Mardi, Octobre 09, 2007

Les petits nouveaux

La blogosphère fait des petits ! Aujourd’hui, je vous présente les ajouts récents à mon blogroll.

Je vous invite à visiter le carnet de mon ami Rantes, Ça se passe ici. Père de famille, cinéphile, photographe, graphiste, le tout en autodidacte, il est en plus doté d’un sens de l’humour qui prend souvent par surprise. Ce Chilien qui nous a fait l’honneur de choisir le Québec saura vous surprendre par son propos qui passe de la joie de vivre à l’acidité la plus virulente. Rantes est, au passage, le créateur du nouvel en-tête de mon blogue – ce qui a pour effet d’augmenter encore une fois mon passif à son égard - et prétend avoir été mon amant dans une autre vie... On lui souhaite bonne chance !

Il y a aussi le Blogue du Capitaine Virgil et de son fidèle comparse le Sergent Scott, lequel n’est pas un espace consacré aux Sentinelles de l’Air par des fans nostalgiques. Deux vieux potes se livrent en fait une collaboration féconde où il discute affaires publiques en général, rôle des médias quand l’occasion se présente, implication citoyenne puisque c’est souvent pertinent et incurie du maire Jean Tremblay en particulier (Comme vous le savez, je partage moi aussi ce mépris pour ce sinistre individu). Sgt Scott nous offre en plus un regard international, mondialisation oblige, en direct de la Bolivie d’où il suit la politique avec un rare à-propos. Avertissement : ce n’est pas une lecture de gens qui raconte leurs aventures sexuelles hebdomadaires. C’est du solide ici.

Sinon, je m’en voulais de ne pas avoir pris le temps de souhaiter un bon retour au très anonyme Attachépol ainsi qu’à mon ami Guill. C’est maintenant une erreur corrigée !

Qu’on a du plaisir dans la blogosphère !!!

Posted by V at 00:34:50 | Permanent Link | Comments (4) |

Lundi, Septembre 24, 2007

La Dénationalisation tranquille

Mathieu Bock-Côté a le sens du timing. En pleine controverse des accommodements raisonnables, alors que le gouvernement réfléchie à ses quotas d’immigration et peu de temps après la volée infligée au Parti Québécois le 26 mars dernier, il publie son premier ouvrage qui se veut une réflexion touffue sur le malaise identitaire des Québécois. Ou plutôt, sur celui de leurs élites comme vous le découvririez en le lisant.

C’est lundi dernier que le très précoce auteur (il est âgé de 27 ans) publiait son livre. J’étais au lancement, où se trouvait toute la faune nationaliste. Tous s’entendaient pour dire que cette publication est une bonne nouvelle pour ceux qui pensent que l’on est allé trop loin avec le multiculturalisme canadien et l’identité québécoise désincarnée et que ceux-ci, beaucoup plus qu’une xénophobie chimérique ou un racisme endémique, sont responsables de la colère récente des Québécois.

Pour vous en dire davantage sur Mathieu Bock-Côté, je reconnaîtrais que celui-ci ne fait pas l’unanimité. C’est souvent le propre de ceux qui n’ont pas la langue dans leur poche et qui s’encombrent peu des susceptibilités des lobbies. Mais si son discours est conservateur, ce n’est pas l’odeur de la boule à mite qui se dégage de ses écrits, mais bien celle du vent qui s’infiltre par une fenêtre ouverte dans une pièce condamnée depuis trop longtemps. Il est bon en effet de dépoussiérer certaines idées, surtout quand celles-ci nous ont longtemps bien servis.

Les habitués de ce blogue savent en effet ce que je pense de l’identité québécoise créée en laboratoire qu’on essaie de rentrer dans le fond de la gorge du Québec réel depuis une décennie. Il faut donc saluer le travail de Bock-Côté.

