Samedi, Juillet 19, 2008

Un Paquet de niaiseries, de part et d'autres

Pendant les années 60, John Lennon avait soulevé un tollé lorsqu’il avait déclaré que les Beatles étaient devenus plus populaires que Jésus-Christ.

Aujourd’hui, certains politiciens souverainistes ont crû qu’ils pouvaient gagner une bataille dans l’opinion publique contre l’un des deux Beatles encore vivants.

Cette histoire en a agacé plusieurs, moi y compris. Il faut dire que c’est vrai que, dans le contexte du 400ème de Québec, on a pu voir une volonté des fédéraux de s’afficher plus que jamais, alors que l’organisation des Fêtes a quant à elle tenté de gommer l’aspect historique des fêtes afin d’éviter toutes controverses politiques. Pourtant, c’est bien connu : au Québec, où tout peut être analysé sous le spectre de l’un des deux projets nationaux qui se font concurrence ici-bas, le meilleur moyen de s’assurer que les choses tournent en débat est justement de tout faire pour éviter que cela le devienne.

C’était manifeste dès le départ. Thématique visuelle et promotionnelle évoquant une ambiance de fête foraine carnavalesque plutôt qu'un aspect historique (les fameux rubans et les personnages de la roulotte promotionnelle), programmation festive plutôt que commémorative et volonté d’interpeller davantage le touriste étranger que la population québécoise. Avec la hausse du dollar canadien et du prix de l’essence, fallait être gonflé quand même.

Heureusement, ça ne pouvait rester comme ça. Après un changement à la tête de l’organisation, le remplacement de l’Opéra urbain par le spectacle « Rencontre » et puisque les projets présentés par les créateurs comptaient, eux, une forte teneur historique, on a pu sauver la mise. C’était peu, c’était tard, mais c’était toujours ça de pris.

Quoi qu’il en soit, puisque ces réajustements avaient fini par contenter plus ou moins tout le monde, il a fallu que le controverse finisse par tomber sur ce pauvre (!) Sir Paul, qui lui, ne demandait pourtant qu’à venir s’amuser avec les gens de Québec.

De sa présence, de la signification des fêtes, on peut dire bien des choses. Mais moi, ce qui m’énerve dans une controverse, c’est toujours les faussetés véhiculées de parts et d’autres par des gens qui veulent servir leur argumentation et qui sont répétées sempiternellement comme des vérités. En vrac, en voici quelques unes.

En provenance du camp des « pro-McCartney » :

-         « Les séparatistes sont contre la venue de McCartney à Québec ! »

Ok… c’est rendu que Turp, Curzi et une couple d’artistes néo-contemporains engagent l’ensemble du mouvement souverainiste et son million de partisans à chaque fois qu’ils parlent… Merde… J’aurais dû lire les petits caractères quand j’ai acheté ma carte de membre du PQ !

La vérité, c’est que l’immense majorité des souverainistes vont de l’indifférence à l’enthousiasme quant au spectacle de dimanche. Je suis du dernier groupe. La plupart des mes amis aussi.

En outre, les premières critiques à ce sujet ne sont pas venus d’acteurs politiques, mais bien du milieu médiatique. On peut dire bien des choses de Richard Martineau, de Patrick Lagacé ou de Marc Cassivi, mais ils ne sont pas particulièrement connus pour leur nationalisme radical. Et ils ont été les premiers à se jeter sur l’affaire. Alors lâchez moi avec votre affaire de complot péquiste.

-         « Les Canadiens-Français sont contre la venue de McCartney à Québec ! »

Variante diffusée dans les médias étrangers. Voir réponse à la première remarque.

-         « Ceux qui chialent par rapport à McCartney sont tous de Montréal ! »

Là-dessus, je n’ai d’autres choix que de constater l’évidence… Jaloux ?

Du côté des « anti-McCartney », en terme de niaiseries, il s’en dit des pas pires aussi :

-         « Ils ont pris un anglais pour souligner le 400ème anniversaire de la présence francophone en Amérique ! Franchement ! »

Ouais… Pis ? Vous voulez que je fasse la liste de tout ce qui est sorti de Québécois du 400ème ? Le spectacle du 1er janvier; le parcours 400 ans chrono; le Moulin à Images; le spectacle "Rencontre" avec notamment Yves Jacques, Charlebois, Pag, Moffat, Karkwa, Gilles Vigneault; le spectacle de chansons avec notamment Yvon Deschamps, Michel Rivard, Jean-Pierre Ferland, Laurence Jalbert, Jean Lapointe; le Chemin qui marche, bientôt; Céline en août; le Cirque du Soleil en octobre; un paquet d’exposition de musées sur Champlain, François de Laval et tutti quanti. Ne manque que le petit Jeremy.

Et, oups, une légende vivante du rock sur les Plaines qui s’adonne à être un britannique. Qu’est-ce qu’il faut en comprendre ? Ça ne devait vraiment être QUE des Québécois francophones qui soulignent la fête ? Ou à moins que ce ne soit la crainte que cet événement ne devienne le plus populaire des festivités ?

On a la chance d’avoir McCartney à Québec. Faut être bien insécure dans son petit cœur ou encore être tout simplement aveugle ou ignorant de tout ce qui s’est passé à Québec cette année pour avoir l’impression que le 400ème ne se résumera qu’à cette seule activité.

-         « Il vient pour souligner la conquête et la présence britannique à Québec !2

Non. Pantoute. Il vient pour chanter ses chansons, qui s’adonnent à être certaines des plus connues de l’histoire de la musique moderne. That’s it. De toutes façons, si vous saviez comment les Britanniques en ont rien à foutre du Québec, ça vous rassurerait à l’effet que McCartney ne débarquera pas ici en chef colonial…

-         « Ça fait colonisés qui veulent bien paraître, faire venir une grosse tête comme ça pour épater le monde ! »

Ok. Le Louvre à Québec ? On scrape ça ! Les Misérables au Capitole ? On scrape ! Aznavour au Festival d’été ? Ça avec ! Franco Dragone au musée de la Civilisation ? Ça aussi ! On prend que du bon « che nous » ! Pis si y a des étrangers qui s’avisent de vouloir venir visiter, qui retournent chez eux, y a ben des belles affaires à voir là-bas aussi !

