Mardi, Février 27, 2007

2007 : Une élection marquante ?

En 2003, alors que l’ADQ connaissait une poussée remarquable, un article du Devoir avait fait grand bruit. On y rappelait une théorie émise par Vincent Lemieux, qui avec Gérard Bergeron et Léon Dion formait naguère le Big Three du département de science po de l’Université Laval.

Lemieux, un spécialiste des systèmes de parti politique y développait la thèse suivante : la dynamique politique au Québec a toujours été établie par la confrontation d’un parti générationnel et d’un parti institutionnel.

Quatre cycles ressortent : les conservateurs au XIXème siècle, les libéraux québécois au début du XXème (Gouin, Taschereau, Godbout = 39 ans au pouvoir sans interruption), l’Union Nationale et finalement, le PQ. Ces réalignements s’opéreraient à tous les 35 ou 40 ans. L’émergence d’un parti générationnel serait permise par cinq conditions.
  1. Émerge à l’occasion d’une insatisfaction répandue dans l’électorat à propos de la conception du nationalisme et du rôle du gouvernement, propre au parti générationnelprécédent (Ça vous fait pas pensé à quelqu’un ?).
  2. Les partis générationnels sont portés au moment de leur émergence et de leur progression par un leader prestigieux (Peut-être pas l’ADQ avec Dumont, mais selon Lemieux, elle pourrait jouer le même rôle que l’Action libérale nationale de Paul Gouin dans la formation de l’Union nationale. Un parti parrainé par Lucien Bouchard par exemple).
  3. Un nouveau parti générationnel émerge grâce à des processus de mobilisation et de conversion des électeurs. La mobilisation s’exerce surtout auprès des jeunes électeurs ou encore auprès de ceux qui s’étaient désintéressés de la politique (Moi j’t’un X ! Liberté !).
  4. La mobilisation qu’exerce le parti générationnel auprès des nouveaux électeurs est un facteur important de leur socialisation politique, du moins tant que le parti générationnel est en période d’émergence et de progression (Je connais des gens qui n’ont jamais voté qui s’apprête à aller le faire pour l’ADQ).
  5. L’ancien parti générationnel peut subsister ou non après avoir été remplacé par un nouveau parti générationnel (C’est ce qui est arrivé au PLQ, grâce à leur appui inaliénable chez les non-francophones. Ce pourrait être le PQ aussi, s’il se réalignait). 
Donc, je ne veux pas jouer aux apprentis-sorciers, mais s’il fallait que la tendance se confirme, c’est-à-dire que le PQ continue de baisser et l’ADQ de monter on pourrait se retrouver avec une situation à la 70 où l’Union nationale avait fait élire plus de députés que le PQ en obtenant moins de votes. Et ça signifie un déclin quasiment irrémédiable pour un parti qui était au gouvernement il n’y a pas si longtemps. Parce que maintenant, c’est clair : le PQ perd des bons votes nationalistes au profit de l’ADQ. « Vaut mieux battre son frère pendant qu’il est chaud » comme on dit. S’il fallait que la gauche du parti se dise que le moment est venu et décide de passer à Québec Solidaire, elle viendrait jouer le rôle qu’a joué le Bloc Populaire en 1944 ou le Crédit Social en 1976, en drainant les éléments les plus radicaux du parti générationnel mourrant. En fait, c’est l’histoire des deux dernières élections : le PQ n’était pas là sur l’enjeu du rôle de l’État en 2003 et cette fois-ci, il n’est pas là sur la conception du nationalisme, par son positionnement quant aux accommodements raisonnables.  Les conditions pour un réalignement politique générationnel semblent donc réunies.  Voyons voir si le PQ, dès maintenant, mais plus nécessairement, au lendemain de la prochaine élection saura se replacer sur ces deux enjeux. À défaut de quoi, il est condamné à une disparition à plus ou moins long terme.
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Samedi, Février 24, 2007

Soyez comiques, votez solidaires

Manifestement, Québec Solidaire semble convaincu à donner raison à ses détracteurs en multipliant les erreurs dès le début de la campagne et en insistant pour faire les choses de la mauvaise façon.

