Mercredi, Octobre 31, 2007

L’effroyable imposteur

Je n’attaque que très rarement la personne d’un premier ministre ou sa légitimité. Je suis très Américain là-dessus. Cet individu est celui qui a su rallier la confiance du plus grand nombre de Québécois. L’insulter, c’est nous insulter collectivement. Hail for the chief !

On peut être en désaccord avec sa politique. On peut dire que l’on n’aime pas sa façon de diriger. On peut dire qu’il cherche à imprimer au Québec une droite qui ne lui ressemble pas. Mais il a été élu. Et c’est pourquoi je ne me permets que très rarement d’attaquer l’intégrité du premier ministre, élu légitimement. Je ne le fais pas à l’étranger. C’est une question d’éthique nationale à mes yeux.

Ça m’a toujours fait rire, les pancartes, « On n’a pas voter pour ça ! ». C’est parce qu’il promettait de réduire les revenus tout en augmentant les dépenses… Tu pensais qu’il ferait comment, gros idiot ? À mon avis, la démocratie est un excellent système, puisqu’il assure que le peuple ne sera jamais mieux gouverné que ce qu’il ne mérite.

Mais il y a des limites. Il y a des limites à ce qu’un premier ministre a le droit de faire avec son titre. Et quand il le fait, outrepasser son mandat, se servir de sa posture de chef d’État à des fins partisanes, il doit être dénoncé pour ce qu’il est. Quelqu’un qui, par son attitude, pour combler le minuscule de sa propre silhouette, rapetisse l’institution exécutive dans son ensemble.

Évidemment, mes critères sont subjectifs. Tout le débat politique l’est d’ailleurs. Et c’est pourquoi, aujourd’hui, je ne me gênerai pas pour le dire, je vous dis que, à mon avis, Jean Charest est un imposteur. La lettre qu’il a publiée hier le disqualifie à jamais de la liste des hommes d’État qui auront dirigé le Québec.

Non mais, faut le faire quand même, évoquer la réputation du Québec à l’étranger pour culpabiliser le peuple québécois de s’interroger, légitimement, sur ce qu’il est. « Comme vous êtes gênant » a dit hier le premier ministre québécois à la population qui a eu l’indulgence de lui donner un second mandat. Son score pathétique dans le Québec francophone trouve bien une explication quelque part, n’est-ce pas ?

Non mais, faut le faire, qualifier le projet de loi de Pauline Marois de « malheureux », alors que lui-même a pensé se nourrir de la controverse, il y a quelques semaines, avec son idée, qui ne règle rien, avant même que la Commission qu’il a mis au monde pour se sortir du trouble ait terminé ses audiences. Au passage, vous préférez quoi vous, pour amender la Charte des droits et libertés de la personnes ?

Indépendamment des autres dispositions de la présente charte, les droits et libertés qui y sont mentionnés sont garantis également aux personnes des deux sexes.

Ou encore :

Dans l'interprétation et l'application de la présente Charte, il doit être tenu compte du patrimoine historique et des valeurs fondamentales de la nation québécoise, notamment de l'importance d'assurer la prédominance de la langue française, de protéger et de promouvoir la culture québécoise, de garantir l'égalité entre les femmes et les hommes et de préserver la laïcité des institutions publiques.

Qu’est-ce qui, à votre avis, est le plus responsable ? Qu’est-ce qui, à votre avis, est le moins partisan ? En tous cas, je vous glisse en passant que l’homme qui vous fait la leçon refuse même de discuter du deuxième libellé…

Non mais, faut le faire quand même, se montrer indulgent et dire, tout d’un coup du « code de vie » de Hérouxville, que « Au-delà de la maladresse, ce geste révélait néanmoins un malaise réel. » Ben oui ! Et c’est avec ton petit amendement minable que tu vas venir tout régler ça… Bravo, monsieur le premier ministre en sursis.

Non mais, faut le faire aussi, quand même, appeler Mario Dumont « un pompier pyromane », alors que l’homme a lui-même créé, dans la grand peur électorale, la Commission qui cause aujourd’hui la honte des bien-pensants. Il a mis la chose au feu et aujourd’hui ne reconnaît pas le plat qui en ressort ? Pompier pyromane ? Mario Dumont ? Gros idiot, va !

Non mais, faut le faire en crime, critiquer le même Dumont qui a souhaité discuter du nombre d’immigrants que le Québec reçoit chaque année. Faut le faire en tab*****, après avoir couper constamment dans les budgets voués à l’intégration des immigrants depuis bientôt cinq ans. Faut vraiment pas être gêné, sans blague.

Pis il faut le faire, se donner en exemple, dans sa récupération vaine et niaiseuse de la non-question du droit de voter voilée; dans sa prétention, objectivement inexacte, que grâce à lui, le Québec parle de sa propre voix à l’UNESCO; dans son arrogant mensonge de dire que son gouvernement est en train de faire du Québec une puissance mondiale des énergies renouvelables, alors que ce même gouvernement est en train de bulldozer sa propre législation pour vendre du gaz naturel que nous ne produisons même pas. Honte sur vous, citoyen Charest !

Et, plus que jamais, il faut le faire, évoquer René Lévesque la semaine même de la commémoration de son décès, pour dénoncer des politiques nationalistes. Je me permets de paraphraser ce premier minus : Est-ce que René Lévesque, qui fut un grand démocrate, aurait apprécié que l’on évoque la mémoire d’un adversaire politique pour se faire du capital ? Certainement pas, Monsieur le donneur de leçon.

