Mercredi, Août 29, 2007

La bonne brise de Pauline, le vent de panique de Mario

En juin dernier, je marchais sur la Grande-Allée avec un de mes amis. Tous deux péquistes notoires, nous fûmes interpellés par deux députés adéquistes passablement éméchés : « Ouais, pas fort fort l’effet Pauline. Si changer de chef ne vous donne qu’une swing d’un point dans les sondages, il en restera pas grand chose à l’automne ! » Le dernier CROP, fait autour de la St-Jean, mettait en effet le PQ en tête, mais avec 29%, soit un point de plus que le score du 26 mars.

Le dernier sondage semble donner raison en partie à nos joviaux députés adéquistes. En effet, il n’y a pas eu d’effet « Pauline ». Il conviendrait davantage de parler d’une tendance « Pauline ».

En fait, c’est que personne n’est tombé des nues quand Pauline Marois est devenue chef du PQ : elle était connue, ça fait longtemps qu’elle est dans le paysage. Il ne fallait pas s’attendre à ce que sa venue au PQ soit vue comme un événement exceptionnel.

Mais Pauline Marois l’a prouvé : elle n’est pas une sprinteuse, mais bien une marathonienne. Tranquillement, sa force tranquille, ses positions, toujours mesurées, remplies de sagesse, mettes les gens en confiance.

Mais il faut être prudent avec les sondages, particulièrement ceux fait en été. Ce sondage ne doit même pas être compris comme un message indiquant l’avance du PQ. Après tout, on est dans la marge d’erreur. Ce qu’il y a d’intéressant par contre, c’est ce que la réaction de ses adversaires nous apprend.

Une petite touche humoristique tout d’abord : «Si le sondage avait été pris en Beauce, le sondage ne serait pas ce qu'il est là», a commenté le député de Beauce-Nord et organisateur en chef du parti, Janvier Grondin, en voulant expliquer que ce n’est pas le message qu’il entendait sur le terrain. Gros idiot… Si le sondage avait été pris dans le West Island ou au Lac-St-Jean, il aurait pas donné la même affaire non plus. Avec des organisateurs comme ça, la croissance de l’ADQ a des bonnes chances de pas allé plus loin.

Mais les autres députés adéquistes n’ont pas tardé à sortir la cassette :

L'image de Pauline Marois va se contrer d'elle-même, car elle arrive avec un bagage, comme les départs à la retraite dans le réseau de la santé, le contingentement des étudiants en médecine. C'est catastrophique. Elle devra vivre avec cela», a dit le député Éric Caire.

Mme Marois «a un historique à la barre des grands ministères et Mme Marois aura à répondre à des questions lors de l'élection complémentaire dans Charlevoix», a aussi déclaré Sébastien Proulx.

Et il y a les blogues adéquistes, qui sont si prompts à réagir, avec un synchronisme troublant, à chacun des sondages, des sorties, des annonces positives pour leur camp. Aujourd’hui, ils se sont tous faits étonnamment discrets.

Et ça continue encore et encore. Et ça ne pogne pas…

Ce matin, une chose était claire donc, c’est que la « châtelaine » dérange. Ce n’est pas pour rien qu’on lui oppose quelqu’un dans Charlevoix : pour stopper, à la source, la remontée péquiste et cesser la dégringolade de crédibilité de Mario Dumont, entamée pendant la dernière session parlemenatire. Ce n’est certainement pas les sorties nauséabondes style « Law and order » comme celle d’aujourd’hui, profitant odieusement de l’affaire Cédrika Provencher, qui vont y arriver.
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Lundi, Août 27, 2007

Mairie de Québec : les aspirants

J’étais en vacance la semaine dernière et j’ai été littéralement soufflé d’apprendre le décès inattendu d’Andrée P. Boucher, mieux connue sous le prénom de « Mairesse ».

Je n’ai jamais compté parmi ses fans. Je n’aimais pas la façon dont elle dirigeait la ville. Je dois admettre par contre qu’elle appartenait à une catégorie de politiciens trop rares pour qui la langue de bois n’existe pas et qui assument toutes leurs idées et leurs contradictions. En ce sens, je pense que Mme Boucher était une personnalité attachante et qu’elle aura contribué, à sa façon, à renouveler le discours politique. Mes pensées vont à sa famille.

Ceci dit, le contexte (notamment l’imminence des Fêtes du 400ème) fait en sorte que le deuil sera de courte durée et que la campagne à la mairie commencera probablement dès que le glas aura sonné.

Pour comprendre les rapports de force, les scénarios envisageables et les choses à prévoir, je vous propose aujourd’hui un rapide survol des candidats potentiels à la direction de la ville. Je le fais au bénéfice des gens de l’extérieur de Québec, mais aussi pour mes concitoyens qui n’accordent peut-être pas toujours aux affaires de la Cité l’attention nécessaire. L’indice « Valeur de la candidature » est basé sur une note sur dix pour chacun des critères, divisée par trois.

 

 

Candidat au plébiscite : Jean-Paul L’Allier

Occupation : Retraité, professeur invité à l’Université Laval

Expérience : Carrière protocolaire et diplomatique, ministre, urbaniste, maire de Québec de 1989 à 2005.

Probabilité : Très peu de chances qu’il soit candidat. Sa santé serait chancelante et il a d’ores et déjà exclu d’être de la course. Par contre, il suffirait d’un CROP à 400 répondants établissant que 60% des citoyens souhaitent son retour pour diriger la ville en vue du 400ème pour que la donne change. Les principaux aspirants, trop contents d’éviter d’aller au front dès cet automne, pourraient donner leur appui à cet «elder stateman » et se préparer pour 2009, avec maintenant l’assurance que Mme Boucher ne sera pas de la course.

Compétence : Un homme d’État à la mairie ; c’est ce qui a dirigé Québec pendant 16 ans. Rompu au protocole, ne manquant pas d’ambition pour sa ville, il a manqué à beaucoup de monde dans le processus de préparation des fêtes du 400ème. Il a par contre acquis la réputation d’être dépensier et de ne se soucier que trop peu des préoccupations du fameux « vrai monde ».

Potentiel électoral : D’aucuns ont pensé que la principale raison de son retrait en 2005 aurait été ses maigres chances de réélection. Entaché dans l’affaire Scorpion, homme à abattre des alliés de la mouvance CHOI, il a fatigué les citoyens de Québec par ses projets et son volontarisme. L’imminence des fêtes peut-elle convaincre les contribuables de faire un dernier tour de montagne russe ?

Valeur de la candidature : 7/10

L’hyperactif : Marcel Aubut

Occupation : Avocat et hommes d’affaire

Expérience : Ancien président des Nordiques et promoteurs d’événements

Probabilité : D’élections en élections, son nom revient. Bien que certains lui en prêtent l’ambition, il n’a jamais posé de gestes en ce sens. Le défi pourrait intéresser cet homme flamboyant mais qui s’est fait plus discret récemment.