 

Mercredi, lors du déclenchement, les chefs des trois partis représentés à l’Assemblée nationale lançaient leur campagne entourés de leurs candidats dans le hall du Parlement. Pendant ce temps, Françoise David, seule, faisait la tournée des studios de télévision à Montréal. En plus de faire cheap, elle démontrait à quel point son parti ne part pas du même point que les autres.

 

« Ben justement, me direz-vous, c’est parce qu’on lui ferme les portes de l’Assemblée nationale qu’elle est obligée de faire ça! » Justement, n’était-ce pas là son angle d’attaque ? N’eut-il pas été mieux pour elle de lancer sa campagne dans St-Roch, entourée de ses gens et de dénoncer l’exclusion de son parti, invitant ainsi les Québécois (et les Québécoises!) à faire entrer QS dans le salon bleu ? En tous cas, si elle tenait à nous dire que c’est à Montréal que ça se passe pour elle, elle aurait pas pu faire mieux !

 

Autres problèmes de Québec Solidaire : ces candidats. On m’avait critiqué quand, cet été, j’avais évoqué qu’il serait difficile d’éviter les scandales avec 125 militants de gauche radicale lâchés en liberté. Pourtant, les commentaires d’une candidate à l’effet qu’un porte-parole de l’industrie pétrolière victime d’un attentat à la bombe n’était pas « une victime innocente » et le fait que cette histoire rebondisse sur le blogue de Patrick Lagacé viennent accrédités mon propos. On passe aussi sur cette loufoque histoire de candidats associés dans Charlesbourg. Et c’est pas fini, on va en voir encore et des meilleurs.

 

Tout ça pour dire que la gauche organisée en parti politique risque de se retrouver au même stade que les défunts partis Communistes et de la Démocratie Sociale qui ont fusionnés pour former l’UFP puis Québec Solidaire risquent de se retrouver au même stade en avril qu’après les élections de 1989, 1994 ou 1998. En effet, ce n’est pas le fait d’avoir une porte-parole connue qui la rendra crédible. C’est à tout le moins ce que tend à démontrer la comparaison de ses chiffres avec ceux du Parti Vert.

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Jeudi, Février 22, 2007

Wow !

Les habitués de ce blogue savent que je n'ai pas été particulièrement tendre avec le PQ ses derniers temps.

Mais quand il y a un bon coup, il faut l'admettre et, m'y voilà contraint...

Le site de campagne du PQ est vraiment TROP HOT !!!

Écoutez, je suis un fan d'esthétique et de marketing politique. Les sites de partis, je vais tous les voir. Démocrates, Républicains, Labour, Socialistes, name it. Mais, je le dis ici-même, le site de campagne du PQ est le meilleur de toute l'histoire de l'Humanité (sur 15 ans de web démocratisé...).

Blogue, balado, vidéo, contenu, tout est là. C'est léché, moderne et naturel à la fois, ce qui est rare. Passons sur le nouveau logo, lequel est institutionnelement déplorable et esthétiquement raté. Le reste est un chef-d'oeuvre.

Bravo à Julien Beaudry et Daniel Bussière de l'équipe des communications du PQ.

Pour finir, je vous laisse le lien et celui des autres partis pour que vous voyez à quel point il n'y a aucun comparatif possible.

www.pq.org

www.plq.org

www.adq.qc.ca

 

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Mardi, Février 20, 2007

André et Ségolène : Destins croisés

Depuis le début, ça me chicote. Ils ont trop en commun ces deux-là. Parcours atypiques, chacun marginal dans son milieu, adulés avant la lettre. Il y a quelque chose de louche là-dessous que je me disais.

 

Venus du vide, tous les deux. Avant André Boisclair, on discutait des faiblesses de Legault, Marois ou Duceppe, avant Royal, du manque d’envergure de Fabius, Lang ou Jospin.

 

Dans les deux cas, ils n’avaient jamais été les stars d’un gouvernement, se contentant de bien paraître à des postes secondaires.

Ils représentaient la jeunesse, le renouveau, le changement. Ils entraînaient dans leur sillage tellement de nouveau militants, d’espoirs.

 

Les éléphants (les vieux), les dépassés, avaient bien beau avertir, voir venir l’échec, faire valoir leur expérience pour démontrer l’imminence de l’échec, on ne les écoutait pas. Ils étaient le passé de ces partis, on leur demandait de se taire, d’autant plus que d’autres « anciens » prenaient position pour les petits jeunes et, telles des fées penchées sur un berceau, couvaient le grossissement de leur progéniture.