J’ai lu ça aujourd’hui mais je ne me souviens plus où. Je ne peux donc pas donner la paternité de l’ingénieuse formule que je m’apprête à rédiger à son géniteur légitime. Mais on peut résumer le crime de Jean Charest a la phrase suivante : dans cette lettre, il a agit comme un chef de parti en utilisant ses attributs de chef d’État. Et c’est inacceptable.

Charest est-il le premier de son rang à utiliser sa fonction à des fins partisanes ? Certainement pas ! Mais il n’en finit plus de la traîner inexorablement dans les caniveaux où il aime lui-même se vautrer. Et le comble dans tout ça, c’est qu’il le fait en se permettant de donner de leçon de grandeur politique à ses adversaires.

Non mais, quel plouc !

C’est pour toutes ces raisons que Jean Charest restera dans l’histoire du Québec comme ce qu’il est : un être méprisant et méprisable.

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Jeudi, Octobre 25, 2007

Vous l’aurez lu pour la première fois ici : Bellemare pas candidat, Bourget prochaine mairesse de Québec

L’espace est devenu trop mince. Régis Labeaume occupe le terrain de « l’homme d’affaire dynamique qui va retourner chaque pierre ». La guerre est déclarée avec le « peuple populo-trash » qui écoute CHOI et/ou qui aime André Arthur. Marc Bellemare ne PEUT PLUS être candidat à la mairie de Québec.

Selon mes informations, c’est encore pire que cela : Vision Québec refuserait même de s’engager dans la bataille avec Marc Bellemare comme candidat. Lui resterait l’Action civique, avec son bon vieux fond libéral et qui prétend toujours qu’elle présentera un candidat connu. Mais qui, maintenant, que Mercier, Bouchard, Lépine, Picard, Côté et Schoiry sont écartés ? Marc Bellemare, le péquiste, devenu libéral puis converti à l’ADQ ? Si ça se réalisait, la chose serait frappée d’un tel ridicule que cela suffirait à exclure tant l’ACQ que Bellemare de la liste des joueurs qui comptent dans cette couse.

Ann Bourget se dirige donc tout droit vers la victoire. En effet, où l’électorat de la mairesse ira-t-il ? Aucun candidat n’a l’envergure de l’incarner. Il s’effritera proportionnellement entre Labaume, Larose, Dolbec et Légaré. Ce qui laisse la candidate du RMQ avec la plus grosse part du gâteau électoral.

À partir d’aujourd’hui donc, Bourget doit s’assumer. C’est ELLE, la candidate du développement. C’est ELLE, la candidate des chantiers. C’est ELLE, la candidate du tramway. C’est ELLE, la candidate du 400e. C’est ELLE, la candidate de développement durable qui coûte cher à court terme mais rapporte à long terme. C’est ELLE, la candidate de la démocratie participative, de ces consultations et de ces instances qui frustrent parfois les développeurs mais qui fait en sorte que les citoyens demeurent maîtres chez eux. C'est ELLE la candidate pour qui la dépense n'est jamais exagérée quand elle sert la puissance de la municipalité.

Plus besoin de cultiver l’électorat de la simplicité involontaire. Il y a assez de candidats pour se le diviser. Larose paiera le prix d’avoir tenter de le séduire, alors qu’il ne possédait aucune des qualités requises pour ce faire. Ann Bourget a même l’appui de la très libérale Margaret Delisle. Non mais, faut le faire !

La job de Bourget, à compter d’aujourd’hui, c’est de fédérer les électeurs ambitieux, les jeunes, qui sont paradoxalement les moins nombreux à voter. Elle doit les mobiliser, les galvaniser. Ainsi, elle sèmera Labeaume sur le terrain du développement, qu’elle peut visser au plancher encore plus fort en proposant, elle aussi, de nouveaux modes de gestion, à plus fortes raisons que, elle, elle le connaît, le fonctionnement de la Ville.

Dans un scrutin à majorité absolue, je prévoirais un deuxième tour Labeaume - Bourget que Labaume emporterait, en fédérant les frustrations. Dans notre mode de scrutin actuel, je prévois toutefois Bourget à 40%, Labeaume à 30%, Larose à 15% (ce nabot qui aura voulu se nourrir des restes de la mairesse sans rien avoir de ses qualités) et la balance pour les improbables.

Vous saurez me le dire !

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Mercredi, Octobre 24, 2007

Méprisant et méprisable

Jean Charest s’est insurgé, hier en chambre, contre l’utilisation de l’expression « ressortissant étranger » dans le projet de loi n° 195, portant sur l’identité québécoise. Le Premier ministre a critiqué l’utilisation de ces termes qui, à ses yeux « trahissent l'état d'esprit du deuxième parti de l'opposition officielle ». Non content, il en a remis : « ce n'est pas des Québécois qui viennent s'intégrer chez nous dont ils veulent parler, ils parlent des étrangers. »

Hon… Le Parti Québécois aurait-il commis ce que nos cousins français appellent un « délit de sale gueule » ? Le projet de loi contiendrait il des termes xénophobes, qui contribueraient à discréditer, à eux seuls, ses finalités ?

