Vendredi, Juin 29, 2007

Vidons la question !

Je suis allé hier à un sympathique 4 à 7 des jeunes péquistes de la Capitale. C'était dans un bar du Vieux-Port qui s'appelle "L'INOX, Maîtres Brasseurs"

J'adore cet endroit. Peu chèrant, bien décoré, belle terrasse. La bière qu'on y brasse est excellente. À des lieux de celle de la Barberie d'ailleurs... Bien que la sélection soit plus diversifiée à ce dernier endroit, il s'agit d'une entreprise de réinsertion sociale et on dirait que ça paraît que la bière est fait par des gens de passage... Des créations audacieuses, mais mal balancées : ils mettent tellement de levure dans leur bière qu'elle goûte le yogourt. Je préfère L'INOX donc.

Mais ceci n'est pas une chronique brassicole. Il s'agit plutôt de la dénonciation d'une des petites choses, bien bénignes et banales, qui nous énervent au quotidien.

Je veux parler de la propension de certaines personnes qui s'obstinent à appeller "L'INOX" "Le L'INOX". Ça m'énarve, ça n'a pas de bon sens. C'est niaiseux hein ?

Mais vidons la question une fois pour toute. Il y a un putain de L' ! Dirait-on, "j'étudie à le L'Institut Armand-Frappier" ? Où encore "je reste à côté du l'hôpital" ? Non, ça jamais !

L'INOX donc. Comme dans Inox, pour inoxydable. Je sais pas si c'est pour faire référence au "zinc" du bar ou encore aux cuves de brassage, mais toujours est-il que l'on ne va pas au "L'INOX" ou sur la terrasse du "L'INOX", mais bien à "L'INOX" ou sur la terrasse de "L'INOX".

Compris ?

Désolé pour cette montée de lait un peu vaine, mais ça me tue de le répéter constamment...

Et compter sur moi pour reprendre systématiquement tout ceux qui répéteront la même erreur.

Ouf... Je pense que j'ai besoin d'une bonne campagne électorale moi...

En tous cas, histoire de ce détendre, je vous laisse sur cette excellente blague de Boukar Diouf que j'ai entendu hier au gala de Dieudonné dans le cadre du Grand Rire.

Q. Quelle est la différence entre Ben Laden et la vitamine C ?

R. La vitamine C est un anti-oxydant qui empêche la formation de radicaux libres.

Ben Laden aide à la formation de radicaux libres anti-occident !

Hahahah !

Bon week-end tout le monde !

Posted by V at 13:34:12 | Permanent Link | Comments (3) |

Le vrai scandale de l'immigration

C’était hier, dans le bar obscur que je fréquente. Je déconnais avec l’aubergiste en lui disant que ce serait drôle de remplacer Sylvester Stallone par Pauline Marois dans le prochain Rambo… Rien de trop sérieux en somme.

Voyant que je parle politique, un homme s’approche. À son accent, son allure, on voit qu’il n’est pas du coin. Il me questionne sur les problèmes du Québec, la politique, l’indépendance et tout. Vraiment intéressé.

On continue d’échanger, il est me dit qu’il est berbère ou plutôt kabyle pour être plus précis, il me parle de son peuple et de ses problèmes. On fraternise, on se met à se tutoyer, je lui montre les photos de mon filleul. Un échange très intéressant.

Et à un moment je lui demande : « Et toi mon ami, que fais tu dans la vie ?

-          J’enseignais la physique à l’Université d’Alger, mais maintenant tout ce que j’arrive à faire comme travail, c’est de l’aide aux devoirs. »

Notre discussion s’étant déroulée sur un ton calme et d’écoute sincère depuis le début, il fût très surpris que je réagisse en criant « Tabarnak ! » et en abattant mon poing sur la table, ce qui a renversé mon verre de bière…

J’en ai marre de toutes ces histoires. Je veux une solution.

Des médecins qui conduisent des taxis. Des ingénieures qui tapent des textes d’étudiants. Des professeurs qui retournent se faire enseigner pas des gens moins cultivés qu’eux : des histoires comme ça, j’en ai entendu des centaines.

