Samedi, Juin 07, 2008

De forts contingents de morons

Qu’ont en commun David Whissel, Julie Boulay et Sam Hamad ?

Oui, ils sont membres du cabinet Charest. Bonne réponse. Mais ce n’est pas tout.

Ils ont aussi pour caractéristique commune de ne faire parler d’eux que pour les mauvaises raisons. Le premier passe pour un gros malappris à chaque fois qu’il ouvre la bouche, la deuxième a toujours l’air dépassée par les événements à chaque fois qu’il se passe quelque chose dans son ministère et le dernier est reconnu comme un imbécile heureux ou, comme le dirait ceux qui le défendent encore : « Y’est fin Sam… »

Mais, ce n’est pas tout. Bon, je vous donne la réponse : ils sont aussi trois des six députés que les libéraux ont réussis à faire élire en dehors de la région métropolitaine de Montréal, des Cantons de l’Est et de l’Outaouais. Et, en fait, leur présence au sein du cabinet ne s’explique que par cet état de fait.

Ce qui nous amène à la conclusion suivante. La députation adéquiste a attiré beaucoup l’attention depuis bientôt 18 mois de par le fort contingent d’incompétents qu’elle contient. Attention, il y en a des solides à l’ADQ. Proulx est peut-être dépassé par ses adversaires, mais ce n’est pas un idiot. Caire sait se faire remarquer pour ses interventions habiles et bien ciblées. Merlini surprend, ne se met jamais les pieds dans les plats. Mais bon, les frasques des Francoeur, Deschamps, Taillon, Gosselin, Dorion et etcetera sont trop grosses pour laisser beaucoup de temps d’antenne aux bons coups.

Ceci étant dit, force est d’admettre que la délégation libérale n’est pas vraiment plus forte que celle de l’ADQ, que l’on regarde dans le cabinet ou dans le caucus.

Sérieusement, quand vous voyez l’adéquiste Catherine Morissette interroger la ministre de l’immigration Yolande James, avez vous vraiment l’impression que c’est celle qui répond aux questions qui connaît le mieux le dossier ?

En toute bonne foi, sentez vous vraiment que Christine St-Pierre est plus à l’aise dans son rôle de ministre que ne le sont Pierre Curzi et François Benjamin dans leur rôle de critique ?

Soyons sérieux ! Marguerite Blais, Monique Gagnon-Tremblay, Line Beauchamp, Laurent Lessard, Whissel, Hamad, Boulay, St-Pierre, James constituent-ils vraiment le genre de corps d’élite de leadership et de gestionnaire que nous attendons pour nous servir de Conseil des ministres ? Permettez moi d’en douter… Mais on ne parle pas encore des autres gênants qui font partie du caucus : Emmanuel Dubourg, Henri-François Gautrin, Lucie Charlebois, Charlotte L’Ecuyer, François Ouimet, Tony Tomassi : il n’y a pas à dire, quand les libéraux se décident à ramasser un comté, ils peuvent se montrer aussi peu regardant qu’un organisateur adéquiste.

Pourtant, il y en a des solides au PLQ. Pierre Arcand, Nicole Ménard, Guy Ouellet, Geoff Kelley, Pierre Marsand, Lyne Thériault, Alain Paquet, Fatima Houda-Pépin (Seigneur des libéraux, nommez cette Sainte-femme !). Mais, que voulez vous ! C’est Jean Charest qui compose son Conseil des ministres ! Et il est bien pris pour composer avec le fait suivant, c’est que ce n’est pas dans les comtés francophones, qu’il faut gagner pour aller chercher des victoires électorales, que les libéraux font élire leurs vedettes.

C’est ce qui me fait conclure que, ce qui distingue le PLQ de l’ADQ, ce n’est pas tant la qualité de leur équipe électorale, mais surtout l’expérience et le contrôle de leurs communicateurs. Un peu comme chez les conservateurs, en somme. Mais bon, comme nous l’a appris l’expérience des dernières semaines, on est jamais trop loin de la catastrophe quand on dirige de cette façon…

Et pour ce qui est du PQ, trouvez-moi le, le député qui, outre Irvin Pelletier et sa ligne sur Vincent Lacroix, a fait honte à son parti depuis les dernières élections comme les libéraux et les adéquistes ont pu être mal pris avec certains de leur élus depuis mars dernier.

36 députés chez nous, 41 à l’ADQ et 46 au PLQ : il n’y a pas à dire, le nombre d’incompétents par capita est de loins le moins élevé chez les péquistes ! Vous me répondez que, en tant que troisième parti, ils n’ont pas autant de temps de glace que leurs adversaires ? Reportez le même calcul sur l’influence médiatique et vous verrez clairement qu’il n’en est rien.

Il n'y pas à dire. La députation péquiste manque désespérément de francs-tireurs capables de constituer un "rat pack" capable d'embarasser le gouvernement, comme savaient si bien le faire Jean-Marc Fournier, Pierre Paradis et Jacques Dupuis avec autant de mauvaise foi qu'il fallait pour y arriver. Ceci dit, cela ne change rien aux faits et à la prédiction suivante que je m'apprête à vous livrer ici-même : les députés du PQ savent tenir leur rôle et c'est pourquoi aucun d'entre eux ne sera battus lors de la prochaine élection générale.

 

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Mardi, Juin 03, 2008

L’Effet papillon

Imaginez la situation, ça nous est tous déjà arrivé.

Souper bien arrosé, entre amis. Se trouve à votre table une personne charmante. Sourire lumineux, tenue affriolante, regard pénétrant, attributs physiques dont vous auriez envie de vous nourrir pendant toute une nuit (et encore !) : vous ne pouvez détacher le regard du sujet de votre désir un seul instant.