En matière d’identité en effet, le portrait a changé depuis quelques mois. Mario Dumont a flairé la bonne affaire en novembre dernier, Pauline Marois redécouvre le « nous » et Jean Charest tente désespérément de faire comprendre à son parti qu’il se dirige vers son élimination dans le Québec francophone s’il ne se remet pas à lui parler dans des mots qu’il ressent. Les élites, les cosmopolites Montréalais, les journalistes, tout le monde se remet à l’identitaire donc. Et bien non seulement Bock-Côté en appelle à ce ressaisissement depuis bientôt dix ans, mais il avait prédit que le thème s'imposerait à nouveau.

« La Dénationalisation tranquille » est un livre utile donc. Il s’agit d’abord d’un argumentaire puissant pour chacun des acteurs politiques qui veulent contribuer à rétablir une définition réelle de l’identité québécois. Il s’agit ensuite d’une habile déconstruction des mythes et des fondements intellectuelles qui ont bâtis l’identité dénationalisée. Mais surtout, alors que les bien-pensants commencent à se réorganiser pour attaquer ce « nous » à peine mis au monde et pour narguer l’opinion plus souvent responsable et modérée que xénophobe et radicale des humbles citoyens qui s’expriment ces jours-ci sur notre modèle d’intégration, il importe de frapper inlassablement sur le clou afin d’éviter qu’il ne ressorte. La « renationalisation » du discours traverse présentement sa phase la plus critique : celle où l’on pourrait être tenté de faire marche arrière. Le livre de Bock-Côté doit servir à empêcher que cela arrive.

Pour finir sur une touche plus personnelle, j’aimerais vous dire que je connais Mathieu Bock-Côté depuis plusieurs années. Je prétends le compter parmi mes amis et je crois que ce sentiment est réciproque. J’ai mes désaccords avec lui, mais je crois surtout qu’il faut saluer la constance, le travail et l’intégrité de quelqu’un qui n’a jamais eu peur de s’attaquer aux tabous, surtout quand la suite des événements finissent par lui donner raison.

Mathieu est jeune, il commence sa carrière littéraire avec un ouvrage d’un rare à-propos. Souhaitons-nous qu’il ne s’arrête pas en si bon chemin !

La Dénationalisation tranquille est disponible en librairie depuis mardi dernier.

Posted by V at 07:34:58 | Permanent Link | Comments (8) |

Samedi, Septembre 15, 2007

Pas mal…

Excellent coup de Jean Charest hier en annonçant la nomination de deux vétérans libéraux comme membre ad hoc du Comité exécutif du PLQ. John Parisella et Michel Bissonnette sont assurément deux des individus les plus éclairés qui sont passés par la big red machine depuis une génération. Ça peut vous surprendre de lire ça ici, mais le phénomène est tellement rare (un bon coup de Charest), que je me sens réellement une obligation morale de le souligner.

Passons d’abord rapidement sur ce que cette nouvelle nous rappelle du PLQ : il s’agit d’une machine essentiellement inféodée à son chef. S’il fallait que le chef du PQ annonce la « nomination » unilatérale de deux individus sur son exécutif, vous pouvez être assurés que ça ruerait autrement plus fort… C’était d’ailleurs amusant d’entendre Parisella, dans la foulée dire la chose suivante : « Chez nous, la base militante doit être plus génératrice d'idées et de débats. Quand les gens vont voir qu'un parti est actif, qu'il a des idées, qu'il n'est pas seulement un organisateur d'élections ou un collecteur de fonds, les gens vont écouter». Pour faire ça, mon Johnny, faut que le parti soit un tant soit peu indépendant du cabinet du chef… Néanmoins, analysons la décision à son mérite.

John Parisella, c’est un « brain ». Un vrai « chief of staff » à l’américaine, dont il suit avidement la vie politique. Anglophone, crédible dans les milieux d’affaires, il a connu toutes les crises de Bourassa II et à une connaissance intime de la gestion du pouvoir. Si Jean Charest est intelligent, il va lui parler une fois par jour. Il faut lire « Le Tricheur » de Jean-François Lisée pour mieux saisir l’autorité (et le machiavélisme!) du personnage. Son mandat : redynamiser la « machine » libérale et reconnecter le PLQ sur les milieux financiers et anglophone. Un seul danger cependant : son nom a circulé autour du scandale des commandites. Je peux vous jurer que jamais une telle annonce n'aurait été faite si il y avait eu une session parlementaire en cours...