Compétence : Difficile à dire. On raconte que cet avocat doit davantage sa réussite à son sens des relations publiques, son dynamisme et ses contacts qu’à ses talents de juriste. Plusieurs ont critiqués sa gestion des Nordiques. Son côté rustre, couplé à un certain défaut de langage, nuisent à sa crédibilité.

Potentiel électoral : La vente des Nordiques a durablement terni son image. Certains ont aussi voulu l’associer à l’affaire Scorpion. Par contre, dans une ville qui aime les hommes d’affaires et la réussite individuelle, sa bonhommie et sa simplicité pourraient plaire. Oserait-il promettre de ramener les Fleurdelisés ?

Valeur de la candidature : 4/10

L’opportuniste : Marc Bellemare

Occupation : Avocat en droit administratif

Expérience : Champion de l’abolition du « no-fault », ancien ministre de la justice, candidat défait en 2005

Probabilité : Son parti « Vision Québec » vient de le confirmer à sa direction jusqu’en 2009. Kid kodak, il souhaite du plus profond de ses tripes vivre l’effervescence électorale à nouveau. La dernière campagne lui a coûté cher, à lui et à son parti, puisqu’il n’avait pas atteint la limite de 15% pour obtenir un remboursement électoral. Peut-il seulement être de la course ?

Compétence : Difficile à juger, puisqu’il a démissionné prématurément du seul poste exécutif qu’il a occupé. Son jugement et sa réserve y ont par contre été plus d’une fois questionnés.

Potentiel électoral : Victime du plus grand pétard mouillé de l’histoire politique de la ville (après avoir été identifié comme favori, il a fini près de la barre des 10%), humilié, peu de gens lui prêtent encore vie. Il faut par contre être prudent : c’est le candidat qui avait le plus souffert de l’entrée en scène d’Andrée Boucher, puisqu’ils chassaient tous deux sur les mêmes terres populo-trash. S’il peut faire oublier 2005, son potentiel de croissance est réel. À surveiller.

Valeur de la candidature : 7/10

Le prometteur : Pierre-Michel Bouchard

Occupation : PDG du Centre des congrès de Québec

Expérience : Avocat, DG des jeux policiers-pompiers de 2005, candidat de l’Action-Civique à la mairie en 2005

Probabilité : Au soir de la défaite, il n’avait pas fermé la porte à un retour. Depuis, il s’était fait plus réticent. Devant la nouvelle donne, il prend le temps d’y réfléchir.

Compétence : Peu d’expérience politique. Il a par contre fait un succès des jeux de 2005, ce qui est un exploit dans une ville marquée par l’échec de ses événements. Homme affable, il avait surpris par sa maîtrise des dossiers pendant la dernière campagne. Réputé intègre, c’est cette grande qualité recherchée par les électeurs qui lui a paradoxalement nuit : soucieux de diriger de façon responsable l’activité dont il avait la charge, il s’était alors refusé à utiliser cet événement pour lancer sa candidature et attendu que tous les livres aient été fermés pour débuter sa campagne.

Potentiel électoral : Désespérément méconnu la dernière fois, sa campagne n’a jamais décollé. L’inexpérience, qui la dernière fois l’avait fait entré dans la course trop tard, a peut-être disparue. Avec l’absence de la mairesse et l’expérience de 2005, il part certainement de moins loin cette fois-ci.

Valeur de la candidature : 8/10

Une brise de fraîcheur : Ann Bourget

Occupation : Conseillère de Montcalm, Chef du RMQ et Chef de l’opposition au conseil municipal

Expérience : Urbaniste, fondatrice de « Vivre en Ville », candidate défaite à la direction du RMQ en 2005, vétérante de « l’Ère L’Allier ».

Probabilité : En tant que vis-à-vis d’Andrée Boucher, c’est la candidate naturelle. Mme Bourget a certainement l’intention d’en être. On chuchote par contre que certains au RMQ seraient mal à l’aise avec elle, sa jeunesse et son côté « Montcalm ». On lui reproche aussi de manquer de combativité. Certains de ses collègues la surnomment en cachette "mini-fée" à cause son petit côté Laure Warridel.

Compétence : Certains voyaient sa jeunesse comme un défaut. Les plus sceptiques ont pourtant été abasourdis par sa maîtrise des dossiers et son habilité. Si elle a été limité à des rôles mineurs dans la direction de la Ville, c’est elle qui la connaît le mieux. On lui a reproché son manque de collaboration avec Mme Boucher. Par contre, le simple fait d’avoir maintenu uni un caucus de 24 élus, majoritaires mais tenus à l’écart des postes de responsabilités, relève de l’exploit et révèle un leadership indéniable.

Potentiel électoral : C’est ici que ça se complique. La fée verte de Montcalm peut-elle convaincre à St-Émile et à Val-Bélair ? Très urbaine, elle a fait des dossiers de développement durable et de qualité de vie sa principale marotte. Identifiée au cercle de gauche et considérée comme proche du PQ, du Bloc et des syndicats, ses futurs ennemis sont faciles à deviner. Elle représente par contre un authentique renouvellement de la politique municipale et joui d’un charisme à toute épreuve. De tous les candidats, c’est aussi celle qui bénéficie d’une des meilleures notoriétés.

Valeur de la candidature : 9/10

Le outsider : Régis Labaume

Occupation : Homme d’affaire, PDG de la fondation de l’Entrepreneurship

Expérience : Candidat défait à la direction du RMQ en 2005.

Probabilité : Malgré son échec de 2005, il a continué de se fendre régulièrement de lettres ouvertes sur différents enjeux municipaux dans les médias locaux. Il a par contre peu cultivé ses réseaux au RMQ ce qui laisse croire qu’une éventuelle candidature de sa part serait indépendante. A-t-il la capacité de se monter une organisation personnelle ? Bien qu’il n’ait jamais fermé la porte, il n’a jamais discuté ouvertement d’une nouvelle candidature.

Compétence : Lors de la dernière campagne, le Soleil avait effectué un portrait-robot du candidat souhaité par les gens de Québec au moyen d’un sondage. Régis Labaume y correspondait parfaitement : homme d’affaire, pas « politicien », incarnant à la fois renouveau et expérience professionnelle. On lui a par contre reproché son manque de profondeur et de connaissance des dossiers municipaux et son incapacité à sortir de « la cassette ».

Potentiel électoral : Ça dépend. Peut-il se construire une organisation ? Peut-il revenir au RMQ ? Bénéficie-t-il vraiment de la notoriété qu’on lui prête ? Beaucoup de point d’interrogation donc. Avec Labaume, on avance en terrain indéfini.

Valeur de la candidature : 6/10

Daddy knows best : Claude Larose

Occupation : Haut-fonctionnaire

Expérience : Conseiller municipal de 1989 à 2005, vice-président du conseil exécutif de Jean-Paul L’Allier, dont il a été le bras droit et le dauphin désigné.

