Samedi, Octobre 21, 2006

Elle est bien bonne celle-là

Luck Mervil, la caution multiculturaliste d’André Boisclair, va appuyer la candidature de Françoise David dans Gouin. Et le comble, c’est que celle-ci est candidate contre le lieutenant politique du chef, Nicolas Girard lui-même !

Fallait les entendre, les militants d’André Boisclair durant la course au leadership, vanter les mérites de Luck Mervil, dire comment c’était un artiste politique, consciencieux, qui n’avait pas peur de se mouiller avec nous. On espérait à haute voix sa candidature.

Moi, j’ai toujours trouvé que Mervil, par son discours, ne semblait pas comprendre la politique partisane. Il me semblait que son appui d’André Boisclair n’avait que des motivations cosmétiques et qu’il semblait ne s’être que trop peu demander qu’est-ce que ça donnerait quand il serait chef de parti. L’appui de Chaffik de Loco Locass m’avait donné la même impression.

Mais là, c’est le comble. Mervil quitte le PQ, en donnant notamment pour raison un ramollissement du discours, pour appuyer un parti qui dit ouvertement que la souveraineté n’est pas une priorité. Ben oui mon Luck, tant qu’à appuyer un parti qui fait un accroc à son plan de match, autant en appuyer un qui en a pas, comme ça au moins, on aura pas de faille dans la doctrine ! Encore du cosmétique.

Quant à l’autre argument évoqué, c’est-à-dire que la démission de Dominique Ollivier, grande promotrice de l’élection que députés issus de l’immigration , le rendrait mal à l’aise, il faut faire attention. Qu’en est-il vraiment ? Quelles sont les raisons de la démission de Mme Ollivier ? Je ne commenterai pas davantage, mais il semble que pour Luck Mervil, le simple fait qu’elle ait quitté est la preuve que quelque chose ne tourne pas rond dans le parti. Toujours une décision cosmétique.

En conséquence, moi je m’en fous un peu que Luck Mervil appuie Québec Solidaire, j’en suis même très content. Je ne pense pas que sa contribution était à tout cassé, son appui envers André Boisclair, alors qu’il ne connaissait rien au parti, ni à l’individu en question (on voit comme il s’en mort les doigts aujourd’hui…) démontre son peu de profondeur. De l’autre côté, l’actuel chef du PQ s’est servi de plein de cautions non-péquiste pour se faire élire en novembre dernier (déjà un an… aiy !), de Philippe Dubuc (qui a fait faillite depuis) à Luck Mervil. Je trouve extrêmement marrant d’en voir un revenir chier sur son tapis aujourd’hui !

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Vendredi, Octobre 20, 2006

La force d’un mythe

Les Québécois sont ambivalents ! Ben oui, ils l’ont dit cette semaine. Robert Bourassa a su incarner, à lui-seul, les hésitations des Québécois.

Moi, je pense qu’il est tant qu’on en finisse avec la fameuse thèse de l’ambivalence des Québécois. Qu’on cesse de nous personnifier comme des branleux.

Parce que la vérité, ce n’est pas que les Québécois ne savent pas ce qu’ils veulent. La vérité, c’est que les Québécois sont divisés.

Il y avait le personnage d’Yvon Deschamps qui voulait un « Québec séparé dans un Canada uni » et qui, prétendait-on, représentait le Québécois moyen. Pourtant, pour reprendre une image souvent utilisée par mon ami Martin Barabé, on est pas comme ça au Québec : on a 49 Raymond Villeneuve et 49 Howard Galganov, entre qui leur chum Yvon ne sait plus où donner de la tête.

Plus concrètement, il y a au Québec entre 40 et 45 % de souverainistes plutôt fermes, environ 45 % de fédéralistes assez décidés et il y a un 10 à 15 % de gens qui le savent pas pantoute, on s’en sacre un peu. Ça fait, au bout du compte, un peuple qui se branche pas, qui tranche pas, parce qu’il n’y a pas une opinion clairement majoritaire, comme dans le cas de pays qui font leur indépendance à 90% d’appui.

Robert Bourassa a situé son action politique à une époque où une certaine proportion de souverainistes, par pragmatisme, ont tenté le coup du Lac Meech. On a tiré l’élastique assez loin dans cette direction que, lorsqu’il a éclaté, il a claqué dans la face des fédéralistes. On a alors enregistré des taux d’appuis à la souveraineté au-dessus des 70%, du jamais vu, ni revu d’ailleurs.