Et, je tiens à vous aviser : si le British Museum, le Met de New York, U2, Pavarotti réincarné, Metalica, Tiger Wood, Al Gore, Nelson Mandela, le Comité international olympique ou n’importe quel big veut venir faire de quoi ici, il est pas le bienvenu !!!

-         « Pierre Curzi, ça ferait un bon chef pour le PQ ça ! »

Entendu, de la part de l’homme de la rue, une fois tous les temps en temps, depuis sa venue en politique. Juste un commentaire : la politique est un métier qui s’apprend et c’est pas parce que tu as de la verve et de l’inspiration que de tu as de l’instinct. Preuve, encore une fois, que les gens ne veulent pas de leaders compétents. Ils veulent des amis.

En terminant, le truc qui m’agace le plus là-dedans, c’est cette habitude qu’ont certains péquistes à préférer se coltailler avec des artistes marginaux et des créatifs originaux que de s’abreuver à la source du fameux « vrai monde ». Non mais, c’est vrai. C’est qui ça, Luc Archambault ? On dirait que, au PQ, à chaque fois que l’on voit que la population prend un bord, certains se disent instinctivement que l’autre côté doit être le bon. L’épisode du crucifix à l’Assemblée nationale est éloquent à ce sujet. C’est particulièrement vrai dans nos relations avec la région de Québec en plus…

En fait, j’aurais envie de condamner Curzi, Lemay et Turp à aller passer leurs vacances au Camping Ste-Madeleine, histoire de discuter avec d’autres gens que ceux qu’ils rencontrent dans leurs soirées à l’opéra ou dans un vernissage. Ça leur rafraîchirait les esprits et ça leur rappellerait que le Québec à l’ONU, tout le monde s’en sacre un peu, la plupart des souverainistes y compris.

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Mercredi, Juin 25, 2008

Non, mais heille !



Je sais que c’est un mauvais titre, mais il vous faut l’entendre à l’oral, quand je dis une chose pareille.

Donc, je recommence…


Non, mais heille !

 

Faut tu être plein de marde ? Faut tu être un gros jambon ? Faut tu rien connaître de la vie pour dire une chose pareille ???

C’est cité de Cyberpresse… :

« Le député libéral Denis Coderre s’est dit convaincu que rien dans les expériences passées du nouveau ministre ne l’ont préparé à une telle tâche.

«C’est beaucoup trop gros pour lui, a-t-il déclaré. Il y a 80% des contrats du gouvernement qui passent par là. Tout ce qui touche aux acquisitions passe par lui. Et il va avoir à répondre aux questions sur Kevlar.» »

Gros ostie de moron (j’insiste sur le « ostie ») !

Écoutez… Je ne suis pas conservateur…

Moi aussi, je pense que Christian Paradis n’est pas fort fort pour le ministère qu’il ramasse. Tant qu'à ça, j’aurais préféré Steven Blainey de Lévis.

Et je pense que la théorie des journaleux à l’effet de laquelle Harper l’aurait nommé pour ouvrir le front du Centre-du-Québec avec le Bloc est vraiment bancale. Non, bande d’idiots, Harper veut du monde qui ne le mettront pas dans la merde, c’est tout ce qu’il veut. C’est le plus discret de la gang et c’est pour ça qu’il est là, that’s it.

Cela étant dit, quand j’entends le gros Coderre dire « il a pas les compétences pour la job », ma réponse est la suivante. Elle ne porte pas sur la capacité du gars à faire le travail qui lui a été confié. Elle ne porte pas sur les motivations d’Harper. Ma réponse c’est juste :

« Ouais… Pis toi, mon gros kid Coderre, c’est quoi tes « compétences » ? T’as fais quoi, avant de te faire nommer ministre à 34 ans, comme Paradis, au demeurant ? »

« Quand t’as été nommé ministre à l’immigration, tu connaissais quoi là-dedans ? Pas grand chose… T’es un peu juste comme un Paradis qui savait faire des médias. Un gros Kid Kodak finalement.

« Non, mais, je te regarde, mon gros goret, fier comme un coq, beau comme un paon, t’es chanceux d’avoir un chef qui communique mal et d’être un des seuls élus du Québec de ton parti, parce que, c’est pas comme si t’avais beaucoup de talents, en dehors de la politique…

« Pis, ne nous arrêtons pas en si bon chemin… la vérité c’est que, avant de faire de la politique, t’étais un petit vendeur d’assurance minable pis que tu croyais avoir vécu une rencontre du troisième type. Ferme donc ta gueule ! T’es un minable ! Un gars qui jouait à Donjons Dragons avant de faire de la politique ! Un paladin « level 15 » ! Va te cacher ! Tu nous fais honte, pis à ton parti aussi ! »

Gros pas bon. Voilà, je l’ai dit.

Christian Paradis est-il fait pour la job ? J’en sais rien. Je ne pense pas, mais il aura à le prouver. Il aura sa chance et je lui souhaite de réussir, bien que je n’appuie pas son parti.

Ceci dit, quand je vois, ce gros idiot de Coderre lui rentrer dedans, j’ai juste envie de lui dire : « ferme donc ta gueule et va donc gagner ta vie pour vrai, gros idiot ».

Voilà, je l’ai dit.

Et je peux aller dormir en paix.

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Samedi, Juin 07, 2008

De forts contingents de morons

Qu’ont en commun David Whissel, Julie Boulay et Sam Hamad ?

Oui, ils sont membres du cabinet Charest. Bonne réponse. Mais ce n’est pas tout.

