la mairie en 2005, avant le spectaculaire retour de la mairesse ? On ne peut en douter : Bellemare et sa politique basée sur son image de justicier et le retour des Nordiques plaisait au peuple de Québec.

Son image s'est ternie, certe. Ses nombreuses tergiversations auront finis par détruire définitivement son image d'homme intègre, son pathétique score final aura fait de lui un pétard mouillé. Mais dans une course avec autant de candidats, il est possible que le prochain maire ne soit le choix que de 35% des électeurs. En allant chercher les électeurs âgés et les pro-CHOI, Bellemare peut raisonnablement penser bien performer s'il entre dans la course.

Il faudra suivre tout ça donc, cette course paradoxale, où les héritiers de L'Allier, comme Larose qui prône la simplicité involontaire et Bourget qui hésite, sont utilisés à contre-emploi et où les candidatures dites "d'affaires", comme Labaume et Bellemare, voudront être ceux qui ont de l'ambition pour la ville. Le dernier le fera en misant sur des enjeux populistes et c'est ce qui pourrait bien lui permettre de bénéficier du retrait des candidats héritiers d'Andrée Boucher.

Les jeux ne sont pas faits. Toutefois, ils se précisent. Qui bénéficiera du retrait de Mercier et est-ce que Bellemare sera de la course : voici les deux enjeux à suivre pour les prochains jours.
Posted by V at 16:01:07 | Permanent Link | Comments (2) |

Lundi, Octobre 08, 2007

Petite info…

Comme je vous le disais l’autre jour, il pourrait être très intéressant que la partielle à venir dans Pointe-aux-Trembles soit l’occasion pour Joseph Facal de faire son retour dans l’aile parlementaire du Parti Québécois. Et bien je n’ai pas visé si mal que ça !

En effet, j’ai effectué quelques appels et il semblerait qu’il serait question de ramener non seulement Facal dans PAT, mais aussi de présenter dans Bourget la pasionaria du Québec, la mère de la diplomatie du pays à naître, l’égérie des amitiés franco-québécoise, j’ai nommé, vous l’aurez compris, Louise Beaudoin.

Ce serait là un très gros coup. Le retour de deux enfants prodigues, deux personnes de tendance politique différente et de bagage politique tout aussi diversifié. Déjà très proches de Pauline Marois, appartenant à son cercle restreint de conseillers, cela enverrait un message très clair : la famille souverainiste fait corps avec la nouvelle chef du PQ. Les meilleurs seront sur les blocs de départ à ses côtés lors de l’ouverture de la course.

J’en entends déjà ricané. Certains diront certainement que ce sont là deux candidatures qui ne vont pas dans le sens du « renouveau ». Pourtant, à cette époque où même l’ADQ court après les croûtes abandonnées par le PQ, je ne vois pas pourquoi il faudrait être gêné de confirmer la candidature de deux personnes qui, elles, sont cohérentes avec leur parcours politique. J’ajouterai aussi que, habituellement, une partielle ne sert pas à injecter du sang neuf, mais bien à renforcer son équipe en misant sur des valeurs sûres. Les vedettes, gardons ça pour les générales.

Je me croise donc les doigts et j’applaudie devant la plausibilité de ce scénario. J’invite tous les souverainistes qui aimerait le voir se réaliser à se manifester.

Posted by V at 16:08:21 | Permanent Link | Comments (10) |

Jeudi, Octobre 04, 2007

La démocratie selon Mario Dumont

Pauvre Simon-Pierre !

Lui et ses amis ont eu bien beau se défendre d'avoir orchestré une stratégie pour empêcher les régions de défendre leur proposition, le chef de l'ADQ est venu détruire tout leur travail lorsqu'il a été appellé à commenter l'affaire. "C’est une stra­té­gie de dé­bat po­li­ti­que ­dans ce qu’il y a de ­plus dé­mo­cra­ti­que" a déclaré Mario Dumont.

Ha oui. Vous vous souvenez de l'ADQ, ce parti qui disait qu'il faisait de la politique différemment ?

