Samedi, Janvier 27, 2007

Pardon !??

Les leaders syndicaux se plaignent de ne pas avoir l'écoute d'André Boisclair. Henri Massé et la FTQ sont du nombre.

Moi qui croyais avoir tout entendu !

Sérieusement,  je n'y comprends rien. Ce n'est probablement pas à moi qu'André Boisclair lui-même avait dit pendant la course au leadership : "J'ai rencontré Henri Massé. Ce qu'il m'a dit ? "André : Va pas trop à gauche !"

Ce n'est probablement pas la FTQ qui non plus qui avait positionner bien en vue dans l'équipe Boisclair certains de ces organisateurs.

On doit pas parlé de la même FTQ dont l'ensemble des commentateurs du monde syndical s'entendait pour dire pendant la course : "c'est André qui l'a".

Y aurait peut-être fallût y penser avant de le soutenir, même informellement. D'autant plus que le bonhomme a jamais eu la réputation d'être trop trop à gauche.

Un choix stratégique dites vous ? Le besoin pragmatique de se positionner auprès de celui que tout le monde voyait comme le favori ?

Wow. La grosse FTQ qui en est rendu à rentrer dans la parade pour se positionner... On est pu les syndicats qu'on avait ! 

Posted by V at 06:43:59 | Permanent Link | Comments (4) |

Lundi, Janvier 22, 2007

Rififi en économie (1 de 2)

J’ai eu l’occasion de visionner un excellent documentaire de la chaîne PBS sur l’évolution de la pensée économique au XXème siècle. Très intéressant.

On peut résumé ça en trois étapes. L’ultralibéralisme du début puis la crise, la montée de l’interventionnisme et de l’encadrement étatique inspiré par les keynésiens pour finir avec le néo-libéralisme de la fin du siècle, c’est-à-dire les politiques de Reagan et de Thatcher inspirées d'Hayek. Vraiment intéressant, je vous le dis.

Par contre, on voyait Thatcher parler et raconter en entrevue comment elle était fière d’avoir libéré son pays et ses habitants de ces politiques ignobles qu’avaient mis en place des socialistes dans leur obsession de contrôler les gens et de gâcher leur vie. Quelle mauvaise foi, me disais-je, comme si les libéraux avaient le monopole du bien public…

On voyait ensuite Milton Friedman parler et je me rappelais le nombre de fois que j’avais entendu des gens de gauche parler de lui en mal, expliquant comment lui et « sa clique du Mont Pèlerin » avaient comploté dans le but de permettre l’exploitation des masses et ouvrir la voie au dégel des frais de scolarité au Québec. J’ai entendu à plusieurs reprises des gens se réjouir de sa mort récente d’ailleurs…

Wo ! Pourrait-on avoir plus de sérénité dans le débat ? Serait-il possible de se dire que, gens de droite, gens de gauche, tout le monde pense détenir la bonne façon d’assurer le bonheur du plus grand nombre ? Pourrait-on présumer de la bonne foi de chacun, comme on dit en droit ?

Les gens de droite pensent qu’en libérant les acteurs économiques, il leur sera plus simple de produire et que le jeu de la concurrence viendra naturellement répartir le tout. Les gens de gauche croient que, pour assurer le plein emploi de la ressource, il faut planifier la production, fixer les prix et, ainsi, s’assurer que chacun aura la possibilité d’avoir sa part du gâteau économique.

Deux utopies. Deux modèles qui ne marchent pas. Des façons de voir les choses en noir et blanc. Des idées qui disent aussi du vrai et qui ont droit de cité dans une démocratie.

Mais, libéraux assumés, enlevez vous de la tête que les socialistes veulent voler vos enfants dans leur berceau pour les endoctriner. Il n’y a pas de complot « national-syndicaliste » au Québec, c’est d’accord M. Breton ? Ne vous en faite pas travailleurs qui en ont assez de payer des impôts : c’est pas juste pour vous écoeurer que le gouvernement vous prélève de l’argent et la redonne aux assistés sociaux. Oui, je sais, vous êtes déçu, ça vous réconfortait de voir ça ainsi.

