Mercredi, Septembre 20, 2006

C’est le plus grand des voleeeuuuurs…

Y a pas plus belle surprise cinématographique que le film dont on attend rien.

 

Ce fût le cas hier, alors que j’ai loué le film « Arsène Lupin », avec Romain Duris dans le rôle-titre. Ça faisait longtemps que je m’étais pas autant amusé en écoutant un film, dans le sens d’avoir un réel plaisir à suivre une intrigue et ses rebondissements. Malgré la grande qualité du cinéma français, c’est rare qu’ils arrivent à faire des films d’action/aventure de qualité, si on passe les américanophilies de Luc Besson. (Ben oui, Taxi, c’est bon, mais ça aurait ben pu être tourné n’importe où…)

 

Une caméra dynamique pour un film français sans pour autant être qualifiée de « à l’américaine ». Un scénario de chassé-croisé, parfois prévisibles, parfois surprenants. Un bon casting, qui évite de multiplier les grosses stars, outre pour les personnages principaux (Duris, Kristin Scott Thomas et Éva Green, la prochaine Bond Girl).

 

On aurait pu être tenter de suivre la tendance, de donner une touche moderne à des histoires du XIXème siècle pour rendre ça plus cool, comme ça a été fait avec Van Helsing aux USA et Vidoq ou même Un Long Dimanche de Fiançailles  en France (dans le traitement photographique). Mais on a droit à une bonne reconstitution historique et de beaux combats de savate, cette boxe française, qu’on aurait pu rendre trop asiatique par excès de zèle.

 

Ça réinvente rien et ça aurait pu durer vingt minutes de moins. Mais c’est une bonne façon de revisiter un personnage séduisant, qui fait quand même moins partie de notre culture que de celle de nos cousins.
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Ce tutoiement qui nous tue

Entendu aujourd’hui en cours, dans une conversation entre deux étudiants : « Ouais, je l’ai déjà eu c’te prof là, vraiment chiant… Tsé, le genre de prof qu’il faut appeler Monsieur là… »

 

Ha, ok, tu les appelles comment tes profs d’habitude ? Heille ? Chose ? Man ?

 

Sérieux, y a-t-il quelque chose de plus gênant et qui donne plus honte de sa génération que t’entendre quelqu’un dans un cours s’adresser à un prof d’origine européenne de 65 ans, bardés de trois post-doc et d’une centaine de publication par un : « Ouais mais, tu penses tu que… » Y a de ces moments où on voudrait être ailleurs…

 

Ma mère travaille dans un hôpital. Comme elle est cadre, elle porte un macaron avec « Le respect, c’est vouvoyer » écrit dessus. Oui, vous avez bien lu… les infirmières qui sortent des cégeps ont besoin de se faire dire qu’une madame qui a perdu tous ses cheveux à cause du cancer, on vouvoie ça et que c’est à peu prêt la dernière marque de dignité qui reste à un vieux dans une couche que de se faire parler comme du monde. Désolant.

 

Moi, je suis très « vous ». Je m’attends à être vouvoyer par les personnes que je ne connais pas. Ti-Marc, mon ancien coloc, avait coutume de dire que c’est parce que ça me fait sentir important… Ce serait vrai si je ne vouvoyais pas moi-même professeurs, caissière de dépanneur et parents de mes amis.

 

Bon, y a des exceptions. Ça me faisait toujours rire quand j’étais président du CNJPQ, les jeunes militants qui me vouvoyaient… « Prends ça cool man ! On est dans la même gang ! » que j’avais envie de leur dire. Dans le fond, ils résonnaient comme moi : ils préféraient avoir l’air téteux que polissons. De même, André Boisclair exige d’être tutoyer par tout le monde. Il m’est arrivé de me dire que si il se faisait traiter comme un chef, il n’aurait peut-être pas toujours besoin de faire des simagrés pour donner l’impression d’en être un.

 

En politique, j’avais trouver un compromis. Je vouvoyais les députés, tout en appelant ceux que je connaissais d’avantage par leur prénom. Du genre « Comment allez vous, Pauline ? ». Dans la plupart des cas, ils finissaient par me dire de les tutoyer.

 

Certains disent que le vouvoiement crée une distance, marquent les différences de classe. D’autres disent qu’il est aussi facile d’envoyer promener quelqu’un en le tutoyant qu’en le vouvoyant. Je sais pas… je suis pour le vouvoiement à l’école surtout pour apprendre aux jeunes à faire la différence entre les deux. Ça va être beau, les jeunes avocats qui vont sortir du Barreau et qui vont devoir se faire expliquer qu’on tutoie pas un juge…

 

C’est bizarre quand même, une convention sociale que les gens n’interprètent pas tous de la même manière, à degré variable. Y a des gens qui imposent le vouvoiement par leur attitude, d’autres qu’on ne peut s’imaginer faire autrement que de tutoyer.

