C’est bien moi.
Je vais me la jouer indépendant d’esprit…
Je vais me mettre entre les deux, fait que tout le monde va me chier dessus et ça me donnera l’impression d’être un intellectuel sans maison.
De gauche à droite, tout le monde va me dire que je suis un vendu dans indépendance intellectuelle.
Et oui, ceux qui me connaissent le devinent déjà, je vais me porter à la défense de Lucien Bouchard.
Mais tout en expliquant pourquoi je ne suis pas d’accord avec lui.
Alors, amis de droite, amis de gauche, je vous attends, chier moi dessus en me traitant de socialiste ou de libéral.
Voici les faits :
- Lucien Bouchard, initiateur et signataire du manifeste des Lucides, donne une entrevue bilan où il évoque, parmi une demie-douzaine d’autres raisons, le faible taux d’heures travaillées comme un exemple de choses qu’il faudrait améliorer au Québec.
- Les syndicats, les groupes corpos et le Québécois moyen lui tombent dessus en disant que le monde travaille déjà ben assez de même, qu’il faut bien donner le bain au petit, qu’au prix qu’on est payé on est pas pour travailler plus et etcetera, et etcetera, et etcetera…
- Pendant ce temps, nos intellectuels (parce qu’ils existent !) de droite répondent que « ben oui, c’est vrai, les Québécois sont des lâches » et que, » « ben oui, c’est vrai les habitants de l’USA et Ontario veulent plus travailler que les Québécois » et que « ben oui, le modèle Québécois c’est de la marde, j’en veux pour preuve tel bolo subventionné par l’institut national des crosseurs incorporés », ce qui amènera tous les Jeff Fillion de ce monde – et nombre de citoyens de la région de Québec - à penser que être francophone, c’est être un peu minable et que, eux autres, ils l’ont l’affaire les AMARICAINS !!!
En ma qualité de Claude Villeneuve, gars de 24 ans sans bacc, je me permets de déclarer que tous ces gens ont torts.
Voici ce qu’il en ait :
- Le nombre d’heures travaillées par habitant n’est pas une valeur mesurant la volonté d’un peuple à travailler c’est la mesure de la capacité d’une économie à employer ses travailleurs.
- Le nombre d’heures travaillées par habitant ne tient pas compte que nombre des travailleurs qui sont mesurés dans cet agrégat sont des travailleurs saisonniers, des gens en recherche d’emplois ou des gens à temps partiel qui aimeraient travailler à temps plein.
- Le nombre d’heures travaillées par habitant ne compte pas le temps que les travailleurs consacrent à leur famille, à donner les leçons à leurs enfants, à effectuer des travaux domestiques, à planifier leur retraite ou leur projet d’entreprise, ce qui fait en sorte que ce n’est pas une mesure efficace à la productivité.
Par contre :
- Le nombre d’heures travaillées par habitant du Québec, par rapport aux États-Unis et à l’Ontario, témoigne du fait que notre main-d’œuvre passent moins d’heures à produirent des biens que dans d’autres économies.
- Le nombre d’heures travaillées par habitant du Québec, par rapport aux États-Unis et à l’Ontario, témoigne du fait que nous n’employons pas notre main-d’œuvre aussi pleinement que d’autres économies le font.
On peut donc en déduire que :
- Notre économie n’arrive pas autant à produire qu’elle le pourrait.
Et c’est ce que Lucien Bouchard a voulu dire : que nous n’exploitons pas autant notre capital humain que nous le pourrions, en utilisant pour preuve le nombre d’heures travaillées par habitant.
Donc, maintenant si vous êtes de l’une des opinions suivantes :
- Bouchard a raison, les Québécois sont des lâches, ils ne travaillent pas assez.
- Bouchard est un gros bourge sale et arrogant qui se pogne le beigne en voulant faire travailler les pauvres Québécois; il veut nous faire travailler plus que ce que nous pouvons : des jobs on en chie pas !
Je vous dis la chose suivante :
- Vous n’avez pas assez d’envergure intellectuelle ou de capacité d’écoute pour participer au débat : mêlez-vous de vos affaires, vous êtes soit un démagogue soit un inculte.
Lucien Bouchard a dit que la main-d’œuvre au Québec n’était pas assez employée, parmi bien d’autres problèmes, et qu’il fallait remédier à cela, dans un contexte où toute notre capacité de produire doit être consacrée à créer, à produire, à faire face au choc démographique.
Maintenant, sommes-nous prêts, êtes vous prêts, à faire les sacrifices nécessaires pour y arriver ? Et, en contrepartie, nos politiciens sont-ils prêts à contribuer, à payer le coût politique nécessaire à ce que ça se produise ? Les entreprises sont-elles prêtes à l'audace, au risque, à l'investissement nécessaire, pour que cela se produise ? Et vous, chers gens de droites, vos solutions pour y arriver, au fait, c’est quoi, à part de dire qu’il faut fermer la shop ? Et, je m'en voudrais de vous oublier, camarades de gauche, on fait comment pour que ça arrive ?
C’est là, et seulement là, que le débat se passe.
Les gens avec des critiques sont invités à restés chez eux. Les gens avec des solutions à proposer sont tenus de s’exprimer !