Probabilité : Peu y auraient pensé. Mais Larose, dans ses premiers commentaires suite au décès de la mairesse donne clairement l’impression d’un gars qui se cherche une façon de faire atterrir sa candidature, affirmant que plusieurs personnes lui avaient déjà donné leur appui. « Ça prend quelqu’un qui a de l’expérience » a-t-il dit, dans une allusion évidente à Bourget. Larose peut-il vraiment retourner au RMQ, où son départ a été marqué par une atmosphère de purges et de mesquineries ? Ses derniers alliés ont depuis été écartés. Écoutez ce qu’il en dit lui-même : « Puisque c’est une partielle, le parti ne sera pas un critère déterminant », dans un appel à une course « très ouverte » avec plusieurs candidats indépendants. Vous doutez encore de sa volonté d’être candidat ?

Compétence : Grand vizir de L’Allier, il possède certainement une connaissance intime de l’administration municipale. De tous les candidats, c’est lui le plus « compétent » au sens technique, ne lui manque qu’un peu d’envergure et de charisme.

Potentiel électoral : Lors de la dernière campagne, c’était clair : Larose, en dehors de l’ancienne Ville de Québec, ne passe pas. Son honorable deuxième place, seulement 11 points derrière le tsunami Boucher n’y change rien. Alors que les candidats du RMQ raflaient la majorité au conseil, Larose n’a jamais réussi, avec ou sans Boucher, à susciter une adhésion réelle à sa personne. C’est le genre de candidat à qui il faut faire prendre une photo en chemise sans cravate pour lui donner un air détendu. Très identifié à l’Ère L’Allier, sans les bons côtés.

Valeur de la candidature : 7/10

Le raté : Hugo Lépine

Occupation : Avocat, DG sortant de la Chambre de commerce régionale des entrepreneurs de Québec.

Expérience : Ancien DG de l’Auberivière, il a été candidat du particule « Option Capitale » lors des dernières élections.

Probabilité : Il a délaissé son jeune parti (et la politique) à cause de ses fonctions à la Chambre de commerce. Il aurait recommencé à s’y intéresser. S’il a pris de la maturité, peut-être essaiera-t-il de se positionner auprès d’un candidat.

Compétence : On en sait bien peu. Une expérience diversifiée, autant dans le monde des affaires que dans le communautaire. Renvoie l’image d’un jeune homme dynamique, rempli de potentiel.

Potentiel électoral : Sa candidature potentielle avait été initialement bien reçue, même la mairesse en disait du bien. Mais ses multiples tergiversations, ses claquements de portes, son incapacité à se construire un rapport de force pour se ménager une place dans une équipe et finalement la mise en place de son pathétique petit parti ont fini de changer un bel espoir en looser. Devrait peut-être se faire oublier pour une décennie ou deux.

Valeur de la candidature : 2/10

L’antéboucher : Agnès Maltais

Occupation : Députée de Taschereau, Parti Québécois

Expérience : Animatrice culturelle, gestionnaire de la santé, députée depuis 1998, ministre de la culture puis déléguée à la santé.

Probabilité : Son nom avait circulé la dernière fois. Elle y aurait réfléchi mais aurait préféré continuer en politique provinciale, où les chances de réélection du PQ était alors considérée comme bonne. Cette fois, le contexte est différent : le PQ est peut-être le troisième parti pour longtemps. Elle réfléchie déjà à céder la place en vue de la prochaine campagne. Dotée d’un réseau impressionnant, amoureuse de la politique, Agnès Maltais pourrait avoir l’audace de faire le saut, mais elle sait mieux que quiconque qu’il agirait d’un pari risqué.

Compétence : Il s’agit d’une autodidacte. Une femme d’une énergie prodigieuse. Excellente députée, proche de son monde, femme de culture : elle serait certainement une bonne mairesse pour Québec. Son influence au sein du PQ (et les résultats qu'il y a obtenu !) laisse par contre paraître qu’elle comprend très mal la réalité de la région de la Capitale en-dehors de sa circonscription. Sa sensibilité politique lui fait aussi souvent défaut, mais c’est une tigresse qui sait se battre jusqu’à la dernière énergie.

Potentiel électoral : Faible. C’est très simple : à l’ouest de Du Vallon et au nord de la rivière St-Charles, elle ne passe pas. Son obsession pour le développement culturel et le communautaire ne rejoint tout simplement pas la classe moyenne. En outre, peut-elle convaincre Ann Bourget et Claude Larose (tous issus du même réseau qu’elle) de lui céder la place ? La tigresse de Taschereau aura pour ce faire besoin de s’appuyer sur un rapport de force très convaincant…

Valeur de la candidature : 6/10

 

D’autres candidatures sont envisageables : Jacques Teasdale, Jacques Jobin, Alain Loubier, Paul Shoiry, Ralph Mercier, Jean Leclerc, Michel Pigeon, Christiane Gagnon, Françoise Mercure, Francine Bouchard, Hélène Scherrer. Aucune d’entre elle ne m’apparaît assez sérieuses et/ou assez probables pour faire un développement là-dessus.

Les amateurs d’intrigues politiques devraient donc avoir de quoi se mettre sous la dent pour les prochaines semaines…

Les paris sont ouverts !

 

Mise à jour, mardi 13h45 : On m’annonce qu’un autre nom circule beaucoup sur les ondes des radios de Québec. (Maudit Radio-Canada ! C’est bon, mais t’es jamais au courant de ce qui se passe pour vrai…) Un nom donc, prestigieux, qui pourrait se révéler plutôt dévastateur pour ses opposants. Un candidat qui reprendrait les thèmes populistes de la Mairesse Boucher, en poussant par contre le trash à des niveaux catastrophiques pour la réputation et le développement de la Ville de Québec. J’ai nommé :

Le Roi : André Arthur

Occupation : Député fédéral de Portneuf, chauffeur d’autobus et animateur de radio

Expérience : Ancien attaché politique libéral, vedette absolue de la radio de Québec pendant plusieurs décennies.

Probabilité : Je n’en sais rien. Il a plusieurs fois été candidat à différents postes : député de Louis-Hébert, maire de Ste-Foy (contre la mairesse) et finalement dans Portneuf. Il a eu des ennuis de santé récemment. Le principe de Peter étant ce qu’il est, je ne suis pas sûr qu’il souhaite s’exposer à détenir réellement un poste avec des responsabilités exécutives.

Compétence : En matière de gestion, aucune. Il a bien démontré savoir jouer les gérants d’estrade mieux qui quiconque, mais cela ne démontre rien d’autre qu’un incroyable talent de communicateur.

Potentiel électoral : Fort. C’est pas compliqué, si il est candidat, il va probablement gagner. Mais faut pas s’en faire : ce qu’il y a de bien avec la démocratie, c’est que ça nous assure que le peuple ne soit jamais mieux gouverner que ce qu’il ne mérite.