Il n’en est rien. En fait, la politique d’immigration de notre État est définie par la Loi sur l’Immigration au Québec, L.R.Q., chapitre I-0.2. Le premier article de cette loi stipule ce qui suit :

2. Dans la présente loi, on entend par «ressortissant étranger» une personne qui n'est ni citoyen canadien, ni résident permanent au sens de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (Lois du Canada, 2001, chapitre 27) et des règlements adoptés sous son autorité et qui s'établit temporairement au Québec à un titre autre que celui de représentant d'un gouvernement étranger ou de fonctionnaire international.

Elle continue comme suit :

3.  La sélection des ressortissants étrangers souhaitant s'établir au Québec à titre permanent ou temporaire se fait dans le cadre de la politique gouvernementale relative aux immigrants et aux ressortissants étrangers.

Cette loi ne s’arrête pas là. Elle institue, en vue de son application particulière, le règlement suivant :

Règlement sur la sélection des ressortissants étrangers, c. I-0.2, r.5

On utilise donc le terme « ressortissant étranger » lorsque l’on veut parler d’un immigrant qui n’a pas encore été reçu, à l’étape de la sélection en somme. En fait, lorsque l’on étudie le texte du projet de loi n° 195, on se rend compte que ce terme est utilisé lorsqu’il s’agit d’amender la loi actuelle sur l’immigration ou lorsque l’on parle d’intégration des nouveaux arrivants.

Quoi qu’il en soit, il est surtout évident que le terme n’est ni raciste, ni intolérant en lui-même, puisque le gouvernement lui-même l’utilise pour qualifier des individus. Hier, le chef de ce gouvernement a attaqué des acteurs politiques parce qu’ils utilisaient un terme émis par une législation de l’État qu’il dirige.

Ceci attire notre attention sur un comportement récurrent chez de Jean Charest. Cet homme se révèle être, en privé, un des politiciens les plus sympathiques qu’il m’ait été donné de rencontrer. Affable, drôle, attentif, charmant même, tout le contraire du ton cassant d’un Boisclair ou de l’austérité d’un Bouchard. C’est un péquiste qui vous le dit. Mais ce même Jean Charest peut se révéler tellement mesquin, tellement méprisant envers l’adversaire dans le contexte d’une joute partisane qu’il en perd toute l’estime que l’on pourrait avoir pour lui.

Quand il s’agit de faire mal paraître un adversaire, Jean Charest se montrera prêt à mentir et à tricher sans vergogne. Il pourra faire preuve de la mauvaise foi la plus crasse et de la malhonnêteté intellectuelle la plus condamnable, notamment dans sa lutte quotidienne pour survivre à une période de question, voire même à instituer un tabou autour d’une expression généralement admise par son propre gouvernement.

Et n’allez pas mettre ces paroles malheureuses sur le compte du feu de l’action ou de la dynamique endiablée d’une période de questions. Jean Charest n’a pas repéré ces deux mots dans le texte alors qu’il était bien assis sur sa banquette, en écoutant Pauline Marois amener ses questions. Ce genre de coup se planifie. Ils sont prémédités.

Remarquez, tous les politiciens se livrent parfois à une réthorique douteuse quand il s’agit d’attaquer la partie adverse. Mais il y a des limites quand même à dire délibérément des choses que l’on sait fausses ou inexactes. « Attaquer sans relâche les idées de ses adversaires, quelques soient les mérites de leurs propositions. » Ainsi, Robert Bourassa expliquait, en privé, son succès politique. L’élève Charest semble avoir bien appris la leçon.

C’est ce genre de comportements qui fait en sorte que la politique faillit de plus en plus souvent à générer des solutions satisfaisantes pour la population. Et c’est aussi ce genre de tactiques qui fait de Jean Charest un être parfois si méprisable.

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Mardi, Octobre 23, 2007

Un peu de lecture



Examen oblige, j'ai peu de temps pour vous écrire aujourd'hui.