 

Ils faisaient des gaffes, avaient des squelettes dans le placart. Mais c’est ce qui faisait leur charme ! Ils étaient tellement cute à se dépêtrer dans leurs niaiseries ! On les victimisait, ils étaient persécutés. Et les militants les aimaient encore plus dans leurs habits de martyres. Ces faiblesses, aux yeux de leurs partisans, humanisaient ces individus tellement exceptionnels, tellement au-dessus de tous et les rendaient meilleurs. Tel Dieu qui se fait Homme en Jésus !

 

Fallait être fou pour ne pas reconnaître que c’étaient « EUX », disaient leurs groupies. Douter de leur talent, c’était nécessairement être tantôt misogyne, tantôt homophobe ou  encore réactionnaire et passéiste.

 

Les deux disaient sur le ton de la confidence : « Je ne peux pas vous dire ce que je pense de tous les sujets ! Il revient aux militants de décider ! Je m’appuie sur notre projet, j’en suis encore à consulter et, regardez-moi bien, j’ai un plan que vous verrez bien assez tôt… »

 

Et, évidemment, ils ont été choisis. Même pas serré ! Facile ! Non mais, fallait-il avoir été cons pour voter contre eux !? Dehors la racaille ! Z’aviez qu’à prendre la solution évidente, la vérité en somme !

 

Et puis, c’est à ce moment que la merde a heurté le ventilo…

 

Les échéances ont approchés, les tests se sont multipliés.

 

Les erreurs se sont amoncelées, les mauvaises décisions aussi. Les insultes envers leur base, les réponses creuses, les arrogances qui coûtent cher. Et, résultat, à la veille des échéances, les deux se retrouvent non préparés à partir en campagne, désorganisés, contestés. En chute libre dans les sondages, même chez leur clientèle naturelle, le vide que laisse leur incurie est même en train d’ouvrir le chemin à l’improbable troisième voix, celle que leurs plus fidèles disaient morte.

 

J’écris tout ça pour vous dire que quand le Président Sarkozy régularisera les immigrants à coup de matraque et que le Premier ministre Charest dégèlera les frais, abstenez-vous donc de penser que tantôt les Québécois, tantôt les Français, ont mal votés.

 

Rappelez vous que quand les Socialistes ou les Péquistes ont eu à choisir l’alternative qu’ils proposeraient, ils ne se sont pas demandé qui serait le meilleur stratège, le meilleur penseur, le meilleur gestionnaire, le meilleur leader en fait : ils se sont demandé qui des candidats passerait le mieux, qui était le plus cool, le plus sympathique, le plus nouveau.

 

Ni les Péquistes, ni les Socialistes ne se cherchaient un Président de la République en fait.

 

Ils se cherchaient un ami.

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Dimanche, Février 18, 2007

La machine

Je déteste le Parti Libéral. Dans son essence. Jean-François Lisée a coutume de dire que les valeurs libérales, ce n’est que deux choses en fait : être au gouvernement et empêcher l’indépendance. Ce sont les seules constantes.

Jean Charest devisait cette fin de semaine sur la longévité de son parti, sur sa capacité d’adaptation. Effectivement, alors que je visitais la France en compagnie d’un militant libéral, celui-ci expliquait aux Français que son parti était difficile à classer du point idéologique, qu’il s’était en fait donné pour mission de toujours donner aux électeurs ce qu’ils attendaient d’un gouvernement… Un parti qui suit le vent donc…

Ce parti se glorifie d’ailleurs d’un passé mythique, constitué notamment par la Révolution Tranquille, laquelle fût plutôt mise sur pied par un groupe de leaders qui ne seront pas libéraux très longtemps, pour la plupart. C’est d’ailleurs un scandale que le nom de Jean Lesage soit associé à la nationalisation de l’électricité, à la création de la Caisse de dépôt et à l’assainissement des mœurs politiques, tant cet homme était initialement allergique à ses mesures. Il aura quasiment fallu le contraindre d’agir, trop occupé qu'il était à gérer sa vanité.

Mais là où je suis sans voix, c’est quand je regarde le Parti Libéral se préparer pour les élections. Quelle machine de guerre ! Non mais vous avez vu ce week-end ? C’est rodé, ça fesse, c’est audacieux. C’est pas au PQ avec les ritournelles à la Gilles Vigneault d’alors et les petits mix techno d’aujourd’hui qu’on obtiendrait un tel effet.