J'espère que même les militants les plus hardcore de l'ADQ ont au moins cessé de penser que c'était le cas...

Au PQ, des stratégies micro ça existe. En fait, la tactique généralement admise, c'est d'envoyer un éléphant (ancien ministre, député vedette, etc...) au micro contre une proposition controversée issue de la base. Mais, le PQ étant ce qu'il est, ça arrive assez souvent que le ministre se fasse battre. Ça m'est déjà arrivé de réussir. Au micro, le plus modeste militant est traité de la même façon que le chef. Un modèle démocratique, c'est ça. 

À lire, le post de L'Attachepol sur le sujet.

Posted by V at 13:29:36 | Permanent Link | Comments (2) |

Mercredi, Octobre 03, 2007

De deux choses l’une

À un certain moment donné, il faut choisir. On ne peut rester assis entre deux chaises indéfiniment. D’abord parce que c’est inconfortable. Ensuite parce que l’on utilise ainsi une chaise qui pourrait être occupé par quelqu’un d’autre.

André Boisclair ne peut, indéfiniment, demeurer député de Pointe-aux-Trembles. De deux choses l’une : soit il démissionne de son poste aussi rapidement que possible, soit il reprend sa place dans le caucus du Parti Québécois dès le 16 octobre. Je préférerais cette deuxième option.

Ceux qui connaissent mon historique personnel avec cet homme sont surpris quand je leur dis ça. Je partage très peu de ses idées, desquelles je déteste particulièrement son nationalisme civique désincarné et délétère. Je pense aussi qu’il a été un bien piètre chef. Par contre, je reconnais qu’il est un homme formidablement talentueux, qu’il a été un ministre des plus efficaces et qu’il est un parlementaire redoutable. En ce sens, je pense qu’il peut toujours être un rouage important de l’équipe du Parti Québécois.

Ceci dit, le plus important dans tout ça, ce sont les citoyens de la circonscription de Pointe-aux-Trembles. Celle-ci n’appartient pas au Parti Québécois, ni à André Boisclair. En ce sens, ils ont le droit d’avoir un député présent qui assure autant les parties exécutives que législatives de son mandat. Si jamais le siège se libérait aujourd’hui, le Premier ministre aurait six mois pour déclencher une partielle. C’est donc dire qu’elle pourrait n'être tenue qu’en mai et que les citoyens auraient été privés de député pendant un an.

Il était compréhensible et légitime qu’André Boisclair prenne un peu de temps pour réfléchir au lendemain de sa démission, dans les circonstances difficiles que l’on connaît. Il n’a manqué qu’un mois et demi de session parlementaire au printemps. Peut-être s’est-il bien occupé de son bureau de comté depuis cette période, mais ça, on ne peut en juger non plus, étant donné que l’homme refuse de donner des entrevues. Oublie-t-il qu’il est toujours rémunéré par l’Assemblée nationale et que, en ce sens, il a  un devoir de reddition de compte envers le public ?

La charge de député n’est pas un quai de gare duquel on peut attendre le train qui nous conviendra. Il s’agit d’un lieu important de notre démocratie. À trop attendre avant de donner des indications quant à son avenir, André Boisclair dévalorise la fonction. Vivement que ce parlementaire d’expérience qui a aimé et qui a vécu à plein le travail de député se fasse cohérent et annonce rapidement sa décision.

Quant à l’avenir de Pointe-aux-Trembles, je suis loin d’être convaincu que le retour de Nicole Léger soit le message que le Parti Québécois ait envie d’envoyer, si jamais André Boisclair faisait le choix de quitter. S’il y a une circonscription de l’Île de Montréal où l’ADQ ait quelque potentiel de croissance, c’est bien celle-ci. Je pense que Mme Marois ferait œuvre beaucoup plus utile si elle y installait une candidature prestigieuse, représentative des nouvelles orientations qu’elle compte donner au parti.

Un comté pour Joseph Facal ? Pourquoi pas…

Posted by V at 11:20:26 | Permanent Link | Comments (6) |
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