Ceci dit, je vous laisse le lien vers cet excellent article de L'Actualité intitulé «Une Charte sur un toit brûlant». Elle discute des motivations et du contexte qui ont mené à la création de la Charte de la Langue française par Camille Laurin.
« Laurin (psychiâtre) voulait clairement administrer un électrochoc à la société québécoise, pour casser des attitudes solidement ancrées chez tout le monde », dit Guy Rocher, l’éminent sociologue, qui, à 83 ans, écrit toujours et continue d’enseigner à l’Université de Montréal — il était le bras droit de Camille Laurin à l’époque. « Laurin avait le sentiment de faire quelque chose pour longtemps. C’était sa conviction. Je l’entends encore dire ça : “ On engage un changement qui sera fondamental pour le Québec, et qui sera irréversible. ” »
Devant la barrage de critiques, Laurin tint bon. La situation ne devait pas être facile à vivre politiquement...
« La thérapie collective ne se passa pas très bien au début. Les sièges sociaux de grandes institutions financières plièrent bagage dans un grand tapage. Plus de 200 000 Anglo-Québécois — souvent de la classe moyenne, instruite et fortunée — décampèrent ; le prix des maisons s’effondra, une opposition stridente d’envergure continentale s’organisa, Montréal périclita, Québec s’inquiéta ; Camille Laurin ne broncha pas. »
Ouais... fallait avoir du coeur au ventre.
« Il repoussa les critiques quasi unanimes des libéraux et celles des éditorialistes du temps — dans Le Devoir, Claude Ryan qualifia le "dirigisme étatique" de la loi 101 de "scoutisme culturel". "Des scrupules de colonisés mal affranchis, rétorqua Laurin, lors d’une entrevue accordée à L’actualité. On découvre un jour qu’on a du pouvoir et on a tout de suite peur d’en abuser, d’être revanchards." »
Ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Camille Laurin, lui, déclarait la chose suivante :
«avant de répondre aux critiques qui qualifient cette loi d’abusive, de discriminatoire ou de fasciste, "attendons que s’implantent de nouveaux comportements, de nouvelles habitudes. Alors nous pourrons prendre ces arguments at face value sur le plan de la discussion dialectique. On ne peut, pour le moment, discuter de la situation québécoise sur le plan des idées pures sans tenir compte de l’infrastructure socioaffective cachée de notre situation." »
Aujourd'hui, alors que, comme toutes les sociétés occidentales font face au défi de gérer le pluralisme dans l'harmonie, le Québec doit poursuivre son effort d'affirmation identitaire. Camille Laurin ne pouvait pas prévoir combien cette question deviendrait importante dans le futur et espérait que sa loi 101 viendrait régler définitivement la question de la définition du Québec. Il nous enseigne pourtant qu'il ne faut pas hésiter, par voie de législation s'il le faut, à inscrire dans le droit l'idée que nous nous faisons de nous-mêmes.
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Lundi, Octobre 22, 2007

C'est assez !

Plus que jamais, il importe que les nationalistes fassent corps autour de leurs porte-parole. En effet, c'était à prévoir, les premiers gestes concrets de Pauline Marois en matière d'identité auront permis à une mauvaise conscience et à un mépris envers nous-mêmes que l'on n'avait pas vus depuis le début de la crise des accommodements raisonnables de déferler dans les médias québécois.

Il y avait déjà eu cette drôle de réthorique à l'effet que dire "nous", c'est nécessairement évoquer un "eux". Difficile d'identifier les fondements intelectuels et pratiques d'une telle pensée. Quand on en est rendu à croire que le simple fait, pour un individu ou un groupe, d'exprimer son existence constitue une atteinte aux droits des autres, ça en dit long sur le degré de névrose qui ronge le sujet qui émet cette opinion...

Il en va de même, maintenant, du projet sur l'identité. Accusation de créer deux classes de citoyens, obligation d'accepter que le contexte fédéral nous interdit de penser le Québec comme un peuple essentiellement francophone, volonté d'exclure les immigrants de la vie publique, accusation grossière de s'opposer aux conventions internationales (toutes émises par des experts anglophones) : accrochez vous bien, ça ne fait que commencer.

En fait, toutes ces réflexions de bonhomme sept heures nous amène à l'enjeu central qui se cache en filigrane de toutes les attaques. Le Québec, ne peut pas, à l'instar du Canada, fixer les règles de sa citoyenneté, puisqu'il n'est pas un pays. Voilà ! Vous l'avez dit ! André Pratte a bien raison de dire que ce projet constitue pour le PQ une façon de rapprocher le Québec de sa souveraineté en adoptant une constitution et une citoyenneté. C'est rigoureusement exact, M. Pratte : nous voulons accroître la liberté du peuple québécois. Vous aviez tous sauté de joie quand vous avez entendu Pauline Marois dire qu'elle arrêterait de parler de référendum constamment. Et bien voilà ! Nous, souverainistes, avons décidé de cesser de seulement parler de souveraineté et nous avons choisi de faire de la souveraineté. Le Québec doit utiliser tout les pouvoirs qui sont les siens pour permettre à son expérience nationale de s'épanouïr.

Il faut voir le projet dans sa globalité. Le droit fondamental d'apprendre le français sera enchassé dans notre charte. C'est donc dire qu'un immigrant qui n'apprendra pas le français aura refusé de le faire. Vous pensez vraiment que quelqu'un qui refuse d'apprendre la langue commune du Québec est quelqu'un que nous sommes obligés de considérer comme un citoyen du Québec ? Avec ce projet, les gens qui souhaitent venir partager l'expérience sociale et économique des Québécois auront toutes les ressources pour embarquer dans le train en marche. La création d'une constitution et les autres amendements à la Charte contribue à cette volonté de présenter un projet global.

En quoi sommes-nous obligés de pousser l'accommodement plus loin ? Avec ce projet, nous n'agirions pas différemment du Canada d'ailleurs, c'est-à-dire exiger une connaissance de base de l'anglais et du français pour obtenir la citoyenneté. Et, entendons-nous bien, il n'est pas question ici de savoir conjuguer l'imparfait du subjonctif ! On parle de connaissance de base. Faut-il vraiment accommoder la personne qui refuse d'acquérir une connaissance de base du français ? Rendu là, pourquoi avoir une réflexion sur l'intégration des immigrants, si vous jugez que, de toutes façons, il est facultatif pour les immigrants de s'intégrer ?