Ce qu’à fait Bourassa à ce moment-là, ce n’est pas « incarné l’ambivalence et les hésitations des Québécois ». Il a utilisé leur division. Tirant tantôt vers le nationalisme pour donner le chance, ramenant ensuite vers le fédéralisme pour finir par stabiliser la bête à son point de départ : un peuple qui n’arrive pas à s’entendre sur la voix à suivre. Comme un véliplanchiste, ne pouvant avancer droit et ne pouvant que faire que d’utiliser les vents contraires pour se déplacer : tantôt à droite, tantôt à gauche, jamais en ligne droite.

C’est d’ailleurs tellement clair quand on lit le tricheur de Jean-François Lisée : quand Bourassa veut faire passer une orientation plus nationaliste, il la présente d’abord à son caucus, plus représentatif des sentiments de la population. Quand il veut recentrer son affaire vers le fédéralisme, il passe par son conseil des ministres.

Alors, lâchez moi avec l’image d’un Robert, politicien tellement rusé qu’il a réussi à parler au nom de tout le monde en même temps, à faire littéralement vivre les ambitions de son peuple à travers lui.

Robert Bourassa n’a pas cherché à unir les Québécois, il a utilisé leurs divisions pour passer une crise.

Ça lui enlève pas tout ses mérites. Ça enlève pas la Baie James et l’assurance-maladie. Mais c’est ce qui en est de son rôle dans le dossier constitutionnel.

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Mercredi, Octobre 18, 2006

Combattre le simplisme

C’est bien moi.

Je vais me la jouer indépendant d’esprit…

Je vais me mettre entre les deux, fait que tout le monde va me chier dessus et ça me donnera l’impression d’être un intellectuel sans maison.

De gauche à droite, tout le monde va me dire que je suis un vendu dans indépendance intellectuelle.

Et oui, ceux qui me connaissent le devinent déjà, je vais me porter à la défense de Lucien Bouchard.

Mais tout en expliquant pourquoi je ne suis pas d’accord avec lui.

Alors, amis de droite, amis de gauche, je vous attends, chier moi dessus en me traitant de socialiste ou de libéral.

Voici les faits :

-         Lucien Bouchard, initiateur et signataire du manifeste des Lucides, donne une entrevue bilan où il évoque, parmi une demie-douzaine d’autres raisons, le faible taux d’heures travaillées comme un exemple de choses qu’il faudrait améliorer au Québec.

-         Les syndicats, les groupes corpos et le Québécois moyen lui tombent dessus en disant que le monde travaille déjà ben assez de même, qu’il faut bien donner le bain au petit, qu’au prix qu’on est payé on est pas pour travailler plus et etcetera, et etcetera, et etcetera…

-         Pendant ce temps, nos intellectuels (parce qu’ils existent !) de droite répondent que « ben oui, c’est vrai, les Québécois sont des lâches » et que, » « ben oui, c’est vrai les habitants de l’USA et Ontario veulent plus travailler que les Québécois » et que « ben oui, le modèle Québécois c’est de la marde, j’en veux pour preuve tel bolo subventionné par l’institut national des crosseurs incorporés », ce qui amènera tous les Jeff Fillion de ce monde – et nombre de citoyens de la région de Québec -  à penser que être francophone, c’est être un peu minable et que, eux autres, ils l’ont l’affaire les AMARICAINS !!!

En ma qualité de Claude Villeneuve, gars de 24 ans sans bacc, je me permets de déclarer que tous ces gens ont torts.

Voici ce qu’il en ait :

-         Le nombre d’heures travaillées par habitant n’est pas une valeur mesurant la volonté d’un peuple à travailler  c’est la mesure de la capacité d’une économie à employer ses travailleurs.

-         Le nombre d’heures travaillées par habitant ne tient pas compte que nombre des travailleurs qui sont mesurés dans cet agrégat sont des travailleurs saisonniers, des gens en recherche d’emplois ou des gens à temps partiel qui aimeraient travailler à temps plein.

-         Le nombre d’heures travaillées par habitant ne compte pas le temps que les travailleurs consacrent à leur famille, à donner les leçons à leurs enfants, à effectuer des travaux domestiques, à planifier leur retraite ou leur projet d’entreprise, ce qui fait en sorte que ce n’est pas une mesure efficace à la productivité.