Est-ce l’ex/fréquentation/conjoint(e) d’une de vos connaissances ? Est-ce le frère(sœur) de quelqu’un qui vous est chère ? Tout aussi compliqué, est-ce l’un(e) de vos ami(e)s ? Est-ce que cette personne travaille avec un de vos concurrents ou, pire encore (selon certains) avec qui vous bossez (don’t fuck with the payroll !) ? Est-ce votre supérieur au bureau, votre subalterne ? Est-ce que c’est quelqu’un qu’on vous dit peu recommandable ou infréquentable ? Qu’importe ! Il y a une raison qui vous fait penser que vous ne devriez pas aller au bout de ce désir. Mais, voilà : vous désirez cette personne et, à la limite, le sentiment d’interdit ne fait que fouetter vos sens.

Où est-ce que je veux en venir ?

Je veux en venir au fait que chacun d’entre vous (oui, vous, derrière votre écran d’ordi) s’est déjà retrouvé dans ce genre de situations et a dû en gérer les conséquences.

Mais, en temps normal, ça veut dire quoi comme conséquences ?

Un malaise de lendemain matin (le syndrome du toaster, comme disait mon ami Charlot) ?

Un froid avec des amis ?

Une personne qui vous tache et dont vous cherchez à vous débarrasser ?

Ou, pire (à mon avis !), un fantasme inassouvi qui vous turlupine ?

Bon, nommez-les, mais ces situations sont normales et font partie de la vie de tout le monde.

Maintenant, imaginez vous que vous faites de la politique (mettons, ministre dans le cabinet fédéral d’un gouvernement conservateur…) et que votre « date » a été associée au monde du crime organisé (plus de loin que de prêt, mais à plusieurs reprises quand même…). Je donne ces exemples comme ça, disons…

Bien, là où je veux en venir, c’est que, dans pareils cas, cette baise anodine, ce qui reste au niveau de l’anecdote dans la vie de 99.9% de la population, peut provoquer des conséquences, ma foi, surprenantes. Du genre :

-          Des mentions (quand ce n’est pas des premières pages !) : dans les journaux de près d’une cinquantaine de pays.

-          Un Premier Ministre téflon qui se retrouve embarrassé réellement pour la première fois de son mandat.

-          Des dizaines (si ce n’est pas des centaines) d’appels d’alliés inquiets (et fâchés) au lendemain de la diffusion d’une entrevue qui laisse à penser que certains des renseignements de sécurité qu’ils ont fournis auraient pu être éventés.

-          Deux semaines de questions « non-stop » à la Chambre des Communes.

-          Des articles dans les magasines à potins et des allusions dans les émissions de variétés (ce qui est quand même rare pour un événement « politique », à tous le moins au Québec).

-          Un nombre incalculable d’articles, de vox-pop de Beaucerons, de discussions de tavernes et de salons sur vous, vos compétences, votre background, votre vie privée, votre look, votre orientation sexuelle (est-ce que c’était « vraiment » un front ?) et etc… Votre partenaire d’incartade, qui elle, n’est pas une personnalité publique, subira le même sort.

       -          L’obligation d’un recyclage professionnel.

En somme, je ne veux pas défendre Maxime Bernier. C’est un incompétent, un prétentieux, un idéologue sans profondeur. Il n'était pas à sa place aux affaires étrangères, c'est une bonne chose pour le Canada qu'il ne s'y trouve plus et si ça prenait ça pour que le monde allume qu'Harper l'avait nommer parce que c'est un pion, tant mieux !

Non plus que je veux faire table rase sur ses erreurs diplomatiques (gouverneur de Kandahar, mêler Aristide et Préval, erreur des avions, etc…), politiques (l’eau « qui était dans une rivière et qui est rendue dans des bouteilles », les Joe Louis) et ses fautes de goûts (le « contrat de blonde officielle » et la robe de Julie, sans oublier la célèbre chemise rose et le look « Point Zéro », dans son ensemble) pour résumer son échec à cette seule bad luck.

Seulement, je veux juste attirer votre attention sur ce truc fascinant qui nous rappelle le principe de « l’effet papillon » : une histoire de cul comme chacun vit, a créé une controverse politique.

Parce que c’est de ça qu’il s’agit ! Si, mettons, Jim Flaherty perd un document à quelque part, il avertie le cabinet du PM et ils règlent ça en douce. Pour Bernier, c’était un problème parce que ça allait devenir public lors de la diffusion d’une entrevue et cette entrevue avait lieu parce qu’elle concernait l’ex d’un ministre qui soulevait la controverse à cause de ses liens réels ou présumés avec le crime organisé, lesquels avaient attirés l’attention parce que la madame elle-même avait fait détourner plus d’un regard à cause de sa robe affriolante qui, selon ses dires, aurait été choisie par le ministre. La théorie du chaos à son meilleur !

Et donc, pour en revenir au début de notre propos, c’est comme ça que, ce qui n’est, dans la vie des gens normaux, que flirt ou histoire d’un soir peut déboucher, une fois que l’anecdote survient dans la vie de quelqu’un qui a de grands pouvoirs et, conséquemment, de grandes responsabilités, sur une crise politique qui pourrait faire en sorte de provoquer, par les conséquences électorales qu’elle pourrait avoir, un tournant dans l’histoire politique du pays.

Heureusement, pour les idéalistes qui pensent que ce sont les idées et les programmes qui devraient faire la différence dans le débat public, il reste un espoir : Stéphane Dion est chef du PLC. On peut penser que lorsqu’il se décidera à profiter du contexte, la crise se sera résorbée depuis longtemps !