Mais voilà, ce qui dérange, c'est que le Québec faisant partie de l'ensemble canadien, il se trouvera, sur notre territoire, des gens qui seront citoyens canadiens sans être citoyens québécois. Il y aurait donc "deux classes de citoyen". Et bien voilà, vous avez tout compris. Ça fait des années qu'on se tue à vous dire que le fait que le Québec se trouve dans le cadre fédéral l'empêche d'intégrer les immigrants selon les règles qu'il fixe. Maintenant, demeurez fédéralistes si vous voulez, mais reconnaissez au moins que vous faites le choix de l'assimilation tranquille des Québécois !

J'ai entendu un autre argument contre le projet de Mme Marois qui a contribué à sceller ma conviction de la pertinence de ce projet. "Que dirait-on si je m'en allais dans une autre province canadienne et qu'on me refusait d'être candidat parce que je ne maîtrise pas l'anglais ?". Justement, si vous vous trouviez en Alberta, il ne vous serait même pas permis de penser travailler, interagir, suivre l'actualité et contribuer à la vie civique si vous ne parliez pas anglais. Pas besoin de loi, le "système" se charge de vous. Ici, alors que l'on cherche, démocratiquement, en utilisant les outils qui sont les nôtres, à normaliser notre situation et à asseoir le statut primordial du français au Québec (caractère reconnu même par les fédéralistes) sur des bases solides, on se fera taxer de xénophobes et d'autoritaire. Laissons faire, on verra bien ce que ça donnera dans cent ans ! Le français peut bien disparaître, tant que l'on aura pas porté atteinte à personne...

Juste pour ce que ces accusations représentent comme grossièretés et comme résignation, il faut les combattre et aller au-delà. Les réactions face à notre projet ne doivent pas nous inciter à reculer. Elles doivent, bien au contraire, nous convaincre de foncer et nous pousser à aller plus loin.
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Dimanche, Octobre 21, 2007

Au-delà des idéologies



C'est en voie de devenir la nouvelle obsession d'Alain Dubuc, cette volonté constante de faire passer le mode de perception des revenus du gouvernement de la taxation directe (impôt sur le revenu) à la taxation indirecte (taxes de toutes sortes, notamment à la consommation). Du manifeste des lucides aux sorties de Jacques Ménard et des autres personnalités de pensée économique libérale, cette idée est devenue un cheval de bataille de la droite économique.

D'un autre côté, la gauche souligne, à raison, que les taxes à la consommation ont un caractère régressif, en ce sens qu'elles ont le même coût pour les gens pauvres que pour les riches. Comme ces derniers ont un revenu plus élevé, ils ressentiront moins l'impact d'une hausse de taxes et seraient éventuellement très content de voir l'impôt prélevé sur leur revenu diminuer, alors que les moins fortunés en paient très peu, sinon pas du tout.

Un ami à moi, dont les allégeances de gauche ne peuvent être remises en doute, m'amenait pourtant un argument intéressant l'autre jour : avec les boomers qui s'apprêtent à prendre leur retraite et qui verront conséquemment leurs revenus diminuer, c'est par les taxes à la consommation que nous pourrons continuer à taxer ces citoyens, qui entraîneront des charges sociales toujours plus lourdes et qui demeureront très pesants sur le plan économique, ne serait-ce que par leur nombre. Quitte à moduler davantage les taxes selon les différents types de produits et à accroître le nombre de biens qui en sont exclus pour en atténuer l'impact sur les gens moins fortunés. Rendre les taxes plus progressives donc.

Cet argument me séduit parce qu'il n'est pas idéologique, il est pragmatique. Il ne dit pas, "je suis de gauche, alors je pense ça" ou encore "à droite, nous pensons qu'il faut faire ça". Il commande d'étudier la situation à sa face même. Ainsi, avant que je me rallie à l'idée d'une taxation indirecte, il faudrait que l'on me produise des chiffres qui me démontre que ce sera réellement le meilleur moyen d'assurer des revenus suffisants à l'État dans l'avenir. Non pas parce qu'une idéologie ou une autre le commande mais parce que c'est la solution qui réussi le mieux à accomplir notre volonté d'offrir des programmes sociaux qui font la différence dans la vie des gens et à développer des infrastructures qui nous permettent de réaliser notre potentiel.

Dans ma grande quête pour trouver un qualificatif politique qui convient à ma façon de voir les choses, je reconnais que j'ai une analyse économique classique. C'était le cas de Karl Marx aussi d'ailleurs. Je ne suis pas de pensée libérale par contre. J'assumerais davantage d'être qualifié de conservateur, une idéologie qui conçoit que l'État doit investir afin de contrer certaines inégalités, ne serait-ce que pour offrir une chance à chacun d'accéder au bonheur et assurer la cohésion sociale. Il faut par contre faire preuve de mesure et de retenue avant d'agir dans l'économie et, ainsi, fausser le jeu économique. Une économie complètement libéralisée créerait beaucoup de richesses, mais créerait un monde horrible. Une économie entièrement planifié créerait peu de richesses et les gens seraient tout aussi pauvres, mais plus égaux. Trouver le point précis où on peut maximiser la richesse et le progrès social, trouver le point de rencontre de ces deux axiomes, voilà ma quête en matière d'économie politique. En somme, je ne crois pas en une main invisible qui répartie la richesse. Je reconnais par contre que le libéralisme est plus efficace économiquement, mais l'efficacité économique n'est pas la seule chose qu'une société doit rechercher.