Michel Bissonnette, c’est un gars courageux. Bien avant Mario Dumont, qu’il a formé, l’opposition libérale à l’écrasement constitutionnel de Bourassa, c’était lui. Une de ses citations : "Mesdames et Monsieur des médias, j'ai l'honneur de vous annoncer que la Commission jeunesse du Parti Libéral, organisme que je dirige, vient de devenir la première instance souverainiste de l'histoire du parti." Fallait du guts disons... Sans son prédécesseur, jamais le petit gars de Cacouna n’aurait eu le rapport de force qui l’a mis au monde. Tout ceux qui ont quitté la CJPLQ pour fonder l’ADQ, avant d’être la gang à Mario, c’était la gang à Michel. Parmi les fondateurs d’une des boîtes de création les plus dynamiques du Québec, Zone 3. Un coup d’autant plus fort que d’aucun le croyait brouillé avec la machine. Il faut voir « Le mouton noir » mais surtout « Les héritiers du mouton noir » de Jacques Godbout pour mieux saisir l’ampleur du coup. Son mandat : Trouver comment contrer l’ADQ et révolutionner le marketing politique du PLQ.

Le défi de ces deux hommes est vaste. Comment refaire du PLQ, famille embourgeoisée s’il en est une, une machine à gagner des élections, un think tank qui brasse, un parti qui réinvente constamment la manière de faire de la politique au Québec. Parce qu’on s’entend qu depuis quinze ans, les libéraux, comme formation politique, ne sont plus l’ombre d’eux-mêmes.

Vous dites que le PQ se divisent souvent ? Et bien sachez que le PLQ, au début des années 90, étaient contre le dégel de Ryan ! La CJPLQ de cette époque, parmi toutes les ailes jeunesses de l’histoire du Québec, c’est celle qui a le plus brassé la cage dans son parti. Et croyez moi, je parle en connaissance de cause…

Non, ce n’est pas un problème pour un parti politique quand ça brasse en son sein, quand ça se chicane, quand ça débat. C’est plutôt un indicateur de dynamisme, de présence de tête forte et de cerveaux qui feront un jour d’excellents ministres, c’est signe que des gens aiment assez leur parti pour prendre le risque individuel de le challenger. Ceux qui pensent que la discipline d'un parti est égale à son efficacité ne sont rien de plus que des amateurs.

Et ça, c’est ce que Parisella et Bissonnette doivent réapprendre à leur parti.

Vaste programme… Mais ils sont sur la bonne voie : l’annonce de leur nomination à complètement relégué au second plan le discours de Jean Charest en ouverture du Conseil général. Il aura fallu que celui-ci soit ennuyeux au possible pour que ça arrive.

Déjà un succès pour John et Michel !

 

Posted by V at 15:53:12 | Permanent Link | Comments (0) |

Dimanche, Septembre 09, 2007

Bienvenu à Antoine Robitaille !

Le journaliste Antoine Robitaille se lance dans la blogosphère. Et à en juger par son premier post, ce n'est pas sur son blogue que ça va jaser d'anecdotes de la vie courante ou de potins sur les célébrités.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce journaliste du Devoir, on peut le présenter sans hésiter comme un authentique intelectuel, chose de plus en plus rare dans la presse. Attaché à la Tribune Parlementaire depuis deux ans, Robitaille se démarque souvent par ses analyses, ces capacités de couvrir un événement sans se limiter à rapporter la nouvelle ou la rumeur, mais en fouillant la littérature pertinente et en creusant toutes les implications politiques d'un enjeu. C'est un des seuls journalistes que je connais qui adhère à une idéologie qu'il ne cherche pas à cacher, qui l'assume et qui la sert en faisant des papiers bien foutus et assis sur de solides bases intelectuelles. Le scoop du nouveau programme d'histoire, c'est lui, l'effet du multuculturalisme sur le capital social, c'est lui aussi.