Par contre :

-         Le nombre d’heures travaillées par habitant du Québec, par rapport aux États-Unis et à l’Ontario, témoigne du fait que notre main-d’œuvre passent moins d’heures à produirent des biens que dans d’autres économies.

-         Le nombre d’heures travaillées par habitant du Québec, par rapport aux États-Unis et à l’Ontario, témoigne du fait que nous n’employons pas notre main-d’œuvre aussi pleinement que d’autres économies le font.

On peut donc en déduire que :

-         Notre économie n’arrive pas autant à produire qu’elle le pourrait.

Et c’est ce que Lucien Bouchard a voulu dire : que nous n’exploitons pas autant notre capital humain que nous le pourrions, en utilisant pour preuve le nombre d’heures travaillées par habitant.

Donc, maintenant si vous êtes de l’une des opinions suivantes :

-         Bouchard a raison, les Québécois sont des lâches, ils ne travaillent pas assez.

-         Bouchard est un gros bourge sale et arrogant qui se pogne le beigne en voulant faire travailler les pauvres Québécois; il veut nous faire travailler plus que ce que nous  pouvons : des jobs on en chie pas !

Je vous dis la chose suivante :

-         Vous n’avez pas assez d’envergure intellectuelle ou de capacité d’écoute pour participer au débat : mêlez-vous de vos affaires, vous êtes soit un démagogue soit un inculte.

Lucien Bouchard a dit que la main-d’œuvre au Québec n’était pas assez employée, parmi bien d’autres problèmes, et qu’il fallait remédier à cela, dans un contexte où toute notre capacité de produire doit être consacrée à créer, à produire, à faire face au choc démographique.

Maintenant, sommes-nous prêts, êtes vous prêts, à faire les sacrifices nécessaires pour y arriver ? Et, en contrepartie, nos politiciens sont-ils prêts à contribuer, à payer le coût politique nécessaire à ce que ça se produise ? Les entreprises sont-elles prêtes à l'audace, au risque, à l'investissement nécessaire, pour que cela se produise ? Et vous, chers gens de droites, vos solutions pour y arriver, au fait, c’est quoi, à part de dire qu’il faut fermer la shop ? Et, je m'en voudrais de vous oublier, camarades de gauche, on fait comment pour que ça arrive ?

C’est là, et seulement là, que le débat se passe.

Les gens avec des critiques sont invités à restés chez eux. Les gens avec des solutions à proposer sont tenus de s’exprimer !

Posted by V at 04:53:52 | Permanent Link | Comments (4) |

Samedi, Octobre 07, 2006

Simple de même...

Je vous propose un raisonnement - un syllogisme ben simpliste que j'ai dans la tête -  concernant l'histoire du viaduc de la Concorde et j'aimerais savoir ce que vous en pensez :

1- Quand un gouvernement crée une commission d'enquête, c'est pour faire la lumière sur une situation qui nécessite plus de recul que l'opinion d'un ministre et de son staff pour y voir clair.

2- Pour ce faire, il faut que les gens en charge de l'enquête soient d'une indépendance irréprochable et ce, pour deux raisons :

a) Pour rendre un jugement vide de tous préjugés, conforme à la réalité.

b) Pour que les recommandations émises ne soient pas soumises à des doutes, qu'elles soient crédibles et que le public les accepte comme telles.

3- En conséquence, est-il futil de conclure que le simple fait que le commissaire Pierre-Marc Johnson, ancien PM, ait eu à justifier et expliquer sa propre nomination suite à la controverse qu'elle soulève (parce que c'est un ancien péquiste, parce qu'il a appuyé un libéral, parce que sa fille travaille pour l'exécutif et, surtout parce qu'il était, jusqu'à récemment, membre du CA d'un membre de l'industrie des entrepreneurs en infrastructures) le discrédite d'emblée pour la tâche qu'il a accomplir ?

J'aimerais vous entendre là-dessus.

Posted by V at 02:44:46 | Permanent Link | Comments (8) |

Jeudi, Octobre 05, 2006

Chauffeur, Hilton Kaboul S.V.P.