Ils ont aussi pour caractéristique commune de ne faire parler d’eux que pour les mauvaises raisons. Le premier passe pour un gros malappris à chaque fois qu’il ouvre la bouche, la deuxième a toujours l’air dépassée par les événements à chaque fois qu’il se passe quelque chose dans son ministère et le dernier est reconnu comme un imbécile heureux ou, comme le dirait ceux qui le défendent encore : « Y’est fin Sam… »

Mais, ce n’est pas tout. Bon, je vous donne la réponse : ils sont aussi trois des six députés que les libéraux ont réussis à faire élire en dehors de la région métropolitaine de Montréal, des Cantons de l’Est et de l’Outaouais. Et, en fait, leur présence au sein du cabinet ne s’explique que par cet état de fait.

Ce qui nous amène à la conclusion suivante. La députation adéquiste a attiré beaucoup l’attention depuis bientôt 18 mois de par le fort contingent d’incompétents qu’elle contient. Attention, il y en a des solides à l’ADQ. Proulx est peut-être dépassé par ses adversaires, mais ce n’est pas un idiot. Caire sait se faire remarquer pour ses interventions habiles et bien ciblées. Merlini surprend, ne se met jamais les pieds dans les plats. Mais bon, les frasques des Francoeur, Deschamps, Taillon, Gosselin, Dorion et etcetera sont trop grosses pour laisser beaucoup de temps d’antenne aux bons coups.

Ceci étant dit, force est d’admettre que la délégation libérale n’est pas vraiment plus forte que celle de l’ADQ, que l’on regarde dans le cabinet ou dans le caucus.

Sérieusement, quand vous voyez l’adéquiste Catherine Morissette interroger la ministre de l’immigration Yolande James, avez vous vraiment l’impression que c’est celle qui répond aux questions qui connaît le mieux le dossier ?

En toute bonne foi, sentez vous vraiment que Christine St-Pierre est plus à l’aise dans son rôle de ministre que ne le sont Pierre Curzi et François Benjamin dans leur rôle de critique ?

Soyons sérieux ! Marguerite Blais, Monique Gagnon-Tremblay, Line Beauchamp, Laurent Lessard, Whissel, Hamad, Boulay, St-Pierre, James constituent-ils vraiment le genre de corps d’élite de leadership et de gestionnaire que nous attendons pour nous servir de Conseil des ministres ? Permettez moi d’en douter… Mais on ne parle pas encore des autres gênants qui font partie du caucus : Emmanuel Dubourg, Henri-François Gautrin, Lucie Charlebois, Charlotte L’Ecuyer, François Ouimet, Tony Tomassi : il n’y a pas à dire, quand les libéraux se décident à ramasser un comté, ils peuvent se montrer aussi peu regardant qu’un organisateur adéquiste.

Pourtant, il y en a des solides au PLQ. Pierre Arcand, Nicole Ménard, Guy Ouellet, Geoff Kelley, Pierre Marsand, Lyne Thériault, Alain Paquet, Fatima Houda-Pépin (Seigneur des libéraux, nommez cette Sainte-femme !). Mais, que voulez vous ! C’est Jean Charest qui compose son Conseil des ministres ! Et il est bien pris pour composer avec le fait suivant, c’est que ce n’est pas dans les comtés francophones, qu’il faut gagner pour aller chercher des victoires électorales, que les libéraux font élire leurs vedettes.

C’est ce qui me fait conclure que, ce qui distingue le PLQ de l’ADQ, ce n’est pas tant la qualité de leur équipe électorale, mais surtout l’expérience et le contrôle de leurs communicateurs. Un peu comme chez les conservateurs, en somme. Mais bon, comme nous l’a appris l’expérience des dernières semaines, on est jamais trop loin de la catastrophe quand on dirige de cette façon…

Et pour ce qui est du PQ, trouvez-moi le, le député qui, outre Irvin Pelletier et sa ligne sur Vincent Lacroix, a fait honte à son parti depuis les dernières élections comme les libéraux et les adéquistes ont pu être mal pris avec certains de leur élus depuis mars dernier.

36 députés chez nous, 41 à l’ADQ et 46 au PLQ : il n’y a pas à dire, le nombre d’incompétents par capita est de loins le moins élevé chez les péquistes ! Vous me répondez que, en tant que troisième parti, ils n’ont pas autant de temps de glace que leurs adversaires ? Reportez le même calcul sur l’influence médiatique et vous verrez clairement qu’il n’en est rien.

Il n'y pas à dire. La députation péquiste manque désespérément de francs-tireurs capables de constituer un "rat pack" capable d'embarasser le gouvernement, comme savaient si bien le faire Jean-Marc Fournier, Pierre Paradis et Jacques Dupuis avec autant de mauvaise foi qu'il fallait pour y arriver. Ceci dit, cela ne change rien aux faits et à la prédiction suivante que je m'apprête à vous livrer ici-même : les députés du PQ savent tenir leur rôle et c'est pourquoi aucun d'entre eux ne sera battus lors de la prochaine élection générale.

 

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Mardi, Juin 03, 2008

L’Effet papillon

Imaginez la situation, ça nous est tous déjà arrivé.

Souper bien arrosé, entre amis. Se trouve à votre table une personne charmante. Sourire lumineux, tenue affriolante, regard pénétrant, attributs physiques dont vous auriez envie de vous nourrir pendant toute une nuit (et encore !) : vous ne pouvez détacher le regard du sujet de votre désir un seul instant.

Est-ce l’ex/fréquentation/conjoint(e) d’une de vos connaissances ? Est-ce le frère(sœur) de quelqu’un qui vous est chère ? Tout aussi compliqué, est-ce l’un(e) de vos ami(e)s ? Est-ce que cette personne travaille avec un de vos concurrents ou, pire encore (selon certains) avec qui vous bossez (don’t fuck with the payroll !) ? Est-ce votre supérieur au bureau, votre subalterne ? Est-ce que c’est quelqu’un qu’on vous dit peu recommandable ou infréquentable ? Qu’importe ! Il y a une raison qui vous fait penser que vous ne devriez pas aller au bout de ce désir. Mais, voilà : vous désirez cette personne et, à la limite, le sentiment d’interdit ne fait que fouetter vos sens.

Où est-ce que je veux en venir ?

Je veux en venir au fait que chacun d’entre vous (oui, vous, derrière votre écran d’ordi) s’est déjà retrouvé dans ce genre de situations et a dû en gérer les conséquences.