Vous savez, on parle souvent que certains corps de métier sont occupés entièrement par des gens d’une origine ethnique donnée. Je présume que ces maghrébins n’étaient pas tous taximen à Casablanca… Y a une perte de capital humain à quelque part là… Difficile de ne pas croire qu’il y a une discrimination systémique qui les force à aller occuper ces jobs.

Haaaa… mais c’est compliqué Claude… Y a des équivalences, des compétences à acquérir. Un médecin compétent en Afrique, ce n’est pas la même chose qu’au Québec…

Bullshit !

Les universités des anciennes colonies françaises sont approuvées « collège de France », c’est-à-dire qu’elles ont été conçues de la même façon, que leurs programmes sont équivalents et qu’ils sont mis à jour conjointement. Un diplôme de l’Université de Tunis vaut la même chose qu’un diplôme de Paris IV ou à tout le moins ils sont considérés comme tels en France. Mais avez-vous déjà entendu parler d’un ingénieur ou d’un médecin français qui ne travaille pas vous ? Mais un Sénégalais ou un Marocain, il semble que ce ne soit pas pareil.

J’en ai assez de l’hypocrisie. J’en ai assez que Philippe Couillard mette sur la faute du PQ la pénurie de médecin, alors qu’il y en a la tonne qui attende qu’on leur donne juste le moyen d’acquérir les équivalences pour travailler. Et, au passage, les mises à la retraite dans le système de santé, ça fait dix ans. Y a pas un seul médecin ou une seule infirmière qui est parti à l’époque qui serait encore dans le réseau si le PQ n’avait pas pris cette décision. Donc, ce serait le temps de trouver autre chose pour varger sur Pauline Marois.

J’en ai assez d’entendre les tenants des thèses lucides se plaindre d’une pénurie appréhendée de main-d’œuvre et du manque de personnes qualifiées sans parler de cette problématique. Assez de voir la Chambre de commerce de Québec réclamer l’abolition de la loi 101 pour faire venir plus d’immigrants pour les faire travailler à 7$ de l’heure dans des champs ou des chambres d’hôtels.

Finissons en avec l’hypocrisie des fédéralistes qui exultent le multiculturalisme mais qui se cachent les yeux pour ne pas se rendre compte qu’il y a des barrières qui empêchent les nouveaux arrivants de prendre leur place ici dans la dignité. Assez des démagos qui agitent les accommodements raisonnables mais qui ne comprennent pas que la base pour que quelqu’un s’intègre à quelque part, c’est qu’on lui donne les moyens d’exister et d’entrée en contact avec les autres.

Plus que jamais, nous avons besoin d’un nouveau contrat social en matière d’immigration. Envoyer le message aux immigrants qu’il y a une façon de se comporter ici, des valeurs à respecter, une trajectoire historique à rejoindre. En contrepartie, pouvoir leur garantir que tout sera fait pour les aider à prendre leur place et contribuer à la société québécoise.

Y a-t-il un parti politique dans la salle pour se saisir de l’enjeu ?

Posted by V at 12:31:30 | Permanent Link | Comments (3) |

Jeudi, Juin 28, 2007

Une Pauline qui dérange

L’arrivée de Pauline Marois ne fait pas que des heureux, il fallait s’en douter.

À commencer par les adéquistes. Non contents de passer leur temps à la qualifier mesquinement de « Châtelaine de l’Île Bizzard », ils s’en prennent maintenant au caractère prétendument antidémocratique de son élection puisqu’elle n’a pas fait face à une élection.

Il est vrai que son bulletin de candidature a été signé par seulement 7000 personnes, soit à peu prêt l’équivalent du nombre total de membres de l’ADQ, mais c’est pas une raison pour se choquer. C’est quand même assez loufoque aussi de voir des gens qui font l’éloge de la richesse et du droit à la réussite individuelle se faire critique de la fortune d’une personne qui s’est enrichie dans l’immobilier. Mais bon, il y aura d’autres incohérences de leur part, ne vous inquiétez pas.

Leur chef aussi ne donne pas sa place ou plutôt, semble un peu ébranlé de l’avoir perdu dans les sondages. En effet, l’approche bureaucratique de Mme Marois serait responsable des problèmes dans le secteur de la santé et de l’éducation et semblerait-il que « tout le monde travaille à temps plein pour réparer ses erreurs ». Donc mon Mario, si les sauterelles viennent manger tes récoltes cet été, tu sauras à qui t’en prendre.