Décidément, on aurait besoin de davantage de gens comme Robitaille dans nos médias et sur la blogosphère.

Bienvenu à Antoine Robitaille et bonne lecture !

http://antoinerobitaille.blogspot.com

Posted by V at 23:34:29 | Permanent Link | Comments (0) |

Jeudi, Juillet 26, 2007

Le test du S&P/TSX 60

Par David Tardif 
Vous vous rappellez sans doute de cette mini-controverse sur les festivals de Montréal il y a quelques semaines. Bien que j'ai toujours trouvé l'enjeu un peu trivial, la déclaration du maire de Toronto David Miller a eu soin de nous rappeller la définitive érosion du statut de Montréal comme métropole canadienne et ville d'envergure internationale. Et je vous propose aujourd'hui un exercice à mon avis beaucoup plus parlant que le calcul du nombre de festivals ou de parades pour déterminer cet actuel déclin de notre métropole.
L'indice S&P/TSX 60 ordonne les 60 plus importantes entreprises canadiennes, mesurées par la capitalisation boursière. Quand on parle des "grandes compagnies canadiennes", c'est à cet ensemble que l'on réfère. On peut maintenant poser les questions suivantes : où ces entreprises sont situées? où et par qui sont elles dirigées? Je vous avertis, si vous êtes, comme moi, plutôt nationaliste, vous trouverez ça foncièrement déprimant :
  • Toronto/GTA/Waterloo : 25/60 (Agnico Eagle Mines, BMO, Scotia, Barrick Gold, Biovail, Brookfield, CIBC, Canadian Tire, Celestica, Cott Corp., Kinross Gold, Loblaw, Magna, Manulife, MDS, Nortel Networks, Novelis, RIM, Rogers, RBC,Shoppers Drug Mart, Sun Life, Banque TD, Weston, Yamana Gold).
  • Calgary : 19/60 (Agrium, Canadian Natural Ressources, Canadian Oil Sands, Canadian Pacific Railway, Enbridge, EnCana, Fording Canadian Coal Trust, Husky Energy, Imperial Oil, Nexen, NOVA Chemicals, Petro-Canada, Penn West Energy Trust, Shaw Communications, SunCor, Talisman Energy, TransAlta, TransCanada, Enerplus).
  • Montréal : 7/60 (ACE Aviation Holdings, Aeroplan, Alcan, BCE, Bombardier, CNR, Banque Nationale, Groupe Pages Jaunes).
  • Vancouver/Burnaby : 5/60 (GoldCorp, Lundin Mining, Teck Cominco, Telus, First Quantum Minerals).
  • Saskatoon : 2/60 (Potash Corp. of Saskatchewan, Cameco).
  • Ottawa : 1/60 (Cognos).
  • Stamford, Connecticut : 1/60 (Thomson)
Bon voilà : 7 grandes entreprises canadiennes sur 60 sont basées à Montréal. J'ajouterai en outre les commentaires suivants :
  • Beaucoup de questions entourent 3 des 7 entreprises en question. Ai-je besoin de rappeller que les destinées de l'Alcan et et de Bell sont relativement incertaines? Quant à Air Canada (ACE), elle est sortie d'un état d'insolvabilité en 2004. Qu'en est-il des 4 autres? La Banque Nationale est le 6e groupe financier au Canada, à une distance météorique du cinquième. Pour ce qui est des Pages Jaunes et du CN, on ne fait pas exactement dans la "nouvelle économie"...
  • On constate que ce que l'on appelle le "Québec Inc." a relativement peu de poids à l'échelle canadienne, exception faite de Bombardier, Power Corp. et Quebecor (dans le cas de es deux dernières, une structure financière particulière implique un nombre limité d'actions d'une même dénomination en circulation; ceci dit, Quebecor et Power sont assurément dans les 60 plus importantes firmes canadiennes). Et je ne traiterai même pas ici de l'annerie trop souvent entendu voulant que le Cirque du Soleil soit une "grande entreprise canadienne"...
  • Ce classement n'inclut pas deux acteurs québécois majeurs : Hydro-Québec et Desjardins. Or les actifs d'H-Q en feraient la plus grande entreprise non-financière Canadienne. C'est en effet énorme, mais c'est un total qui est dépassé facilement par une amalgation de EnCana, Suncor et CNR, bref tout est relatif. Quant à Desjardins; un actif légèrement plus important que la Banque Nationale, mais qui ne s'élève même pas à 50% de celui de la banque CIBC (cinquième plus grand groupe financier au Canada).
  • Ce qui fait très mal : Il y a 40 ans, un classement du genre aurait placé Montréal dans la position où Toronto est actuellement.
Un coup d'oeil comme celui-ci ne dit pas tout, évidemment. Mais qu'en pensez-vous? Est-ce que Calgary est définitivement passé devant Montréal comme seconde ville d'affaires au Canada? Est-ce que l'écart entre Montréal et Toronto est creusé à jamais? Est-ce que la santé corporative de Montréal est conditionnelle à l'indépendance du Québec? L'inverse? Est-ce qu'on devrait s'en ficher?
Posted by David at 06:52:06 | Permanent Link | Comments (4) |