Mais, en temps normal, ça veut dire quoi comme conséquences ?

Un malaise de lendemain matin (le syndrome du toaster, comme disait mon ami Charlot) ?

Un froid avec des amis ?

Une personne qui vous tache et dont vous cherchez à vous débarrasser ?

Ou, pire (à mon avis !), un fantasme inassouvi qui vous turlupine ?

Bon, nommez-les, mais ces situations sont normales et font partie de la vie de tout le monde.

Maintenant, imaginez vous que vous faites de la politique (mettons, ministre dans le cabinet fédéral d’un gouvernement conservateur…) et que votre « date » a été associée au monde du crime organisé (plus de loin que de prêt, mais à plusieurs reprises quand même…). Je donne ces exemples comme ça, disons…

Bien, là où je veux en venir, c’est que, dans pareils cas, cette baise anodine, ce qui reste au niveau de l’anecdote dans la vie de 99.9% de la population, peut provoquer des conséquences, ma foi, surprenantes. Du genre :

-          Des mentions (quand ce n’est pas des premières pages !) : dans les journaux de près d’une cinquantaine de pays.

-          Un Premier Ministre téflon qui se retrouve embarrassé réellement pour la première fois de son mandat.

-          Des dizaines (si ce n’est pas des centaines) d’appels d’alliés inquiets (et fâchés) au lendemain de la diffusion d’une entrevue qui laisse à penser que certains des renseignements de sécurité qu’ils ont fournis auraient pu être éventés.

-          Deux semaines de questions « non-stop » à la Chambre des Communes.

-          Des articles dans les magasines à potins et des allusions dans les émissions de variétés (ce qui est quand même rare pour un événement « politique », à tous le moins au Québec).

-          Un nombre incalculable d’articles, de vox-pop de Beaucerons, de discussions de tavernes et de salons sur vous, vos compétences, votre background, votre vie privée, votre look, votre orientation sexuelle (est-ce que c’était « vraiment » un front ?) et etc… Votre partenaire d’incartade, qui elle, n’est pas une personnalité publique, subira le même sort.

       -          L’obligation d’un recyclage professionnel.

En somme, je ne veux pas défendre Maxime Bernier. C’est un incompétent, un prétentieux, un idéologue sans profondeur. Il n'était pas à sa place aux affaires étrangères, c'est une bonne chose pour le Canada qu'il ne s'y trouve plus et si ça prenait ça pour que le monde allume qu'Harper l'avait nommer parce que c'est un pion, tant mieux !

Non plus que je veux faire table rase sur ses erreurs diplomatiques (gouverneur de Kandahar, mêler Aristide et Préval, erreur des avions, etc…), politiques (l’eau « qui était dans une rivière et qui est rendue dans des bouteilles », les Joe Louis) et ses fautes de goûts (le « contrat de blonde officielle » et la robe de Julie, sans oublier la célèbre chemise rose et le look « Point Zéro », dans son ensemble) pour résumer son échec à cette seule bad luck.

Seulement, je veux juste attirer votre attention sur ce truc fascinant qui nous rappelle le principe de « l’effet papillon » : une histoire de cul comme chacun vit, a créé une controverse politique.

Parce que c’est de ça qu’il s’agit ! Si, mettons, Jim Flaherty perd un document à quelque part, il avertie le cabinet du PM et ils règlent ça en douce. Pour Bernier, c’était un problème parce que ça allait devenir public lors de la diffusion d’une entrevue et cette entrevue avait lieu parce qu’elle concernait l’ex d’un ministre qui soulevait la controverse à cause de ses liens réels ou présumés avec le crime organisé, lesquels avaient attirés l’attention parce que la madame elle-même avait fait détourner plus d’un regard à cause de sa robe affriolante qui, selon ses dires, aurait été choisie par le ministre. La théorie du chaos à son meilleur !

Et donc, pour en revenir au début de notre propos, c’est comme ça que, ce qui n’est, dans la vie des gens normaux, que flirt ou histoire d’un soir peut déboucher, une fois que l’anecdote survient dans la vie de quelqu’un qui a de grands pouvoirs et, conséquemment, de grandes responsabilités, sur une crise politique qui pourrait faire en sorte de provoquer, par les conséquences électorales qu’elle pourrait avoir, un tournant dans l’histoire politique du pays.

Heureusement, pour les idéalistes qui pensent que ce sont les idées et les programmes qui devraient faire la différence dans le débat public, il reste un espoir : Stéphane Dion est chef du PLC. On peut penser que lorsqu’il se décidera à profiter du contexte, la crise se sera résorbée depuis longtemps !

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Mardi, May 13, 2008

L’Échelle des quatre « P »

En politique, on aime bien faire des prédictions. Ainsi, la perte en conjectures, l’émission de pronostics et la consultation des oracles demeurent-ils l’essentiel du débat public.

À titre d’exemple, ceux qui sollicitent mon opinion politique ne me demande jamais : « Pourquoi ça va mal à l’ADQ » ? Ou encore : « Qu’est-ce que tu penses que le PQ devrait faire pour battre les Libéraux ? » On me demande toujours : « Selon toi, est-ce que l’ADQ va disparaître ? » Quand ce n’est pas : « Pis ? le PQ va-tu finir par sortir du poulailler ? »

Ainsi, personne ne discute des problèmes fondamentaux sur le plan idéologique des libéraux fédéraux… Chacun préfère se demander s’il existe un possible où Stéphane Dion devient Premier ministre du Canada.

Je parle de tout ça parce que, ici à Québec, c’est le « talk of the town » présentement : « Sommes nous enfin débarrassés de l’ADQ ? » La plupart des gens répondent « oui », sans hésiter.

N’essayez pas de les raisonner, de leur dire que Mario Dumont a plus d’un tour dans son sac, qu’on a plus d’une fois annoncé sa mort, comme celle d’ailleurs d’un certain Jean Charest, rien n’y fait : les gens qui détestent l’ADQ ont décidé de prendre pour acquis qu’elle s’apprêtait à fermer ses bureaux. Comme les fédéralistes qui annoncent la disparition imminente du mouvement souverainiste depuis 1975 et les souverainistes qui prédisent le confinement inéluctable du vote libéral au West Island et à l’Outaouais.

