J'ai vu pendant mes vacances

Films, classiques ou récents, que je me suis tapé pendant mes vacances :
Hannibal rising : Le moins que l’on puisse dire c’est que, contrairement à notre ami Lecter, on reste sur notre appétit… On apprend rien, en somme, de la psychologie du personnage. Sa sœur s’est fait dévorée, alors il est devenu cannibale, ben oui, c’est simple de même ! Un jour il était gentil, le lendemain, il est devenu méchant. Tous ses crimes sont justifiés par la vengeance, mais tout à coup, c'est devenu complètement gratuit son affaire. Sans parler de l’invraisemblance du fait que les tortionnaires, style cul-terreux slaves, d’Hannibal soient devenus de prospère mafieux russes de Paris. Très peu aussi est dit sur l’aspect le plus intéressant de la personnalité de Lecter, soit son don incroyable pour la psychologie. Scénario faible, les fils sont trop gros, à en cacher même le jeu somme toute correct du jeune Gaspard Uliel et la réalisation dont je ne garde aucun souvenir particulier.
All the King’s men : Une autre déception. Non mais, le prochain que j’entends dire que Sean Penn est un grand comédien, je le frappe. Encore une fois, il en donne trop, versant dans la caricature. Ce type semble incapable de se contrôler dès qu’une caméra tourne. Son personnage de gouverneur Lousianais, autour de qui tourne tout le film, est trop gros, trop vulgaire, trop cynique pour qu’on y croit. L’histoire aussi d'ailleurs… Il s’est fait élire, alors il est devenu corrompu. Il a demandé à un employé de faire chanter un de ses proches et il a dit oui. Comme ça, c’est tout ! J’ose espérer que le résultat doit sonner plus juste en version originale…
Old Boy : Film sud-coréen, deuxième volet d’une trilogie sur la vengeance et Grand Prix du Jury au Festival de Cannes en 2004. Très surprenant. Un homme est kidnappé et tenu prisonnier pendant quinze ans dans une cellule minuscule. À sa sortie il n’a qu’une obsession : se venger. Mais, tout d’abord, il doit savoir pourquoi on lui a infligé ce traitement. Le scénario est intrigant jusqu’à la fin, la réalisation ne ressemble à rien de ce que vous avez déjà vu. Ce film vaut vraiment le détour.
Camping : Film français avec Frank Dubosc racontant l’histoire classique du bourgeois qui se voit forcer de cohabiter avec une bande de péqueneaux, dans un camping cette fois-ci. Sans rien réinventer, il est amusant de constater que les blagues sur les adeptes du camping français ressemblent beaucoup à celle que nous faisons nous-mêmes sur leurs cousins québécois. À quand une analyse transversale entre ce film et le « Camping sauvage » de Guy A. Lepage ? Léger mais très amusant. À noter cette excellent échange : « Si vous venez ici depuis près de 30 ans, pourquoi ne pas acheter une maison ici ? – Parce que comme ça, si on veut, on peut aller ailleurs, c’est ça le camping ! »
Un Dimanche à Kigali : Écouté « back to back » avec le précédent, le contraste est saisissant… La réalisation de ce film est in-cro-ya-ble… La caméra est toujours à la bonne place, parfois pudique, parfois crûe. L’effroyable drame vécu par les Rwandais est raconté avec beaucoup de respect et de mesure. Le conflit est résumé de façon un peu simpliste et plutôt manichéenne, mais c’est néanmoins un film très touchant qui nous habite pendant quelques jours après son visionnement. Il faut souligner aussi le jeu tout en nuances de Luc Picard et Fatou N’Diaye, dans le rôle des deux personnages principaux, qui rachètent celui, plus faible, des Québécois de la distribution. C’est souvent ce qui arrive quand on dirige ses acteurs en voulant pouvoir rejoindre le marché international…
Roméo + Juliette : La version de 1996, avec Léonardo Di Caprio et Claire Danes. Quel film somptueux, doté d’une esthétique riche et étudiée, pour lequel une iconographie nouvelle semble avoir été crée de toute pièce, utilisant un langage cinématographique simple mais brillant. En comparant ce film avec la version plus récente d’Yves Desgagnés, on ne peut s’empêcher de ce demander : à quoi sert une adaptation contemporaine d’un classique si une autre a déjà été faite et qu'elle était déjà un chef-d’œuvre ? Un film réussi qui vieillira bien et qui présente en plus une des meilleurs bandes originales des années 90.