Mercredi, Juillet 25, 2007

Construire plutôt que convaincre

Par David Tardif

 

Chers amis, pour cette première entrée, j'ai retravaillé un brouillon que j'avais écrit après l'évènement de couronnement de Pauline Marois au Capitole de Québec. À cette occasion, plusieurs ténors avaient commencé à refaire état d'un crédo qui a toujours bien passé au Parti Québécois. Il se retrouve en plusieurs variantes : expliquer le pays, parler du pays, faire la pédagogie du pays et ainsi de suite.

Il est évidemment tout à fait normal pour un parti de faire une promotion vigoureuse de son objet fondamental. Néanmoins, c'est carrément faire fausse route que de penser que la popularité du parti s'est affaissée par lacune dans la promotion de la souveraineté et c'est se méprendre encore plus tragiquement de croire que c'est dans cette fameuse « pédagogie » que se trouverait la clé de nouveaux succès pour l'option.

Voyons les choses en face : la question nationale est un enjeu politique fondamental au Québec, extrêmement documenté et constamment mis de l'avant. Aucun enjeu dans l'histoire du Québec n'a fait l'objet d'autant d'articles, d'ouvrages, de débats. Il est même vraisemblable de penser que le québécois moyen connaît plus sensiblement cette question que n'importe quelle autre, y incluant les débats majeurs sur l'économie, la santé, la fiscalité ou l'éducation.

Cela empêche-t-il que l'ignorance ou la démagogie aient encore cours ? Pas dut tout, mais cela est vrai de la plus infime chose soumise au débat public. En outre, si les souverainistes ont d'abord pu passer pour des rêveurs, des marginaux, voire des iconoclastes, près de 20 ans de gouvernance et l'endossement de notre projet par plusieurs des grands bâtisseurs du Québec moderne ont définitivement relégué cette époque aux oubliettes. Il ne s'en trouve maintenant que peu, même parmis les fédéralistes convaincus, pour questionner la légitimité démocratique de notre option et le sérieux de notre démarche.

Ensuite, qu'en est-il de l'argumentaire présentant l'indépendance du Québec comme une solution concrète à des problèmatiques actuelles? C'est une approche récente qui porte sans doute beaucoup de bon, mais elle a toutefois le défaut de rendre sceptique. L'enfer est pavé de bonnes intentions : d'une démarche dont l'idée sous-jacente était de renforcer le pragmatisme et la cohérence de notre option on a inventé un nouveau type de promesses électorales.

Ces « promesses référendaires » posent plusieurs problèmes. Elles incitent à motiver platement tous les échecs actuels par la simple présence du Québec dans la fédération canadienne mais surtout, aussi pragmatiques puissent-elles être, elles ne nous sortent pas de la dynamique du « grand soir où tout devient possible ». Or personne n'est dupe : le simple fait que le Québec soit toujours au sein de l'ensemble canadien ne lui enlève en rien une marge de manoeuvre encore bien réelle pour un substantiel développement.