C’est un peu bébé comme attitude… Un peu comme tous ceux, libéraux comme adéquistes, qui prédisaient l’échec inévitable de Pauline Marois à la tête du PQ. « Elle va se faire jeter dehors de son parti comme tous les autres ou sinon je joue pu, bon ! » disaient en cœur Michelle Courchesne et David Chrétien, la larme à l’œil, lors de son élection. On connaît la suite.

C’est un excellent moyen, en fait, de déterminer la maturité politique de quelqu’un : sa propension à faire de la situation qu’il souhaite la conjoncture qu’il prédit.

Aussi, pour contrer ce phénomène, en guise d’outil d’autodéfense intellectuelle, j’ai mis au point la théorie suivante. Je l’ai baptisé la règle des 4 « P ».

Il s’agit de quantifier les chances d’un événement politique de survenir selon les quatre qualificatifs suivants :

Potentiel : Capacité virtuelle, mais non réelle.

Possible : Qui peut se produire.

Probable : Qui a beaucoup de chance de se produire.

Prévisible : Dont on attend la réalisation.

À titre d’exemple, le départ de Jean Charest : il fût un temps, juste après les élections de 2007, il était probable qu’il ne dirige plus le Parti Libéral avant longtemps. Aujourd’hui, force est d’admettre que la crucifixion de J.C. est tout juste assez potentiel pour que le scénario en soit évoqué dans des essais de politique fiction. Pour prendre un exemple plus radical, l’échec d’André Boisclair était prévisible dès le moment même de son élection, mais comme tout le monde voulait croire qu’il avait du talent… mais bon, passons et parlons donc de sujets sérieux !

Pourquoi je dis tout ça ?

C’est parce qu’il en va de même pour l’ADQ de Mario Dumont ! Le 27 mars 2007, sont accession au statut de gouvernement était prévue. Encore une fois, on connaît la suite. Aujourd’hui, tout le monde se demande : « Est-ce que l’ADQ va disparaître ? » La vérité ? On n’en sait rien !

Un enjeux peut se pointer où Dumont sera le seul à réagir sur le sens du monde. Une méga-star, style Nathalie Simard (sic) peut décider de se joindre à lui. Il y a peut-être un bolo adéquiste dans un comté de la Rive-Sud qui a fait toute les portes de son comté avec acharnement depuis un an et qui à l’occasion d’une partielle procurera une épiphanie électorale à l’ADQ d’ici aux générales, comme l’avait fait jadis François Corriveau dans Saguenay.

La vérité, c’est qu’on ne le sait pas. Et que les défaites, bien qu’humiliantes, de l’ADQ dans trois partielles tenues dans des comtés où elle n’a même jamais passé proche de gagner ne change absolument rien à sa capacité de rebondir, d’accueillir tous les mécontents, de droite à gauche, qui cherchent un terrain pour se parker ou encore de se coller à un enjeu politique au hasard (genre « il faut lutter contre les vieillards qui séquestrent leur fille et leurs enfants issus de rapports incestueux dans leur sous-sol en Autriche ») pour faire des gains et y arriver.

C’est pour ça que, voici mon verdict :

Est-ce que la remontée de l’ADQ est prévisible ? Non.

Est-elle probable ? Non plus.

Est-elle possible ? Ho, ça oui !

Il faut les connaître, ces adéquistes. Il faut les avoir vu se fondre dans tous les coins, s’approprier tous les enjeux, comme des charognes, pour savoir qu’ils peuvent se nourrir de n’importe quoi pour rebondir.

Donc, avant de gager sur la mort de l’ADQ, prenez votre gaz égal et mettez plutôt vos sous sur une couple de biographie de politiciens pour savoir qu’annoncer la mort de quelqu’un, c’est souvent un excellent moyen de l’aider à ressusciter.

Parlez en à l'individu qui nous sert actuellement de Premier Ministre…

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Samedi, Avril 26, 2008

Du bon côté de l’enjeu

On aura beau dire que Mario Dumont a le don de se coller sur les enjeux populistes et d’oublier les questions de fonds. On pourra dire aussi qu’il est incapable d’aborder les questions sensibles avec tact et sens de l’État, qu’il ne sait pas proposer des solutions articulées et, ainsi, aller au-delà de la recherche d’impact électoral à court terme.

On pourra dire tout ça et on aura raison de le faire, puisque c’est vrai.

Ceci dit, tout cela ne changera rien sur le fond. C’est-à-dire que la perception à l’effet de laquelle que Mario Dumont soit un politicien médiocre ne change rien au fait qu’il se trouve du bon côté de l’enjeux quand il dit qu’il est irresponsable de hausser les seuils d’immigration, comme le fait le gouvernement libéral avec l’appui du Parti Québécois et ce, pour plusieurs raisons.

D’emblée parce qu’aucune étude sérieuse ne vient cautionner la prétention à l’effet de laquelle le Québec a besoin de plus d’immigration, outre le raisonnement de gars sur la brosse suivant : on fait moins d’enfants « fait que » ça prend plus d’immigrants.

Ensuite parce que personne n’ose dire que si la population d’un État grossie plus vite que son produit intérieur brut, on se retrouve avec un appauvrissement collectif net, ce qui est exactement la situation d’une société qui accueille un paquet d’individu qu’elle n’arrive pas à intégrer dans son marché du travail.

Aussi parce que les programmes d’intégration actuels ne fonctionnent pas, qu’ils manquent de ressources et que les hausses du nombre d’immigrants ne sont jamais suivies d’une hausse équivalente des budgets nécessaires.