 

De toute façon, comme dirait Montaigne, quelque soit le siège sur lequel on repose, on est jamais assis que sur son cul… Ou, autrement dit, « vous êtes congédiés » ne doit pas vraiment être moins blessant que « t’es slaqué mon osti
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Mardi, Septembre 19, 2006

Tragédies et politique

J'ai livré ce matin à CHYZ une chronique sur les effets que les drames collectifs peuvent avoir sur l'espace public d'une société. En effet, j'émets l'hypothèse que, si on ne tient pas compte de l'évolution sociologique normale d'une communauté politique, les tragédies sont les principaux vecteurs durables du débat public, après les échéances électorales.

J'ai regroupé les effets de ces événements en quatre catégories :

- Une tragédie peut avoir pour effet de faire monter la cote d'un politicien : Lucien Bouchard lors des catastrophes du déluge et du Verglas (plus haut taux de satisfaction enregistré par un gouvernement en exercice de l'histoire du Québec), Rudolph Guliani lors du 11 septembre (élevé au rang de héros alors que complètement décridibilisé en fin de mandat).

- Une tragédie peut souvent avoir l'effet inverse, en donnant une image faible d'un dirigeant ou en le rendant responsable des conséquences : Bourassa durant les crises d'Octobre et d'Oka, Bush lors de Katrina.

- Un drame national peut aussi avoir pour effet de créer un sentiment de solidarité populaire à l'égard du dirigeant dans la conduite de sa politique, à l'intérieur mais aussi à l'échelle internationale : Roosevelt après Pearl Harbor, Bush après le 11 septembre. Dans les deux cas, l'événement a tellement donné un rapport de force aux présidents, que l'on a soupçonné qu'ils pouvaient même en avoir été complice. Sur le cas du 9/11, les reportages de la semaine dernière nous rappellait comment le monde était solidaire des USA au lendemain des attentats et à quel point Bush avait dilapidé ce capital de sympathie, notamment avec l'intervention en Irak.

- Finalement, les tragédies sont soumises aux interprétations et aux récupérations des groupes de pression : lobbies féministes et anti-armes après la Polytechnique, Hydro-Qc qui bâtit des lignes en toute vapeur après le verglas, Dawson Student Association, lobbies pro-armes et anti-armes après Dawson. C'est ainsi que les tragédies pèsent sur la législation et la structure politique de notre monde.

Ma conclusion : ben simpliste. Pour qu'un politicien ressorte grandit d'une crise, il doit justement éviter de faire de la politique avec. Il doit assurer, se montrer rassurant, faire ce qu'il faut. Conduire une crise avec compétence, sans penser politique demeure le meilleur moyen d'en ressortir avec des gains.

C'est pour ça que Harper a attendu avant de refaire un statement sur le registre.

C'est pour ça par contre que, dans les prochaines semaines, il faudra surveiller Charest sur le même dossier. Ce pourrait être une belle cause commune à partager avec le peuple Québécois à l'approche d'élections générales.

C'est à suivre.

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Samedi, Septembre 16, 2006

La Presse : le meilleur journal au Québec !!! (sic)

J'ai toujours acheté deux journaux : le Journal de Montréal/Québec et le Devoir.

Ainsi, j'avais ce que le monde lisent et j'avais l'analyse.

Je lisais pas Gesca, je l'ai gratis sur cyberpresse et je veux pas donner de cash à Desmarais.

Mais maintenant, c'est décidé, je flush Québecor pour la pute de la rue St-Jacques !

Non mais, du sang, en veux-tu en vlà !

http://www.cyberpresse.ca/article/20060915/CPACTUALITES/60915098/5032/CPACTUALITES

Du vrai jaunisme... je n'ai jamais traité avec cette Hugo Meunier, mais en matière de "Live dans votre journal" il a dépassé les standards les plus horribles du genre depuis trois jours celui-là.

"Le tueur était un gothique malsain !!! (exclusif jeudi)"

"La victime était adorable et son cadavre a été mutilé de neuf balles !!! (exclusif vendredi)"

"Ses parents sont dévastés et l'aiment toujours !!! (exclusif samedi)"

Non mais, est-ce que quelqu'un voudrait bien m'enfermer ce journaliste et son chef de pupitre au plus maudit, histoire d'assurer notre sécurité intelectuelle !