Ce discours de la pédagogie est aussi empreint d'une certaine condescendance. Ainsi, il faudrait « faire comprendre » aux Québécois où se trouvent leurs intérêts et on continuera à se demander pendant les conseils nationaux quand donc que l'électorat « finira pas allumer » que son salut passe par la souveraineté. Peut-être est-il temps de ranger nos argumentaires et plutôt nous mettre à l'ouvrage afin de construire le Québec que nous faisons miroiter aux gens. Pour résumer, en finir une bonne foi pour toute avec le « sortir, parler, convaincre » qui convenait il y a 30 ans, pour s'en remettre au « sortir, écouter, agir » énoncé avec beaucoup de justesse par Pierre Curzi.

Ferions-nous donc les choses à l'envers ? Arrêtons de nous acharner à convaincre et de nous culpabiliser de ne pas assez exalter notre foi envers un Québec libre et autonome. Arrêtons de mousser notre projet comme s'il était une condition sine qua non à l'entrée dans la modernité ou un remède pour tous les maux qui nous affligent.

Il est convenu depuis longtemps d'énoncer au Parti Québécois que « l'indépendance du Québec, ce n'est que le début ». Or c'est peut-être là que le problème réside : la souveraineté doit arrêter d'être vue comme un outil sans quoi on ne peut rester que pantois. La souveraineté doit être envisagée dès maintenant par le Parti Québécois comme la suite logique d'une série de succès sur les plans économique et sociaux. La réalisation d'un destin en somme.

Les conditions gagnantes ne doivent pas être attendues mais bien façonnées une à une. Le Québec doit mettre sur pied une économie prospère avec une fiscalité compétitive et de grandes entreprises oeuvrant dans des secteurs stratégiques. Le Québec doit reprendre le contrôle du réseau de la santé et ses universités doivent devenir en mesure de faire concurrence aux autres institutions nord-américaines. Sur les plans des symboles et de la défense de notre identité, il reste aussi beaucoup à faire. Il en est de même pour la présence du Québec à l'étranger. Cessons d'attendre le référendum pour construire.

Le Québec est dans une crise de confiance. Taux de suicide endémique, démographie inquiétante, incertitude économique, intégration des immigrants et questionnement sur nos valeurs. Ces défis se comparent à ceux des autres nations occidentales, mais l'indépendance de ces dernières est déjà acquise. Pour cette raison, le Québec ne peut pas se consoler d'être dans le milieu du peloton, voire de s'approcher de la tête. Sans un niveau inébranlable et contagieux de confiance en le futur du Québec, indépendant ou non, le temps viendra à donner de plus en plus raison à ceux qui diront que les Québécois ne veulent plus entendre parler de souveraineté.

Posted by David at 09:44:31 | Permanent Link | Comments (3) |

Mardi, Juillet 24, 2007

Un nouveau collaborateur se joint à V !

C'est avec beaucoup de fierté que je vous annonce aujourd'hui un changement important dans l'univers de V, soit l'ajout d'un collaborateur !

David Tardif est un vieil ami à moi et un collègue de droit. Brillant jeune homme, il s'intéresse notamment à l'économie et à la finance, à la politique et aussi, pourquoi pas, à la philisophie et à la théologie à ses heures.

Il nous entretiendra notamment de livres que je suis moi-même incapable de comprendre... Je vous préviens : pour David, les vaches sacrées sont rares et la notion "d'acquis" est inexistante. Avec lui, tout est sur la table.

Il animait déjà un blogue, qu'il mettait à jour à l'occasion, mais c'est maintenant ici qu'il sévira quand ses disponibilités lui permettront.

Nul doute qu'avec sa rigueur incroyable et son sens de la répartie, David saura nous surprendre ! 

Posted by V at 11:37:07 | Permanent Link | Comments (2) |