À plus fortes raisons que le Québec n’a pas réussi, l’an dernier, à rejoindre son seuil d’immigration, alors fixé à 45000 nouveaux arrivants, une fois qu’il avait appliqué ses critères en matière de francisation, de qualification et de sécurité aux candidats désireux de venir vivre ici. Alors que la France, la Grande-Bretagne, l’Espagne – l’ensemble du monde occidental en fait – en sont à pénétrer le « marché » du recrutement d’immigrants fiables, qualifiés et désireux de s’intégrer, ce n’est pas le « scout » québécois qui va arriver à convaincre la majorité de candidats parfaits à appliquer chez nous. Monter nos seuils, dans ce contexte, c’est nécessairement abaisser nos critères, à moins d’admettre d’emblée que nous n’atteindrons pas nos cibles.

Admettons encore que même si le Québec fait face à un défi démographique imminent, toutes velléités d’y répondre par des politiques visant à hausser la natalité se verraient reçues par des accusations de chercher à encourager la famille traditionnelle, des sobriquets de duplessisme et des soupçons de volonté de ramener les femmes à la maison. Ces relents de féminisme mal placé desservent le Québec.

Et tant qu’à être partis, soulignons donc que, pour une fois, Dumont se trouve en porte-à-faux avec la droite libérale des chambres de commerces et des thinks tank idéologiques de notre belle province qui sont, eux, très zélés à promouvoir la hausse des seuils d’immigration, trop heureux de voir affluer une quantité de main-d’œuvre bon marché prête à « flipper » des boulettes de steak haché pour 8 piastres l’heure, chauffer des taxis ou torcher des chambres d’hôtel sans recevoir de pourboires, fussent-ils médecins, ingénieurs ou professeurs d’université avant de venir ici. Saluons donc le courage (ou l’inconscience ?) de Dumont, d’affronter, pour une fois, toute la bande de petits potentats locaux qui animent sa machine.

Ne nous arrêtons donc pas en si bon chemin et envoyons donc promener les gauchistes qui taxent Dumont de racisme ou de lépénisme, simplement parce qu’il pose ces questions très légitimes et réalistes. Non seulement se trouvent-ils à défendre la même position que la droite capitaliste, mais ajoutons en plus que cette rectitude politique qu’ils s’appliquent à imposer avec tant de zèle les desserre eux-mêmes et les empêche de poser d’autres gestes, étouffés par la somme de leurs contradictions.

La vérité est la suivante. Mario Dumont est vraiment malhabile de poser la question dans les termes suivants : les immigrants nuisent à l’identité. Les individus ne nuisent pas à l’identité, ils font leur place. Ce qui nuit à notre identité, c’est la coexistence, sur notre territoire, de deux systèmes d’intégration, deux conceptions de l’espace public qui sont concurrentes dans la même société, c’est une aventure humaine paralysée dans sa volonté de se définir. Et, en l’espèce, c’est surtout une série de gouvernements qui n’ont pas mis leurs culottes, trop occupés à vouloir être celui qui était plus du bord des immigrants que l’autre, en plus de ne jamais donner les ressources nécessaires pour permettre l’intégration des nouveaux arrivants.

Le coupable, en somme, ce n’est pas l’immigrant. Le coupable, c’est chacun de ceux qui brandissent l’argument du racisme quand quelqu’un cherche à discuter de nos politiques d’immigration. À leurs yeux, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises politiques d’immigration. Accueillir des immigrants, le plus possible, c’est bon, c’est tout. Quiconque dit autrement est un Nazi à leurs yeux, point final. Ces gens-là l’ignorent, mais ils sont objectivement les pires ennemis de l’immigrant de par le fait qu'ils empêchent tous débats qui nous permettraient de faire en sorte que chacun qui vient vivre ici-bas puisse trouver sa place.

C’est là où je veux en venir quand je vous dis que Mario Dumont se trompe de cible : il cible l’immigration comme problème. C’est faux. Le problème, c’est la rectitude politique, c’est le multiculturalisme, c’est le statut de constituant fédéral du Québec. Et ça, l’ADQ n’est pas, mais absolument pas, prête – ou même capable - de poser ces questions.

D’où mon titre. L’ADQ est du bon côté de l’enjeu en matière d’immigration. Le problème, c’est que Mario Dumont est tellement jambon qu’il est en train de brûler sa position, qui est pourtant la bonne.

À quand un parti politique capable de prendre des positions honnêtes qui, au-delà de la recherche de l’approbation des chroniqueurs, cherchent plutôt le bien commun de tous ceux qui vivent au Québec ?

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Mercredi, Avril 23, 2008

La tartuferie de Charest et Labeaume


De deux choses l’une : soit Jean Charest et Régis Labeaume font preuve d’un opportunisme crasse en prenant fait et cause en faveur du maintien d’un service de nouvelles à TQS, soit ils se comportent comme de vrais pleutres dans le dossier des 252 travailleurs en lock-out au Journal de Québec. À moins que ce ne soit les deux.

Comment comprendre autre chose ? Hier, alors que le Média Matin Québec soulignait tristement sa première année d’existence par un numéro spécial, plusieurs acteurs politiques et syndicaux communiquaient leur position. Toujours avec prudence, évitant d’attaquer Quebecor aussi directement que les syndiqués, mais l’invitant quand même à reprendre les négociations ou à ce soumettre à l’arbitrage, comme le réclame le syndicat.

Régis Labeaume, l’hyper-maire de Québec, celui qui ne manque jamais une occasion de passer dans le journal, brillait pourtant par son absence cette fois-ci. Une page blanche soulignait son refus de commenter. Pas de service au numéro composé. J'imagine que si le building du Journal de Québec avait brûlé, il se serait empressé de réclamer sa reconstruction.

Du côté libéral, Charest continuait de ne pas vouloir commenter. Il refusera de le faire aussi, en journée, quand l’opposition lui demandera d’intervenir directement auprès de Quebecor, pour l’enjoindre de retourner à la table. Le ministre du travail, David « le sifflet » Whissel, continuait de justifier son refus d’intervenir auprès de Quebecor, arguant qu’il s’agissait d’un conflit privé et légal, alors qu’il l’avait fait dans le dossier du cimetière Côte-des-Neiges. Une sortie demandant à Quebecor de se soumettre à un arbitrage neutre ? C’est déjà trop pour le ministre Ponce Pilate. L’attachée de presse de Philippe Couillard, ministre régional, se bornait à affirmer que son patron souhaitait « demeurer neutre » dans un conflit pourtant déclenché par l’employeur.