On ne dit pas assez souvent que l’année 2002 a été, pour le Québec, celle de la meilleure performance économique de son histoire. Il faut rappeller aussi que cette période financière suivait de quelques semaines les attentats du 11 septembre et que toutes les juridictions nord-américaines, sauf le Québec, ont alors connu un ralentissement de leur croissance ou une récession. On oublie aussi que cette année suivait la présentation d’un budget d’urgence pour faire face aux turbulences, lequel avait été préparé et présenté pas la ministre des finances de l’époque, Mme Pauline Marois.

Tu veux qu’on continu Mario ? Service de garde, amendement constitutionnel, t’en veux encore ? Il est normal, légitime et sain que l’on critique le bilan de Pauline Marois, mais quand on a jamais rien gouverné, il faut faire attention à ce qu’on dit. Assez comique aussi de voir notre Dumont prétendre qu’on ne peut être pour la souveraineté et ne pas vouloir tenir un référendum en même temps. Pour un gars qui a fait son pain et son beurre à ne jamais vouloir dire s’il était souverainiste et fédéraliste, faut être gonflé…

Mais on peut comprendre Mario. Ça va être comique lors de la prochaine campagne électorale, si les Libéraux changent de chef comme certains s’y attendent : Dumont dans le rôle du chef le plus ancien. À son quatrième débat des chefs, les gens vont peut-être commencer à se dire que son temps est fait… À en voir, sa réaction à la « Pierre Petigrew traite Boisclair de loosers », il aurait tout intérêt à prendre son gaz égal.

Il y a La Presse aussi qui ne semble pas être trop contente de l’arrivée de Pauline. Vous avez vu la une de ce matin ? Rien sur Pauline, mais 40% de la page occupée par une grosse face avec des lunettes de plongée. « Que font les Québécois de leurs jours de congé ? » Y a pas à dire, c’était l’enjeux du jour… TOUS les journaux, même la Gazette, traitent la nouvelle en une, mais pas la Presse. C ’est que ça commence à manquer de subtilité votre affaire là…

Et finalement, il y a les ministres libéraux. « Elle aura besoin de chance la pauvre, le PQ va lui faire la peau elle aussi… » « Le PQ reste le PQ, Mme Marois n’y peut rien ». Merci de votre sympathie gang… Ça me fait rire, cette insistance presque infantile avec laquelle les détracteurs du PQ annoncent tout de suite la chute de Pauline Marois. « Non, bon, vous allez la flusher elle aussi, ok là !!! ».

Est-il besoin de rappeller que Jean Charest est le seul chef du PLQ depuis la Révolution Tranquille à avoir survécu à une défaite électorale ? Est-ce que quelqu’un peut rappeller que René Lévesque a été chef du PQ pendant 17 ans, Jacques Parizeau 7 ans, Lucien Bouchard 5 ans, Landry 4 ans et avec une défaite électorale en plus, ce qui est fort respectable à la tête d’un parti. Que deux courts règnes en fait : Johnson et Boisclair. En ce qui concerne ces deux là, a-t-on vraiment besoin de faire la liste de toutes leurs erreurs ? Je sais bien que l’espace est illimité sur mon blogue, mais je ne voudrais quand même pas abuser de la générosité de mon hébergement…

Je pense que c’est justement ce qui dérange avec Pauline Marois. Elle prend la tête d’un parti qui va mal depuis dix ans et elle le fait en prenant acte de cette situation, ce que les chefs qui se sont succédés n’ont pas fait. Elle pose un diagnostic précis sur ces difficultés et elle met les choses au clair dès le départ, ce que les autres n’avaient pas fait non plus. Et le parti qu’elle prend a subi un électrochoc qui le rend plus flexible, plus docile, plus lucide. Marois arrive dans la conjoncture parfaite pour réussir là où les autres on échoué.

