Députés en folie
Le pouvoir, quand on s’en rapproche, peut donner le vertige. Particulièrement quand celui qui l’obtient n’est pas tout à fait équilibré au départ. L’obtention du pouvoir par un individu, souvent accompagné d’une importante hausse de revenu, d’influence et de l’attention qu’on lui porte, peut facilement exacerber certains des vices du sujet, que l’on parle de l’alcool, de la drogue, du sexe, de l’arrogance ou de la propension à mentir. Je le dis parce que je l'ai vu et que je l'ai vécu.
On peut être bien préparé au pouvoir. Une situation familiale stable, une bonne santé financière, une hygiène de vie équilibrée et une bonne dose de maturité font en sorte que, dans les moments de stress, l’on sera moins porté à se tourner vers certains paradis artificiels que l’influence et l’argent rendent plus accessible. On sera moins porté aussi à craquer sous la pression ou à se laisser entraîner par la colère et prendre des décisions intempestives.(Si on accepte ces principes, il est plus aisé de comprendre l’échec d’une certaine personne qui a déjà été chef du Parti Québécois par rapport aux raisons qui nous font croire que le prochaine personne qui sera chef du même parti est bien préparée pour la job.)
Le pouvoir transforme donc. Les gens le savent et c’est pourquoi ils font naturellement plus confiance à quelqu’un qui est nouveau en politique : il n’est pas encore corrompu ! Ainsi, c’est ce qui fait en sorte que, spontanément, les gens sont portés à donner une chance aux nouveaux députés de l’ADQ. Prétendre vouloir faire de la politique autrement, c’est évidemment plus facile quand on a jamais fait de politique tout court.Le problème – et je vous averti, je ne pèserai pas mes mots – c’est que certains individus qui ont été élus députés le 26 mars dernier s’avèrent être d’incorrigibles malappris voir même des idiots ou, disons-le donc, des colons.
(Je ne croyais jamais écrire rien de tel sur mon blogue, mais voilà, je l’ai dit.)
J’en veux pour preuve cet article de Marco Fortier paru aujourd’hui. On y raconte comment, le président du caucus de l’ADQ, Pierre Gingras, a tenté d’interrompre un débat en cours en commission parlementaire, pour ensuite se coltailler avec un membre du personnel du PQ et finalement se faire expulser de la salle. Ce n’est quand même pas le 41 ème député de l’ADQ, c’est le président de leur caucus et donc, le représentant des députés.On y raconte aussi qu’un des participants à cette fameuse commission parlementaire, le très volubile Raymond Francoeur, député de Portneuf, déplore être le seul participant à ne pas être en boisson. On y lit aussi comment Éric Dorion, député de Nicolet-Yamaska (et homme dont la plus grande qualité est, selon ses dires, « la toxicomanie ! ») a été réprimandé par son whip François Bonnardel pour avoir circulé dans les corridors de l’Assemblée nationale un verre à la main. Le même Éric Dorion qui, selon mes sources, aurait été expulsé du salon bleu la journée même pour avoir invectivé un agent de sécurité.
(Hé oui. Puisque les blogueurs adéquistes se permettent de le faire, je m’amuserai maintenant moi aussi à citer « des amis bien informés » pour appuyer mes dires. Le débat ne s’en trouvera pas toujours rehaussé, mais il faut bien lutter à armes égales…)Et ça continue ainsi. Des dizaines d’anecdotes de présidents de séances excédés de réexpliquer les règles de procédures à des adéquistes qui ne savent plus ou donner de la tête, des histoires de pognage de cul de recherchistes et de frenchage à pleine gueule dans les corridors de l’Assemblée, des députés qui se font mettre dehors de bars de la Grande-Allée parce qu’ils se sont mis à taponner une cliente, j’en passe et des meilleurs.
La vérité, c’est qu’une bonne partie des députés de l’ADQ n’étaient pas prêt à prendre le poste. C’est tellement vrai que, devant les mauvaises habitudes qui sont souvent celles des nouveaux élus que j’évoquais plus tôt (alcool, sexe, arrogance), ils se montrent déjà les pires que l’on n’a jamais vu à Québec. Tellement paradoxal de voir des gens qui prétendent faire de la politique autrement mais qui pètent les plombs dès qu’ils se ramassent avec la plus grosse job qu’ils ont jamais eu de leur vie. Est-ce que Mario arrivera à tenir le fort longtemps avec cette bande d’abrutis qui ne SONT PAS CAPABLES d’être députés ? Pourquoi, subitement des gens impolis et grossiers gagneraient en classe et en élégance maintenant qu’ils sont députés ? L’expérience démontre que cela ne fait qu’empirer chez ceux qui sont mal partis… À quand le premier député adéquiste arrêté saoul au volant de son véhicule ? À quand la première plainte pour harcèlement sexuel venant d’une employée ?Cette triste farce ne commande qu’une conclusion, une excellente phrase que j’emprunte à un ami à moi : la députation, c’est comme la boisson, y en a qui porte pas ça.



En 2007, c'est "Faire les choses autrement" qui le deviendra. (Comment this)