Et Jean Charest ! Mauvais gestionnaire, mauvais PM, mais quel politicien ! C’est le Robocop de la politique québécoise ! Non mais, moi, je coupe le chemin de quelqu’un en voiture et je suis gêné de le regarder après. Ce gars-là à renier plus de promesses qu’aucun PM moderne, il a pris des décisions d’une absurdité historique, mais putain, il est encore là, à essayer de nous convaincre et il a tellement l’air à se croire lui-même qu’on en a envie de le croire nous autres avec.

Mais bon… Les politologues disent que les partis politiques portent à jamais en leur sein les circonstances de leur formation.

Le PQ est un parti d’intellectuels. C’est pour ça qu’il fait de bonnes politiques.

Le PLQ est un parti de pouvoir. C’est pour ça qu’ils sont bons pour se faire élire.

Jean Chrétien disait de Paul Martin : He’s good in policy but not in politics.

Cette phrase me servira de conclusion !
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Mercredi, Février 14, 2007

Chronique d'une volée annoncée

Ceux qui me connaissent savent que j’ai la mauvaise habitude d’aimer avoir raison. La phrase que je préfère vraiment le plus répéter est sans contredit : « J’te l’avais dit, mais tu m’as pas écouté ». C'est plus fort que moi. À ce sujet donc, je publie ici un texte que j’ai écrit il y a un an mais qu’on m’avait déconseillé de publier à l'époque :

Chacun a sa théorie, sa solution à proposer.

Face aux comportements électoraux des citoyens de la Capitale nationale et des ses environs, plusieurs se sont montrés perplexes. Ceci étant dit, bien peu de gens au sein du mouvement souverainiste ont réussi à proposer un plan crédible et une démarche réaliste visant à permettre à notre option et à ses porteurs d’obtenir plus de succès lors des échéances à venir.

En effet, au lendemain du 23 janvier dernier, plusieurs responsables du mouvement souverainiste ont trouvé une réponse toute simple aux questions quant à la stratégie à adopter en vue du prochain scrutin général : il suffirait de présenter une équipe renouvelée et à monter une bonne organisation pour nous offrir les clés de la Capitale.

Il est pourtant permis de croire que les tenants d’une telle affirmation se préparent à des lendemains de scrutin bien décevants. En effet, force est de constater que lors de la dernière manifestation des difficultés des souverainistes à cet endroit, c’est-à-dire lors de la campagne fédérale, le Bloc bénéficiait d’une organisation aguerrie. Son discours consistait essentiellement à attaquer la corruption libérale et semblait d’avantage axé sur la nécessité de faire des gains à Montréal, dans des comtés à forte proportion multiethnique.

Pendant ce temps, les conservateurs faisaient de l’aéroport et du sauvetage du zoo le centre de leur plate-forme. Ajoutons aussi une constatation : il suffit d’une étude rapide des curriculum vitae des représentants conservateurs comme libéraux de la région de Québec pour constater que ce n’est certes pas leur pedigree flamboyant qui a séduit les électeurs. Rappelons nous finalement que le PC ne disposait pas, quelques circonscriptions mise à part, d’une organisation à tout casser.

En fait, n’en déplaise à une certaine intelligentsia commentant du bout des lèvres les verdicts électorauc des électeurs de la Capitale, le problème des souverainistes à Québec en est d’avantage un de fond que de forme. Les résultats que nous avons connu le 23 janvier doivent maintenant nous servir d’avertissements. L’ennui, c’est que nous semblons depuis lors être résolus à commettre les mêmes erreurs.

Par exemple, ce n’est pas le fait de répéter constamment dans nos discours les mots « écologiste », « pacifiste », « solidaire » et « altermondialiste », en réaction à l’apparition d’un nouveau parti à notre gauche, qui arrivera à donner aux citoyens de L’Ancienne-Lorette, de St-Émile ou de Boischâtel, l’impression que le projet souverainiste les concerne. Ce discours a beau être rempli de vertus, il faudra faire davantage.