Comme quoi, c'est pas à la jauneur du logo qu'on juge le jaunisme du propos.

Posted by V at 04:00:55 | Permanent Link | Comments (0) |

Vendredi, Septembre 15, 2006

Bien dit !

"Il y a plein de mafiosis qui écoutent de l'opéra et qui tuent des gens quand même. "

- Serge Lacasse, professeur d'analyse de la musique populaire à l'Université Laval.

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Jeudi, Septembre 14, 2006

Cheap et minable...

Le mouvement étudiant nous épate encore. Flairant l'occasion de faire un peu de millage sur les chaînes d'information continue, l'association étudiante de Dawson, probablement conseillée là-dedans par les fédérations étudiantes, s'est dit que l'événement de la fusillade était une bonne occasion de vomir sur la direction du cégep :

http://www.radiocanada.ca/nouvelles/societe/2006/09/14/007-fusillade-etudiants-reax.shtml

Non mais, c'est quoi l'utilité de faire ça à ce stade ?

Imaginez vous. Vous êtes un boss, un cadre, n'importe quoi. Un événement comme celui-ci survient dans votre établissement. Vous faites quoi ? Vous vous assurez de la sécurtié de tout le monde. C'est ça la priorité. Ben oui, il faut s'occuper des gens en état de choc, les aider à rentrer chez eux, mais il est fort probable que pour une direction de Cégep, gérer l'évacuation c'est déjà quelque chose de passablement énorme et exceptionnel. Mais quand après ça les gens que tu as contribué à sauver de chie dessus, ha ben là, ça doit être le bonheur.

« Où était le groupe d'intervention de l'administration de Dawson? », a demandé son collègue de Concordia, Khaleed Juma. Il existe probablement pas, mon pit. Parce que ces événements sont tellement exceptionnels que c'est pas toutes les polyvalentes, les centres d'achat et les CLSC qui ont l'expertise et les ressources pour déveloper des protocole d'urgence pour toutes les situations possibles et inimaginables.

Heille, imaginez, les étudiants se sont fait aider par CSU, l'asso de Concordia ! C'est tu pas terrible ! Heille, les amis : c'est ça une société, chacun fait sa part. La direction s'occupe du building, le monde autours s'occupe des gens. "De chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins." C'est Marx qui a dit ça. Il me semble qu'on devrait pas avoir besoin d'expliquer ça à des cégepiens...

7500 personnes. C'est le nombre d'étudiants qu'il y a à Dawson. En plein mercredi midi, disons que 4000 étaient présents. Il y avait un malade avec trois armes dans ce building et il n'y a eu, à ce stade qu'une seule personne décédée parmi eux ? Wow ! On l'a échappée belle ! La police, la ville, la direction du Cégep ont fait une moyenne bonne job ! D'autant plus que, à ce que je sache, les gens de la direction sont aussi des victimes dont la vie a été menacée et qui ont des plaies à panser.

Mais comme le dit la présidente de l'asso, Melanie Hotchkiss, son organisation tente maintenant de travailler avec la direction pour répondre aux besoins en soutien des étudiants touchés. Ben oui. C'est sûrement de faire une conférence de presse pour lui chier dessus qui va faciliter les affaires. C'est le fun de voir aussi que, alors que la direction travaille à recoller les morceaux, les jeunes ont le temps de faire de la tv.

Mais bon, puisque l'on aime bien se regarder le nombril dans cette histoire là, une petite tape dans le dos auto-administrée fait du bien :

http://lcn.canoe.com/lcn/infos/regional/archives/2006/09/20060914-114719.html

"La présidente Melanie Hotchkiss a d'abord tenu à mentionner l'efficacité et la rapidité d'intervention de l'association étudiante de Dawson dans l'évacuation des étudiants. " Merci. Bravo.

"La Dawson Student Union (DSU) a remercié les autres associations étudiantes montréalaises, dont la Fédération étudiante universitaire et la Fédération étudiante collégiale du Québec, qui ont offert un coup de main, ainsi que la Société de transport de Montréal et l'organisme Jeunesse au Soleil." (Radio-Can) Merci pour les conseils de comm. Bravo.

En passant les amis, vous avez une membre qui est morte hier et quelques autres qui ne sont pas tirés d'affaire. Un peu de retenue et de respect, c'est pas une intervention qui serait pertinente ça ?

Posted by V at 15:33:03 | Permanent Link | Comments (8) |