La "liberté" du Québec (1 de 2)
On fait peu de cas, par les temps qui courent, du 40e anniversaire de la visite du général De Gaulle et de son fameux « Vive le Québec libre ! ». Lassitude face à l’option, marre des commémorations de toutes sortes qui font un peu boomers, bien des facteurs peuvent expliquer ce manque d’intérêt.
Mais je pense que l’occasion est belle de souligner un aspect du discours souverainiste dont il faut se défaire. D’abord parce qu’il est obsolète, ensuite parce qu’il ne rejoint plus les gens mais surtout parce qu’il est faux.
Il s’agit de cette assertion selon laquelle le Québec ne serait pas « libre ». Remarquez, elle est aussi utilisée par les fédéralistes hardcores qui veulent narguer les tenants de l’option et souligner leur échec…
Comprenez moi bien. Je suis indépendantiste. La raison pour laquelle je le suis, c’est justement pour accroître la liberté du Québec et des Québécois. Liberté politique, liberté économique, liberté culturelle, nommez-les.
Je pense que, au jour le jour, les volontés démocratiquement exprimées par les Québécois sont entravées par un État central qui envahit nos compétences, par une Cour suprême qui interprète nos lois en vertu d’un document auquel nous n’avons pas souscrit, par ce même document qui nous empêche d’adopter les institutions qui nous conviennent (lieutenant-gouverneur) et par des politiciens canadiens-français qui prétendent être les hérauts de nos revendications mais qui n’ont en fait d’autres utilités que de nous imposer le Canada tel qu’il est. Dans cette catégorie, vous verrez bientôt Justin Trudeau, réclammé à hauts cris par les Ontariens, qui parlera au nom des Québécois. On se rappelle aussi Maxime Bernier déclarer que les Québécois sont tous d’ardents fédéralistes…
Et c’est comme ça à tous les jours. Le Québec veut conserver un système de réhabilitation des jeunes contrevenants qui lui est propre, le fédéral s’en mêle. Le Québec veut mettre sur pied un programme de congés parentaux, il le fera au prix de nombreuses années de conflit avec le fédéral. Le chef du gouvernement du Québéc veut rencontrer un chef d’État étranger, il a besoin de l’accord du fédéral. Le pire, c’est que les politiciens québécois, souverainistes au premier chef, ont assimilé cette domination. Durcir la loi 101 ? Adopter une charte de la laïcité ? « On va se faire casser en Cour suprême ! » Et c’est comme ça depuis des années, à tous les jours.
Mais le drame dans tout ça, c’est que les Québécois ont choisis cette situation et qu’ils s’en accomodent fort bien. Un peu comme Falardeau le dit dans Elvis Gratton II : « Vive nos chaînes ! »