Il est temps que notre progressisme cesse d’être fondé sur les vœux des élites intellectuelles, mais bien sur les besoins de ceux qui supportent notre couverture sociale, c’est-à-dire les membres de la classe moyenne. Ce qui ressort des discussions avec l’homme de la rue, à Québec, c’est son scepticisme face à la politique en général, l’impression que les habitants de la région, malgré leur proximité géographique avec la colline parlementaire, sont en fait singulièrement éloignés des lieux de décisions. Pour eux, la souveraineté doit représenter davantage que de prendre le pouvoir qui se répartis dans les mains de petits groupes d’individus dans les capitales fédérale et provinciale pour le concentrer à Québec. Les promesses de l’implantation d’une Cour Suprême et d’ambassades sur la Grande Allée n’y changeront rien : ce que nous devons démontrer, c’est comment les préoccupations des citoyens de la région seront mieux servies une fois l’indépendance faite.

Les gens de Québec veulent des résultats en somme. C’est pour cette raison qu’ils ont souvent voté du côté du pouvoir années après années. Ils ont donc opté lors des derniers scrutins provincial et fédéral pour le parti qui avait le plus de chances de leur en emmener, soit celui qui formerait le prochain gouvernement.

Cela explique aussi leur affection envers des personnages politiques et médiatiques qui n’ont pas la langue dans leur poche et qui ne cherchent pas à faire plaisir à tout le monde. Qui parle en leur nom en fait. L’authenticité de ceux-ci est à leurs yeux une chose beaucoup plus importante que leurs états de service. De même, cette région semble réagir plus qu’ailleurs aux différents scandales impliquant des responsables politiques et elle a souvent été déçue. Et malgré l’amusement que les souverainistes ressentent face aux promesses trahies par les libéraux de Jean Charest et les difficultés à les réaliser que semblent affronter les conservateurs québécois de Josée Verner, il ne faut pas s’y tromper : tous les membres de la classe politique paieront la note également lors des prochaines échéances. De nouveaux visages et une plate-forme audacieuse ? C’est justement ce dont les électeurs de Québec se méfieront à l’avenir !

Maintenant, si nous voulons rompre avec les débandades cycliques que nous connaissons ici depuis l’avènement du mouvement indépendantiste organisé, il nous faut agir au cœur même de notre option. Il nous faut démontrer pourquoi, seuls le Parti Québécois et le Bloc Québécois ainsi que leur projet politique de souveraineté peuvent, à terme, rapprocher les citoyens de cette région comme tous ceux du Québec d’une réelle emprise sur leur vie et répondre au légitime sentiment de dépossession qu’ils ressentent face à leur système politique.

Il faudra certes revenir sur le discours que nous devrons développer pour ce faire. Par contre, si les souverainistes sont sincères dans leur volonté de rallier les habitants de ce qui sera, rappelons-le, le centre administratif du pays en devenir, ils doivent aujourd’hui s’entendre sur la chose suivante : pour reconquérir la Capitale, une équipe rajeunie et des promesses électorales ne suffiront pas.

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Dimanche, Février 11, 2007

La langue $$$

Comme vous le savez peut-être, je travaille dans un hôtel. La nuit. Vous vous en doutez bien, il s’agit d’un observatoire incroyable de la nature humaine. Tellement que, aujourd’hui même, j’ai compris une différence fondamentale entre les Québécois et les anglo-saxons.

En effet, par les temps qui courent, c’est le Tournoi Pee-Wee à Québec. Des centaines d’Américains et de Canadiens-Anglais (Albertains principalement) sont à Québec avec leur chapeau de cowboy pour regarder patiner leur marmaille. Vous devinerez que c’est excellent pour l’économie de la Capitale…

Pourtant, s’il y a quelque chose qui m’énerve avec les Anglais, c’est leur rapport à l’argent. En fait, dès que l’un d’entre eux veut avoir du pouvoir sur quelqu’un, il parle d’argent.

Je m’explique. Ce soir, j’ai une cliente qui est mécontente parce que je n’ai plus d’oreillers à la réception et que je n’ai pas accès à la buanderie pour lui en donner d’autre. Je me confonds en excuses (j’avoue que c’est vraiment cheap), je lui propose des coussins, je lui explique que compte tenu qu’il y a déjà deux oreillers de plus dans chaque chambre, les stocks de l’hôtel ne prévoient pas que nous aurons besoins de six oreillers pour chacune de nos 234 chambres. Que me dit-elle ? “ I  paid a lot of money to stay here and I expect to have as many pillows that I want !” Ok madame, je vais allé vous en coudre un, que j’avais envie de lui répondre… Duvet ou synthétique ?