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Samedi, Avril 26, 2008

Du bon côté de l’enjeu

On aura beau dire que Mario Dumont a le don de se coller sur les enjeux populistes et d’oublier les questions de fonds. On pourra dire aussi qu’il est incapable d’aborder les questions sensibles avec tact et sens de l’État, qu’il ne sait pas proposer des solutions articulées et, ainsi, aller au-delà de la recherche d’impact électoral à court terme.

On pourra dire tout ça et on aura raison de le faire, puisque c’est vrai.

Ceci dit, tout cela ne changera rien sur le fond. C’est-à-dire que la perception à l’effet de laquelle que Mario Dumont soit un politicien médiocre ne change rien au fait qu’il se trouve du bon côté de l’enjeux quand il dit qu’il est irresponsable de hausser les seuils d’immigration, comme le fait le gouvernement libéral avec l’appui du Parti Québécois et ce, pour plusieurs raisons.

D’emblée parce qu’aucune étude sérieuse ne vient cautionner la prétention à l’effet de laquelle le Québec a besoin de plus d’immigration, outre le raisonnement de gars sur la brosse suivant : on fait moins d’enfants « fait que » ça prend plus d’immigrants.

Ensuite parce que personne n’ose dire que si la population d’un État grossie plus vite que son produit intérieur brut, on se retrouve avec un appauvrissement collectif net, ce qui est exactement la situation d’une société qui accueille un paquet d’individu qu’elle n’arrive pas à intégrer dans son marché du travail.

Aussi parce que les programmes d’intégration actuels ne fonctionnent pas, qu’ils manquent de ressources et que les hausses du nombre d’immigrants ne sont jamais suivies d’une hausse équivalente des budgets nécessaires.

À plus fortes raisons que le Québec n’a pas réussi, l’an dernier, à rejoindre son seuil d’immigration, alors fixé à 45000 nouveaux arrivants, une fois qu’il avait appliqué ses critères en matière de francisation, de qualification et de sécurité aux candidats désireux de venir vivre ici. Alors que la France, la Grande-Bretagne, l’Espagne – l’ensemble du monde occidental en fait – en sont à pénétrer le « marché » du recrutement d’immigrants fiables, qualifiés et désireux de s’intégrer, ce n’est pas le « scout » québécois qui va arriver à convaincre la majorité de candidats parfaits à appliquer chez nous. Monter nos seuils, dans ce contexte, c’est nécessairement abaisser nos critères, à moins d’admettre d’emblée que nous n’atteindrons pas nos cibles.

Admettons encore que même si le Québec fait face à un défi démographique imminent, toutes velléités d’y répondre par des politiques visant à hausser la natalité se verraient reçues par des accusations de chercher à encourager la famille traditionnelle, des sobriquets de duplessisme et des soupçons de volonté de ramener les femmes à la maison. Ces relents de féminisme mal placé desservent le Québec.

Et tant qu’à être partis, soulignons donc que, pour une fois, Dumont se trouve en porte-à-faux avec la droite libérale des chambres de commerces et des thinks tank idéologiques de notre belle province qui sont, eux, très zélés à promouvoir la hausse des seuils d’immigration, trop heureux de voir affluer une quantité de main-d’œuvre bon marché prête à « flipper » des boulettes de steak haché pour 8 piastres l’heure, chauffer des taxis ou torcher des chambres d’hôtel sans recevoir de pourboires, fussent-ils médecins, ingénieurs ou professeurs d’université avant de venir ici. Saluons donc le courage (ou l’inconscience ?) de Dumont, d’affronter, pour une fois, toute la bande de petits potentats locaux qui animent sa machine.

Ne nous arrêtons donc pas en si bon chemin et envoyons donc promener les gauchistes qui taxent Dumont de racisme ou de lépénisme, simplement parce qu’il pose ces questions très légitimes et réalistes. Non seulement se trouvent-ils à défendre la même position que la droite capitaliste, mais ajoutons en plus que cette rectitude politique qu’ils s’appliquent à imposer avec tant de zèle les desserre eux-mêmes et les empêche de poser d’autres gestes, étouffés par la somme de leurs contradictions.

La vérité est la suivante. Mario Dumont est vraiment malhabile de poser la question dans les termes suivants : les immigrants nuisent à l’identité. Les individus ne nuisent pas à l’identité, ils font leur place. Ce qui nuit à notre identité, c’est la coexistence, sur notre territoire, de deux systèmes d’intégration, deux conceptions de l’espace public qui sont concurrentes dans la même société, c’est une aventure humaine paralysée dans sa volonté de se définir. Et, en l’espèce, c’est surtout une série de gouvernements qui n’ont pas mis leurs culottes, trop occupés à vouloir être celui qui était plus du bord des immigrants que l’autre, en plus de ne jamais donner les ressources nécessaires pour permettre l’intégration des nouveaux arrivants.

Le coupable, en somme, ce n’est pas l’immigrant. Le coupable, c’est chacun de ceux qui brandissent l’argument du racisme quand quelqu’un cherche à discuter de nos politiques d’immigration. À leurs yeux, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises politiques d’immigration. Accueillir des immigrants, le plus possible, c’est bon, c’est tout. Quiconque dit autrement est un Nazi à leurs yeux, point final. Ces gens-là l’ignorent, mais ils sont objectivement les pires ennemis de l’immigrant de par le fait qu'ils empêchent tous débats qui nous permettraient de faire en sorte que chacun qui vient vivre ici-bas puisse trouver sa place.

C’est là où je veux en venir quand je vous dis que Mario Dumont se trompe de cible : il cible l’immigration comme problème. C’est faux. Le problème, c’est la rectitude politique, c’est le multiculturalisme, c’est le statut de constituant fédéral du Québec. Et ça, l’ADQ n’est pas, mais absolument pas, prête – ou même capable - de poser ces questions.