Pauline Marois réussira-t-elle ? Nul ne le sait en somme, mais plusieurs prétendent savoir que non. Leurs réactions hystériques indiquent par contre qu’on craint qu’elle soit sur la bonne voie…

Posted by V at 12:51:13 | Permanent Link | Comments (5) |

Mercredi, Juin 27, 2007

Députés en folie

Le pouvoir, quand on s’en rapproche, peut donner le vertige. Particulièrement quand celui qui l’obtient n’est pas tout à fait équilibré au départ. L’obtention du pouvoir par un individu,  souvent accompagné d’une importante hausse de revenu, d’influence et de l’attention  qu’on lui porte, peut facilement exacerber certains des vices du sujet, que l’on parle de l’alcool, de la drogue, du sexe, de l’arrogance ou de la propension à mentir. Je le dis parce que je l'ai vu et que je l'ai vécu.

On peut être bien préparé au pouvoir. Une situation familiale stable, une bonne santé financière, une hygiène de vie équilibrée et une bonne dose de maturité font en sorte que, dans les moments de stress, l’on sera moins porté à se tourner vers certains paradis artificiels que l’influence et l’argent rendent plus accessible. On sera moins porté aussi à craquer sous la pression ou à se laisser entraîner par la colère et prendre des décisions intempestives.

(Si on accepte ces principes, il est plus aisé de comprendre l’échec d’une certaine personne qui a déjà été chef du Parti Québécois par rapport aux raisons qui nous font croire que le prochaine personne qui sera chef du même parti est bien préparée pour la job.)

Le pouvoir transforme donc. Les gens le savent et c’est pourquoi ils font naturellement plus confiance à quelqu’un qui est nouveau en politique : il n’est pas encore corrompu ! Ainsi, c’est ce qui fait en sorte que, spontanément, les gens sont portés à donner une chance aux nouveaux députés de l’ADQ. Prétendre vouloir faire de la politique autrement, c’est évidemment plus facile quand on a jamais fait de politique tout court.

Le problème – et je vous averti, je ne pèserai pas mes mots – c’est que certains individus qui ont été élus députés le 26 mars dernier s’avèrent être d’incorrigibles malappris voir même des idiots ou, disons-le donc, des colons.

(Je ne croyais jamais écrire rien de tel sur mon blogue, mais voilà, je l’ai dit.)

J’en veux pour preuve cet article de Marco Fortier paru aujourd’hui. On y raconte comment, le président du caucus de l’ADQ, Pierre Gingras, a tenté d’interrompre un débat en cours en commission parlementaire, pour ensuite se coltailler avec un membre du personnel du PQ et finalement se faire expulser de la salle. Ce n’est quand même pas le 41 ème député de l’ADQ, c’est le président de leur caucus et donc, le représentant des députés.

On y raconte aussi qu’un des participants à cette fameuse commission parlementaire, le très volubile Raymond Francoeur, député de Portneuf, déplore être le seul participant à ne pas être en boisson. On y lit aussi comment Éric Dorion, député de Nicolet-Yamaska (et homme dont la plus grande qualité est, selon ses dires, « la toxicomanie ! ») a été réprimandé par son whip François Bonnardel pour avoir circulé dans les corridors de l’Assemblée nationale un verre à la main. Le même Éric Dorion qui, selon mes sources, aurait été expulsé du salon bleu la journée même pour avoir invectivé un agent de sécurité.

(Hé oui. Puisque les blogueurs adéquistes se permettent de le faire, je m’amuserai maintenant moi aussi à citer « des amis bien informés » pour appuyer mes dires. Le débat ne s’en trouvera pas toujours rehaussé, mais il faut bien lutter à armes égales…)

Et ça continue ainsi. Des dizaines d’anecdotes de présidents de séances excédés de réexpliquer les règles de procédures à des adéquistes qui ne savent plus ou donner de la tête, des histoires de pognage de cul de recherchistes et de frenchage à pleine gueule dans les corridors de l’Assemblée, des députés qui se font mettre dehors de bars de la Grande-Allée parce qu’ils se sont mis à taponner une cliente, j’en passe et des meilleurs.

La vérité, c’est qu’une bonne partie des députés de l’ADQ n’étaient pas prêt à prendre le poste. C’est tellement vrai que, devant les mauvaises habitudes qui sont souvent celles des nouveaux élus que j’évoquais plus tôt (alcool, sexe, arrogance), ils se montrent déjà les pires que l’on n’a jamais vu à Québec. Tellement paradoxal de voir des gens qui prétendent faire de la politique autrement mais qui pètent les plombs dès qu’ils se ramassent avec la plus grosse job qu’ils ont jamais eu de leur vie. Est-ce que Mario arrivera à tenir le fort longtemps avec cette bande d’abrutis qui ne SONT PAS CAPABLES d’être députés ? Pourquoi, subitement des gens impolis et grossiers gagneraient en classe et en élégance maintenant qu’ils sont députés ? L’expérience démontre que cela ne fait qu’empirer chez ceux qui sont mal partis… À quand le premier député adéquiste arrêté saoul au volant de son véhicule ? À quand la première plainte pour harcèlement sexuel venant d’une employée ?