Cette conception classique de l'économie sur laquelle je m'appuie me fait penser que les taxes à la consommation ne devrait tout simplement pas exister et ce, même dans une vision capitaliste. Selon les économistes classiques, une taxe ne devrait servir qu'à décourager une activité que l'on juge nocive pour l'ensemble de la société, comme la pollution ou le tabagisme. À l'inverse, une subvention doit servir à diminuer le coût d'une pratique que l'on juge bénéfique pour tous, comme la poursuite d'études supérieures, l'utilisation du transport collectif ou l'activité physique. Effectivement, dire ceci revient à considérer qu'au Québec, on subventionne la consommation d'électricité. Mais tout ceci est une autre histoire...

Ainsi, je considère que c'est une fraude à la base que de considérer les taxes à la consommation comme une source de revenu pour l'État. Souhaite-t-on décourager la consommation ? Alain Dubuc, dans son monde parfait, logique comme un diagramme de modèle économique, croit que oui, que cela encouragerait l'épargne. Ça fonctionne peut-être dans une perspective macro-économique (encore que j'attends toujours que l'on me produise le moindre chiffre sur l'effet que la baisse de 1% de la TPS de l'an dernier à eu le moindre impact sur la consommation ou sur l'épargne), mais je pense que pour avoir un impact, une telle mesure doit avoir beaucoup plus d'ampleur. En outre, dans ma région natale du Lac-St-Jean, le fait que plus de gens investissent dans des REER et des fonds communs de placement est une bien maigre consolation devant la diminution du chiffre d'affaires d'un commerçant qui peine déjà à joindre les deux bouts.

Ainsi, je pense qu'il est nettement plus approprié de taxer à la base, c'est-à-dire le revenu. L'État se nourrit de l'activité économique en prélèvant à la base sa part pour pouvoir fonctionner. Certains diront que cela revient à taxer le travail. Je pense plutôt que l'ambition, la reconnaissance sociale et le simple accomplissement personnel suffisent à compenser ce coût. Personne ne refusera une promotion ou un nouveau défi professionnel sous prétexte qu'il paiera ainsi plus d'impôt. Les fameux chiffres sur notre productivité m'apparaissent beaucoup plus comme le résultat d'un retard dans notre activité économique que comme une mesure de la motivation des Québécois à faire des heures supplémentaires.

C'est pourquoi, en ce qui me concerne, je rejette cette idée, que certains chérissent avec un zèle quasiment religieux, de faire passer notre taxation directe vers la taxation indirecte. Je pense qu'il est erroné de penser que cela encouragerait notre productivité et l'épargne. Je suis par contre ouvert à changer d'avis si seulement on me démontre que, compte tenu de la situation précaire des finances publiques, c'est la meilleure façon d'assurer le maintien ou la croissance des revenus de l'État.

Par contre, et c'est là où je veux en venir depuis le début avec ce trop long texte, c'est que j'espère au moins que Charest et sa bande auront la présence d'esprit et la grandeur politique de s'emparer illico de l'espace fiscal qu'abandonnera le fédéral lorsque Harper réalisera sa promesse de diminuer les taxes de 1%. Taxes pas taxes, directes ou indirects, c'est exactement un moment où la réalité politique doit rattraper la question fiscale. J'en avais déjà parlé ici, ici et ici. Mais au-delà de toutes les idéologies, il y a le fait que le gouvernement central perçoit trop de revenus compte tenu de ses missions, comme en témoigne les plantureux surplus accumulés années après années et qui servent chaque fois à des fins électorales. Le gouvernement du Québec, de son côté, peine à joindre les deux bouts, ça fait des années qu'on le dit, et ce n'est pas le semblant de réglement du déséquilibre fiscal (flambé en baisses d'impôt) qui est venu régler cette situation. Ça ne serre à rien de passer son temps à réclamer des points d'impôt si on ne saisit pas les occasions d'augmenter nos revenus par nous-mêmes. Et qu'on ne vienne pas me dire que l'insigniffiant point de taxes que les contribuables québécois continueraient de payer les rendraient moins compétitifs que leurs voisins. J'attends encore de voir des chiffres signifiants concernant la dernière baisse.

En tant que nation, nous avons besoin d'un État qui a les moyens de réaliser nos priorités. Et ça, à mon sens, ça dépasse les idéologies. Dans une perspective de gouvernance souverainiste, c'est à mon avis un enjeu dont Pauline Marois et le Parti Québécois devrait se saisir aussi rapidement que possible.

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Samedi, Octobre 20, 2007

L'ONU à Montréal : d'une ambition disproportionnée mais néanmoins rafraichissante



J'ai d'abord crû à un canular. La simple idée que l'Organisation des Nations Unies déménage ses instances et ses groupes associés dans le Vieux-Port de Montréal a quelque chose de trop gros pour être vrai. Mais pourtant, à voir les maquettes et les simulations 3-D, il semble manifestement que des gens sérieux ont consacré une partie importante de leur temps de travail à monter ce projet. Surprenant aussi que cette nouvelle hallucinante en elle-même (qu'elle soit réaliste ou non) n'ait été reprise dans aucun autre média que la Presse, comme si tout le monde prenait pour acquis que la choses n'était pas sérieuse.

Mais imaginez ça juste un instant... L'ONU à Montréal... Les retombées économiques que ça pourrait représenter ainsi que l'attention internationale inouïe que ceci amènerait sur notre métropole. Toronto déclassée pour les neuf prochaines générations. Les chefs d'État de toute la planète affluant vers le Vieux-Port. Le Général de Gaulle serait en fête juste d'y penser...