Valeur de la candidature : 6/10

 

 

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Mercredi, Août 22, 2007

Coquille vide n'attire que de l'air

Par David Tardif

Je reviens de quelques jours de vacance à Charlevoix où j'ai eu le loisir de suivre avec intérêt à la Télévision le brouhaha que de quelques heures entourant le sommet de Montebello. Comment donc passer à mon retour à côté du PSP, sujet d'apparence bien juteuse s'il en est un... Directement dans le vif du sujet, certains pointent le fait que peu de raisons sont présentées par "la droite" pour appuyer le PSP. Bon. Je regarde ici le "SPP factsheet". Qu'est-ce qu'il y a de menacant là dedans?

Est-ce que quelqu'un doit vraiment venir à TVA faire un dessin pour dire que c'est pratique qu'un navire puisse passer d'un port canadien à un port américain avec le même manifeste, que ça sert tout le monde de combiner les listes de produits chimiques dangereux? Si on peut trouver un moyen de faire passer les gens plus vite à la douane, pourquoi pas?

Pourquoi est-ce que je trouve ridicule la soudaine et explosive opposition au PSP? Parce que le PSP c'est rien du tout, niet, que dalle. J'ai cherché dans les portails de The Economist, The Atlantic, le Wall Street Journal et BusinessWeek et je n'ai RIEN trouvé sur le PSP qui serait objectivement digne d'être mentionné dans un bulletin de nouvelles de 60 minutes.

Si le PSP était un réel buffet pour le monde des affaires, un "wet dream capitaliste" pour citer un manifestant, croyez-vous pas qu'on s'en réjouirait quelque part? (Je sais ce sont tous des périodiques de droite. Ils camouflent de manière tactique les agissements réels des dirigeants.)

Si très peu de choses se disent sur le fond de l'affaire, c'est que le fond n'est pas très épais. Il y avait un professeur de McGill à LCN avant hier qui expliquait qu'un élément important du PSP était le partage des fruits de la recherche universitaire quant aux énergies renouvelables.

Le journaliste, qui visiblement cherchait un peu de jus, a demandé si cela était susceptible d'érroder la souveraineté canadienne. Qu'en pensez-vous?

La vérité c'est que des personnes deviennent complètement berserk dès qu'elles voient dans le même paragraphe "Bush", "Canada" et "gens d'affaires". "Pourquoi Paul Desmarais peut rencontrer Georges Bush et pas moi et vous?" disent-ils.

Je reviens d'ailleurs sur cette "rencontre avec les gens d'affaires" qui a l'air d'avoir dérangé bien du monde. La rencontre porte sur les améliorations à apporter à la logistique du commerce transfrontalier, quel est le sapristi de lien avec la défense des droits des femmes, la législation anti-scabs, le droit opposable au logement et j'en passe?

Quant à l'opposition corrélative d'une certaine droite américaine, qu'attendez vous de plus de la part de ceux pour qui l'agence du revenu et le service des postes sont des créations inconstitutionnelles?

Vous voulez aller à Montebello manifester contre la guerre en Irak, c'est une chose. Mais choisissez vos combats. Par souci de cohérence, beaucoup de ceux que j'ai vu lundi aurait du aller au passage manifester contre la Loi canadienne sur les transports. "La Loi sur les transports", vous dites? "Pourtant, elle est ben correcte cette loi là, et c'est pas comme si son contenu était très scandaleux!".

Exactement mon point.

Posted by David at 16:09:48 | Permanent Link | Comments (11) |

Mardi, Août 21, 2007

La déception (de) Diane Lemieux

Mon prochain billet sera très personnel et il pourrait bien être retenu contre moi !

Quand j’ai démarré ce blogue, c’était pour rester en contact. En effet, comme plusieurs d’entre vous le savent, j’étais officier du Parti Québécois et, après l’élection d’un nouveau chef et l’installation de sa garde rapprochée, il ne restait plus beaucoup de place pour moi…

Je suis donc bien placé pour dire que la politique est ingrate. Tu t’engages avec tout ce que tu as de convictions, de bonne foi, d’énergie, au détriment parfois d’un paquet d’autres éléments autrement plus fondamentaux, comme ta vie familiale et tes amis. Et il arrive parfois que, pour un paquet d’autres raisons plates, tu te retrouves broyé. Parfois parce que t’as été trop intransigeant, parfois parce que t’as pilé sur les mauvais orteils, parfois parce que t’as pas fait le bon calcul mais souvent parce que tu es pas tombé dans le bon camps. C’est comme ça.

Est-ce que c’est juste ? Certainement pas… Est-ce que c’est correct ? Je pense que oui. Parce que la conduite des choses publiques, pour être efficace, ne peut s’embarrasser de toutes les ambitions, de toutes les frustrations, de toutes les susceptibilités individuelles pour être efficace.

Un chef a à donner des orientations, définir une politique, planifier une stratégie. Pour y arriver, il a besoin de s’entourer de gens de confiance qui appliqueront comme il se doit ses décisions. Ça ne veut pas dire que ce doit être des yes men ! En fait, il faut que ce soit des gens indépendants d’esprit. Dans le privé, ils doivent pouvoir exprimer leur désaccord, mettre en garde le chef des implications et des dangers de ses décisions, souligner ses erreurs : les bons conseillers n’ont pas peur d’affronter la personne qui les a nommé. Mais il faut que, une fois que la décision a été prise, les officiers fassent corps avec le chef et que ce dernier n’ait pas à douter de leur solidarité.

Quand un chef dit, donc, qu’il « n’est pas à l’aise » avec quelqu’un, il exprime que, pour des raisons bien personnelles, qui lui sont propres, il n’a pas ce degré de confiance extrême qui est nécessaire pour faire fonctionner son équipe.

Ce qui nous amène à la question principale : Pauline Marois avait-elle raison de nommer quelqu’un d’autre que Diane Lemieux au poste de leader parlementaire ? Poser la question, c’est y répondre. Les raisons lui appartiennent et le simple fait qu’elle ait décidé de poser ce geste témoigne du fait que c’est la bonne décision.

Quant à la décision de Diane Lemieux de démissionner, je la trouve bien déplorable. Mme Lemieux était une bonne députée, une excellente leader parlementaire. Elle aurait pu continuer à être un rouage important de l’équipe. Avec François Legault et Stéphane Bédard, elle représentait une génération de député encore jeune mais qui avait en plus une expérience du pouvoir. Son départ fait mal au PQ, il ne faut pas chercher à le nier.

Mais je suis déçu de sa décision. Non pas que je ne crois pas que sa déception, voire sa colère, était justifiée. Mais bon sang ! Tu sièges au salon bleu ! Ce n’est pas rien ! Tu es députée, élue par le peuple, dans un des plus vieux parlements du monde. Ça ne suffit pas ?