D’où mon titre. L’ADQ est du bon côté de l’enjeu en matière d’immigration. Le problème, c’est que Mario Dumont est tellement jambon qu’il est en train de brûler sa position, qui est pourtant la bonne.

À quand un parti politique capable de prendre des positions honnêtes qui, au-delà de la recherche de l’approbation des chroniqueurs, cherchent plutôt le bien commun de tous ceux qui vivent au Québec ?

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Mercredi, Avril 09, 2008

Ça ne bouge pas beaucoup

Je ne sais pas si c'est moi, mais il me semble que, par les temps qui courrent, l'actualité est lansinante et insipide comme un éditorial du Soleil.

Qu'est-ce qui anime le Québec présentement ?

Un budget adopté à toutes vapeurs ?

Un ballon rapidement dégonflé sur une réouverture de la Constitution ?

La reconstruction du manège militaire ?

Risquons une hypothèse : la dynamique de gouvernement minoritaire fait en sorte qu'aucun grand projet, aucune réforme majeure, n'est en marche. Nos gouvernements, présentement, ne gouvernent pas, ils gèrent.

L'ennui, c'est que l'on ne fait pas la Révolution tranquille ou on n'adopte pas la loi 101 avec des gouvernements minoritaires. Et les défis du Québec, eux, sont grands.

Mais bon, il semble que l'on n'est pas prêt de sortir de cette stupeur : les Québécois aiment les gouvernements minoritaires. Au point, même, où l'on confond l'affection de l'électorat pour ce type de conjoncture avec la popularité personnelle de Charest.

Dans le dernier sondage, le Premier Ministre arrivait nez-à-nez avec Pauline Marois comme personne la plus apte à gouverner. Son parti plafonne 10 points sous la barre de la base traditionnelle du parti libéral. Mais bon, "Charest est en train de regagner le coeur des Québécois" y paraît. Ben oui ! C'est Boiclair qui l'a dit à Christianne Charette la semaine passée.

La vérité, c'est ce que dit le sondage de façon très manifeste : les Québécois n'aiment pas Charest et les libéraux ont reculé par rapport à la base historique qu'ils détiennent depuis deux générations. Mais oui, les citoyens sont satisfaits du gouvernement. Un gouvernement protégé contre lui-même, parce que minoritaire. On dit souvent que les gouvernements remontent quand on entend pas parler d'eux, pendant l'été ou le temps des fêtes par exemple. Ça ressemble à peu prêt au climat ambiant... Je serais curieux de voir les chiffres d'Influence Communication là-dessus.

Mais ça ne change rien. Ça ne change rien au fait que rien ne se passe au Québec présentement et qu'il va falloir que ça débloque. Ça ne change rien non plus à ce qui faisait et fait toujours du Parti Libéral une famille politique aussi détestable, quand on regarde sa gestion du dossier linguistique et les problèmes de copinage dans l'entourage du Premier Ministre.

Pour vous en convaincre, je vous réfère à cet article que j'avais publié, au début de mon blogue, suite à la démission de Thomas Mulcair. Vous le verrez : il n'y a pas grand chose qui ressemble plus à Charest I que Charest II.
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Mardi, Avril 01, 2008

Comme de raisons…


Toujours marrant de voir chroniqueurs, journalistes et blogueurs trépigner devant cette nouvelle, publiée aujourd’hui dans le JdeM, à l’effet de laquelle le Bloc serait en train d’imploser. C’était drôle de voir Marco Fortier, auteur du « scoop », tempérer son article à LCN, après que Bernard Bigras eut remis les pendules à l’heure en entrevue.

L’affaire n’est pas mystérieuse : le Bloc se cherche, Bigras l’a dit en caucus et un ou deux députés bloquistes en mal d’exposure sont allés jacasser à des journalistes. Précisons que le principe du « secret du caucus » vise justement à permettre à ses membres de s’exprimer en toute franchise, sans crainte d’être entendus.

Mais donc, quelle conclusion doit-on en tirer ? Le fait que le Bloc se pose des questions est-il un mauvais signe ? Je ne sais pas pour vous, mais il me semble que, en ce qui me concerne, j’ai beaucoup plus l’habitude de me questionner sur la pérennité d’un parti qui fait comme si tout allait bien que pour un autre qui réfléchie. En somme, je vous dis que moi, en tant que militant souverainiste, quand j’ai su qu’il y avait des grincements de dents au Bloc, j’ai pris ça comme une bonne nouvelle. Les choses bougent !

Ça revient à ce dont je vous parlais dans un billet précédent. Le PQ n’a pas encore pris complètement le virage de la gouvernance souverainiste et ça fait en sorte qu’on est assis entre deux chaises. Cette situation constitue très précisément un exemple de ce que j’évoquais comme danger.

Je m’explique. Gouverner en souverainiste, c’est deux choses : occuper tous les espaces de pouvoir dont dispose le Québec présentement et en ouvrir de nouveaux, en les revendiquant ou en les prenant. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut faire en attendant de pouvoir faire un référendum pour réaliser la souveraineté. Ça doit devenir notre façon de réaliser la souveraineté : démanteler, un par un, tous les mécanismes de nation building du Canada et de son entreprise d’imposition d’un multiculturalisme délétère et faussement inclusif. C’est ça, le principe de l’effectivité.

Mais l’ennui, c’est que pour l’instant, gouverner en souverainiste, ça se résume à faire des politiques plus nationalistes qu’avant, à défaut de faire la souveraineté. Alors le Bloc se cherche une utilité et c’est normal.

