J’étais en vacance la semaine dernière et j’ai été littéralement soufflé d’apprendre le décès inattendu d’Andrée P. Boucher, mieux connue sous le prénom de « Mairesse ».
Je n’ai jamais compté parmi ses fans. Je n’aimais pas la façon dont elle dirigeait la ville. Je dois admettre par contre qu’elle appartenait à une catégorie de politiciens trop rares pour qui la langue de bois n’existe pas et qui assument toutes leurs idées et leurs contradictions. En ce sens, je pense que Mme Boucher était une personnalité attachante et qu’elle aura contribué, à sa façon, à renouveler le discours politique. Mes pensées vont à sa famille.
Ceci dit, le contexte (notamment l’imminence des Fêtes du 400ème) fait en sorte que le deuil sera de courte durée et que la campagne à la mairie commencera probablement dès que le glas aura sonné.
Pour comprendre les rapports de force, les scénarios envisageables et les choses à prévoir, je vous propose aujourd’hui un rapide survol des candidats potentiels à la direction de la ville. Je le fais au bénéfice des gens de l’extérieur de Québec, mais aussi pour mes concitoyens qui n’accordent peut-être pas toujours aux affaires de la Cité l’attention nécessaire. L’indice « Valeur de la candidature » est basé sur une note sur dix pour chacun des critères, divisée par trois.
Candidat au plébiscite : Jean-Paul L’Allier
Occupation : Retraité, professeur invité à l’Université Laval
Expérience : Carrière protocolaire et diplomatique, ministre, urbaniste, maire de Québec de 1989 à 2005.
Probabilité : Très peu de chances qu’il soit candidat. Sa santé serait chancelante et il a d’ores et déjà exclu d’être de la course. Par contre, il suffirait d’un CROP à 400 répondants établissant que 60% des citoyens souhaitent son retour pour diriger la ville en vue du 400ème pour que la donne change. Les principaux aspirants, trop contents d’éviter d’aller au front dès cet automne, pourraient donner leur appui à cet «elder stateman » et se préparer pour 2009, avec maintenant l’assurance que Mme Boucher ne sera pas de la course.
Compétence : Un homme d’État à la mairie ; c’est ce qui a dirigé Québec pendant 16 ans. Rompu au protocole, ne manquant pas d’ambition pour sa ville, il a manqué à beaucoup de monde dans le processus de préparation des fêtes du 400ème. Il a par contre acquis la réputation d’être dépensier et de ne se soucier que trop peu des préoccupations du fameux « vrai monde ».
Potentiel électoral : D’aucuns ont pensé que la principale raison de son retrait en 2005 aurait été ses maigres chances de réélection. Entaché dans l’affaire Scorpion, homme à abattre des alliés de la mouvance CHOI, il a fatigué les citoyens de Québec par ses projets et son volontarisme. L’imminence des fêtes peut-elle convaincre les contribuables de faire un dernier tour de montagne russe ?
Valeur de la candidature : 7/10
L’hyperactif : Marcel Aubut
Occupation : Avocat et hommes d’affaire
Expérience : Ancien président des Nordiques et promoteurs d’événements
Probabilité : D’élections en élections, son nom revient. Bien que certains lui en prêtent l’ambition, il n’a jamais posé de gestes en ce sens. Le défi pourrait intéresser cet homme flamboyant mais qui s’est fait plus discret récemment.
Compétence : Difficile à dire. On raconte que cet avocat doit davantage sa réussite à son sens des relations publiques, son dynamisme et ses contacts qu’à ses talents de juriste. Plusieurs ont critiqués sa gestion des Nordiques. Son côté rustre, couplé à un certain défaut de langage, nuisent à sa crédibilité.
Potentiel électoral : La vente des Nordiques a durablement terni son image. Certains ont aussi voulu l’associer à l’affaire Scorpion. Par contre, dans une ville qui aime les hommes d’affaires et la réussite individuelle, sa bonhommie et sa simplicité pourraient plaire. Oserait-il promettre de ramener les Fleurdelisés ?
Valeur de la candidature : 4/10
L’opportuniste : Marc Bellemare
Occupation : Avocat en droit administratif
Expérience : Champion de l’abolition du « no-fault », ancien ministre de la justice, candidat défait en 2005
Probabilité : Son parti « Vision Québec » vient de le confirmer à sa direction jusqu’en 2009. Kid kodak, il souhaite du plus profond de ses tripes vivre l’effervescence électorale à nouveau. La dernière campagne lui a coûté cher, à lui et à son parti, puisqu’il n’avait pas atteint la limite de 15% pour obtenir un remboursement électoral. Peut-il seulement être de la course ?
Compétence : Difficile à juger, puisqu’il a démissionné prématurément du seul poste exécutif qu’il a occupé. Son jugement et sa réserve y ont par contre été plus d’une fois questionnés.