Rappelez-vous l’an 2000…

Nous entrions dans un nouveau millénaire, le bogue de l’an 2000 avait planté, les 35 heures passaient en France, qui venait de gagner l’Euro, le mouvement alter-mondialiste prenait son envol, la deuxième Intifada commençait.

Je me rappelle, très clairement, avoir reçu, à quelques reprises, un courriel qui se lisait à peu prêt comme suit :

« Arrêtons les Talibans ! Ce sont des obscurantistes ! Ils forcent les femmes afghanes à porter la burkha ! Des hommes meurent dans les hôpitaux parce qu’il manque de médecins, alors que plein de femmes qui le sont ne peuvent pratiquer ! Des femmes meurent parce qu’elles ne peuvent être traitées par des médecins, puisque seul leur mari peut les toucher ! Ils ont détruit les grands Bouddhas ! Ils considèrent l’Être humain comme impur ! C’est pour ça qu’ils forcent les hommes à porter la barbe ! NON MAIS, QU’ATTEND LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE POUR RÉAGIR ??? On ne peut compter sur les Américains, trop occupé à se mêler des affaires de l’Ex-Yougoslavie ! »

Ben voilà, c’est arrivé. On s’en est mêlé. Peut-être pas pour les bonnes raisons. (Moi, la question que je me pose, c’est pourquoi y a fallu le 11 septembre pour aller mater cette bande de néandertaliens) Peut-être parce que les Américains voulaient y faire passer un pipeline…

La dénonciation des Talibans précédemment énoncée, me paraît être animé par des valeurs de gauche : humanisme, féminisme, ouverture, égalité. Mais puisque ce sont les USA de Georges Bush qui les ont attaqués, ce sont devenus des victimes, des incompris, des amis du peuple.

Avant les Talibans (sous les communistes – et avant eux, sous la royauté), les femmes afghanes gagnaient en liberté, il y avait des écoles, le français était enseigné à Kaboul comme une langue de culture.

Les Talibans (appellation des étudiants des écoles coraniques, tenants de l’application intégrale de la Charia) ne sont pas le peuple afghan ! Ce n’est pas un peuple, des résistants, des élus ! Il s’agit d’une élite, souvent issue de milieu étranger, venue combattre les dirigeants soutenus par l’URSS, en étant financés par les Américains, il est vrai. Ils ont par la suite financé, aidé, hébergé, encouragé, la formation de terroristes cherchant à attaquer l’Occident.

Ceci dit, quand quelqu’un me dit que nous devrions nous retirer d’Afghanistan, que le Canada se doit d’être pacifiste, de ne pas se mêler de ces conflits, que les soldats morts sont des victimes de l’intégrisme de Georges Bush et de Stephen Harper, je ne peux m’empêcher de me demander si je suis face à des gens qui ne connaissent rien aux contextes historico-politique de l’Asie centrale et de l’Islamisme, qui sont anti-américanistes à un point maladif ou qui sont simplement irresponsables.

Je ne tomberai pas dans le simplisme de certains va-t-en-guerre qui se plaisent à qualifier les pacifistes de complices des terroristes.

Je crois simplement que nous avons le droit d’affirmer nos valeurs. Je ne crois pas que nous avons le droit de les imposer. Je crois que nous avons le droit de les défendre. Je crois que ces valeurs étaient partagé par nombre d’Afghans et que nous avons péché en ne les aidant pas à les défendre adéquatement. Je crois que ce régime, par son soutien au terrorisme, nuisait à notre capacité de vivre selon nos valeurs.

Maintenant, il faut ramasser notre merde. Non pas celle du post-9/11, mais celle du post-communisme.

Et je suis bien content, je suis très fier, que ce soit des Canadiens, et nombre de Québécois, qui fassent cette job, parce que nous sommes meilleurs que les Américains pour la faire.

Alors, on fait quoi ? On fout le camp et on laisse le pays aux Talibans ? On se dit que c’est pas notre problème et que d’autres pays occidentaux s’en chargeront ?

Je dis non !

Je suis Québécois et je ne suis pas fédéraliste. Je suis anti-militariste mais je ne suis pas pacifiste. Je suis occidental, ce qui fait que j’aime la diversité de cette planète. Je crois à l’égalité en droit. Je crois en l’humain.

Pour toute ces raisons, j’appuie l’intervention canadienne en Afghanistan.

Posted by V at 15:38:00 | Permanent Link | Comments (4) |