Pourtant, dans une vraie logique de gouvernance souverainiste, le rôle du Bloc Québécois serait plus important que jamais. Imaginez que le gouvernement du Québec décide de rapatrier l’assurance emploi. Le Bloc, tout d’abord, a développé une expertise extraordinaire sur le sujet. Il peut talonner l’exécutif fédéral jour après jour devant son refus d’obtempérer aux exigences du Québec, si jamais il se contente de faire la sourde oreille. Finalement, dans l’hypothèse où notre gouvernement, fort de sa légitimité démocratique, décidait de procéder unilatéralement, le Bloc doit être là pour donner la réplique aux fédéraux quand ils nous accuseront de crimes contre l’humanité. Rappelez-vous Lucien Bouchard, chef de l’opposition officielle à Ottawa, donnant la réplique à l’adresse à la nation du Premier Ministre Jean Chrétien, à la veille du référendum. Cet exemple a lui seul suffit à démontrer pourquoi le Bloc doit être là.

On pourra bien dire que cela revient à améliorer le Canada, mais c’est une raison de plus pour être clair sur nos vraies motivations, c’est-à-dire de détruire un à un les outils de contrôle du gouvernement central sur notre volonté collective. Pour pouvoir le faire par contre, il faut un mandat clair. C’est ce que le PQ comme le Bloc doivent chercher à obtenir lors des prochaines élections. Il appartiendra au peuple de juger, à ce moment-là.

Et, justement, je pense que c’est exactement ce que les Québécois veulent : un gouvernement qui travaille dans le sens de leur besoin, qui prend les moyens pour y arriver et qui, se faisant, accroît notre liberté collective. Je pense qu’on tiens là, à la fois, un excellent programme de gouvernement et une stratégie souverainiste qui fonctionne.

Faire conjuguer l’intérêt électoral des souverainistes et l’intérêt supérieur des Québécois, n’est-ce pas là ce que nous cherchons depuis si longtemps ? En tous cas, vous pouvez être sûrs que ça ne manquera pas de déplaire à tous ces chroniqueurs qui détestent tellement le Bloc qu'ils annoncent perpétuellement sa mort imminente depuis plus de dix ans !
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Mardi, Mars 25, 2008

Prière de parler à voix haute

J’ai bien apprécié l’intervention de la ministre Courchesne, en fin de semaine, à propos du « Roy show ». Pas autant pour son contenu que parce qu’elle constitue quelque chose que l’on ne voit pas si souvent de la part de nos élus, c’est à dire une prise de position.

Mais j’en entends déjà dire, à CHOI FM, dans les émissions sportives et un peu partout dans la rue, « La ministre ? Qu’est-ce qu’elle connaît là-dedans le hockey elle ? C’est de l’ingérence politique ! Qu’elle aille donc s’occuper de sa réforme toute croche ! »

Tant qu’à moi, je pense tout le contraire. Il n’y a rien de plus navrant que de voir ces politiciens patinés, refuser de prendre position sur n’importe quel sujet, de peur de soulever la controverse, de se mettre le pied dans la bouche. Coudonc, vous faites de la politique pourquoi ? Parce que vous avez des idées, des valeurs, non ? Défendez les donc !

Il y a certainement les questions qui son pendantes devant las tribunaux, qui nécessitent plus de retenue de la part de nos élus, pour des raisons évidentes d’administration de la justice. Mais ça laisse encore beaucoup d’espace.

On m’accusera de taper continuellement sur le même clou mais, à mon sens, la quintessence de ce comportement détestable a été atteint le jour où André Boisclair avait tenté d’éviter de se commettre sur la question des accommodements raisonnables, en arguant platement que c’était là une question juridique et non pas politique ! Et les histoires qui ne sont pas devant les tribunaux ? Je veux bien croire que ça ne constitue pas, à proprement parlé, des « accommodements raisonnables » mais auriez vous l’obligeance, Votre Altesse, de nous démontrer que vous êtes capables de vous forger une opinion sur quelque chose ?

Parce que c’est de ça dont il est question. À l’intérieur du mandat d’un élu, il surviendra des événements impondérables : des désastres naturels, des histoires de mœurs ou d’éthique, des controverses de toutes sortes, etc… Ces questions, de par leur nature imprévisible, ne peuvent pas être réglées dans les programmes électoraux. Il est donc normal que les électeurs aient le droit de connaître l’opinion de ceux qui aspirent à les représenter sur certains sujets, histoire de tester leur jugement ou leur sens moral. La confiance, en bout de course, c’est une question de valeurs partagées.

Mais nous ne sommes pas en campagne électorale ici et la ministre Courchesne a quand même pris position. Pas trop casse gueule, elle l’a fait sur un enjeux qui soulève l’indignation générale. Une partie gratuite en somme. Néanmoins, ça fait quand même du bien, de la part d’une personne qui au-delà de son porte-feuille ministériel a le mandat de contribuer au développement et à l’évolution de son champ de compétence, de voir que nos élus sont capables de donner de grandes orientations.

Pas obligé de le faire à la Sarkozy, en donnant son opinion sur toutes les débats possibles et inimaginables. Pas obligé de le faire à la Dumont, en se positionnant sur toutes les affaires de chiens écrasés. Les acteurs politique doivent utiliser ce pouvoir d’orientation avec parcimonie, dans les sujets qui les concernent et en tentant, autant que possible, d’apporter un point de vue original.

C’est ce que Michelle Courchesne a fait et il faut l’en féliciter.

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Vendredi, Décembre 14, 2007

Pour le respect des créateurs



Holala ! Les temps sont durs pour les organisateurs du 400ème de Québec ! Impatience des médias et de la population devant la discrétion de la Société concernant les détails de la programmation, controverses autour de l'attribution de contrats, critiques quant à la transparence de l'organisation, déception une fois que les artistes invités sont connus et etc... À quelques jours du début des fêtes, on dirait que ça va couacs après couacs.