Quant à vous, militants alter-pleindechoses, les économistes de droite ne jouissent pas quand ils voient augmenter le nombre de personnes pauvres au Québec. Ils croient réellement que si le gouvernement étaient encore moins présents, il y en aurait moins de pauvres. Oui, oui, je vous le dis, ils y croient pour vrai, c’est pas juste un alibi. Et, vous savez, les fameux boss qui auront à composer avec le salaire minimum à 10$ que vous demandez, ce n'est pas juste un des vingt PDG au Québec qui gagnent plus de un million par année. La plupart d'entre eux gèrent des PME et se paye un salaire horaire équivalent à 4$ de l’heure pour continuer à donner des jobs aux gens.

Non, mais y en a marre à la fin d’être caricatural ! La prochaine fois que je vois un gars se plaindre que les membres de son camp sont empêchés de s’exprimer au Québec, je l’enferme dans une imitation de goulag s’il est à droite et je torture sa famille devant ses yeux s’il est à gauche : ils comprendront alors quelle est la différence entre une dictature et un endroit où le débat est serein et s’attacheront peut-être à préserver cette ambiance.

Posted by V at 03:48:40 | Permanent Link | Comments (0) |

Dimanche, Janvier 21, 2007

24 : La source se tarie

Je suis un fan de l’émission 24, diffusée par Fox. Je suis vraiment groupi. Moi, je veux pas me marier avec Élisha Cuthbert parce que je la trouve cute, mais c’est parce que je veux avoir Jack Bauer comme beau-père.

Bien que je demeurerai un fan de 24 jusqu’à la fin, je dois avouer que, à trop vouloir étirer la sauce, il y a une certaine qualité qui se perd.

Ce qui était frappant dans la 1ère saison, c’était de voir chacun des personnages évoluer selon son propre degré d’information : ceux qui savent que Palmer est menacé, ceux qui savent que la fille et la femme de Jack ont été kidnappées, ceux qui savent qui est le truand, etc… Et on voyait comment les actions de chacun en étaient influencées. C’était fascinant.

Dans la deuxième, c’était juste terrifiant de s,imaginer qu’une bombe pourrait exploser aux Etats-Unis. Qu’est-ce que je ferais ? Comment ça passerait ? On était pétrifié par la peur.

Dans la troisième, on en était toujours à se demander : qu’est-ce que je ferais ? Serais-je prêt à faire un tel sacrifice ? Le prix à payer est-il trop élevé ? Jusqu’au aller ? Dilemmes éthiques…

C’est à la 4ème saison que la source s’est tarie, selon moi. Le principe, c’est que chaque attaque terroriste en cache une autre : on fait dérailler un train pour enlever le secrétaire à la défense, pour cacher qu’on s’apprête à faire planter toutes les centrales nucléaires américaines, pour détourner l’attention du vol d’un Stealth Bomber qui abattra Air Force One, afin de voler les codes des missiles nucléaires pour en lancer un sur Los Angeles. Intéressant jeu de poupées russes, mais ça s’essouffle : pas une intrigue pour nous tenir en haleine pendant 24 épisodes, il en faut six.

La cinquième n’a qu’empirer les choses. Plus invraisemblables (ce qui ne nous dérange, au fond, pas tant que ça), on sent vraiment que les scénaristes tournent en rond. On étire la sauce, on fait planté une intrigue pour recommencer à zéro. Il y a bien, de retour, une morale : « Voyez comment la puissance des États-Unis peut être utilisée contre son propre peuple » Mais pas cette tension, cette logique implacable qui fait monter le stress d’heure en heure.

J’ai commencé à écouter la sixième, dimanche dernier. C’est bon, bien meilleur que bien des émissions. La meilleure série d’action au monde à mon avis. Mais la source s’est tarie. On sent pas cette logique. Au fait, qu’est-ce qu’on veut empêcher ? Pourquoi est-ce si grave ? Whatever, y’ont l’air ben stressé et on veut entendre Jack dire « Damn it ! »

En conclusion, même si c'est plus aussi bon, on va continuer de l'écouter comme des poissons.

Posted by V at 05:32:28 | Permanent Link | Comments (1) |

Samedi, Janvier 20, 2007

Ça ne lève pas

Alors, on en est où avec l’équipe de rêve d’André Boisclair ? Pas encore à l’heure des bilans, espérons-le, mais certainement à l’heure des questions.