Aujourd’hui encore, j’ai un appel à 2h00 du matin. La toilette d’une autre dame est bouchée. C’est la troisième fois qu’elle appelle. (Un peu cheap ça aussi, mais le type de la maintenance m’a expliqué que c’est probablement un objet qui a été jeté dans la toilette. Il faudra la lever pour le retirer. Pas simple donc) Elle me dit : “I paid a lot of money for this room and, I mean, it’s the third that it happens and it’s not good” Vous avez raison madame, l’axe du mal est partout...

Hier tiens. Une autre cliente “is very disapointing” parce que sa télé ne marche pas, qu’elle a appelé ce matin, qu’un gars est venu dans sa chambre pour la réparer et que ça ne marche toujours pas. Elle est devant mon comptoir et elle crie. Vous connaissez la rengaine : She paid a lot of money to be here and she wants a room where she can watch the news. Je lui explique que nous ne gardons pas à l’hôtel la pièce manquante, qu’on l’aura demain et que, pour le désagrément on va lui retirer 60$ par nuit sur sa facture (quand même pas pire pour une chambre à 130$). Elle ne décolère pas, elle me parle encore d’argent… Je lui dis, un peu excédé : “Mamme, tell me what you want me to do and, if I can, I swear to God, I will do it”. Elle me répond, au bord des larmes “I want my TV to work ! » J’ai jamais passé aussi prêt de frapper quelqu’un...

Et c’est toujours ça. Il fait trop froid dans la chambre, on a pas voulu donner une clé à leur mari parce qu’il avait pas de pièces d’identité, ils veulent manger à 4h00 du matin : ils payent très cher pour être ici, ils veulent du service et ce, au mépris de règles strictement élémentaires telles celles de la physique ou de l’impossibilité pour un « front desk clerk » de réparer une toilette, faire disparaître une tache ou apparaître un lapin.

Y a bien des Québécois qui vont se la jouer « au prix que je paye pour être icitte, j’veux du sarvice ! » Mais ceux qui sorte l’argument monétaire s’adonne le plus souvent à être aussi les plus colons, les plus mal engueulés et les plus saoûls. Le Québécois poli exprime son mécontentement, vérifie les options, se fâche aussi, il a le droit. Mais une fois que le gars devant toi lui a expliqué qu’il N’Y A PAS de solutions, puisqu’il est 1h30 du matin, il finit par allumer. L’anglais ressent du soulagement à continuer à te chier dessus et à te dire combien il a payé pour être là. C’est la langue qu’il parle, le seul moyen qu’il connaît de se faire entendre, celui qui se compte en chiffre, en monnaie et en papier.

Et quand il se retrouve devant quelqu’un qui ne voit pas les choses de cette façon, il se sent comme un civilisé devant un barbare, il ne sait pas comment communiquer avec lui. Alors, de deux choses l’une : soit il l’engeule, soit il bombarde son territoire.

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Mardi, Février 06, 2007

Aux limites du régime

Saviez vous que notre droit constitutionnel ne renferme aucune référence à l’existence d’un Premier Ministre ?

Hé oui ! Ce qui fait en sorte que le chef du parti représenté par le plus grand nombre de députés en chambre est le leader de l’exécutif n’est qu’un convention constitutionnelle. Pourtant celui-ci dispose dans notre système de pouvoir exorbitant, presque sans égal en démocratie. Ces pouvoirs ont pour balance des coutumes qui l’incitent à faire preuve de parcimonie dans l’usage de ses prérogatives.

Un des ennuis avec l’actuel PM du Québec, c’est le mépris qu’il a de ces coutumes. Il pousse ainsi le régime à ses limites. Le PQ au pouvoir a fait adopté des lois en suspendant les règles parlementaires (le fameux baillon). Jamais en aussi grand nombre et pour des lois aussi insignifiantes (motoneige, course de chevaux) que l’actuel gouvernement ne l’a fait.

Le PQ a déjà voté des lois spéciales en session extraordinaire du Parlement. Jamais par contre n’a-t-il mis fin à une session parlementaire pour en reconvoquer une le lendemain.