C'est dommage. Pour une ville, fêter un centenaire, ça n'arrive qu'une fois par siècle, par définition. Dans une Cité qui a été refondée de force il y a moins de dix ans, ce devrait être une chance incroyable pour unir toutes les anciennes municipalités, pour répendre la fête du Cap Rouge à la baie de Beauport, de l'Anse-aux-Foulons au Parc des Laurentides. Une fête populaire à laquelle les gens de tous les milieux, les X comme les abonnés des Violons du Roy, seraient conviés et pourraient se rencontrer. Quinze ans après la perte des Nordiques (qui étaient, n'en déplaise à certains, la principale vitrine nord-américaine de Québec), il faudrait que cette occasion devienne un motif de fierté pour les gens de notre Capitale, à l'orgueil souvent fragile, on le sait.

Mais voilà. Il y a eu ces nouvelles à l'effet que l'organisation n'avait pas beaucoup de sous pour les activités en dehors du centre. D'autres insatisfactions à l'égard du choix des fameuses "Grandes cuvées", ces éditions spéciales d'événements annuels. Le manque d'intérêt de la Ville à l'égard de la tenue d'un événement aérien du promoteur Red Bull a déçu une certaine clientèle. Il aura fallu du temps avant d'être fixé sur les détails de programmation. Il ne manquait qu'un imbroglio avec René Angelil pour que le portrait soit complet ! (Oups... c'est arrivé aussi ça...) Les médias de Québec, souvent prompts à chiquer la guenille et amateurs de controverses à saveur locale, se sont évidemment emparés à chaque fois des faux pas de l'organisation. Dans un tel contexte, les dirigeants du 400ème auraient bien dû s'attendre à ce que la moindre apparence de mauvaise gestion dans les fonds publics suffiraient à faire prendre le riz au fond.

Mais le pire dans tout ça, ce sont les gens dont on ne parle pas : les créateurs. Dans une ville qui se plaint du départ de ses jeunes, qui n'en peut plus de déplorer que la production médiatique et artistique se concentre à Montréal, dans un endroit où il est si difficile de vivre et de travailler à temps plein dans le milieu culturel, vous n'avez pas idée de ce que le 400ème représente comme manne pour des centaines de jeunes travailleurs à statut précaire. Tous ces décors à concevoir, ces expositions à monter, ces prestations à donner : voilà autant de bonus et de sécurité dans un quotidien qui se résume souvent à sautiller de contrats en contrats. Célébrer sa jeunesse et ses créateurs, c'est un autre sens que Québec doit donner aux célébrations.

Or, on parle très peu de ces gens, les artisans du 400ème de Québec. Le laxisme et l'amateurisme des organisateurs ajoutés aux commentaires acidulés des pisse-vinaigre de tout acabit risquent d'avoir pour effet de jeter dans l'ombre le travail exceptionnel de ceux qui devraient être les vraies vedettes de la fête. Et ça, c'est désolant.

Je suis sensibilisé à cette question parce que j'ai une amie très chère qui fait partie de ces acteurs de l'ombre. Elle a 25 ans et elle travaille en art visuel. Depuis plus de six mois, les contrats lui sortent par les oreilles. Elle ne dit non à rien, répond à toutes les demandes, ne compte plus les heures et les nuits blanches. Pour elle, c'est une occasion de se faire un nom, de faire des sous (évidemment!) mais, avant tout, je sens chez elle beaucoup de fierté. L'impression de participer à quelque chose d'historique, de construire quelque chose qui restera dans les mémoires et de laisser un leg à cette ville. Je ne sais pas dans quel état elle sortira de cette année 2008, mais celle-ci demeurera à coups sûrs l'une des plus marquantes de toute sa vie professionnelle.

Alors que, justement, je lui faisais part de mon scepticisme quant à la réussite des fêtes devant la morosité ambiante, elle m'a opposé une fin de non-recevoir catégorique : "Nous les artistes, on va tellement se défoncer, on va tellement se donner à mort pour que nos événements soient réussis que non, le 400ème ne pourra pas être un échec!"

J'ai souri. Faites que tous les Sylvain Bouchard et les J.-Jacques Samson de cette ville l'entendent et que les citoyens de Québec comprennent ce que cette fête représente pour leur jeunesse. Il y a là bien assez de motifs pour célébrer !
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Dimanche, Décembre 09, 2007

Pour un financement public des partis politiques



Scandale des commandites, rapport Moisan, condamnation de TECSULT, affaire Schreiber, n'en jetez plus, la cour est pleine. 30 ans après la création de la loi sur le financement politique de René Lévesque (et cinq ans après que Jean Chrétien s'en fût inspiré à Ottawa), il faut l'admettre : la probité que garantissait jadis le financement populaire des partis politiques n'existe plus.

En apparence premièrement. Un des buts de ce système est de garantir la crédibilité et la légitimité de ses institutions essentielles à notre vie politique que sont les partis. En somme, les gens n'y croient plus. Mais surtout parce que, dans les faits, il y a longtemps que ce n'est plus à coup de vingt dollars donnés par des citoyens que les formations politiques remplissent leur caisse. La perte de confiance envers le système évoquée plus haut ne fera certainement pas en sorte d'inverser cette tendance.

Que faire donc ? Resserer les contrôles contre l'utilisation, par les personnes morales, de prête-noms pour contribuer aux caisses électorales ? Cette pratique a été à ce point érigée en système qu'il apparaît autant indestructible que devenu incontournable dans le financement des partis politiques. Le financement populaire est pourri de l'intérieur. De toute façon, en a-t-il déjà été autrement ?
Ce n'est pas en libéralisant, comme le proposent certains qui prônent de donner le droit aux personnes morales de financer afin d'ajouter un peu de transparence à une pratique qui existe déjà, que l'on va accroître l'indépendance de nos élus. Pensez vous vraiment que ces derniers peuvent sortir indemnes de cette course à obstacle à travers les cocktail remplis d'ingénieurs, d'avocats ou de banquiers ? Je me rappelle si bien des activités de financement d'un ministre des ressources naturelles remplies d'administrateurs de compagnies forestières. Ils étaient certainement là parce qu'ils trouvaient l'homme sympathique... Comme Tetoine le soulignait récemment dans un commentaire, il arrive que l'État serve d'autres intérêts que ceux des citoyens. Comment peut-il en être autrement puisque nos élus doivent, pour le devenir, obtenir l'appui d'un paquet de lobbyistes ?