Quand j’ai quitté la présidence du CNJ, je suis parti sans demander mon reste. Je n’ai même pas commenter l’affaire dans les médias et laissez moi vous dire que ce n’est pas les occasions qui ont manquées. Dans le contexte de l’installation récente d’André Boisclair à la direction du PQ, ça aurait été du bonbon pour les journalistes. C’est dans ces moments-là que tu peux témoigner du fait que le parti passe, à tes yeux, avant tes considérations personnelles.

Est-ce que je me suis gêné, suite à ma démission, pour critiquer la direction du parti ? Évidemment, non ! Je l’ai abondamment fait, notamment sur ce blogue. Se retrouver sans responsabilité doit bien avoir pour contrepartie de retrouver sa liberté de parole. Mais je l’ai toujours fait sur des enjeux précis, des points de contenu, des questions de politiques et d’orientations. D’ailleurs, j’ai toujours pensé que le fait que le PQ se déchire sur la place publique sur des questions comme la langue ou la social-démocratie est tout à fait sain. Nous sommes un parti démocratique et nos débats témoignent de cette vitalité. Ce sont plutôt les chicanes de péquistes qui portent sur les personnalités, les égos et les ambitions qui écoeurent les gens.

Justement, la principale intéressée n’a pas émis de commentaires publics sur l’affaire. Oui, mais sa simple démission, évidemment beaucoup plus significative que celle d’un président d’aile jeunesse, suffit à mettre le parti dans l’embarras. En ce sens, je déplore que Diane Lemieux manque à la solidarité et discrédite la fonction de députée.

Posted by V at 13:13:09 | Permanent Link | Comments (1) |

Montebello : Appel au calme !!!

La première fois que j’ai entendu parler du sommet qui se tient ces jours-ci à Montebello entre Bush, Calderon et Harper, c’était il y a quelques mois. Au maire de la municipalité qui expliquait qu’il était fier de recevoir cette importante activité dans ses murs et que la ville mettait les bouchées doubles pour compléter les préparatifs, un organisateur des manifs qui ont lieu présentement répondait : « Il est fier de recevoir ces trois dictateurs chez lui ? Ben, il a pas de quoi être fier… Il aurait dû s’opposer à la tenue de ce sommet ! »

Je me disais : « Bon… Encore un bien pensant de la gauche qui trouve cave tout le monde qui ne pense pas dans le même petit cadre idéologique cohérent que lui et qui s’imagine que le maire quinquagénaire d’une ville de quelques milliers d’habitants devraient (et pourraient !) s’opposer aux grands de ce monde et, un coup de parti, diriger sa ville sur un mode de démocratie participative reposant sur les principes de l’auto-gestion. »

Je me disais aussi les choses suivantes :

-On ne peut pas s’opposer, en principe, à ce que des chefs d’État se rencontrent;

-Si on critique le caractère secret de ces discussions, il faut se dire que ces gens-là se parlent de toutes façons, qu’ils seraient bien capables de se rencontrer en cachette anyway (ce qu’ils font probablement!) et que la tenue d’un tel événement, c’est justement un exercice de transparence où on publicise le fait que les leaders discutent de tels ou tels enjeux;

-Pis à part de ça, il s’agit de trois chefs de gouvernements minoritaires, il devrait pas se décider grand chose là !

Comme vous pouvez le voir, ce n’est pas une opinion sur le fond du dossier, le fameux PSP. C’était les raisons qui me faisait dire que on ne peut pas être « contre le sommet ».

Le dossier est effectivement complexe. Un prolongement du libre-échange ? De simples ententes administratives ? On y discute de la perméabilité des frontières, de sécurité, d’exportation de l’eau ? Ha non ? Pas de l’eau… Bon, faudrait le savoir.

Rien de tout ça ne m’apparaît catastrophique. Par contre, ce qui me dérange c’est la façon dont certains se prennent pour analyser la situation.

En effet, il semble que si on est « pour le sommet », on doit être contre les manifestants. Ou être contre les deux, comme Pierre Légaré dans la Presse ce week-end.

"Ben oui ! D’abord, ils s’habillent mal. Ensuite, ils disent même pas tous la même affaire ! En plus, il y en a là-dedans qui sont super radicaux, c’est pas cool ça." Et voilà, qu’on évoque les arguments que je nommais plutôt, sur la nécessité des rencontres entre chefs d’État et le caractère bénin de la chose pour dire que ces gens-là auraient mieux fait de rester chez eux. C’est là que je débarque.

Dire que George Bush et Stephen Harper ont le droit de se parler, ça ne veut pas dire que les gens n’ont pas le droit - et parfois le devoir - de manifester quand ils le font ! S’attendre que les enjeux qui sont discutés dans cette rencontre sont secondaires, ça ne veut pas dire justement que certaines autres questions, importantes et négligées, ne devraient pas être portées à leur attention !

Je prends les arguments des mêmes personnes qui critiquent les manifestants pour défendre ces derniers :

-On ne peut pas s’opposer, en soi, à ce que des gens manifestent. C’est normal, c’est un signe de vitalité démocratique, c’est sain;

-Le moment d’une manifestation, ce n’est que le moment où ces militants et ces groupuscules apparaissent à notre connaissance, alors qu’ils existent, sont actifs et s’organisent en tous temps de toutes façons;

-Et en plus, c’est pas comme si ces gens là avaient un impact incroyable ! Si vous êtes en faveur du PSP, ne soyez pas inquiet que ce n’est pas quelques dizaines de manifestants avec des pancartes qui vont le faire déraper, même si il y a un peu de brasse-camarade devant les barricades.

À quoi servent ces manifestations donc ? Ben à faire parler d’elle notamment. À attirer notre attention. À nous faire dire « Coudonc, c’est quoi qu’il y a de si terrible dans cette affaire-là pour que ce monde-là soit fâché de même ? ». À nous faire débattre, à nous questionner. Et, pourquoi pas, à nous faire dire, après réflexion : « Ben dans le fond, c’est bon ça le PSP, je ne suis pas d’accord avec eux. »

En tous cas, je me disais ça parce que j’ai passé la fin de semaine à lire et entendre les gens de droite questionner le vide intellectuel des manifestants, les accuser de « s’opposer pour s’opposer ».

Alors, je me suis questionné et j’ai écouté ce qu’ils disaient, les manifestants. Certains s’inquiètent de la présence de grandes entreprises au sommet. Certains s’intéressent à l’exportation de l’eau. D’autres aimeraient ça que ces leaders comprennent que la guerre en Irak ou en Afghanistan n’est pas une bonne chose. Je partage certains de leurs arguments, pas tous, mais bon, ils se respectent et ont une cohérence qui leur sont propres.

Mais c’est quand je me retourne vers la droite que je me rends compte que très peu d’arguments en faveur du PSP m’ont été présentés. Certains médias se sont chargés de fouiller la chose, mais les intervenants et les commentateurs se sont pour la plupart limités à critiquer bêtement les manifestants, à se moquer d’eux et à dire qu’il s’agissait de gens qui avaient fait de la protestation une activité sociale. Mais sur le fond de l’affaire ? Très peu de choses.