Cette triste farce ne commande qu’une conclusion, une excellente phrase que j’emprunte à un ami à moi : la députation, c’est comme la boisson, y en a qui porte pas ça.

Posted by V at 17:07:39 | Permanent Link | Comments (3) |

Mardi, Juin 26, 2007

L’ADQ : un parti fédéraliste

Il est temps de mettre les choses au clair et de dénoncer une fois pour toute une imposture que nous sommes trop nombreux à avoir accepté benoîtement. Je parle ici de la façon la plus naïve que nous avons eu d’accepter l’appelation « autonomiste » que s’est donnée l’ADQ.

D’ailleurs, ils l’aiment beaucoup leur tag. Il n’y a qu’à voir les titres de leurs différentes publications internes : « Le bulletin des jeunes autonomes », « la Lettre autonome » et même, le meilleur, « l’intranet des adéquistes autonomes ». J’exige que le PQ parle toujours de ses militants comme « des péquistes souverainistes » maintenant ! Fini la confusion…

Oui, l’ADQ est de celle qui rejette le statu quo consitutionnel. Oui, l’ADQ souhaite davantage de pouvoirs pour le Québec. Oui, le chef de l’ADQ a milité pour le OUI en 95, bien qu’il prétende n’avoir jamais crû à la souveraineté. (Au passage, cela pose la question suivante : mentait-il en 95 ou ment-il aujourd’hui ? C’est ce que les journalistes ont oublié de lui demander pendant son free ride vers l’opposition officielle en mars.)

Donc, l’ADQ n’est pas souverainiste. Il suffit de visiter les blogues des militants adéquistes pour constater que leurs vrais ennemis, ce sont les « séparatistes », comme ils se plaisent à appeler, dans une grossièreté que n’aurait pas renier Jean Chrétien, les tenants de l’indépendance du Québec. Il faut aller les lire d’ailleurs, parler de ces « communistes », « pécouiste », « rascistes », « fascistes », « antisémitistes », « syndicalistes », « talibanistes », « républiquedebananistes » pour bien saisir la hargne qu’ils ont à notre égard - et par le fait même, de leur pauvre maîtrise des concepts idéologiques. Mais là n’est pas le propos.

Que veut l’ADQ ? Veut-elle que le Québec sorte du Canada ? Non. Croit-elle que le Québec serait mieux s’il était hors de la fédération ? Non. Croit-elle que l’indépendance est possible, voire prévisible ? Non. Croit-elle qu’il est possible de réformer le Canada ? Oui. L’ADQ est fédéraliste.

En fait, elle l’est même davantage que le Parti Libéral ! Comprenons nous bien : en droit constitutionnel, le fédéralisme se dit d’un État central composé de différents constituants et où chacun est (en théorie) souverain dans ses champs de compétence. Donc, à l’échelle de l’ensemble des États de la planète, plus tu es fédéraliste, plus tu es pour un système décentralisé. L’ADQ est donc plus fédéraliste que le PLQ.

Où est-ce que je veux en venir ? C’est que, puisque l’ADQ aspire à former le prochain gouvernement, elle devra mettre cartes sur table. Les électeurs, quant à eux, se doivent d’être vigilants. Ainsi, répondre à la question « souverainiste ou fédéraliste ? » par « autonomiste ! » ne doit plus être toléré. Et définir « l’autonomisme » par « s’affirmer sans se séparer » n’est plus suffisant.

Non mais sans blague. Initialement, l’ADQ, c’était le rapport Allaire, ce qui ne revenait quasiment qu’à laisser les postes et la défense au fédéral. Assez hardcore donc. Ensuite, quand ils ont sortis la plate-forme autonomiste, c’était assez radical aussi : rebaptiser la province de Québec « État autonome du Québec », constitution, rapatriement de tous les impôts et de plusieurs pouvoirs, le tout unilatéralement. Sur le plan de la démarche, c’était plus radical que la position du PQ, pour qui tout passe par référendum. Les tenants de la proposition dite « Laplante » n’avaient pas manqué de l’apprécier d’ailleurs.