Mais aujourd’hui, ça a reviré « boute pour boute », comme on dit chez nous : Labeaume, Charest, chacun se précipitait pour prendre la défense de l’information locale et des travailleurs de TQS. Pourtant, il ne s’agit pas ici d’un conflit de travail. La décision n’est pas encore effective. Le CRTC aura à se prononcer. N’ayant pas peur du ridicule, notre Premier ministre supplie même le cabinet fédéral de s’ingérer dans le processus de révision de licence comme - les X ne manqueront pas de le relever - il n’avait pas osé le faire pour CHOI.

Mais qu’y a-t-il de différent dans le dossier de TQS et dans celui du JdeQ ? 270 travailleurs concernés dans un cas, 252 dans l’autre. L’enjeu en question ? La production d’une information diversifiée et produite sur le plan local. Dans les deux affaires, on est face à des décisions économiques douteuses, qui nie les missions de base d’un média d’information. Qu’est-ce qui est différent alors ?

La différence, c’est le poids de l’employeur qui est en face. Jouer dans les plates-bandes de Quebecor ? Les appeler à la tempérance et au règlement du conflit par voix d’arbitrage, c’est indisposer Pier-Karl Péladeau, Luc Lavoie et Brian Mulroney, membre du c.a., tous des amis de l'ancien conservateur Jean Charest. C’est renoncer aux papiers mielleux de complaisance de J.-Jacques Samson et risquer d’avoir mauvaise presse aussi à TVA, LCN, le Journal de Montréal, le Lundi, les Idées de ma maison et tutti quanti. Et ça, Labeaume et Charest n’ont pas le nerf pour ça.

Sermonner Remstar de l’autre côté ? Pas de problème ! Deux flops qui, jusqu’à maintenant se limitaient à peu prêt à distribuer des DVD, produire des films à petit budget et à gérer l’hôtel de papa. Autant dire des scouts comparés à l’Empire ! Qu’est-ce qu’on a à perdre à se les mettre à dos ? Ont-ils déjà contribué à nos caisses électorales ? On fonce !

Entendons nous bien : la fermeture du service de nouvelles de TQS est une tragédie, particulièrement pour des régions comme le Saguenay et l’Estrie où il joue un rôle central et de qualité. Il faut tout faire pour que Remstar revienne sur sa décision.

Mais ça n’empêche pas un chose : la nécessité de dénoncer l’immense opportunisme de Régis Labeaume et de Jean Charest, qui ne fait ressortir que leur lâcheté à défendre d’autres travailleurs qui eux sont dans la rue depuis un an.
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Mercredi, Avril 09, 2008

Ça ne bouge pas beaucoup

Je ne sais pas si c'est moi, mais il me semble que, par les temps qui courrent, l'actualité est lansinante et insipide comme un éditorial du Soleil.

Qu'est-ce qui anime le Québec présentement ?

Un budget adopté à toutes vapeurs ?

Un ballon rapidement dégonflé sur une réouverture de la Constitution ?

La reconstruction du manège militaire ?

Risquons une hypothèse : la dynamique de gouvernement minoritaire fait en sorte qu'aucun grand projet, aucune réforme majeure, n'est en marche. Nos gouvernements, présentement, ne gouvernent pas, ils gèrent.

L'ennui, c'est que l'on ne fait pas la Révolution tranquille ou on n'adopte pas la loi 101 avec des gouvernements minoritaires. Et les défis du Québec, eux, sont grands.

Mais bon, il semble que l'on n'est pas prêt de sortir de cette stupeur : les Québécois aiment les gouvernements minoritaires. Au point, même, où l'on confond l'affection de l'électorat pour ce type de conjoncture avec la popularité personnelle de Charest.

Dans le dernier sondage, le Premier Ministre arrivait nez-à-nez avec Pauline Marois comme personne la plus apte à gouverner. Son parti plafonne 10 points sous la barre de la base traditionnelle du parti libéral. Mais bon, "Charest est en train de regagner le coeur des Québécois" y paraît. Ben oui ! C'est Boiclair qui l'a dit à Christianne Charette la semaine passée.

La vérité, c'est ce que dit le sondage de façon très manifeste : les Québécois n'aiment pas Charest et les libéraux ont reculé par rapport à la base historique qu'ils détiennent depuis deux générations. Mais oui, les citoyens sont satisfaits du gouvernement. Un gouvernement protégé contre lui-même, parce que minoritaire. On dit souvent que les gouvernements remontent quand on entend pas parler d'eux, pendant l'été ou le temps des fêtes par exemple. Ça ressemble à peu prêt au climat ambiant... Je serais curieux de voir les chiffres d'Influence Communication là-dessus.

Mais ça ne change rien. Ça ne change rien au fait que rien ne se passe au Québec présentement et qu'il va falloir que ça débloque. Ça ne change rien non plus à ce qui faisait et fait toujours du Parti Libéral une famille politique aussi détestable, quand on regarde sa gestion du dossier linguistique et les problèmes de copinage dans l'entourage du Premier Ministre.

Pour vous en convaincre, je vous réfère à cet article que j'avais publié, au début de mon blogue, suite à la démission de Thomas Mulcair. Vous le verrez : il n'y a pas grand chose qui ressemble plus à Charest I que Charest II.
Posted by V at 09:59:49 | Permanent Link | Comments (1) |

Mardi, Avril 08, 2008

Marois : régime minceur

Est-ce que vous saviez que Madame Marois avait tellement une gestion rigoureuse qu’elle pouvait même aider les gens à diminuer leurs problèmes de têtes enflées ?

Oui, oui ! En voici la preuve :

Regardez ce blogue d’adéquiste il y a prêt de un an : ici.

Maintenant, ajoutez un peu de la recette Marois et regardez comment se comportent nos adéquistes : ici.

Pas convaincus ?