Je ne vois qu'une solution : établir un système de financement des partis politiques par l'État. J'entends déjà les adéquistes crier : "Faire payer nos pancartes électorales par les contribuables ! Eux qui sont déjà tellement taxés !" Ce serait oublier que le DGEQ verse déjà chaque année une allocation aux partis politiques, mesurée en fonction du nombre de votes reçus aux élections précédentes, au montant d'environ 3 millions (50 sous par vote), et que le ministère du revenu accorde un crédit d'impôt équivalent à 75% d'une contribution à un parti politique par un contribuable, jusqu'à concurrence de 400$. Le financement populaire coûte environ 10 millions de dollars à l'État donc. Compléter la réforme ne ferait certainement pas sauter les coffres. Et 20 millions pour s'assurer de la probité de notre système et pour éliminer une partie de la corruption qui s'y trouve, ce n'est quand même pas si cher payé.

Comment serait calculée l'allocation attribuée aux partis politiques ? Dans les pays qui possèdent un système semblable, c'est en fonction du nombre de votes reçus lors du scrutin précédent qu'elle est établie. Cette façon de faire à pour effet de nuire aux mouvements émergeants et de péréniser ceux qui existent déjà. Il serait aussi absurde qu'un parti devenu impopulaire à la veille des élections reçoivent encore une financement équivalent à ses gloires de début de mandat.

On pourrait donc opter pour une formule mixte, calculée en fonction du nombre de votes et du nombre de membres que compte un parti. Celui-ci se devrait alors de faire parvenir au DGEQ une copie du formulaire d'adhésion d'un électeur, sur lequel il attesterait de son identité et de son adhésion. Le DGEQ s'assurerait de l'existence et du droit de vote du citoyen afin d'éviter les fraudes. Il va s'en dire que le fait d'adhérer à un parti deviendrait un geste public et non plus confidentiel, mais c'est un moindre mal. Les seuls revenus autonomes que les partis concerveraient seraient ceux issus des contributions de ses adhérants.

Il faut savoir aussi que 90% du travail des militants dans une structure partisane se résume souvent à recueillir des fonds pour payer la prochaine campagne électorale. Tout ce temps qu'ils ne passent pas à réfléchir, à concevoir des politiques, à débattre et à échanger avec les citoyens. Pas étonnant que les gens préfèrent militer dans Greenpeace ou dans leur comité d'école... Libérer les partis politiques du fardeau de se financer tout en les forçant pour y arriver à susciter l'adhésion de membres plus nombreux les forceraient à se rebrancher concrètement sur la population et à faire davantage d'activité d'animation politique. Notre vie démocratique collective s'en verrait améliorée et les partis politiques recommenceraient à appartenir à ceux à qui ils doivent réellement revenir, c'est à dire leurs électeurs.

Cela aurait en plus pour effet de revaloriser le geste citoyen d'adhérer à un parti politique que les recruteurs sont souvent bien en mal de justifier. "Être membre, qu'est-ce que ça donne ? - Ça donne que tu permets à ton parti de se financer." Ce serait juste pour le PQ, juste pour l'ADQ, juste pour Québec Solidaire et les Verts aussi. Il y a seulement le PLQ (et ses neuf millions d'encaisse) qui s'en verrait affaiblit. Ceci dit, y a-t-il quelqu'un dans la salle pour s'opposer à une mesure qui aurait pour effet de niveler les chances de chacun ?

C'est donc ce que je propose : financer les partis à hauteur de 2$ par année par votes reçus et de 10$ par année par membres qui le composent.

Je lance le débat. Qu'en pensez-vous ?
Posted by V at 14:14:10 | Permanent Link | Comments (5) |

Jeudi, Décembre 06, 2007

Clyde_is_back_all right !!!



Hey !

Vous pensiez (craigniez ou espériez peut-être) que j'avais définitivement disparu de la blogosphère ?

Hé bien non, ce sera pour un autre fois...

1er novembre 2007, je relève d'une odieuse cuite en compagnie de Tetoine (lui Beauceron, moi Jeannois, nous avons découvert que nous étions des âmes soeurs éthyliques...). J'ouvre mon ordinateur pour vous faire part de mon mal à l'âme et, enfer et damnation, il ne fonctionne plus. Ceux qui ont suivi l'évolution technique de ce blogue le savent, je suis un analphabète fonctionnel de l'informatique. Il aura donc fallu cinq semaines avant qu'une âme châritable puisse m'aider à le remonter (il aura simplement fallu réinstaller Windows finalement), me permettant ainsi d'économiser les coûts des services d'un technicien (parce que je suis un peu pingre en plus...).

Hé non, je ne cherchais pas à me défiler devant mon lamentable échec à prédire le résultat de la course à la mairie de Québec.

Non plus que je me cachais devant le barrage de critiques que suscitait le projet de loi 195 du Parti Québécois, que j'ai aplaudis à deux mains et que j'appuie toujours.

Mais c'est quand même bizarre comme la vie est bien faite. Les données du recensement 2006, publiées cette semaine par Statistique Canada semblent confirmer les dires de ceux qui disent que le jovialisme de certains en matière de préservation de la langue française est tout simplement irresponsable.