Mais, durant la dernière campagne, c’était quoi « l’autonomisme »  ? Une constitution contre les accommodements raisonnables, régler le déséquilibre fiscal et à part de ça ? Les adéquistes eux-mêmes avaient de la difficulté à en dire davantage. Puis, au lendemain des élections, Sébastien Proulx, le leader parlementaire de l’ADQ, a fini par dire que le rapport Allaire n’était plus quelque chose d’envisageable. À ce rythme, ils seront trudeauïste quand ils prendront le pouvoir !

Il est fini le temps où nous pouvions nous permettre de nous moquer de l’ADQ et de son électorat. Nous ne pouvons plus nous limiter à des railleries quant à son membership ou à son équipe de candidats qui, il est vrai, continuent d’humilier Dumont même maintenant qu’ils sont députés (nous y reviendrons dans de prochains post, car il faut bien rire un peu).

Aujourd’hui, plus que jamais, l’heure est venue de débattre avec sérieux et lucidité des idées de l’ADQ. Et à nommer les choses telles qu’elles sont : l’ADQ est un parti fédéraliste.

Pourra-t-on faire des alliances conjonturelles avec eux pour faire des gains ? Quand ce sera dans l’intérêt du Québec, certainement. Mais il ne faut pas oublier leur but à eux : faire fonctionner le Canada.

Posted by V at 13:22:24 | Permanent Link | Comments (1) |

Jeudi, Juin 21, 2007

Comme ça fait du bien !

Enfin, un point de vue nuancé sur l'intervention en Afghanistan.

Je suis pas le plus grand fan de Patrick Lagacé, mais sur ce coup, ils visent dans le mille je crois.

Posted by V at 15:02:10 | Permanent Link | Comments (1) |

Surprise, honte, soulagement, colère

J'ai lu aujourd'hui sur deux blogues adéquistes que les députés du PQ ne se sont pas levés pour saluer la présence de militaires québécois qui s'apprêtent à aller combattre en Afghanistan.

Je suis initialement surpris par la chose. Le PQ n'a jamais eu de position très va-t'en guerre, mais quand même. Son fondateur, René Lévesque, a porté l'uniforme et a toujours témoigné de son plus grand respect pour ceux qui vont au combat, sans pour autant avoir un penchant militariste.

J'ai aussitôt ressenti une certaine honte. Quand même ! Ces gars-là s'en vont à la guerre ! Ils vont risquer leur vie. On peut être pour ou contre l'intervention, mais bon sang, c'est pas une raison pour manquer de respect aux individus qui vont la faire et qui ne sont pas ceux qui ont décidé si notre armée irait là-bas ou pas. Bon sang, c'est pas le ministre fédéral de la défense, c'est pas le général en chef de l'armée, ce sont des petits gars de chez nous qui s'en vont là-bas. Peut-on au moins saluer leur courage ?

Je suis donc aller m'enquérir de la chose sur le site de Radio-Can. Il apparaît qu'une majorité du députés du PQ se sont levés pour saluer les militaires mais que certains sont restés assis. Au passage, je n'ai aucun félicitation à faire à ses individus, non quantifiés et non identifiés. Je reconnais que c'est leur droit, mais c'est notre droit de les critiquer... Quoiqu'il en soit, je suis soulagé de voir que la plupart des nôtres ont adopté une attitude correcte. Ceci dit, je vais m'enquérir de l'identité des fautifs et compter sur moi pour passer mes commentaires...

Je suis alors très en colère envers ces blogueurs adéquistes qui se plaisent à accuser le PQ de vouloir faire du Québec une république de bananes mais qui sont ceux qui s'amusent à manipuler l'info. Je suis dégoutté devant ces tactiques minables de ceux qui disent vouloir faire de la politique autrement et qui utilisent des procédés tellement peu subtils que même la Gestapo ne s'en serait pas prévalus. J'en ai plus qu'assez voir des gens avec une certaine conception de la réalité transposer leur rêve de voir un prétendu PQ communiste et/ou rasciste montrer son visage au grand jour et de prendre la moindre stupidité pour appuyer leur propos du genre "Pauline Marois a cité une statistique sur le nombre d'anglophone au Québec aujourd'hui ! Vous savez qu'Hitler faisait la même chose avec les juifs ?"