Plus : Pierre Curzi, Lisette Lapointe, Réjean Thomas (qui n’en finit plus de ne pas confirmer), Robert Beauregard, Jean-François Bertrand (le fils de Guy Bertrand), Alexandre Cloutier (est-ce que quelqu’un en dehors de Lac-St-Jean le connaît?), Robin Philpot, François Rebello, Étienne Vézina (les derniers ne bénéficient pas du soutien du chef)… Ça l’air d’être pas mal ça. Aussi bon, qu’en 1976, c’est Dédé qui vous le dit.

Moins : Jean-Pierre Charbonneau, Stéphan Tremblay, Jonathan Valois et parmi les attendus, Joseph Facal, Alban D’Amours, Jean-Marie De Koninck, Tanya Kontoyani, Luke Mervil, le-député-libéral-de-Groulx-dont-personne-n’avait-jamais-entendu-parler, j’en passe et des meilleurs.

Tout ça pour dire que, question renouvellement de la députation, Landry aura (jusqu’ici) obtenu de meilleurs résultats que Boisclair. Notamment chez les jeunes.

En plus d’avoir recruté Richard Legendre lors d’une partielle, c’est sous sa direction que Stéphane Tremblay est passé au PQ et que Valois, Alexandre Bourdeau, Elsie Lefebvre et Nicolas Girard sont passés au PQ. Admettons que certains ne viennent pas de la volonté de Landry ou sont arrivés là un peu par accident. C’est toujours bien que sous son règne, il y avait des gens (dont des jeunes!) pour se mobiliser. Pas que des gens qu’on attendait là depuis longtemps.

Pas mal pour un chef qu’on disait trop vieux et incapable de renouveler le parti.

En définitive, je ne voudrais pas être le président du CNJ qui cumulerait l’odieux d’avoir pris l’engagement de faire en sorte que 40 candidats de moins de 40 ans soient sur les rangs lors de l’élection et qui aurait à faire le bilan lors du déclenchement.

Heureusement pour moi (et pour mon successeur), on se sépare la tâche à deux !
Posted by V at 04:55:05 | Permanent Link | Comments (1) |

Mercredi, Janvier 17, 2007

Sont tellement cutes...

Les libéraux fédéraux, si on les avaient pas, faudrait les inventer.

Imaginer : le grand parti de Wilfrid Laurier a frôlé l'anéantissement total à cause d'une histoire corruption. Depuis, tous les efforts des libéraux ont servis à nous démontrer qu'ils n'étaient pas (tous) corrompus, qu'ils avaient changé.

Et maintenant arrive cette histoire. Wajid Khan député élu libéral, vient de traverser la chambre et d'adhérer au parti conservateur dont le chef avait solicité ces conseils quant à ses relations avec le monde arabe. Dans les minutes qui ont suivis, les libéraux l'ont attaqué en questionnant les dépenses qu'il avait effectué dans le cadre d'un voyage en Asie. Le dernier rebondissement se trouve à l'adresse suivante. http://www.cyberpresse.ca/article/20070116/CPACTUALITES/70116191/1019/CPACTUALITES

L'ennui, c'est que ça fait déjà quelques semaines que les journaux en parlent et que jusque là, il avait l'appui des libéraux.

Si les libéraux voulaient démontrer qu'ils sont toujours aussi tolérants envers ceux des leurs qui se graissent la patte, ils pouvaient pas prendre meilleur exemple.

Posted by V at 02:24:34 | Permanent Link | Comments (1) |

Je le savais...

59 % des Québécois sont racistes ! C’est une vérité, puisque 59 % de ceux-ci se disent « au moins un peu raciste ».

Moi, je trouve ça bizarre, toutes les gens que j’ai connues dans ma vie qui commençait leur phrase par « moi, chu vraiment pas raciste » la terminaient toujours par un méga-préjugé du genre « sauf des indiens » ou « je dis juste que les noirs savent pas travailler ». (D’ailleurs, donnée, intéressante celle-là, d’aucune maudite façon, le dossier sur le racisme des derniers jour n’a fait allusion aux autochtones… J’en comprends que nos très ouverts journalistes et sondeurs donneurs de leçons ne les considèrent pas encore assez comme des humains pour se questionner sur leur situation… Bravo les mecs !)

Cette statistique m’apparaît comme une excellente nouvelle. Écoutez : tout le monde sait que « raciste », dans notre société occidentale, c’est quelque chose qui a une connotation péjorative. Que 59% des gens qui habitent ici disent : « oui, je l’admets, j’ai un tel défaut » témoigne de notre degré de sensibilisation face à ce problème.