De même, le sondage publié ce matin semble donner raison à Pauline Marois d'avoir voulu ouvrir un débat sur les conditions d'accession à la citoyenneté québécoise.

C'est amusant puisque Mario Dumont (toujours aussi fin politicien) a eu la bon idée de convoquer un rassemblement de ses partisans hier soir, à la veille de la publication du sondage (les dates des sondages Crop Express sont toujours connues à l'avance). Intéressant, parce que le chef de l'ADQ en a profité pour se positionner sur un enjeux qui datait un peu, c'est à dire les nouvelles mesures d'imputabilité s'appliquant aux administrations universitaires.

Selon Dumont, il ne s'agit de rien d'autres que de nouvelles contraintes qui alourdiront les structures et qui ajouteront à la bureaucratie avec laquelle doivent composer les organisations qui dépendent de financement public. Est-ce que celui qui a fait son pain et son beurre avec les scandales de dépassements de coûts, les nouvelles de mauvaise gestion et les perles des rapports des vérificateurs généraux successifs se contredit avec ce positionnement. Absolument pas.

Parce que Dumont ne veut pas améliorer l'État. Il ne veut pas le rendre plus efficace ou plus transparent. Il veut le démanteler. Pour lui, il n'est pas important de s'assurer que les fonds publics investis dans le réseau universitaire soit mieux surveillés. Dans sa logique, les fonds publics ne devraient pas être la principale source de financement des institutions post-secondaire. C'est tout. C'est une position idéologique dans toute sa logique.

Je ne pense pas que ce soit la façon de voir des Québécois. Mais surtout, je pense que peu le soupçonne à ce stade-ci, mais celà nous démontre qu'elle sera le thème de l'affrontement décisif entre l'ADQ et le PQ : la conception de l'État.

Tout ce trouve là. Je m'adresse ici à ceux qui assimilent la nouvelle social-démocratie de Pauline Marois à un virage à droite. La prochaine année politique sera celle de l'affrontement entre néo-libéraux qui veulent sortir l'État du plus d'aspect possible de notre vie politique et des sociaux-démocrates qui veulent l'améliorer et le rendre plus efficace. Whistlebolwing, vérification externe des organisations publiques, gestion horizontale des politiques publiques, etc...

Certains disent que ces mesures s'inscrivent dans une logique néo-libérale, que cette façon de voir mène nécessairement à des rationalisations, des réductions de service et à un désengagement. Je pense qu'ils ont tord. Parce que si nous croyons en l'État, nous devons accepter de l'évaluer, de le critiquer et de le rendre meilleur. Il en va de sa crédibilité et éventuellement de son maintien.

Posted by V at 14:43:04 | Permanent Link | Comments (3) |

Mardi, Octobre 23, 2007

Un peu de lecture



Examen oblige, j'ai peu de temps pour vous écrire aujourd'hui.

Ceci dit, je vous laisse le lien vers cet excellent article de L'Actualité intitulé «Une Charte sur un toit brûlant». Elle discute des motivations et du contexte qui ont mené à la création de la Charte de la Langue française par Camille Laurin.
« Laurin (psychiâtre) voulait clairement administrer un électrochoc à la société québécoise, pour casser des attitudes solidement ancrées chez tout le monde », dit Guy Rocher, l’éminent sociologue, qui, à 83 ans, écrit toujours et continue d’enseigner à l’Université de Montréal — il était le bras droit de Camille Laurin à l’époque. « Laurin avait le sentiment de faire quelque chose pour longtemps. C’était sa conviction. Je l’entends encore dire ça : “ On engage un changement qui sera fondamental pour le Québec, et qui sera irréversible. ” »
Devant la barrage de critiques, Laurin tint bon. La situation ne devait pas être facile à vivre politiquement...
« La thérapie collective ne se passa pas très bien au début. Les sièges sociaux de grandes institutions financières plièrent bagage dans un grand tapage. Plus de 200 000 Anglo-Québécois — souvent de la classe moyenne, instruite et fortunée — décampèrent ; le prix des maisons s’effondra, une opposition stridente d’envergure continentale s’organisa, Montréal périclita, Québec s’inquiéta ; Camille Laurin ne broncha pas. »
Ouais... fallait avoir du coeur au ventre.
« Il repoussa les critiques quasi unanimes des libéraux et celles des éditorialistes du temps — dans Le Devoir, Claude Ryan qualifia le "dirigisme étatique" de la loi 101 de "scoutisme culturel". "Des scrupules de colonisés mal affranchis, rétorqua Laurin, lors d’une entrevue accordée à L’actualité. On découvre un jour qu’on a du pouvoir et on a tout de suite peur d’en abuser, d’être revanchards." »
Ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Camille Laurin, lui, déclarait la chose suivante :
«avant de répondre aux critiques qui qualifient cette loi d’abusive, de discriminatoire ou de fasciste, "attendons que s’implantent de nouveaux comportements, de nouvelles habitudes. Alors nous pourrons prendre ces arguments at face value sur le plan de la discussion dialectique. On ne peut, pour le moment, discuter de la situation québécoise sur le plan des idées pures sans tenir compte de l’infrastructure socioaffective cachée de notre situation." »
Aujourd'hui, alors que, comme toutes les sociétés occidentales font face au défi de gérer le pluralisme dans l'harmonie, le Québec doit poursuivre son effort d'affirmation identitaire. Camille Laurin ne pouvait pas prévoir combien cette question deviendrait importante dans le futur et espérait que sa loi 101 viendrait régler définitivement la question de la définition du Québec. Il nous enseigne pourtant qu'il ne faut pas hésiter, par voie de législation s'il le faut, à inscrire dans le droit l'idée que nous nous faisons de nous-mêmes.
Posted by V at 18:27:25 | Permanent Link | Comments (1) |
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