Et si c’était la droite qui « s’opposait pour s’opposer » aux gens de gauche ? À moins qu’elle ne se contente que « d’appuyer pour appuyer », ce qui serait à mon avis d’une stupidité encore plus crasse que d’aller manifester sans savoir pourquoi.
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Dimanche, Août 19, 2007

Sam a mal

Soucieux de démontrer que, lui aussi, il peut parler aux médias sans se mettre les pieds dans les plats, le ministre Sam Hamad s’est fendu cette semaine d’une lettre dans les médias pour ajouter son 2¢ sur les déclarations récentes de Mario Dumont. En entrevue au Soleil, le ministre a expliqué que le Québec est prêt à recevoir plus d’immigrants, tout en reconnaissant qu’il était important de veiller à l’intégration de ceux qui se trouvent déjà chez nous.

« Moi, je pense que la priorité est de s’occuper des immigrants qui sont au Québec en premier, puis après ça aussi aller combler en même temps par des gens de l’extérieur », a indiqué M. Hamad.

Hein ? Minute… Je relie la phrase.

« Moi, je pense que la priorité est de s’occuper des immigrants qui sont au Québec en premier, puis après ça aussi aller combler en même temps par des gens de l’extérieur », a indiqué M. Hamad.

C’est tu moi où cette phrase n’a aucun sens ?

Ok… si je comprends bien, le ministre dit qu’il faut tout d’abord s’occuper des immigrants qui sont déjà là et ensuite en accueillir d’autres mais, en fait, on peut très faire les deux choses parallèlement…

Un peu chien Claude, vous allez me dire… C’est pas fin de rire de l'expression de quelqu’un dont la langue maternelle n’est pas le français. (Encore que je ne suis pas sûr, quelqu’un a l’info ?) Mais mon propos n’est pas de dire que Sam Hamad ne sait pas parler : je pense plutôt qu’il ne sait pas de quoi il parle.

« Le Canada étant « le plus beau pays du monde », le ministre estime que le Québec a le luxe de « choisir les meilleurs » pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre. » Bon, ça y est, depuis la retraite de Jean Chrétien, je pensais qu’on en avait fini avec ce raisonnement de brosse à l’effet que, partout dans le monde, les gens envient le Canada qui est, comme chacun le sait, meilleur et supérieur quant à sa qualité de vie que TOUS les pays du monde. Mais bon… le ministre pense ça, c’est correct. Ils passent aussi sur le fait que le Québec, sur le marché canadien de l’immigration, peine à susciter autant d’intérêt que l’Ontario, le BC et l’Alberta, mais en tous cas.

Continuons : « Si on prend tous les chômeurs et les personnes à l’aide sociale aptes à travailler ils ne répondront pas aux perspectives du marché du travail. » Quoi ? Bon, ok… il devait vouloir dire « remplirons pas les besoins ». On aurait presque envie d’aller mettre cette entrevue sur le blogue « Entendu à Québec»... Passons aussi sur l’absence du plus minime fondement scientifique sur l’effet bénéfique de l’immigration sur l’économie et la démographie, comme l’a si bien démontré Benoît Dubreuil dans un texte au Devoir cette semaine.

Mais là où Hamad témoigne de sa stupidité la plus crasse, c’est dans les deux phrases suivantes : « Ce n’est pas vrai que ça crée des ghettos, rétorque le ministre Hamad. Les ghettos, c’est quand les gens ne travaillent pas et restent chez eux. C’est ça la définition d’un ghetto. » Ben oui Sam, quand Mario a utilisé le terme ghetto, il pensait vraiment à des places comme le quartier South Central à Los Angeles ou le 93 à Paris. Un peu plus et il associait Dumont à la rafle de Varsovie !

Et maintenant, prenez le temps de vous arrêtez sur cette phrase tellement politicienne, tellement « libérale » : « D’après le ministre, Mario Dumont joue avec le feu dans ses commentaires sur l’immigration. « C’est ça qui est dangereux dans ses interventions, dit le ministre Hamad. Il vient de diviser les Québécois. Il peut y en avoir un qui est contre l’immigration et il va l’alimenter pour diviser les Québécois au lieu de rassembler et regarder vers l’avenir. »

Quel sophisme de merde ! Non ! Il NE FAUT PAS parler des questions problématiques. Il NE FAUT PAS aborder les questions controversées. Si il n’y a pas de violence, si il n’y a pas de gens qui meurent de faim dans la rue (où les couloirs d’hôpitaux!), il NE FAUT PAS dire que quelque chose va mal. Ça divise ! Il faut « RASSEMBLER » les gens ! C’est ça, « regarder vers l’avenir », ne pas soulever les problèmes qui sont dérangeants. Exactement la même chose que les libéraux disent du projet souverainiste depuis une génération finalement.

Quand je lis des choses pareilles, je me dis que si on cherche un responsable pour les idioties proférées sur les lignes ouvertes ou à Hérouxville au sujet « des étranges », il faudrait peut-être plus regarder en direction des politiciens comme Sam Hamad que de Mario Dumont.
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Samedi, Août 18, 2007

Adéquisteries

Petits potins, pas vraiment confidentiels, sur notre chère ADQ.

La nouvelle de l’heure tout d’abord : Charlevoix. Après discussion avec un adéquiste proche de la direction, il semble bien que la volonté de Mario Dumont de présenter un candidat dans le comté ne serait pas motivée que par l’éthique démocratique…

Prenez une carte électorale du Québec. Identifiez la circonscription de Charlevoix, c’est celle qui longe le fleuve, au sud du Saguenay. Regardez l’autre bord du fleuve maintenant et quelle circonscription voyez vous ? Tiens, tiens ! Rivière-du-Loup. C’est donc dire que lorsque Pauline Marois aura remporté son élection, elle deviendra voisine de comté avec Mario Dumont.

Ne riez pas : la région de Charlevoix et Rivière-du-Loup ont beaucoup de choses en partage. Ils reçoivent les mêmes stations de radio et sont desservies par les mêmes stations de télé locales. C’est donc dire qu’en devenant députée de Charlevoix, Pauline Marois s’invite à tous les jours aux nouvelles dans la circonscription du chef de l’ADQ.

Tout ceci aurait l’heure de mettre Dumont plutôt en maudit… Selon ma source, celui-ci est convaincu que c’est à dessein que le PQ a choisi cette circonscription pour sa chef et il considère que tout ça contrevient à une autre règle non-écrite du parlementarisme, celle à l’effet de laquelle un chef de parti ne doit pas mettre les pieds dans la circonscription d’un autre chef. Selon Mario, elle le fera médiatiquement et ça ne se fait pas. Dans la catégorie « considérer que les électeurs d’un comté nous appartiennent », disons que le député de Rivière-du-Loup a pas vraiment de leçon à donner donc.