Mais restons calmes. La simple manière dont ce projet apparaît dans les médias donnent toute l'impression d'être une fuite savamment orchestrée dans l'espoir de récolter les quelques bénéfices politiques que l'on pourrait recevoir pour avoir eu l'initiative d'envisager un projet ambitieux mais qui se serait déjà avéré irréalisable. Il est peu probable aussi que les États-Unis laisseraient partir de leur territoire une institution aussi prestigieuse, bien qu'ils aient eux-mêmes contribué considérablement à amoindrir sa crédibilité. L'ensemble des ONG qui viendraient s'établir à Montréal, comme le prévoie le projet, laisserait un trou important dans l'immobilier New Yorkais. Il est aussi difficile de s'imaginer que Montréal, avec ses installations aéroportuaires pathétiques et ses infrastructures déficientes, puissent accueillir un projet aussi hallucinant. Si ça se trouve, c'est la Ville au complet qu'il faudrait rénover !!! Dans une province qui a très mauvaise réputation à l'étranger quant à la fiabilité des prévisions de coût de ses projets de construction, on ne peut s'empêcher de penser nous-même que l'ONU jouerait avec le feu en donnant son aval à un tel chantier.

En outre, demandons nous à la blague : veut-on vraiment que les groupes autochtones et les Howard Galganov de ce monde soit plus prêt de leur profit quand viendra le temps de vômir sur le Québec ? On pourrait raisonnablement s'attendre aussi à une certaine ingérence de l'ONU dans nos affaires internes pour protéger la paix sociale au sein du pays hôte. Comment vivraient les Nations Unis devant l'imminence d'un référendum sur la souveraineté du Québec ? J'entends ça d'ici : "Si on vote OUI, l'ONU va s'en aller, c'est sûr !" En même temps, dans le cas où le Québec deviendrait indépendant, imaginez quel statut cela donnerait à la jeune république que d'accueillir une telle organisation. Elle deviendrait ni plus ni moins que la Suisse de l'Amérique ! Finalement, devrait-on conclure d'une réponse positive de l'ONU que les observateurs internationaux considèrent en fait que le Québec n'a plus la moindre chance de faire sécession ?

Quoi qu'il en soit, ça fait réver. Ça nous rappelle qu'une petite nation comme le Québec doit, pour compenser sa taille, envisager des projets d'envergure pour tourner sur elle les projecteurs. On critique souvent le maire Drapeau, mais que serait Montréal aujourd'hui sans le métro, l'Expo 67 et les jeux de 1976 ? Le renommée que cela nous a apporté vaut monétairement plus cher que tous les dépassements de coûts et leurs intérêts réunis. Notre métropole et aussi notre capitale ont besoin, pour se développer, de projets mobilisateurs. Pour y arriver, il faut parfois combattre les forces d'inertie des adeptes de la simplicité volontaire et des gens involontairement simples, cette drôle de coalition entre Laure Warridel et la mairesse Boucher. Mais, bon sang, dans le marché mondiale du prestige dans lequel ses villes sont engagées, celles qui se contentent de maintenir leurs acquis se trouvent en fait à reculer, devant les avancées de leurs concurrentes.

En tous cas, si ce projet à la moindre chance de se réaliser, j'espère que le gouvernement rendra illégal le simple fait de tenir une manifestation s'y opposant !!! Je blague, évidemment. Mais les tenants du "pas acceptable si on ne réserve pas d'espace pour des logements sociaux" et du "pas avec mes taxes" sont trop peu représentatifs pour nous faire rater des occasions aussi hallucinantes.
Posted by V at 21:52:00 | Permanent Link | Comments (9) |

Vendredi, Octobre 19, 2007

Une loi 101 de l'identité



Wow ! Ça c'est de la gouvernance souverainiste. Ho que j'aime ça... Enfin on concrétise le discours de l'identité par des politiques réalistes. La création d'une citoyenneté québécoise ainsi que l'adoption d'une constitution sont autant de gestes qui contribueront à définir le Québec et à renforcer notre confiance en nous-mêmes.

Sur les réactions, j'ai deux choses à dire. J'ai entendu des journalistes dire : "Le PQ emboîte le pas à l'ADQ". J'en ai entendu d'autres déclaré : "La PQ appuie le gouvernement". Ce que je pense, c'est que le PQ fait la synthèse. Entre les libéraux qui sorte une modification de la charte (une solution partielle) de leur chapeau pour acheter du temps et l'ADQ qui propose une constitution aux contours vagues et imprécis, Pauline Marois et son parti propose une solution globale qui se veut non seulement une réponse à la crise ponctuelle des accommodements, mais aussi une façon de poser un nouveau jalon des institutions qui renforcent l'identité québécoise.

Quant aux réactions des "civiques" et des multiculturalistes, elles ne manqueront pas d'affluer. On nous taxera d'autoritarisme, de xénophobie et de nationalisme ethnique. On nous adressera, en fait, les mêmes critiques que reçurent, jadis, Camille Laurin et René Lévesque, au moment de créer la loi 101. Si cette loi est adoptée, aujourd'hui ou lorsque le PQ reprendra le pouvoir, on dira 25 ans plus tard que ce fut un geste important qui aura permis au Québécois de souche de se rapprocher des Québécois issus de l'immigration, pour former un peuple toujours plus métissé, mais uni, avec le français en partage. Juste pour ça, il faudra tenir bon devant les critiques.