Je suis convaincu que les pires racistes au Québec se trouvent justement dans le 41% de gens qui disent qu’ils ne le sont pas. Constater son biais, c’est se rendre compte qu’il faut se modérer dans ses impressions. Voilà tout.

Moi, je ne vois qu’une bonne nouvelle dans ce sondage : on est conscient qu’être différent, ce n’est pas facile. C’est le début de tout.

Posted by V at 01:43:38 | Permanent Link | Comments (2) |

Dimanche, Janvier 14, 2007

La semaine nationale de l'auto-flagélation

Cette semaine est une semaine importante au Québec. En effet, ce sera une (autre) semaine nationale de l'auto-flagélation !

En effet, Québécor nous offrira en primeur "la plus grand enquête jamais menée" sur le racisme. Un sondage. Il paraît que les chiffres montrent que les Québécois sont pas si tolérants que ça. Ça va être malade.

Regardez bien ça : lignes ouvertes, éditoriaux, tribunes de toutes sortes. On va en avoir pour une semaine à se faire dire qu'au Québec, on a pas vraiment ouverts d'esprit, que notre vieux fond catho est pas trop loin, qu'en dehors de Montréal, on est ben rien qu'un petit peuple refermé sur lui-même et etc... On va parler de notre fameux fond "groulxiste". Le Canada-anglais va peut-être se mettre de la partie. Ça va parler "racisme", "xénophobie", "tolérance", "accommodements raisonnables", "modernité" comme si c'était toute la même affaire.

Lucien Bouchard fait une sortie sur les chiffres qui démontrent que la productivité des Québécois est inférieure à celle de leurs voisins : tout le monde lui tombe sur la frippe. Mais, remarquez bien ce que je vous dis, il se trouvera pas un politicien pour rappeler que la population québécoise est une des plus polyglottes en Amérique. Vous ne verrez pas de leaders syndicaux vanter la loi 101, formidable effort de mixité sociale. Et ne comptez pas sur quelqu'un du monde des affaires pour venir dire que les Québécois ne sont pas pires ou pas meilleurs qu'un autre peuple à cet égard.

Remarquez, je ne veux pas minimiser les difficultés rencontrées par des individus de toutes origines pour s'implanter au Québec. Il n'y a qu'à consulter pour s'en convaincre les chiffres que L'Actualité publiait l'été dernier sur l'employabilité des noirs. (Chiffres qui sont à mon sens beaucoup plus éclairants sur l'état réel de l'ouverture des Québécois qu'un sondage, aussi vaste soit-il, basé sur des perceptions) Faire partie d'un groupe minoritaire est, par définition, quelque chose de difficile. Et oui, je pense qu'il existe au fond de chacun de nous un peu de xénophobie, une difficulté à se mettre à la place de l'autre et de chercher à comprendre que, même en français, les choses n'ont pas toujours la même signification pour chacun.

Cela étant dit, ce qui m'énerve dans tout ça, c'est cette façon de penser, à prime abord, que l'on est pires que les autres à ce niveau. Et je suis convaincu que c'est dans ceci que vont verser les analyses cette semaine. S'il nous reste un fond canadien-français, c'est bien celui-là : celui de la culpabilisation à outrance.

Alors que nous nous interrogeons à savoir si notre définition de "l'accommodement raisonnable" est trop large, peut-on se rappeler qu'il existe des endroits en Occident et partout dans le monde ou l'idée de modifier des pratiques pour accommoder une minorité est vue comme quelque chose de saugrenue ? Je crains pourtant que l'étude qui paraîtra cette semaine rendra encore plus difficile la nécessaire réflexion sur les valeurs non négociables de la société québécoise comme le fait français, l’égalité des individus et la liberté de conscience. Elle ne fera que conforter les tenants de la langue de bois, du politiquement correct et du trudeauïsme, fédéralistes comme souverainistes. Quant à moi, je vous avise que je serai très présents sur les blogues de toutes sortes pour défendre cette société qui, sans être parfaite, a été bien souvent à l’avant-garde quant aux questions que posent le pluralisme et qui, aujourd’hui, aurait intérêt à se tenir plus fermement sur ses valeurs, justement dans le but de créer une société où diversité rimera avec mixité. Je vous invite à faire de même.

Posted by V at 04:48:40 | Permanent Link | Comments (4) |