Mercredi, Avril 23, 2008

La tartuferie de Charest et Labeaume


De deux choses l’une : soit Jean Charest et Régis Labeaume font preuve d’un opportunisme crasse en prenant fait et cause en faveur du maintien d’un service de nouvelles à TQS, soit ils se comportent comme de vrais pleutres dans le dossier des 252 travailleurs en lock-out au Journal de Québec. À moins que ce ne soit les deux.

Comment comprendre autre chose ? Hier, alors que le Média Matin Québec soulignait tristement sa première année d’existence par un numéro spécial, plusieurs acteurs politiques et syndicaux communiquaient leur position. Toujours avec prudence, évitant d’attaquer Quebecor aussi directement que les syndiqués, mais l’invitant quand même à reprendre les négociations ou à ce soumettre à l’arbitrage, comme le réclame le syndicat.

Régis Labeaume, l’hyper-maire de Québec, celui qui ne manque jamais une occasion de passer dans le journal, brillait pourtant par son absence cette fois-ci. Une page blanche soulignait son refus de commenter. Pas de service au numéro composé. J'imagine que si le building du Journal de Québec avait brûlé, il se serait empressé de réclamer sa reconstruction.

Du côté libéral, Charest continuait de ne pas vouloir commenter. Il refusera de le faire aussi, en journée, quand l’opposition lui demandera d’intervenir directement auprès de Quebecor, pour l’enjoindre de retourner à la table. Le ministre du travail, David « le sifflet » Whissel, continuait de justifier son refus d’intervenir auprès de Quebecor, arguant qu’il s’agissait d’un conflit privé et légal, alors qu’il l’avait fait dans le dossier du cimetière Côte-des-Neiges. Une sortie demandant à Quebecor de se soumettre à un arbitrage neutre ? C’est déjà trop pour le ministre Ponce Pilate. L’attachée de presse de Philippe Couillard, ministre régional, se bornait à affirmer que son patron souhaitait « demeurer neutre » dans un conflit pourtant déclenché par l’employeur.

Mais aujourd’hui, ça a reviré « boute pour boute », comme on dit chez nous : Labeaume, Charest, chacun se précipitait pour prendre la défense de l’information locale et des travailleurs de TQS. Pourtant, il ne s’agit pas ici d’un conflit de travail. La décision n’est pas encore effective. Le CRTC aura à se prononcer. N’ayant pas peur du ridicule, notre Premier ministre supplie même le cabinet fédéral de s’ingérer dans le processus de révision de licence comme - les X ne manqueront pas de le relever - il n’avait pas osé le faire pour CHOI.

Mais qu’y a-t-il de différent dans le dossier de TQS et dans celui du JdeQ ? 270 travailleurs concernés dans un cas, 252 dans l’autre. L’enjeu en question ? La production d’une information diversifiée et produite sur le plan local. Dans les deux affaires, on est face à des décisions économiques douteuses, qui nie les missions de base d’un média d’information. Qu’est-ce qui est différent alors ?

La différence, c’est le poids de l’employeur qui est en face. Jouer dans les plates-bandes de Quebecor ? Les appeler à la tempérance et au règlement du conflit par voix d’arbitrage, c’est indisposer Pier-Karl Péladeau, Luc Lavoie et Brian Mulroney, membre du c.a., tous des amis de l'ancien conservateur Jean Charest. C’est renoncer aux papiers mielleux de complaisance de J.-Jacques Samson et risquer d’avoir mauvaise presse aussi à TVA, LCN, le Journal de Montréal, le Lundi, les Idées de ma maison et tutti quanti. Et ça, Labeaume et Charest n’ont pas le nerf pour ça.

Sermonner Remstar de l’autre côté ? Pas de problème ! Deux flops qui, jusqu’à maintenant se limitaient à peu prêt à distribuer des DVD, produire des films à petit budget et à gérer l’hôtel de papa. Autant dire des scouts comparés à l’Empire ! Qu’est-ce qu’on a à perdre à se les mettre à dos ? Ont-ils déjà contribué à nos caisses électorales ? On fonce !

Entendons nous bien : la fermeture du service de nouvelles de TQS est une tragédie, particulièrement pour des régions comme le Saguenay et l’Estrie où il joue un rôle central et de qualité. Il faut tout faire pour que Remstar revienne sur sa décision.

Mais ça n’empêche pas un chose : la nécessité de dénoncer l’immense opportunisme de Régis Labeaume et de Jean Charest, qui ne fait ressortir que leur lâcheté à défendre d’autres travailleurs qui eux sont dans la rue depuis un an.
Posted by V at 17:24:12 | Permanent Link | Comments (0) |
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