Et au passage - je le dis pour avoir déjà tenté d’organiser une présence de Bernard Landry au cégep de Rivière-du-Loup et m’être fait opposer un refus pour la raison évoquée plus haut – si Mario Dumont considère que les traditions parlementaires ne tiennent plus, je ne doute pas que le PQ se fera un plaisir de lui rendre la pareille à l'avenir.

Un autre trucs qu’il sera intéressant de suivre dans les mois à venir, c’est le rapport de force des ministres adéquistes dans le cabinet Harper.

En effet, le remaniement de cette semaine nous a fait voir la montée en influence au sein du cabinet fédéral de Josée Verner et Maxime Bernier, qui ont tous deux mis leur organisation au service de l’ADQ lors des dernières élections. La première est une militante adéquiste notoire, le second est idéologiquement beaucoup plus proche de Dumont que de Charest.

Il faudra suivre tout ça pour deux raisons. Tout d’abord parce que les deux nouvelles stars sont très peu prisées par leurs collègues canadiens-anglais, il fallait lire la presse anglophone cette semaine pour le constater. Vous pensez que le bloquiste qui a comparé Verner à une potiche cette semaine a été méchant ? « Si elle n’était pas élue au Québec, jamais Josée Verner n’aurait été ministre, encore moins ministre titutlaire » disait cette semaine un élu conservateur qui a tenu à conserver l’anonymat. Ouch ! Dans le cas de Bernier, il est considéré comme un golden boy sans substance qui ne fait qu’anoner des éléments simplistes de théories néolibérales sur le libre-marché et le laisser-faire économique. Certains élus conservateurs se plaignent aussi de sa tenue vestimentaire qui évoquerait trop certains choix de vie privée peu prisés dans les milieux tories… Avec des amis comme ça, pas trop besoin d’ennemis finalement.

Ensuite, il y a d’autres gens qui sont dérangés par l’ascension de nos deux adéquistes : les ministres libéraux provinciaux du cabinet. Michael Fortier, Laurence Cannon et probablement Jean-Pierre Blackburn, très près de l’ancienne ministre libérale Françoise Gauthier, auraient pris ombrage de la promotion des deux jeunes, alors qu’eux-mêmes demeurent confiné à des rôles plutôt mineurs.

Quand les élections générales vont approchées, il pourra être intéressant de suivre les rivalités dans les rangs conservateurs entre ceux qui espèrent voir les libéraux être réélus et ceux qui espèrent voir Mario devenir PM…

Quand même comique aussi que sur la scène fédérale, les mêmes adéquistes qui évoquent constamment la connivence « libéralopéquiste » à Québec se retrouvent à appuyer un parti qui comprend autant de libéraux que d’adéquistes.

Si il est facile, lorsque deux partis se sont échangés le pouvoir et ont cohabité en chambre depuis quarante ans, de les amalgamer l’un à l’autre, il est facile de voir que, sur le plan idéologique, la vraie coalition, c’est celle des libéraux et des adéquistes : une droite fédéraliste qui ne cache même plus son souhait de voir disparaître les autres formes d’expressions politiques, la gauche souverainiste en l’occurrence.

Connivence entre libéraux et péquistes pour Charlevoix ? Et s’il fallait plutôt parler de connivence entre libéraux et adéquistes pour éviter de se diviser le vote contre Pauline ? C’est un pensez y bien…

N.B. Merci à Monaerik, auteur de l'image du haut.

Posted by V at 15:33:51 | Permanent Link | Comments (5) |

Vendredi, Août 17, 2007

LBO sur RJR

Par David Tardif

C'est en fouillant l'actualité des derniers mois, particulièrement les gargantuesques acquisitions de BCE et Chrysler par des fonds de capital privé que je suis tombé sur un film de 1993 qui détaille le premier réel "blockbuster deal" en la matière : Barbarians at he Gate - The Fall of RJR Nabisco. Le contexte est le suivant, nous sommes en 1988 et vivons les derniers mois de l'engouement financier fulgurant (ou décadent!) des années 80, juste après le krach de 1987, dans le tournant des scandales Milken/Boesky et à l'orée de la récession de 1990.

RJR Nabisco est un conglomérat américain chapeautant plusieurs produits du tabac et de l'alimentation. Le président, F. Russ Johnson, décide en se levant un beau matin qu'il allait piloter un rachat de la compagnie, espérant que cela allait catapulter le cours de l'action de l'entreprise (les raisons plus profondes de cette impulsion sont franchement obscures...)

C'est ici que le plaisir commence. Johnson, suivant son inimitié pour Henry Kravis de KKR, décide de donner le ballon à un green de Shearson Lehman Hutton (maintenant Lehman Brothers), Peter Cohen. Kravis ne se laissera pas faire et il s'en suivera un "bidding war" fort en chiffres astronomiques, dégoulinant de dettes et surtout rempli de sarcasmes, situations grotesques, crises de nerfs, et concours d'égos.

C'est particulièrement amusant quand on se rappelle qu'avant que Teachers remporte la mise pour BCE, la Caisse de Dépôt était également dans la course avec nul autre que... KKR. Kohlberg Kravis Roberts, pour donner le nom complet, est en fait la firme pionnière des "leveraged buy-outs" et dans le film, Henry Kravis et George Roberts sont montrés, aux frontières de la caricature, comme de réels fossoyeurs sanguinaires et psychopates de compagnies publiques... En outre, pour ceux que ça intéresse, Lehman Brothers était une part importante du consortium new-yorkais ayant organisé le financement de la nationalisation de l'hydro-électricité québécoise dans les années 60.

La qualité du long métrage est à l'effet qu'il ne demande aucune connaissance spécialisé en finance (en fait, il y a même un effort de vulgarisation). Par ailleurs, l'aspect "comédie" du film, qui est en fait une semi-parodie vise vraiment dans le mille. La scène où Johnson est pourchassé dans les toilettes par des fiscalistes et des investment bankers lors d'une soirée de financement à la western pour le ticket Bush-Quayle vaut vraiment le détour...

Posted by David at 12:59:52 | Permanent Link | Comments (1) |

Jeudi, Août 16, 2007

Marois dans Charlevoix : y est où le problème ?

Holàlà ! Ça trépigne sur la blogosphère...

Les blogueurs adéquistes qui font la danse du bacon pour que leur parti présentent un candidat dans lCharlevoix, les messages contradictoires qui s'ajoutent de minutes en minutes sur le billet de Patrick Lagacé à ce sujet, les uns qui éructent "Maudite Pauline, tu veux pas d'élection ma pas fine", les autres qui gueulent "Maudit Mario, manqué de fairplay, c'est pas beau !" Vous trouvez mon commentaire simpliste ? Sans joke, allez voir les discussions, c'est à peu prêt à ce niveau là que ça se discute...