Sérieusement, je plaide pour ma paroisse, mais il me semble tellement que les blogueurs souverainistes sont, dans leur grande majorité, tellement plus nuancés tellement plus rigoureux. C'est subjectif comme façon de voir les choses, mais il n'y a qu'à voir le nombre de posts où l'un d'entre nous critiquent une position des souverainistes. Sur un blogue adéquiste, ce n'est pas compliqué : ce que fait Mario et ses députés est toujours bon et ce que font les autres est toujours mauvais. Vous en doutez ? Trouvez moi un seul post sur un blogue affiché adéquiste où Mario Dumont est critiqué et je retirerai mes paroles.

En attendant, je vous laisse avec le message que j'ai laissé à mes deux "amis" adéquistes qui se soucient peu des faits :

Je lis sur www.radio-canada.ca : « Tous les députés, y compris une majorité de péquistes, se sont levés et ont ovationné les soldats. »

Pourtant, David Chrétien écrit sur son blogue : Par contre, lors de cette reconnaissance des députés insouciants ne sont pas levés dans le but de critiquer leur départ pour le moyen-Orient. Ces députés, irresponsables selon moi, ont l’air carrément de se foutre de la gueule de ces militaires. Tout ce qu’ils veulent, c’est de faire du bruit pour ce faire voir. C’est sûr que le PQ a besoin de visibilité depuis quelques mois, mais des fois c’est mieux de se taire que d’avoir l’air fou.

Quant à Élodie Gagnon-Martin elle dit : « Le Pq qui se drape dans le fleurdelisé à la moindre occasion réclamant pouvoirs et attributs d’un État indépendant, qui souhaite mettre la main sur les équipements et le personnel de l’armée sur « son » territoire, n’a pourtant pas voulu souligner dignement la présence de représentants de cette même armée à l’Assemblée nationale ce matin.”

Non contente, elle ajoute : Ceux-ci, en grand nombre, ne se sont pas levés pour applaudir, le ministre Couillard, dont le fils est militaire, n’a pas apprécié et l’a fait savoir en préambule d’une réponse lors de la période des questions.

Dans les deux cas, on se garde bien d’indiquer qu’une majorité de députés du PQ ont adopté une attitude correcte et digne et on laisse entendre que c’était là la position du caucus. Moi-même, j'avais été induit en erreur par ses deux posts avant de lire la manchette. Il s'agit là d'un procédé malicieux visant à prêter au PQ un comportement que vous seriez trop content de lui voir adopter.

Donnez-donc un petit exemple d’intégrité en précisant la vérité. Vous avez tout à gagner à ne pas vous livrez à d'aussi minables pratiques de politicailleurs.

Ce texte sera publié sur mon blog aussi.

Posted by V at 11:10:51 | Permanent Link | Comments (4) |

À lire dans le Journal de Québec ce matin !

HAAAAAAAAAAAAHA !

Je vous pogne !!!

Je vous avais dit qu'on boycottait aujourd'hui...

Allez ! Et que je ne vous y reprenne plus !

Posted by V at 10:08:19 | Permanent Link | Comments (0) |

Mercredi, Juin 20, 2007

Chauve qui peut !

Comme j’aime bien le faire, je me suis tapé une petite pièce de théâtre hier soir. En effet, on joue La Cantatrice Chauve et La Leçon d’Eugène Ionesco au Théâtre du Petit Champlain jusqu’au 14 juillet. Le concept est sympathique. Dans ce petit théâtre à l’ambiance intimiste, on a l’impression de participer à une représentation privée. Les six comédiens de la Troupe des Fonds de Tiroir présentent d’abord La Cantatrice, en compagnie d’un artiste invité, chanteur et/ou musicien, qui effectuera certaines transitions musicales. Le spectacle n’est jamais pareil donc. Vient ensuite l’entracte, avant laquelle on a tiré dans un chapeau le nom des deux comédiens, un homme et une femme, qui interprèteront La Leçon, en compagnie d’un autre invité. Vraiment tripatif, comme dirait Jacques Languirand.