Au passage, je trouve que les adéquistes sont bien silencieux sur ce sujet... Ils ont dû le prendre dans les dents, faut croire... C'est ça que ça fait, se faire piquer son enjeux. Mais bon, on fait juste reprendre ce qu'André leur avait abandonné.

À ce sujet et en guise de conclusion à la semaine et au débat que nous avons eu à propos de notre ancien chef, un petit film bien rigolo. La réalité dépasse parfois la fiction, je vous avertie ! David Lemelin (le personnage central du sketch) est un journaliste compétent, dont la neutralité ne peut être remise en cause, et qui réussi à aller faire un tour dans l'humour de façon pertinente. Un gars à connaître, donc. Visitez aussi le site internet de son émission, Prenez garde au chien.
Posted by V at 12:55:33 | Permanent Link | Comments (4) |

Les libéraux ne font plus rire

Ça c'est vraiment pathétique... Le Parti Libéral du Canada a déposé un projet de loi visant à créer une commission des valeurs mobilières pan-canadienne. Ce projet est dénoncé par le très fédéraliste gouvernement du Québec et par la plupart des gouvernement des autres provinces... sauf l'Ontario.

On le voit plus que jamais, le problème du PLC se trouve là : ce parti préfèrera toujours perdre 10 votes au Québec qu'un seul dans la plus grosse province canadienne. Stéphane Dion et Denis Coderre auront beau faire : tant que ce parti prendra aussi systématiquement le parti-pris de la centralisation, il demeurera toujours aussi invendable au Québec. Je veux bien croire que l'enjeux est plutôt ésotérique et ne changera pas grand chose dans la vie du citoyen lambda, il y a toujours bien des limites à aller dans le sens contraire de nos intérêts objectifs.

Pourriez-vous, s.v.p., arrêtez d'être aussi pas bon ? Parce que c'est plus drôle la...

Posted by V at 12:40:25 | Permanent Link | Comments (0) |

Jeudi, Octobre 18, 2007

Mercier ne sera pas de la course : avantage Bourget, ouverture pour Bellemare



Le suspence avait assez duré. Ralph Mercier a confirmé aujourd'hui sa décision de ne pas participer à la course à la mairie de Québec, après une longue réflexion. Ce faisant, il aura nuit aux autres candidats potentiels membres du Comité exécutif, tels que Richard Côté et François Picard. Devant leur faible notoriété, ces deux derniers n'ont eu d'autres choix que d'annoncer à leur tout leur absence, faute de temps pour organiser et réaliser une campagne acceptable.

La favorite devient donc incontestablement Ann Bourget. Une médaille qui a deux revers : elle devient ainsi la femme à abattre. Son statut pourrait être éphémère. En effet, où ira l'électorat qui aime le discours populo-trash qui faisait le succès d'Andrée Boucher ? Cette clientèle, composée en grand nombre d'électeurs âgés qui ne manquent jamais de se prévaloir de leur droit de vote, devient plus que jamais alléchante pour les Claude Larose et les Pierre Dolbec en manque de lustre. On peut prévoir que le nivellement par le bas, entamé depuis le début de cette drôle de campagne où les anciens opposants de la mairesse se réclamment tous de son héritage, s'accentuera dans les prochains jours, maintenant que le champion potentiel des adeptes du "beau, bon, pas cher" s'est retiré.

Le candidat potentiel qui doit être le plus heureux aujourd'hui m'apparaît toutefois être Marc Bellemare. Tout le monde se moque de moi depuis que j'ai déclaré, sur ce blogue, qu'il avait un très fort potentiel de croissance ! Pourtant, qui était le favori de la course à la mairie en 2005, avant le spectaculaire retour de la mairesse ? On ne peut en douter : Bellemare et sa politique basée sur son image de justicier et le retour des Nordiques plaisait au peuple de Québec.

Son image s'est ternie, certe. Ses nombreuses tergiversations auront finis par détruire définitivement son image d'homme intègre, son pathétique score final aura fait de lui un pétard mouillé. Mais dans une course avec autant de candidats, il est possible que le prochain maire ne soit le choix que de 35% des électeurs. En allant chercher les électeurs âgés et les pro-CHOI, Bellemare peut raisonnablement penser bien performer s'il entre dans la course.

Il faudra suivre tout ça donc, cette course paradoxale, où les héritiers de L'Allier, comme Larose qui prône la simplicité involontaire et Bourget qui hésite, sont utilisés à contre-emploi et où les candidatures dites "d'affaires", comme Labaume et Bellemare, voudront être ceux qui ont de l'ambition pour la ville. Le dernier le fera en misant sur des enjeux populistes et c'est ce qui pourrait bien lui permettre de bénéficier du retrait des candidats héritiers d'Andrée Boucher.

Les jeux ne sont pas faits. Toutefois, ils se précisent. Qui bénéficiera du retrait de Mercier et est-ce que Bellemare sera de la course : voici les deux enjeux à suivre pour les prochains jours.
Posted by V at 16:01:07 | Permanent Link | Comments (2) |
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