Chaque Premier Ministre a tenté d’utiliser à son avantage le privilège immense de décider lui-même de la date des élections. La coutume veut par contre que l’on en avertisse à l’avance les partis d’opposition pour qu’il puisse se préparer. Il s’agit d’éthique démocratique.

Depuis près de quatre ans au pouvoir, Jean Charest a poussé le régime à ses limites. Au mépris des traditions et des fonctions mêmes de notre système politique, il a posé des gestes sans précédent. À chaque fois, il avait le droit de le faire. À chaque fois par contre, il a témoigné du peu de respect qu’il porte aux règles démocratiques et à témoigné du manque de classe qu’on lui connaît.

Vivement que le débat sur nos règles démocratiques se portent sur la révision de ces règles archaïques dont le disfonctionnement est connu plutôt que sur une réforme du mode de scrutin aux résultats bien incertain. Changer les règles des élections, c’est bien souvent jouer aux apprentis sorciers. Les gens de gauche et les tenants de la proportionnelle feraient bien de réfléchir plutôt à une réforme de notre système parlementaire. Ils démontreraient ainsi qu’ils sont moins attachés à leur propre présence au Salon bleu qu’au développement de l’efficience et de la crédibilité d’institution qui, jusqu’à maintenant, nous ont sommes toutes bien servies.

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Le vide

Je n’écris pas beaucoup sur mon blogue par les temps qui courent. Certains me le reprochent.

Vous voyez, je n’ai jamais été reconnu comme un king de l’humilité, mais n’empêche que j’ai trop peu d’estime pour moi-même pour penser que j’ai quelque chose de nouveau, d’original, d’utile et de pertinent à dire à chaque jour sur chaque sujet. En outre, l’actualité m’ennuie.

Regardez ce qui s’est passé depuis le début de l’année :

LES SONDAGES SUR LES POSITIONS « LUCIDES » ET SUR LE RASCISME : Non, mais quel ennui que de voir ces prétendus experts nous dire tels des grands vizirs ce qu’ils ont trouvé dans l’âme des Québécois. Quelle désolation de voir dans chaque cas les tenants des deux campas se livrer aux analyses qui les satisfont sur chacun des sondages et sur la façon que les questions étaient posées. Que de redondances !

LE DÉBAT SUR L’ACCOMMODEMENT RAISONNABLE : Vous le savez, il fût un temps ou ça me passionnait. Mais, je trouve que entre les grandes gueules de village qui crie à l’assimilation (la leur!) et les politiciens qui banalisent le problème il y a comme un juste milieu qui n’en finit plus de se faire entendre mais de ne pas se réaliser : il faut des accommodements, présentement la portée de « raisonnable » n’est pas bien définie et il faut régler ça avant d’autres abus ou d’autres manifestation d’intolérance. Pour vous convaincre de mon écoeurement, allez donc lire ce texte que j’ai écrit il y a onze mois. Bull’s eye !

LA DÉCEPTION BOISCLAIR : Non mais, y-t-il quelqu’un de surpris ? Est-ce qu’une seule des critiques à son endroit n’avait pas déjà été formulée avant qu’il ne soit chef ? Y as-tu du monde qui ignorait que c’était un gars imbu de lui-même, qui n’écoute personne et qui a une vision du Québec tout à fait désincarnée et dénationalisée ? L’affaire, c’est que les journalistes ont accumulés l’ensemble des critiques à son endroit pour faire des bons articles juteux avant la réunion du dernier week-end et devant l’imminence des élections. Et, au passage, y a-t-il quelqu’un au Québec qui s’intéresse vraiment à ce que pense Yves Michaud et Victor-Lévy Beaulieu ? Quant à Bernard Landry, je ne commenterai qu’au moment du début de la diffusion du prochain téléroman de Radio-Canada à son sujet : « Tout sur moi »

Mais bon, vous me connaissez. Vous savez bien que je suis trop news addict pour renoncer. J’ai deux options : je pourrais, à l’instar de certains blogueurs montréalais populaires, utiliser mon blogue pour conter ma vie de « célibataire de la Capitale » ou pour livrer mes « chroniques d’auditeur de nuit d’hôtel ». Ou encore, chercher plus fort mes sujets.

J’essaierai la deuxième option.
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