Il s’agit de deux très grandes pièces, à l’humour absurde grinçant, un peu hemétique, il faut l’avouer. Mais le génie de la mise en scène est d’avoir sû faire appel dans le jeu à des référents culturels dans lesquels on peut se retrouver. Ce qui m’amène à penser aussi que rien doit être plus différents d’une édition de La Cantatrice, qu’une autre édition de La Cantatriste. Un excellent texte donc, servi par une excellente mise à scène et une bonne équipe de comédien.

Car il s’agit aussi d'une occasion de voir jouer l’excellente Ansie St-Martin, que l’on a le bonheur de voir jouer à Québec assez régulièrement. J’ai d’ailleurs été chanceux : c’est elle qui a été tiré au sort pour jouer La Leçon et n’a pas déçu encore une fois. C’est une joie de savoir que la Capitale compte dans ses murs de vrais artistes résidants et il importe de les encourager à y rester en fréquentant leur création.

Tant qu’à faire, le Théâtre du Petit Champlain présente chaque été d’excellentes pièces, à la fois amusantes et intelligentes et ce, à peu de frais. À surveiller, en juillet, Le Dîner de Cons par une autre sympathique troupe, le Théâtre Voie d’Accès.

Posted by V at 11:52:22 | Permanent Link | Comments (0) |

Bloguerie adéquiste

J'en ai marre. Élodie Gagnon-Martin est une blogueuse adéquiste qui modère les commentaires qui sont faits sur son blogue, c'est-à-dire qu'elle choisi lesquels seront publiés. Bien que l'usage dans la blogosphère veut que l'on publie tous les commentaires, exceptés ceux qui comprennent un contenu haîneux, diffamatoire ou inexact sur le plan factuel

Je vous invite à faire une lecture rapide de ses posts. La demoiselle aime bien faire des associations rapides du genre : "La nouvelle à l'effet que Pauline Marois déposera son bulletin de candidature dans quatre jours n'est restées que dix minutes à la Une de Cyberpresse. C'est la preuve qu'elle est en perte de vitesse !!!" Voyez le genre ?

L'autre jour, elle a prétendu que le PQ n'avait jamais eu un seul élu anglophone ou juif, ce qui est faux. J'ai écrit un commentaire pour rectifier la chose et elle ne l'a pas publié, laissant l'élément éronné dans son texte. Vous pouvez voir mon échange avec elle à ce sujet ici.... Heee... Ici... Ben joual vert... elle a effacé ça aussi !

Donc, au risque d'apporter de l'achalandage sur son blogue, j'ai décidé de publier systématiquement tous les commentaires que je lui apporte et qui ne sont pas rapportés et ce ici-même. Je m'engage par le fait même à publier toutes les répliques de sa part.

Alors, on joue ???

Voici donc ma réponse à ce post-ci :

V Says: Your comment is awaiting moderation.

Mais Élodie, la seule personne que j’ai entendu faire un lien entre le dépôt du bulletin et le fait que Mme Marois soit une femme, c’est toi.
Le simple fait qu’une femme devienne chef de parti est une bonne nouvelle pour certains. Mais ça n’a rien avoir dans le contexte où tu rapportes la nouvelle.
Tu dis aussi : “et elle tente de nous faire croire qu’il s’agit là d’une véritable bataille avec une niaiserie pareil! Pauline Marois entre donc dans l’Histoire par la porte d’en arrière, en catimini, afin de ne pas ébruiter son arrivée.”
Elle a fait une boutade à des journalistes ! Y a des limites à être de mauvaise foi.
Fais attention, ton point de vue mérite d’être entendu, mais y a des fois où, dans ta recherche de critique contre le PQ, tu sors des arguments à la limite de la mauvaise foi. “Pauline Marois portait du gris aujourd’hui. C’est certainement un signe qu’elle est déprimée !!!” Et cette fameuse phrase “la châtelaine de l’île Bizzard”, comme pour la décridibiliser. Tsé on pourrait appeller Mario Dumont “le paysan de Cacouna”, mais ça aussi ce serait vraiment stupide.

Posted by V at 11:18:36 | Permanent Link | Comments (3) |
1 2 3