Au fait, y est où le problème ? Vous autres, avez vous entendu Pauline Marois demander un passe-droit pour Charlevoix ? Pas moi en tous cas.

Elle était d'ailleurs en entrevue ce midi à RDI et, très zen, la madame a expliqué que, elle, aller en élection, ça lui fait pas peur et qu'elle en a vu d'autres. Y est où le problème ?

Le problème, c'est que il y a quelques faussetés qui circulent sur le sujet et, faudrait quand même les contrer.

Fausseté #1 : Mario, lui, les partis ils lui ont toujours mis quelqu'un contre lui !

- Effectivement. Il a toujours été élu en générales... C'est quand une partielle est déclenchée spécifiquement dans le but de faire élire un chef que vaut cette tradition. En générales, Boisclair, Landry, Charest, Johnson, Bouchard, Parizeau et Bourassa ont tous eu de l'opposition de chacuns des partis et ce, à chaque élection. Je viens d'ailleurs de lire que Mario vient de s'en plaindre de jamais avoir eu de passe-droit... Va falloir lui expliquer à lui aussi.

Fausseté #2 : Le PQ a fait le coup à Bourassa en 1985

- Faux. En fait, c'est plutôt l'inverse. En 1983, Bourassa sort de son tombeau et redevient chef du PLQ. Malgré les invitations de Lévesque et la tenue de nombreuses partielles, il refuse de revenir en chambre. Alors que, en 1985, Lévesque déclenche une élection dans Bertrand pour permettre à sa ministre non-élue, Francine Lalonde, d'entrer en chambre, Bourassa annonce à la dernière minute qu'il affrontera avec plaisir la jeune femme... Le dirty trick, cette fois-là, n'est pas venu du PQ donc. 

Fausseté #3 : Certains présentent la chose comme un crime de la part de Dumont, un geste d'immaturité.

C'est peut-être inélégant, ça ne démontre pas un très grand enthousiasme à en découdre avec Mme Marois, mais il a tout à fait le droit de le faire. À la limite, l'argument du droit des citoyens du comté de choisir est légitime, c'est juste que comme on se dit qu'un comté aime bien, habituellement, être représenté par une personnalité connue, ce n'est quand même pas lui faire un affront trop méchant... En outre, l'objectif ici, c'est de servir que l'expression totale du débat politique se fasse dans le lieu indiqué, c'est-à-dire, l'Assemblée nationale du Québec. Mais bon, c'est cohérent avec la façon de faire de Dumont d'essayer de surprendre et de trancher avec les traditions. C'est quand même comique par contre de le voir plaider aujourd'hui la nécessité de laisser les gens de l'organisation locale décider, alors qu'il ne s'est pas gêné pour tasser unilatéralement deux de ses candidats pendant la campagne de mars... Deux poids, deux mesures, comme dirait les adéquistes.

Il n'y en a pas de problème donc. Pauline Marois va y aller en élection et Pauline Marois, si elle sait le mériter, va gagner.

Ce sera une excellente occasion de débattre d'égal à égal, entre nationalistes, de l'avenir du Québec. Dehors les trudeauïstes... On jase entre gens qui ont de l'ambition...

Voyons voir maintenant qui a la vision la plus clair et la plus cohérente. Je suis pas sûr que ce soit à l'avantage de l'ADQ de prendre Marois à bras le corps comme ça. J'ai hâte de le voir, M. Harvey débattre avec la madame.

Vraiment, moi je crois que je vais avoir beaucoup de plaisir dans Charlevoix... 

Posted by V at 17:01:52 | Permanent Link | Comments (1) |

Bears on Parade

Par David Tardif

 

 

 

 

 

 

La dégringolade boursière mondiale place peu à peu le mot "récession" sur plusieurs lèvres. Les médias de grande échelle, peut-être par ignorance, probablement par sensationnalisme, arosent le tout d'allitérations juteuses ("market massacre") d'hyperboles ronflantes et d'authentiques faussetés ("la Banque du Canada sort les presses à billets").

Mais, plus sérieusement, pourquoi de telles craintes? deux raisons en particulier :

  1. Historiquement, les chutes sévères des indices boursiers sont précurseurs de chutes également appréciables au niveau du produit intérieur brut réel et des autres indicateurs économiques.
  2. L'incertitude actuelle concerne les secteurs immobilier et financier. Deux charnières dans toutes les économies occidentales.

Il y a toutefois des bémols à placer. Le Canada, d'abord, est résolument isolé de l'épicentre. Le marché immobilier est d'abord clairement moins périlleux ici qu'aux États-Unis. Ensuite, si l'infrastructure financière américaine serre réellement les dents (y compris chez les très gros joueurs, Bear Stearns est le meilleur exemple), ce n'est aucunement le cas au Canada.

Vous savez les banques canadiennes? Celles qui vous pourchassent avec leurs frais de service? Ces Darth Vader du capitalisme canadien? Eh bien elles sont parmi les rares institutions financières sur la planète à ne pas avoir jambonné en achetant des titritisations de prêts ultra-risqués et, surtout, elles n'en ont pas consenti. Seule la CIBC s'est brûlée, mais si peu, sans compter qu'elle a déjà fait passer la pilule.

Ce que l'on appelle le "subprime mortgage" constitue moins de 5% du volume de prêt hypothécaires au Canada. Par surcroît, ce 5% de crédit à risque a surtout été l'affaire de groupes financiers américains (Citi par exemple).

Plus globalement, les indicateurs fondamentaux de l'économie canadienne sont pour la plupart très solides. Plein emploi, diversification constante de l'économie, entreprises de qualité supérieure, dollar canadien fort et ainsi de suite. Si le bas blesse quelque part, ce sera au niveau des exportations. Une demande américaine jugulée et un taux de change toujours plus fort risque de cogner les derniers clous dans le cercueil des pâtes et papiers et des secteurs apparentés.

À la limite, on pourrait voir une récession aux États-Unis et dans certains pays européens alors que le Canada demeurerait épargné, voire continuerait à croître. Ce n'est aucunement un voeu pieux : alors que les États-Unis étaient dans un marasme profond en 2001-2002, le Canada avait vu son PIB décroître pendant seulement un trimestre et l'économie québécoise a carrément été en expansion constante à travers ce qui était l'effondrement d'une bulle spéculative plus grosse (les technos), dopé par les attentats du 11 septembre et une flambée de scandales financiers.

Aujourd'hui, l'indice composé S&P/TSX va probablement larguer plus de 400 points. Encore une fois, effet de panique appuyé sur bien peu de données fondamentales. Certes, la bourse est un système chaotique, les garanties n'existent pas. Mais je serais étonné que ça dure.

Belle initiative, en terminant, d'Henri-Paul Rousseau qui a réuni à Montréal plusieurs décideurs de la finance canadienne pour tirer quelques ficelles.

Posted by David at 13:49:03 | Permanent Link | Comments (0) |
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