Voyez maintenant le blogue de notre ami adéquiste alors même que son parti vient d’appuyer un budget qui augmente la dette du Québec : ici.

Hmmm… Ils ont le caquet bas nos amis adéquistes par les temps qui courent.

Faut dire qu’ils apprivoisent en même temps la nouveauté d’avoir des militants dans leur parti…

Avec un peu d’aide juridique, ils apprennent même à contrôler leurs instances.

Pas mal quand même… ils ont deux députés connus du grand public et ils se sont dit que ce serait certainement une bonne idée d’en couler un. Des gens conséquents, les militants de l’ADQ.

Mais bon, comme dirait Gilles Taillon : «Ils ont organisé des campagnes libérales, ils viennent de la mouvance libérale. Ca se peut très bien qu'il y ait un agenda caché». Comme 75% des militants adéquistes donc ? Note aux gens qui pourraient avoir envie de se joindre à l’ADQ : votre passé politique pourrait être retenu contre vous !

Mais bon, il ne faut pas l’oublier, "l’ADQ fait de la politique autrement", "elle n’est pas comme les vieux partis", "elle croit à l’autonomie des gens", "elle respecte sa parole, elle", "l’ADQ respecte les gens", "n’a pas peur de tenir ses idées", "ne fait pas de la politique pour faire plaisir à tout le monde", "a le courage de ses idées"…

Posted by V at 23:51:02 | Permanent Link | Comments (2) |

Mardi, Avril 01, 2008

Comme de raisons…


Toujours marrant de voir chroniqueurs, journalistes et blogueurs trépigner devant cette nouvelle, publiée aujourd’hui dans le JdeM, à l’effet de laquelle le Bloc serait en train d’imploser. C’était drôle de voir Marco Fortier, auteur du « scoop », tempérer son article à LCN, après que Bernard Bigras eut remis les pendules à l’heure en entrevue.

L’affaire n’est pas mystérieuse : le Bloc se cherche, Bigras l’a dit en caucus et un ou deux députés bloquistes en mal d’exposure sont allés jacasser à des journalistes. Précisons que le principe du « secret du caucus » vise justement à permettre à ses membres de s’exprimer en toute franchise, sans crainte d’être entendus.

Mais donc, quelle conclusion doit-on en tirer ? Le fait que le Bloc se pose des questions est-il un mauvais signe ? Je ne sais pas pour vous, mais il me semble que, en ce qui me concerne, j’ai beaucoup plus l’habitude de me questionner sur la pérennité d’un parti qui fait comme si tout allait bien que pour un autre qui réfléchie. En somme, je vous dis que moi, en tant que militant souverainiste, quand j’ai su qu’il y avait des grincements de dents au Bloc, j’ai pris ça comme une bonne nouvelle. Les choses bougent !

Ça revient à ce dont je vous parlais dans un billet précédent. Le PQ n’a pas encore pris complètement le virage de la gouvernance souverainiste et ça fait en sorte qu’on est assis entre deux chaises. Cette situation constitue très précisément un exemple de ce que j’évoquais comme danger.

Je m’explique. Gouverner en souverainiste, c’est deux choses : occuper tous les espaces de pouvoir dont dispose le Québec présentement et en ouvrir de nouveaux, en les revendiquant ou en les prenant. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut faire en attendant de pouvoir faire un référendum pour réaliser la souveraineté. Ça doit devenir notre façon de réaliser la souveraineté : démanteler, un par un, tous les mécanismes de nation building du Canada et de son entreprise d’imposition d’un multiculturalisme délétère et faussement inclusif. C’est ça, le principe de l’effectivité.

Mais l’ennui, c’est que pour l’instant, gouverner en souverainiste, ça se résume à faire des politiques plus nationalistes qu’avant, à défaut de faire la souveraineté. Alors le Bloc se cherche une utilité et c’est normal.

Pourtant, dans une vraie logique de gouvernance souverainiste, le rôle du Bloc Québécois serait plus important que jamais. Imaginez que le gouvernement du Québec décide de rapatrier l’assurance emploi. Le Bloc, tout d’abord, a développé une expertise extraordinaire sur le sujet. Il peut talonner l’exécutif fédéral jour après jour devant son refus d’obtempérer aux exigences du Québec, si jamais il se contente de faire la sourde oreille. Finalement, dans l’hypothèse où notre gouvernement, fort de sa légitimité démocratique, décidait de procéder unilatéralement, le Bloc doit être là pour donner la réplique aux fédéraux quand ils nous accuseront de crimes contre l’humanité. Rappelez-vous Lucien Bouchard, chef de l’opposition officielle à Ottawa, donnant la réplique à l’adresse à la nation du Premier Ministre Jean Chrétien, à la veille du référendum. Cet exemple a lui seul suffit à démontrer pourquoi le Bloc doit être là.

On pourra bien dire que cela revient à améliorer le Canada, mais c’est une raison de plus pour être clair sur nos vraies motivations, c’est-à-dire de détruire un à un les outils de contrôle du gouvernement central sur notre volonté collective. Pour pouvoir le faire par contre, il faut un mandat clair. C’est ce que le PQ comme le Bloc doivent chercher à obtenir lors des prochaines élections. Il appartiendra au peuple de juger, à ce moment-là.

Et, justement, je pense que c’est exactement ce que les Québécois veulent : un gouvernement qui travaille dans le sens de leur besoin, qui prend les moyens pour y arriver et qui, se faisant, accroît notre liberté collective. Je pense qu’on tiens là, à la fois, un excellent programme de gouvernement et une stratégie souverainiste qui fonctionne.

Faire conjuguer l’intérêt électoral des souverainistes et l’intérêt supérieur des Québécois, n’est-ce pas là ce que nous cherchons depuis si longtemps ? En tous cas, vous pouvez être sûrs que ça ne manquera pas de déplaire à tous ces chroniqueurs qui détestent tellement le Bloc qu'ils annoncent perpétuellement sa mort imminente depuis plus de dix ans !
Posted by V at 00:13:07 | Permanent Link | Comments (2) |